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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 09:17

RDC :

Un nouveau scénario s’écrit au Kivu.

Ces tueurs tutsi comb-copie-2

Afrikarabia, le 6 novembre 2013

Les rebelles du M23 ont annoncé mardi 5 novembre la fin de leur mouvement après la victoire militaire de l’armée congolaise. Thierry Vircoulon, d'International Crisis Group (ICG), analyse les nouveaux changements intervenus dans la région au terme de 18 mois de conflit.

Le M23, c'est fini. La rébellion a annoncé ce mardi matin "mettre un terme" à son mouvement, après avoir été chassée par l'armée congolaise de ses dernières positions militaires. Les rebelles du M23 occupaient depuis plus d'un an, 700 km2 de territoire au Nord-Kivu et s'étaient emparés brièvement de la ville de Goma fin 2012. Thierry Vircoulon, responsable du programme Afrique centrale d'International Crisis Group (ICG) décrypte pour nous le dénouement de cette crise.


- Afrikarabia : Quelles sont les raisons de la défaite du M23 ?

- Thierry Vircoulon : La débâcle du M23 est le résultat de plusieurs facteurs. Le premier, se sont les sanctions économiques contre le Rwanda (accusé de soutenir la rébellion, ndrl). Il y a ensuite les pressions diplomatiques et l'isolement de Kigali. Troisième facteur : la formation d'un binôme tactique efficace entre la Brigade d'intervention de l'ONU et l'armée congolaise. Enfin, la défaite du M23 signe également l'échec politique de cette rébellion. Le M23, qui s'est présenté comme un mouvement politico-militaire, a été profondément rejeté par la population congolaise du Nord-Kivu. Cela sanctionne tous ces mouvements armés qui n'ont pas d'assises populaires.

- Afrikarabia : Les relations diplomatiques ont également évolué pendant ce conflit ?

- Thierry Vircoulon : Il y a eu ce que l'on pourrait appeler un "alignement des planètes" francophones et anglophones sur le dossier rwandais. En clair, il y avait le couple France-Belgique d'un côté et le couple Grande-Bretagne-Etats unis de l'autre. On sait que depuis le génocide de 1994, les points de vue étaient "différents" sur la région. Aujourd'hui, tout le monde se retrouve pour dire que cette politique de contrôle indirect et d'interférence de Kigali au Congo, ne peut plus durer.

- Afrikarabia : Sur le plan militaire, cette nouvelle combinaison entre les casques bleus de la Monusco et l'armée congolaise est une première ?

- Thierry Vircoulon : C'est en effet une nouvelle forme de "peacekeeping". Ce travail en "quasi symbiose" entre la Monsuco et les FARDC a clairement permis de renverser le rapport de force sur le terrain. Il y a eu un réel travail de planification militaire. L'étau s'est d'abord resserré autour du M23, dans les environs de Goma, fin juillet et ensuite, à partir du mois d'août, l'offensive a été portée en territoire rebelle vers le Nord. Cela témoigne d'une coordination tactique très étroite entre l'ONU et l'armée congolaise.


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