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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 12:00

Forces négatives :

tout est à refaire.

 

29 octobre 2014

Ces tueurs tutsi comb-copie-2

 

La tragédie dErengeti, avec un bilan macabre de 84 morts parmi des innocents qui nont eu pour unique tort que celui dêtre Congolais et dhabiter le Nord-Kivu, a relancé la polémique autour des avancées pour les uns et du piétinement, pour les autres, des opérations de traque des forces négatives au Nord-Kivu. Le nombre fort élevé des victimes et le lieu de lattaque, dans un périmètre où est signalée une forte présence des troupes des FARDC et de la Monusco, donne à penser que plusieurs rébellions étrangères et milices locales se sont rapidement reconstituées.

 

Pourtant, il y a une année, après la décapitation du M23, les discours étaient au travail de ratissage des dernières poches de résistance des ADF-Nalu dans la périphérie de Beni. Lère dune paix durable semblait ouverte pour les compatriotes de lEst, assurés par la hiérarchie de larmée nationale et de la Monusco que le plus dur avait été fait. Preuve que lennemi numéro un de la paix au Nord-Kivu, à savoir le M23, était « mort » et « enterré », de nombreux déplacés de guerre, concentrés dans les villes de Beni, Butembo, Lubero, Kasindi, Rusthuru et autres, avaient commencé à regagner leurs villages.

 

Considérés pendant des années comme des sites coupe-gorge, les vallées et forêts de lEst du pays avaient commencé à être fréquentées par de nombreux travailleurs de la terre, pêcheurs, artisans et éleveurs. Au regard de ce qui sest passé à Erengeti et de tout ce qui se raconte autour des incursions feutrées danciens sociétaires du M23 dans plusieurs contrées du Nord-Kivu, le principal constat que nhésitent pas à établir nombre danalystes politiques et militaires est que tout est à refaire en matière de lutte contre les forces négatives, nationales comme étrangères. La chaude alerte dErengeti se veut un signal fort de la présence, dans plusieurs villes et localités de lEst de la République, des forces négatives que lon croyait, à tort, avoir renoncé à leur entreprise funeste de déstabilisation du pays et de pillage de ses ressources naturelles. Sil y a eu un relâchement dans les opérations de ratissage des rebelles étrangers et combattants des milices internes, les morts dErengeti ont le mérite de rappeler à lordre à la fois les décideurs politiques et la hiérarchie des FARD. Il avait pourtant été dit, après leffondrement du M23, que larmée nationale ne devrait pas dormir sur ses lauriers. Sans pour autant chercher des coupables, force est de constater que quelque chose doit avoir cloché dans la conduite de ce que lon sest mis à considérer comme des opérations routières de nettoyage des résidus des rebelles ougandais et rwandais.

 

Revisiter l’opération « Sukola »

 

Lopération « Sukola », qui signifie « nettoyage » des dernières poches de résistance des forces négatives sur lensemble de la province du Nord-Kivu, devrait être revisitée. Daucuns estiment même que les FARDC devraient désormais se considérer en guerre permanente contre les ennemis de la paix et rester constamment en état dalerte sur tous les fronts. Etant donné que lADF-Nalu aujourdhui et peut-être le M23 demain sont capables de frapper à tout instant, la brigade dintervention rapide devrait être prête à parer à toute velléité dattaque dune ville ou dun village. Les experts militaires savent quau Nord-Kivu, les ennemis de la paix ne respectent aucune règle de la guerre classique. Par conséquent, il ne suffira plus de croire que la « situation est sous contrôle » pour quil en soit ainsi. Le nouvel état desprit à installer au sein des FARDC est que tout est à refaire, de manière à écarter ou, à tout le moins, banaliser les effets de surprise. Bref, considérons désormais quela paix reste précaire dans lest du pays et que pour asseoir une paix durable, il faudra sassurer que les forces négatives et leurs complices internes sont effectivement privés de leur capacité de nuisance. La méfiance doit être totale.

 

J. P. Lumbulumbu : « Nous attendons du chef de l’Etat le changement de la chaine de commandement de l’opération Sokola 1 » au Nord-Kivu

 

Publié le vendredi 31 octobre 2014

 

Écrit par Jack Maliro Katson, correspondant permanent

 

Des hommes politiques de la province du Nord-Kivu, toutes tendances confondues, disent « attendre cinq décisions » du président de la République en séjour depuis mercredi 29 octobre 2014 à Beni.

 

« La population doit profiter  du séjour du chef de l’Etat  dans la région pour jouir de certains droits et recouvrer certaines promesses. D’abord, l’opération SOKOLA 1 doit être redynamisée, mais avec le changement de la chaine de commandement », a déclaré Me Jean Paul Lumbulumbu, vice-président du Parti libéral pour le développement (PLD), à Lepotentielonline.com  jeudi 30 octobre 2014.

 

Ensuite, a-t-il ajouté, « des enquêtes indépendantes et internationales doivent être amorcées pour identifier les auteurs et les complices des massacres massifs enregistrés en ville et dans le territoire de Beni ; la CPI doit être associée à l’enquête internationale ».

 

Selon Jean Paul Lumbulumbu, les hommes politiques vont « demander au président de la République de rassurer la population qu’il ne modifiera pas la Constitution pour se maintenir au pouvoir  et de tout faire pour prendre des mesures préventives et définir des stratégies d’anticipation contre l’insécurité ».

 

 Un bilan de 104  personnes tuées en octobre

 

Dix-huit personnes ont été tuées jeudi matin à Baungatsu-Luna et à Bango Mongo-Mongo en territoire de Beni. Deux autres personnes ont perdu la vie à Nzuma/Bamale la nuit de mardi au mercredi 29 octobre 2014. Le nombre de personnes tuées en ville et territoire de Beni par des présumés rebelles ADF dépasse déjà 100 pour le seul mois d’octobre dans le seul territoire de Beni.  Au total, 18 morts ont été dénombrés dans deux localités du poste d’encadrement administratif d’Eringeti à 4 heures du même jeudi, successivement en localité de Baungatsu-Luna située à 12 Km d’Eringeti sur l’axe Mukonzi et à Bango Mongo-Mongo.

 

A Baungatsu-Luna , des rebelles identifiés comme des ADF par des sources officielles ont tué à la machette 10 personnes, dont des femmes, des hommes et des enfants. Selon une source locale, ces rebelles seraient venus, , de la localité de Kaynama et se dirigeraient vers la localité d’Otomabere en province Orientale.  Ils ont poursuivi leur macabre besogne à Bango Mongo-Mongo où ils ont encore tué à la machette  8 personnes et enlevé 10 civils.

 

Le bilan de 18 personnes tuées et de 10 autres enlevées pendant la seule opération du jeudi  matin porte le nombre de personnes tuées en territoire de Beni au mois d’octobre à 104 personnes. A la suite de cette vague de violences, les habitants de plusieurs localités du poste d’encadrement administratif d’Eringeti fuient vers la ville de Beni, la cité d’Oïcha et la province Orientale.

 

« Je suis très choqué par ce 2e carnage perpétré dans mon entité. Ces massacres ont causé la mort de 43 personnes en l’espace de 15 jours dans le poste d’encadrement administratif d’Eringeti qui compte 19 localités », a déploré le  chef du poste d’encadrement administratif d’Eringeti, Alexis Katsurana qui plaide pour « le déploiement des forces de sécurité dans cette zone où les FARDC sont absentes ». Le programme d’enterrement des victimes de cette tuerie massive reste à préciser.

 

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre 2014, deux personnes ont été tuées à Nzuma/Bamale, un village situé à une dizaine de kilomètres au Nord-est de Ngadi (territoire de Beni), par des hommes armés non encore identifiés. Les victimes sont une dame calcinée dans sa case et un jeune garçon connu sous le nom de Carlito qui a été abattu sauvagement par les assaillants. Leurs corps ont été mis en terre jeudi 30 octobre.

 

Selon des sources dans la région, des hommes assimilés aux rebelles de l’ADF ont été visibles à Bamale l’après-midi de ce jeudi. Les cultivateurs les ont aperçus pendant qu’ils tentaient de les encercler. Ils ont échappé à leurs mailles. A la suite de cette situation, la population de Ngadi  s’est mise en alerte maximale. Kolu Musekuse, chef adjoint du quartier Ngadi, a indiqué que « les militaires des FARDC, venus de la ville de Beni, se sont rendus sur le lieu du drame pour tenter de suivre les traces des auteurs de cette tuerie ». La population locale pense que « l’attaque est encore imminente dans cette région ».  Entretemps, elle demande aux FARDC et à la Monusco de « renforcer la sécurité » dans cette entité. 

 

L’économie a été affectée

 

Interrogés, des habitants du territoire de Beni ont dit qu’ils n’ont « pas besoin d’une quelconque assistance financière de la part des autorités », arguant que « cette assistance ne sera qu’éphémère ». « Après son épuisement, nous reviendrons à la case de départ. Nos récoltes pourrissent dans des champs car inaccessibles suite à l’insécurité », se plaint un habitant d’Eringeti qui a trouvé refuge en cité d’Oicha à la suite des massacres perpétrés dans son milieu de vie.

 

Vivant uniquement de l’agriculture et faisant étudier leurs enfants grâce aux revenus agricoles depuis la IIe République, les déplacés jugent « inacceptable » le fait qu’ils passent des jours sans manger alors que leurs produits vivriers trainent dans des champs. Certains habitants d’Eringeti, qui doutent encore du calme dans leur localité,  vont passer la nuit dans des villages de la province Orientale voisine au Nord-Kivu pour revenir dans leur cité le matin et repartir le soir. Ils disent craindre « une surprise désagréable » dont ils peuvent encore être éventuellement victimes.

 

Les conséquences de l’insécurité en territoire de Beni ne touchent pas seulement le social des habitants. Dans certains localités et villages environnant Eringeti,  il se pose un problème économique. Le prix des denrées alimentaires a sensiblement galopé de telle manière que certaines familles ne savent plus s’acheter de la nourriture. D’autres familles vivent encore dans des écoles de la cité d’Oicha, sans aucune assistance. 

 

Aujourd’hui, un bassin de farine de manioc qui s’achetait à 3 000 FC se négocie à 6 000 voire 6 500 FC. Un kilogramme de riz est passé de 600 à 1 000 FC celui des haricots se négocie entre 600 et 900 FC. Fort heureusement, le calme revient progressivement à Eringeti et ses environs,   une dizaine de jours après  le carnage déploré dans cette agglomération  située  en groupement de Bambuba-Kisiki, collectivité- secteur de Beni-Mbau.

 

 

Cette tuerie massive avait coûté, le vendredi 17 octobre 2014,  la vie à une vingtaine de civils, après une incursion d’une bande de criminels assimilés  aux rebelles ougandais de l’ADF  à Abialos et à Eringeti, deux localités voisines.

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