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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 16:34

RDC: Oppoistion, à quoi joue Kengo wa Dondo?

Faut-il croire à la prophétie de François Muamba, le président de l’Alliance pour le Développement et la République (ADR), qui, au lendemain de la rencontre entre Etienne Tshisekedi et Léon Kengo dans un hôtel bruxellois, tirait la conclusion suivante: l’opposition congolaise aura du mal pour se trouver un candidat commun devant affronter Joseph Kabila lors de la présidentielle.
Quelques semaines après cette rencontre qui avait suscité beaucoup d’espoirs dans les rangs de l’opposition, les choses ne semblent pas s’accélérer dans le sens devoir l’opposition se doter d’un candidat commun pour la future bataille présidentielle. Au lendemain de l’entrevue entre les deux anciens Premiers ministre de feu maréchal Mobutu dans la capitale belge, d’aucuns avaient cru que la sortie du tunnel était prête pour l’opposition congolaise qui se cherche un joker pour barrer la route au Président sortant.
Après la rencontre de Bruxelles, tout le monde attentait la rencontre entre Etienne Tshisekedi, président national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et candidat déclaré à la présidentielle et Vital Kamerhe, le président national de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et candidat à l’élection présidentielle, lui aussi. Selon plusieurs sources, les deux hommes devraient se rencontrer le 8 octobre dernier aux USA.
D’après sources proches de deux leaders politiques, cette rencontre n’a pas eu lieu. En plus, l’entourage de Vital Kamerhe indique que ce dernier devrait regagner Kinshasa aujourd’hui.
Pourquoi cette entrevue tant attendue n’a-t-elle pas eu lieu? La question est sur toutes les lèvres.
Néanmoins, il y a lieu de rappeler qu’au Sud-Kivu, la base arrière de Vital Kamerhe, la population ne semble pas être chaude quant à une alliance politique entre leur leader et Etienne Tshisekedi. Intervenant la semaine passée sur Radio France Internationale (RFI), le président fédéral de l’UNC/Sud-Kivu était clair à ce sujet. «Nous attendions Vital Kamerhe comme candidat à l‘élection présidentielle. En 2006, il nous avait amené Joseph Kabila. Aujourd’hui tout le monde sait que ce pouvoir n‘a pas résolu nos problèmes. Maintenant nous apprenons qu’il veut venir avec Etienne Tshisekedi qui, au plus fort de l’envahissement de notre province par les soldats rwandais, s‘était vu dérouler le tapis rouge à Kigali. S’il veut faire alliance avec Etienne Tshisekedi, nous lui donnons condition: obtenir la Primature et avoir le plein pouvoir». En réaction à cette déclaration, Valentin Mubake, originaire du Sud-Kivu et conseiller politique du leader de l’UDPS, a clairement indiqué que Tshisekedi ne cédera pas face à ceux qui exigent des postes avant de tisser des alliances. Hier matin, intervenant sur RFI, Mubake a fait savoir que c’est Tshisekedi que la population attend au Sud-Kivu et non Kamerhe.
Ces déclarations croisées peuvent-elles à la base de la non concrétisation de la rencontre entre Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe ?
Nombreux sont ceux des analystes qui soutiennent cette thèse en tenant compte des positions soutenues par les deux camps politiques.
Léon Kengo, candidat commun de l’opposition ?
Après la rencontre de Bruxelles, d’aucuns étaient sûrs que Léon Kengo, le président du Sénat allait s’effacer au profit de celui qu’il a appelé «cher grand frère». Mais aujourd’hui, la réalité est toute autre sur terrain. En effet, le samedi 8 octobre 2011 est née une coalition dénommée Forces Réunies de l’Opposition au Congo (FORECO). Constituée d’une trentaine de partis politiques et d’une vingtaine d’associations, cette structure a pour but de soutenir la candidature de Léon Kengo wa Dondo à l’élection présidentielle du 28 novembre prochain.
Dans son mot de circonstance, le candidat Léon Kengo wa Dondo – désigné candidat commun du nouveau cartel à la Présidence de la République- s’est dit interpellé par les conditions de vie de la population congolaise. Pour le président du Sénat, la RDC a «besoin d’un leadership qui doit conduire le peuple congolais vers le bien-être, pourquoi pas le mieux-être».
Interrogé Léon Kengo se veut «le candidat du rassemblement de toutes les forces du changement autour d’un idéal et d’un programme communs de gouvernement». L’homme se veut également celui qui, une fois élu, pourra rompre avec l’impunité, la corruption, la gabegie, l’oisiveté. Il se propose aussi de ramener la rigueur dans la gestion, de rétablir l’autorité de l’Etat et d’assurer l’égalité des citoyens. «Ensemble, redonnons à notre peuple les raisons d’espérer », a conclu Léon Kengo.

Les révélations d’Ernest Kyaviro
Pendant que Léon Kengo était intronisé à l’hôtel Memling, Ernest Kyaviro, député élu de Beni, dans le Nord-Kivu, révélait dans la presse que les principaux candidats de l’opposition étaient en train de chercher des soutiens en Occident. Parlant de Léon Kengo wa Dondo, Kyaviro a indiqué que le projet de société de ce dernier était discuté au Pentagone. Même s’il faut prendre cette information avec des pincettes, il y a lieu d’affirmer qu’en politique une rumeur peut devenir une réalité après.
Sinon, comment comprendre que Léon Kengo qui a presque finalisé un accord politique avec son aîné Etienne Tshisekedi, selon certaines indiscrétions, se dote d’une structure qui a pour mission de soutenir sa propre candidature et ait affirmé dans discours «qu ‘il était le candidat commun de l’opposition».
Maintenant il reste deux équations : les positions que vont adopter Vital Kamerhe et Jean-Pierre Bemba. Candidat à la présidentielle, Kamerhe est, lui aussi, à la tête d’une coalition qui soutient sa candidature. Celle-ci s’appelle Alternance Vital Kamerhe (AVK). De son côté, Jean-Pierre Bemba a envoyé une lettre dans laquelle il a indiqué que son parti, le MLC, soutiendra le candidat commun qui sera désigné par l’opposition. Et cela, a-t-il précisé, qui qu’il soit.
Comme on peut le constater, l’opposition congolaise a encore du chemin à faire pour se trouver un candidat commun. A moins que toutes ces candidatures soient considérées comme celles «de marchandage».
Thomas NABOR

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