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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 14:39

Le sort de Joseph Kabila est scellé [1 Attachment]

 

 Kanambe9

 

Publié le jeudi 14 août 2014 09:09

 


Peu de choses ont été rapportées sur le sort de Joseph Kabila au sommet USA-Afrique du 4 au 6 août au Département d’Etat, à Washington. De tous les délégués de la RD-Congo -majorité et opposition- Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a été presque le seul à faire un compte-rendu, retour des Etats-Unis, la semaine dernière.

Un compte-rendu orienté et limité à l’apparent mais en politique ou en diplomatie le monde de l’ombre reste prépondérant, le temps de surgir en surface pour prendre le dessus. L’apparent, ce sont les félicitations du secrétaire d’Etat américain John Kerry à Joseph Kabila pour le flatter d’avoir défait le M-23 et rétabli la paix et la stabilité à l’Est de la RD-Congo. Allez-y dans les coulisses pour appprendre des sources dignes de foi au State Department que les compliments du chef de la diplomatie américaine ont été formulées en contrepartie d’un engagement express de Kabila de respecter la Constitution, plus explicitement de partir en 2016.

Les sources américaines sont formelles et disent que sans quoi Kerry n’aurait pas montré autant d’épanchement pour Kabila. Mende a donc raison d’alléguer que la question n’a pas été évoquée. En tout cas pas devant lui ni en plénière sous la direction de Barack Obama mais elle a fait l’objet d’un aparté entre les principaux intéressés. Si Mende n’a pas été mis dans les secrets, qu’il se console que sa bonne foi a été abusée et qu’il n’a pas eu tort d’affirmer que l’agenda officiel du sommet était essentiellement économique. La question, elle, a été évoquée par Russ Feingold lors d’une conférence de presse. L’envoyé spécial de Barack Obama a réitéré la position américaine avec la même fermeté. D’avoir choisi d’en parler en ce momet là, parallèlement au sommet, dit toute la caution de son mandant. N’en déplaise à Mende. La question a été même doublement évoquée puisqu’elle a été au centre d’un grand débat au congrès américain, le jour même de la clôture, le 6 août, dans un auditoire constitué essentiellement des activistes “droidelhommistes” membres de la Société civile africaine en face des sénateurs et congressmen. Les premiers sont venus remettre aux seconds un ensemble de résolutions liées au sommet dont la principale requête au gouvernement américain d’empêcher aux chefs d’Etat africains fin mandat de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

La résolution a reçu un soutien très appuyé des sénateurs qui ont promis un lobbying conséquent auprès de la Maison-Blanche. Fort de cet appui, la Société civile africaine en a profité pour lancer l’idée d’une campagne internationale intitulée “My vote count” (Mon vote compte). Elle démarrera à la rentrée des vacances, en septembre prochain, dans tous les pays africains concernés avec la participation des ONG internationales puissantes comme la FIDH. “Cette campagne consistera à éveiller les peuples à résister contre les tentatives de présidence à vie en Afrique”, a expliqué Dr Paul Nsapu, ancien président de la Ligue des électeurs contraint à l’exil où il trône depuis au poste de secrétaire général de la FIDH chargé de l’Afrique subsaharienne. Lui et ses collègues n’ont pas attendu le sommet.

Déjà en amont, ils ont fait bien de choses assez révélatrices de l’existence d’une planification internationale anti-Kabila évoquée depuis toujours dans les colonnes de “CONGONEWS”. Par exemple, l’affaire Floribert Chebeya attendue, à Dakar, au Sénégal, avec le témoignage de Paul Mwilambwe. Ce n’est pas un fait isolé mais une démarche partie de Paris avec la bénédiction de l’Elysée pour demander à Macki Sall d’héberger le procès chez lui sous couvert de la compétence universelle de la justice sénégalaise. Pas mal joué plutôt que de fixer l’affaire devant la justice belge -à compétence universelle aussi- au risque que les critiques parlent d’une justice du plus fort Occident. Dakar concourt à la première étape de la planification, celle qui consiste d’abord à discréter l’homme pris pour cible dans l’opinion aussi bien chez lui qu’à l’international. Quand viendra le coup de grâce, l’opinion préparée comprendra, l’acte aura été justifié.

Le Maréchal Mobutu est passé par là pour aller mourir dans l’anonymat, à Rabat, au Maroc. Tout comme Jean-Pierre Bemba longtemps décrédibilisé dans la presse internationale avant qu’il ne termine dans une cellule à la CPI -Cour pénale internationale. A Dakar, des preuves matérielles auxquelles notre envoyé spécial a eu accès en partie ont été réunies pour faire passer, le moment venu, le régime de Kinshasa d’inhumain. Entre autres preuves, des vidéos et des photos. Un pan a été dévoilé dans l’une des dernières éditions de “JEUNE AFRIQUE” dans laquelle il a été établi que Mwilambwe a bel et bien travaillé au coeur même de l’Inspection générale de la police avec la publication de ses identités en fac similé.


Depuis, les activistes ont mis la main sur le “registre” de la police congolaise pour le stage de Mwilambwe à l’étranger, à l’époque, en compagnie d’autres officiers de la police. Outre Dakar, plusieurs autres fronts seront ouverts à la fois contre Joseph Kabila dans une stratégie de l’empêcher de s’organiser ici où là-bas. Ainsi, le dossier est déjà bouclé sous l’aisselle de Nsapu et la FIDH sur “le massacre des adpetes de Mukungubila”. Parmi les pièces rassemblées, celles qui montrent les nombreuses victimes recensées à Lubumbashi, en décembre 2013. “Ce qui s’est passé ce jour là est un massacre. On a tué, à Lubumbashi, des dizaines de personnes désarmées et surprises en prière. Un groupe donné a été ciblé, l’église de Mukungubila”, a accusé Nsapu qui en avait déjà fait la démonstration en séance publique à Paris, il y a quelques mois. D’autres groupes de pression travaillent de manière plus sournoise et perfide.

Il faudra mettre sur leurs comptes l’article “commandité” du très sérieux magazine américain “FORBES” sur les 15 milliards de dollars de fortune attribuée, à tort ou à raison, à Joseph Kabila. Egalement l’article paru récemment dans le quotidien britannique “THE GUARDIAN” sur l’affaire hautement sensible de l’uranium. A l’origine, il y a une réflexion partagée à Washington comme quoi que Kabila est devenu trop puissant financièrement pour le laisser au pouvoir. “Il risque de devenir incontrôlable. Nous en avons fait l’amère expérience avec Ben Laden même si la comparaison est un peu exagérée”, a analysé un lobbiste américain proche de l’ancien sous-secrétaire d’Etat chargé des questions africaines, Herman Cohen. Le plus dur pour Joseph Kabila, c’est de voir que cette machination se met en route pendant que le socle de son pouvoir se dérobe sous pieds. Les uns après les autres, les sociétaires de sa majorité se désolidarisent publiquement de l’idée hasardeuse d’une révision constitutionnelle. Il pouvait banaliser tant qu’il s’est agi de Bernadette Tokwaulu Aena ou encore Olivier Kamitatu sur son compte Twiter mais que le MSR de son propre conseiller spécial en matière de sécurité, Pierre Lumbi, exige un débat interne, dans une déclaration rendue publique il y a quarante-huit heures, donne désormais à réfléchir.

Joseph Kabila. Ph. Dr. Tiers.

H.M. Mukebayi nkoso
Envoyé special

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