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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 11:39

Révision de la Constitution :

Premières victimes à Lodja, le fief de Lambert Mende

buzoberi

 

Des sources DESC à Lodja informent que les chrétiens catholiques de la paroisse Saint-Désiré de la mission catholique de Lodja, Diocèse de Tshumbe, au Sankuru dans la province du Kasaï Oriental ont été victimes d’actes  d’agression physique par un groupe de jeunes lors du premier culte des messes dominicales célébré comme d’habitude entre 5h 30  à 8h 30mn, ce dimanche 12 octobre 2014 à Lodja.

A l’origine des faits, la lecture par le prêtre officiant du jour, Monsieur l’Abbé Ignace, curé de la paroisse saint-Désiré de Lodja, de la lettre des Evêques du Congo adressée à leurs  fidèles, sur la position de la Commission épiscopale nationale du Congo (CENCO), relative à l’opposition du clergé catholique de la RDC, du changement et/ou révision de la constitution du pays et soutenant par ailleurs l’alternance au pouvoir dans l’Ex-Zaïre.

Selon nos sources, à la fin de la lecture de la lettre des évêques par le prêtre, suivie de  quelques explications, un groupe de jeunes bien identifié à un mouvement politique de la majorité présidentielle, présent dans l‘église, s’est mis à hurler et à proférer des insultes à l’officiant de la messe ainsi qu’aux Bonnes Sœurs présentes à la messe. La célébration a été immédiatement interrompue, car ce groupe de jeune était spontanément rejoint par un autre groupe, qui a fait irruption à la cathédrale, s’attaquant physiquement, non seulement aux les responsables de l’Eglise Catholique mais aussi sur les autres fidèles.

Ce groupe a poursuivi ses attaques jusqu’au couvent des Sœurs et à la Procure situés à une trentaine de mètres du lieu du culte.

Le bilan provisoire de cette expédition punitive fait état de plusieurs meubles et locaux de prêtres saccagés. la SœurHenriette Komba, à la fois préfet du Lycée Lokenye et Sœur dirigeante du couvent est grièvement blessée. Mais son état de santé est jugé stable. Un autre groupe s’est attaqué à la paroisse Nganga dans le même territoire, à environ 10 km du centre ville Lodja.

L’ordre a été ramené par l’intervention de la police ainsi que quelques notables Catholiques qui se sont interposés entre les casseurs et les victimes.

Une autre attaque serait intervenue le même dimanche après-midi… mais nous n’avons pas encore de précisions sur cette dernière. Selon nos sources, les Prêtres et Sœurs sont dans la peur…Nos sources  sur terrain s’activent à nous fournir des plus amples détails dans les heures qui suivent.

Le groupe de jeunes mis en cause a été identifié par les sources de DESC comme une milice à la solde du parti Convention des congolais unis (CCU), du ministre congolais des Médias et Communications, le porte-parole du Gouvernement et du président Kabila, Lambert Mende. Il s’agit d’un parti politique membre de la majorité présidentielle, bien connu à la place de Lodja pour des actes de vandalisme à l’égard des citoyens de la ville.

Ce n’est pas la première fois que les jeunes désœuvrés instrumentalisés par M. Mende s’illustrent négativement dans le Sankuru

En effet, l’Histoire, à travers plusieurs écrits ainsi que les archives du pays, renseignent qu’il existe un vieux conflit intracommunautaire datant des années 19660 au Sankuru, opposant les Atetela catégorisés par les colons Belges, d‘ESWE (habitants de la savane), à ceux dits d’EKONDA (habitants de la foret). Pourtant, en réalité tous les six territoires qui constituent le district (futur province du Sankuru) possèdent chacun d’immenses savanes et d’énormes étendues de forêts. De ce fait, cette caractéristique savane-forêt n’a été qu’une pure invention coloniale pour opposer les uns aux autres comme ils le firent au Rwanda entre les Tutsi et les Hutu. De plus, ce conflit, précise les mêmes sources, n’est pas le fait « des communautés », car les Atetela font partie d’une même communauté ethnique « ANKUTSHU AN’AMONGO »[1].

Ce conflit est plutôt le fait des acteurs politiques en quête de leadership politique pour leur positionnement personnel après la disparition subite du Grand leader Lumumba. Ainsi recourent-ils à raviver ce conflit chaque fois que la RDC arrive à un tournant politique majeur (élections, …) au niveau national ou local. C’est ainsi que ces politiciens répartissent le territoire de Lodja, Kole et une partie de Lomela comme étant la région de la foret, tandis que les territoires de Katako-Kombe, Lubefu et Lusambo sont classées comme région de la savane. Ce clivage savane-foret va depuis lors condamner le Sankuru au sous-développement jusqu’à nos jours et alimenter des tensions qui feront des milliers de morts à ce jour.

En 2005, l’année préélectorale, les leaders politiques, en vue de la compagne électorale à venir, ont installé chacun ses propres stations radios qui distillaient à longueur des journées des messages d’appels à la haine, à l’instar des radios de mille collines de triste mémoire au Rwanda. En outre, l’actuel ministre des Communications et Médias, porte-parole du gouvernement, chargé des Relations avec le parlement et de l’Initiation à la Nouvelle citoyenneté, alors premier rapporteur du Sénat de transition, Lambert Mende Omalanga, originaire du territoire de Lodja, a déclaré publiquement en dialecte Otetela au stade Patrice Emery Lumumba de Lodja, devant la population de cette cité ce qui suit :« …dengiya amboleka. Ambokoka vo totshikeka ngelo neda ndo sho tamboshidiya ekanda…(qu’il est temps qu’on nous laissent la place ici car nous aussi nous avons finis les études). Il a, à cet effet, créé des slogans qui expriment clairement la division, la haine et la xénophobie, entre autres : On ne peut pas vendre tout un palmier à cause d’une bouteille d’huile, et tant d’autres.

Le ministre Mende, qui s’est de surcroit surnommé en dialecte Otetela : « Nyama solo, Etshuka h’oke dja, h’ok’edinga » (Un félin  suffoquant… moellon d’un rocher insensible à la fumée et au feu…) a, de par ses propos et ses ambitions politiques démesurées, inauguré une décennie d’instabilité, de crimes impunis, de peur et d’incertitudes pour des milliers de ressortissants de Katako-Kombe, Lubefu et Lusambo vivant à Lodja.

Promoteur de la Radio Télé Losanganya (RTL),  Monsieur Mende procéda d’une part, à la création et à la consolidation des milices dont l’écurie NGELO, et ELOLA ( terroir et inondation), est dirigée par le lieutenant Okitode la détection militaire anti patrie (Démiap, service de reseignement militaire des FARDC), originaire de Lodja, dont Mende sollicita en coulisse et obtint l’affectation et le maintien à Lodja afin d’assurer la formation clandestine de cette milice. En dehors de cette milice multicellulaire, Mende a également mis en place une notabilité appeléeNorelo, Notabilité rénovée de Lodja, qui terrorise et paralyse tous les services de l’Etat à Lodja, et dont il confia  de surcroît la gestion de sa chaîne  de radio et la libre antenne. Les ressortissants de Katako, Lubefu et Lusambo ont à leur tour formé une notabilité appelée Unikalu, unité de katako et Lubfu, pour contrer toute attaque venant de l’autre camp

Le gouverneur de la province , Ngoy Kasanji, a effectué plusieurs missions au centre du Congo afin de ramener le calme dans cette partie du territoire national où l’impunité règne suite aux actes de violences et meurtres de ces jeunes…protégés pourtant par le contexte politique lié aux alliances politiques entre le régime de Kinshasa et le leadership de Lodja.

Enfin, si les incidents de ce dimanche marquent la première réponse du régime de Kinshasa à l’égard de l’Eglise Catholique, pourtant plus stable que les institutions politiques en RDC, les jours avenirs seront très critiques pour l’ensemble des congolais. Car toucher à l’église catholique dans un pays comme la RDC, c’est toucher à plus de 65% du système de santé et d’éducation et social du pays.

Afin d’éviter que la fin du mandat du président Kabila prévue en décembre 2016 ne débouche sur des conflits communautaires à grande échelle au Sankuru à l’instar du Rwanda, DESC constitue dès à présent une documentation judiciaire visant à faire traduire auprès des instances pénales nationales et internationales des personnes suspectées de se livrer à des progroms punissables de crime contre l’humanité. Nous faisons ainsi un appel à témoins à toutes les victimes directes ou indirectes de ces faits inqualifiables d’une autre époque et à toute personne disposant des preuves et indices de culpabilité pour nous aider à constituer un dossier pénal à charge des personnes à base de ces actes.

Timothée Tshaombo Shutsha – DESC

 

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