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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 12:03

Exclusif : la lettre de François Hollande qui mettait en garde Blaise Compaoré

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http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141030170335/

30/10/2014 Par Jeune Afrique

Fac-similé de François Hollande à Compaoré © J.A.

Dans une lettre datée du 7 octobre, le chef de l'État français, François Hollande, mettait en garde Blaise Compaoré. Il lui expliquait comment le Burkina pourrait "être un exemple" s'il évitait "les risques d'un changement non consensuel de Constitution". "Jeune Afrique" en a obtenu copie en exclusivité.

Transcription de la lettre envoyée le 7 octobre par François Hollande à Blaise Compaoré

"Monsieur le Président, cher Blaise,

Votre courrier du 22 septembre dernier confirme l'engagement du Burkina Faso en faveur du rétablissement de la stabilité au Mali et votre soutien au dialogue mené à Alger. Je tiens à vous en remercier, car je sais à quel point vous avez toujours œuvré en faveur du règlement de la crise malienne.

Les négociations inter-maliennes qui se déroulent à Alger devraient aboutir, nous l'espérons, à un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Il importe avant tout que cet accord, respectueux de l'unité et de l'intégrité territoriale du pays et de sa laïcité, puisse permettre au Mali d'en sortir plus fort, de jouir d'une cohésion nationale renforcée et de voir toutes les régions du pays d'avoir un accès égal au développement et à la sécurité.

Il importe également que cet accord soit solide et durable. La région et la communauté internationale auront là un rôle à jouer, pour appuyer, suivre et contrôler l'application de l'accord à venir. Un dispositif de suivi, où la Cedeao aurait toute sa place, sera utile. Le processus de démobilisation et de réintégration des combattants, dans les conditions qui seront décidées lors des négociations, devra être suivi tout particulièrement.

Dans l'attente d'une issue heureuse des négociations d'Alger, la contribution des voisins du Mali à la Minusma est indispensable, notamment en ce qui concerne la sécurisation des zones où l'armée malienne n'est plus présente depuis les événements de Kidal. L'engagement du contingent burkinabè et sa connaissance du terrain est précieux.

Il est important pour le Mali et pour l'ensemble de la région de consolider ses institutions et d'aller encore plus loin en matière de gouvernance et de démocratie. À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d'un changement non consensuel de Constitution. Vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents à la disposition de la communauté internationale.

En vous remerciant de nouveau pour votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Mali, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma très haute considération.

Bien à toi,

François Hollande"
 

 

Fac-similé de la lettre envoyée par François Hollande à Blaise Compaoré

�):a� X� -spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(255, 255, 255);">des dissensions dans les rangs de l’armée. S’il ne s’agit, pour un peuple, que de se débarrasser d’un président dont on ne veut plus, c’est fait à Ouagadougou et ça peut se faire à Kinshasa demain. Mais le plus important dans une révolution est que les révolutionnaires soient en capacité de maîtriser les enjeux et les agendas dont ils vont hériter au lendemain du « grand soir ». Bien des révolutions, si pas toutes, ont débouché sur des lendemains qui déchantent. Pour rappel, des quatre pays qui ont été les plus touchés par le printemps arabe, seule la Tunisie semble s’en être bien sortie[5]. Parce que lorsqu’une révolution éclate dans un pays, les dirigeants du reste du monde prennent des précautions. Le mouvement ne sera jamais à l’identique d’un pays à l’autre.
 
Il serait bien naïf de croire que les faiseurs de rois occidentaux n’ont pas encore anticipé le scénario d’un soulèvement des Congolais contre le pouvoir de Joseph Kabila. Et si à l’issue d’un tel soulèvement à Kinshasa, l’armée congolaise prenait le contrôle du pouvoir, à l’instar de ce qui se passe à Ouagadougou, ce sera la marche vers l’inconnu. En effet, l’armée congolaise a la particularité d’être une armée noyauté et gangrenée par une multitude d’agents étrangers (essentiellement rwandais et ougandais), conséquence des deux décennies de guerres d’agression, des accords secrets et d’intégrations massive d’individus de toute sorte dans les structures de commandement de l’armée. Dans son ouvrage « Les armées au Congo »[6], Jean-Jacques Wondo décrit ce fléau avec beaucoup de gravité. En mai dernier, le colonel Mankesi, parti en exil, avait fait publier des révélations alarmantes sur l’ampleur des infiltrations en masse dans les rangs des FARDC[7](l’armée nationale congolaise). Et dans la perspective de 2016, une force surnommée « Légion rwandophone » devrait prendre position entre l’aéroport de Ndjili et la ferme de Kingakati sous le commandement du général Gabriel Amisi. L’unité devrait être constituée de soldats exclusivement rwandophones[8] en mission pour réprimer les opposants. Une armée dans l’armée.
 
Bref, si au lendemain d’une révolution populaire qui verrait le départ de Joseph Kabila, à l’instar de Blaise Compaoré, une armée comme celle-là prenait le contrôle du pouvoir à Kinshasa, ça ne sera guère le bout du tunnel. Il y a un risque bien réel que l’état-major soit composé des haut-gradés rwandais et ougandais, et que le Congo continue d’être piloté de l’extérieur. Il y a également un risque de voir le pays sombrer dans des batailles rangées entre unités de l’armée selon les affinités des officiers dont la loyauté à la nation congolaise ne rassure guère. Le peuple aura mené sa révolution mais les fondamentaux du système qu’il s’agissait d’abattre seront, soit maintenus en l’état, soit contestés de manière chaotique.
 
Autrement dit, une révolution pour rien.

Boniface MUSAVULI
 
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/burkina-faso-rd-congo-le-congo-est-158826
 
 
 

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