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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:57

Retraite anticipée de Moïse Katumbi rejetée par la population katangaise

Par Willy Kabwe

 

 

 

 

Une pétition signée par plus d’un million d’électeurs a été remis samedi au gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe. Objectif : protester contre l’intention de ce dernier de prendre sa retraite politique. Touché par la marque de sympathie et d’attachement à sa personne par la population, le gouverneur du Katanga a promis de répondre à la pétition dans les jours qui viennent en apportant, à l’occasion, toute la lumière sur les raisons profondes sa décision. Ce sera un déballage car, il a promis de crever l’abcès.

Jamais dans l’histoire du Katanga, un leader politique n’a mobilisé une foule pareille à celle qui a battu le pavé le samedi 7 octobre 2001 à Lubumbashi pour manifester fidélité et attachement au gouverneur sortant de la province du Katanga. De l’avis de nombreux observateurs, il s’est agi, pour Moïse Katumbi Chapwe, d’un vrai test de popularité, et par ricochet, la confirmation de ses assises populaires. Le méga rassemblement spontané du week-end a prouvé à tous les sceptiques et autres oiseaux de mauvais augure que le président du T.P Mazembe est un leader incontesté qui incarne et charrie les aspirations d’une population katangaise longtemps abandonnée à elle-même mais qui a repris l’espoir de vivre depuis les quatre dernières années. Lesquelles correspondent au mandat finissant de Moïse Katumbi à la tête de la province du cuivre. C’est que celle-ci partait déjà pour des lendemains meilleurs sous la conduite et l’impulsion de leur élu.

Voilà que cet espoir tend à partir en fumée suite à la récente déclaration du gouverneur du Katanga relative à sa retraite politique au terme de la législature actuelle. Très vite, ses nombreux électeurs et autres compatissants ont réagi : «Moïse Katumbi, nous disons non à ta retraite politique». C’est donc ce message qui a fait l’objet de la pétition qui lui a été remise samedi à la suite d’une marche pacifique qui a mis en ébullition la ville de Lubumbashi. Partie de la place de la Gare SNCC, la manifestation a eu pour point de chute le gouvernorat de province. Devant la pression de la foule nombreuse qui menaçait de prendre d’assaut ses bureaux, Moïse Katumbi a fini par aller à la rencontre des manifestants qui piaffaient d’impatience. Ils avaient envie de le voir et surtout de l’entendre répondre à leur requête.

A sa vue, la foule a vibré, comme électrisée. Des cris de joie, des chants et danses ont rivalisé d’ardeur. Il fallait être fait de marbre pour résister à pareille manifestation de chaleur humaine. Monté sur une tribune de fortune érigée pour la circonstance sur un camion, Moïse a harangué la foule vêtue essentiellement de blanc pour la circonstance et dans laquelle toutes les couches de la population étaient représentées : marchands, travailleurs, creuseurs, étudiants, élèves, membres de confessions religieuses et partis politiques. Tous âges confondus.

«Est-ce que vous allez bien ?». « Non», répond tout de suite la foule. Pour quelle raison ? «Vous voulez nous abandonner de manière prématurée», renchérit la marée humaine qui grossissait sans cesse ses rangs dans un rayon d’environ un kilomètre autour du gouvernorat de province. Tribun avisé, Moïse Katumbi remercie ses interlocuteurs et leur exprime sa gratitude pour cette expression spontanée d’attachement à nulle autre pareille.

«J’ai pris acte du dépôt solennel de votre pétition et je vous promets de vous répondre incessamment», s’empresse de placer celui que l’on compare sans gène à son homonyme de la Bible qui avait eu le privilège de sortir les Israélites de leur esclavage de quatre siècles en terre égyptienne. Ma réponse, a-t-il ajouté, sera assortie de raisons pour lesquelles j’avais la résolution de renoncer à un nouveau mandat électif. Pour ce faire, ce sera également dans un cadre solennel transmis en direct à la télévision et à la radio, de sorte que tout le Katanga et pourquoi pas tout le Congo puisse apprendre toute la vérité sur ses déboires. Autrement dit, les dessous des cartes que lui jouent ses adversaires politiques au nombre desquels se comptent ses frères katangais.

Dans la foulée, il leur a servi un avant-goût afin qu’ils se fassent une religion de ce qu’il a dû subir et endurer comme humiliations tout au long de son mandat. Il a rappelé qu’il y a deux ans, ses détracteurs, dont il a tu les noms pour le moment, avaient initié une action en justice en Europe, particulièrement en Belgique au motif que sa fortune serait le fruit des détournements des deniers publics. Arrêté, il a été traîné devant la police puis devant des juges belges cependant que ses comptes en banque étaient bloqués pour des raisons d’enquête.

Après examen du dossier, la justice belge a balayé toutes les charges retenues contre le gouverneur du Katanga et l’ont de tout soupçon. Evidemment, les juges se sont rendu compte qu’il ne s’agissait en réalité que d’un tissu de mensonges monté de toutes pièces par des accusateurs jaloux et impénitents.

La question qui est restée sur toutes les lèvres est celle de savoir si Moïse Katumbi répondra favorablement la requête ou il y réservera une fin de non recevoir. D’autant que plus d’un million de Katangais et autres sympathisants venus de toutes les provinces signé la pétition réclamant son implication dans le processus électoral en cours. Surtout aux prochaines élections législatives provinciales, lesquelles ouvrent la voie à l’élection des gouverneurs de province.

Il faut rappeler que le mouvement de protection a été activé quand, à la publication des listes des candidats à la députation nationale pour la province du Katanga, on avait cherché en vain le nom de Moïse Katumbi Chapwe.

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