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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:37

RDC : Quid d’un gouvernement issu des Concertations nationales ? 

 

 Léon Kengo wa Dongo, membre du Présidium des Concertations

Léon Kengo wa Dongo, membre du Présidium des Concertations

 

Les Concertations nationales s’ouvrent le 4 septembre 2013, selon la date fixée dernièrement par le Présidium de ce forum national créé par ordonnance présidentiel. Du côté de l’organisation, un groupe consultatif dirigé par Evariste Boshab du PPRD (Majorité présidentielle) et Thomas Luhaka du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’Opposition, et un membre de la Société civile avait continué le travail, avec l’appui du secrétariat technique des Concertations nationales.

 

L’on a donc fixé le nombre de participants à ce forum politique national à environ 700 personnes. Et l’on apprendrait que chacun de participant percevrait plus de 400 dollars américains de per diem par jour, et que les Concertations nationales ne devraient pas aller au-delà d’un mois. L’on doit dire que les événements se sont accélérés depuis une annonce par l’un de deux membres de présidium et président du Sénat, Léon Kengo wa Dongo. L’on se souvient qu’il avait déclaré, au cours d’une rencontre avec une frange de l’Opposition, qu’un gouvernement serait issu des Concertations nationales et qu’on lui avait promis quelque chose au sein de ce gouvernement qui pourrait être d’union nationale. Si un gouvernement va sortir des Concertations nationales, alors Kengo pourrait en être le premier ministre.

 

Après cette annonce, l’on a constaté une ruée de plusieurs mouvements politiques, tous désirant prendre part au Forum. L’on note surtout le remarquable retournement de certains politiciens de l’Opposition, au départ farouchement opposés aux Concertations nationales, mais qui ont vite pris le parti de Kengo wa Dongo, comme Lisanga Bonganga de la plate-forme politique Forces acquises au changement (FAC). Et d’ailleurs, cette plate-forme de l’Opposition s’est divisée en deux, l’autre faction étant conduite par Martin Fayulu (président du parti politique ECIDE) qui boycotte les Concertations, tenant aux exigences initiales du respect de l’Accord cadre d’Addis-Abeba et de la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU. Le dimanche 1er septembre 2013, le meeting des FAC aile Martin Fayulu a été empêché au stade Vélodrome de la commune de Kintambo par les éléments de la policefortement déployés sur le lieu. Martin Fayulu voulait dans ce rassemblement populaire expliqué ce qu’il soutient comme failles des Concertations nationales.

Si Martin Fayulu se rétracte maintenant des Concertations, Etienne Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait été le premier à le faire, soulignant qu’il n’était pas concerné par ces assises qui, pour lui, relèvent de la distraction du peuple. Et d’ailleurs sa rencontre avec le président Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, proposé comme facilitateur du Forum, n’a finalement pas eu lieu.

 

L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe est aussi resté constant dans sa position initiale prise lors des rencontres de l’Opposition d’abord à CEPAS dans la commune de Gombe et ensuite à Limete à Kinshasa à l’issue du conclave de l’Opposition après la publication de l’Ordonnance créant les Concertations nationales. Le candidat arrivé 3e à l’élection présidentielle de novembre 2011 propose l’amendement de l’Ordonnance créant les Concertations nationales afin de respecter l’Accord-cadre signé dans la capitale éthiopienne et naturellement la résolution 2098. Kamerhe s’est cependant dit favorable à la facilitation du président Denis Sassou Nguesso. Le MLC aussi avait ensuite marqué sa désapprobation, avant d’intégrer les Concertations après une rencontre avec le présidium du forum. L’UFC de Kengo wa Dongo avait aussi pris part au conclave de l’Opposition à Limete et adhéré aux résolutions et recommandations. Mais la nomination de Kengo comme membre du présidium des Concertations nationales avec Aubin Minaku (président de l’Assemblée nationale) avait tout chamboulé, désorientant son propre parti politique. Et cela a créé une certaine sorte de scission au sein de l’Opposition dont il se réclamait.

Kengo dénié par l’Opposition… et à la Primature…

Déjà ce revirement du président du Sénat lui avait attiré la foudre d’une autre frange de l’Opposition, lui qui a été initiateur du conclave de Limete. Les déclarations à son encontre se sont multipliées. « Kengo n’est pas le chef de file de l’opposition politique congolaise. De qui tire-t-il ce prestigieux titre», a dit sèchement le MPCR Jean-Claude Vuemba sur les antennes d’une radio de Kinshasa qui pense que Léon Kengo se serait ainsi autoproclamé. Jean Bertrand Ewanga, secrétaire parti Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe a pour sa part déclaré au cours d’une conférence de presse : « Kengo est un sage bien sur. Je le respecte. Mais il n’est pas le sage de l’Opposition. Et moins encore, plus sage que tous ceux qui sont dans l’Opposition. Qui lui a décerné ce titre et à l’issue de quelle assemblée de l’Opposition il a été déclaré comme tel ?».
Et son président Vital Kamerhe a lui aussi été un peu philosophique à l’égard de Kengo après son annonce d’un gouvernement d’union nationale après les Concertations : « C’est son point de vue. Le conseil que je dois lui donner est de faire attention et de ne pas se retrouver dans un marché des dupes. Nous ne sommes plus à l’époque de Mobutu. Je lui demande de faire très attention. Le problème du Congo est celui du leadership que nous devrons asseoir à la tête de l’Etat… ».

Alors qu’il est en froid avec une certaine Opposition, Kengo wa Dondo n’est pas non plus en odeur de sainteté à la Primature. L’annonce d’un nouveau gouvernement après les Concertations a été entendu du côté du premier ministre Augustin Matata Ponyo comme son départ imminent. Des voix s’élèvent de plus en plus pour rappeler que les Concertations nationales ont fixé les thèmes à débattre et qu’il ne sera pas du tout question d’y dégager une nouvelle équipe gouvernementale. C’est le cas des ressortissants de la province du Maniema. Au terme d’une rencontre, ils ont dénoncé, par le biais du gouverneur de cette province Tutu Salumu, une éventuelle formation du gouvernement, déclarant leur soutient au premier ministre Matata Ponyo et l’assemblée de son équipe dont les fruits de son travail est perceptible au Maniema dans le cadre de la révolution de la modernité, vision du chef de l’Etat Joseph Kabila. Les Concertations nationales, au risque de favoriser la cohésion nationale, raison de son organisation, pourrait créer d’autres disparités dans le pays.

 

Wait and see.

 

Martin E. (Copyrights©2013 Top Africa)

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