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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 15:00

Pourquoi une si grande partie des congolais haït-t-elle leur président jusqu'au point de lui dénier tout?

 Half KK

L’inimitié croissant envers Kabila…même dans son propre camp.

 


En effet, celui qu'un nombre important des congolais appelle le Raïs, accéda au pouvoir après la mort tragique de son prédécesseur de père, le président Laurent Désiré Kabila à l'âge de 29 ans.

Un âge où généralement la fougue de la jeunesse continue encore à prendre de l'ascendance sur la sagesse. Laurent Désiré Kabila, un président atypique que la population kinoise avait surnommé Vieux Mzee, sans doute par attachement mais aussi par ignorance car le terme mzee ne signifiant autre chose que vieux en langue swahili, forçait du respect et jouissait de l'estime de ses compatriotes en dépit de la défaillance inhérente à la nature humaine. Même ses farouches adversaires politiques reconnaissaient en cet homme qui se considérait avant tout comme un rebelle, une certaine force de caractère. Malgré la très longue absence du pays, Vieux Mzee ne mit pas beaucoup du temps pour s'attirer la sympathie et les faveurs de ses compatriotes par son charisme et par sa verve oratoire saupoudrée d'une rhétorique que lui seul avait le secret et dont les zaïro-congolais s'en régalaient énormément.

On se souviendra de sa virée improvisée en pleine journée dans le marché central de Kinshasa prenant à dépourvu son propre service de sécurité, de ses boutades, de ses petites phrases combien assassines et comiques dont celle restée célèbre prononcée  au plus fort de l'invasion rwando-ougandaise : « Cette guerre sera longue et populaire ». De sa prise de bec avec les membres de l'administration Clinton, de son adresse à la population kinoise en particulier et congolaise en général lors de l'agression dont le pays fut victime en août 1998. Connaissant bien son peuple et se réclamant de lui, Kabila sénior réussit en un laps de temps, à faire oublier l'image de celui qui fit plus de trois décennies à la tête du pays, le maréchal Mobutu Sese Seko, autre animal politique et grand tribun devant l'éternel. Cet homme avait du répondant et présentait bien le profil de dirigeant que les kinois et les rd congolais aimeraient toujours voir présider aux destinées de leur pays. L'amour sans commune mesure d'un peuple à son chef sera démontré de plus belle manière lorsqu'il s'agira de défendre à mains nues sur instigation de son chef, la ville de Kinshasa face à l'armada des envahisseurs pro-rwandais. Il y avait donc complicité entre le peuple et son président. A la disparition de ce dernier, nul n'est besoin de rappeler l'immense douleur que ressentirent les congolais qui ne ménagèrent aucun effort pour réserver à son soldat des funérailles nationales grandioses à la mesure de sa stature. Comme devant un vide occasionné par une catastrophe naturelle, les congolais se résignèrent à vivre sans leur vieux Mzee et attendirent au tournant son remplaçant. Ce successeur ne sera autre que celui qu'on présenta comme étant le propre fils de leur défunt Moïse: Joseph Kabila Kabange.

Pour une prime à la famille biologique, ils en furent donc devant une!

Voici donc un Kabila remplacer un Kabila. De quoi voir les excentricités de quelques hommes de Dieu connus pour leur esprit de vedettariat s'adonner à qualifier l'avènement de Joseph Kabila, de l'accomplissement d'une prophétie qu'ils ont eue de la part du Ciel. Or de la mémoire des communs des mortels, personne n'eut à abonder dans ce sens avant que l'évènement n’eût lieu. Et d'autres parmi les congolais ne s'offusquèrent pas à aller de leur musique  en disant sans ambages que cela a été annoncé à son temps par le prophète Simon Kimbangu.

Pour quiconque connaît bien les zaïro-congolais, entendre le contraire aurait étonné. Quand on sait comment eux et leurs hommes de Dieu se permettent d'utiliser à leur guise le nom de Dieu pour des choses qui dérivent de leur propre imagination.

Kabila Kabange sur le trône c'est toute une panoplie des interrogations qui ont fleuri à longueur des journées. Comment ce jeune, au visage si jovial et sans expérience politique notoire arrivera-t-il à diriger un si grand pays aux dimensions continentales? N'y avait-il pas mieux que lui? D'emblée donc, Joseph Kabila avant même qu'il ne se soit mis à l'œuvre, réussit à diviser le peuple congolais qui avait plus l'impression d'assister à un spectacle dont le metteur en scène se tapissait derrière les rideaux, tout en chuchotant et en téléguidant les acteurs se trouvant sur la planche.  Car nonobstant le fait qu'il soit un Kabila, aucune logique ne concourait à l'accession de celui-ci à la magistrature suprême. Ici donc acte 1 de l'inimitié d'une frange importante du peuple congolais à son égard.

Remplacer un homme de la trempe de Mzee Kabila n'était pas à la portée de tout le monde, Kabila junior soit-il. Ses premiers pas furent très attendus. On le croyait s'inscrire sur la lignée de son père mais c'était mal connaître Joseph. On déchanta trop vite dans la mesure où l'homme par son style et son tempérament se montra être aux antipodes de ce président à poigne et loquace par qui jurait tout congolais dans cet environnement régional de plus en plus hostile à son pays.

Ainsi donc, notre Joseph se butta à cette réalité qui finira à la longue par le confiner dans un rôle de marionnette dans la subconscience de ses compatriotes à partir du moment où il se distingua par une politique faisant office d'antithèse à celle de leur président chéri élevé au rang d'héros national.

En politique, on dira du fils qu'il a tué son père!  Jour pour jour, mois pour mois, an pour an, voici 13 ans que le navire Congo-Zaïre vogue dans les eaux troubles sous la férule d'un capitaine qui semble avoir de plus à plus du mal à maintenir le cap. Treize années marquées par des reniements et un nombre important des faits qui plongèrent encore plus le pays dans la gouffre. Les zaïro-congolais croyaient se refaire une place de premier plan sous le soleil avec ce président jeune qu'on disait avoir assez d'énergie et des ressources pour remettre  le pays sur les rails. Mais leur déception fut grande en constatant dans le chef de Kabila et de son régime, une grande propension à servir de mouton et de marche - pied aux intérêts étrangers et à des pays tiers.

C'est avec la mort dans l'âme que le peuple congolais assista médusé à la seconde mort de Mzee Kabila se traduisant par des différentes accointances et compromissions du pouvoir avec les auteurs du malheur du peuple mais aussi aux capitulations de celui-ci face au Rwanda du sinistre Paul Kagamé. De là, les fins limiers s'appesantirent à éplucher le passé, les faits et gestes de ce jeune président.

Car oser naviguer à contre-courant de la volonté populaire qui ne demandait autre chose que de tenir les rwandophones et les rwandais loin des rênes du pays et chercher à jouer au funambule pour préserver son fauteuil au détriment de son peuple, ne pouvaient  être  assimilé qu'à une trahison et à un signe d'allégeance à l'impérialisme tutsi tant décrié.

Voici donc l'acte 2 de l'inimitié

 

Face à l'approche du pouvoir sur le conflit sévissant continuellement à l'est du pays, cette inimitié prit une autre forme. Les pourfendeurs de Joseph Kabila passèrent à une autre vitesse et décidèrent de la porter sur un autre terrain que celui de la politique, de combat d'idées.

Ils récusèrent ouvertement la filiation du président Joseph Kabila à Laurent Désiré Kabila. A cet effet plusieurs salves à l'encontre de la personne du Raïs fusèrent de partout. On assista à la montée au créneau des éminentes personnalités politiques à l'instar de l'ancien barbouze en chef du régime Mobutu, Honoré Ngbanda, en exil en Europe.

Elles se mirent systématiquement à dénier la nationalité congolaise à Joseph Kabila tout en faisant de lui un sujet rwandais en mission en RDC pour le compte de Paul Kagamé et de l'impérialisme occidental.

Sur la même lancée, on ira jusqu'à lui établir une nouvelle identité au nom de Hyppolite Kanambe, fils d'Adrien Kanambe, rwandais d'ethnie tutsi.

Cette affirmation  tiendrait-t-elle la route? Joseph Kabila n'est pas fils Mzee Kabila? Ne s'agit-il pas là de la mauvaise foi des adversaires politiques ? Surtout quand on sait qu'en Afrique c'est courant d'entendre tel chef d'État être taxé d'étranger par ses propres concitoyens et se faire envoyer dans un autre pays que le sien? Mobutu n'était pas centrafricain pour les uns? Le président actuel du Niger, Mahamane Ousmane, n'est-il pas considéré comme un mauritanien? Que dire alors du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara?

Joseph Kabila rwandais, sommes-nous dans la fiction ou la réalité? Est-ce le fruit de l'exaspération face à un président qui se fait tout petit devant les chefs d'État des petits pays comme le Rwanda et l'Ouganda? Devant tant d'interrogations, seuls les initiés impartiaux pourront peut-être dans un avenir proche éclairer notre lanterne.

En attendant, les supputations vont bon train et JK semble imperturbable dans sa peau de rd congolais. Cette remise en cause de la congolité du président se voit renforcer par la manière dont lui, ses hommes et ses différents gouvernements se conduisent au sommet de l'État. Il n'y a pas un jour qui ne passe sans qu'ils ne soient épinglés par les panels de l’ONU.

De la république démocratique, on est passé à la république bananière. L'exaspération atteignit son paroxysme et aboutit à l'avènement des combattants, cette frange des congolais vivant en Afrique du Sud et en occident décidée à en découdre avec le pouvoir par tous les moyens, le language de biceps y compris.

 

 

Ceci marqua alors l'acte 3 de l'inimitié.

Du combat d'idées au corps à corps, le régime de Kinshasa incarné par Joseph Kabila s'en accommoda et préféra s'enfermer dans sa logique: le pouvoir c'est lui et rien d'autre.

C'est ainsi qu'on assista à une parodie des élections en novembre 2011. Ces élections permirent aux sceptiques de comprendre une fois pour toute que la démocratie était le moindre des soucis de Kabila junior et ses hommes.

Comme dans un match de football, l'arbitre (le président de la CENI, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda) se permit de rouler pour l'une des équipes en compétition aux mépris des règles du jeu. Et il ne se gêna nullement à voler la victoire du peuple au profit de son mentor.

L'éternel Tshisekedi floué, voici le Raïs se mettre encore plus les congolais sur le dos et apparut de plus en plus comme l'homme par qui la RDC est devenue la risée de tout le monde. Ce déni de démocratie bascula encore plus plusieurs de ses compatriotes dans l'antikabilisme.

Du rwandais qu'il était, le voici usurpateur. Même le président français François Hollande ne se fut pas prié par deux fois pour le lui faire savoir à sa manière lors du dernier sommet de la francophonie tenue l'année passée à Kinshasa. Ce comportement cavalier de l'homme de Kingakati vis à vis des principes démocratiques consacra le 4 ième et dernier acte de l'inimitié.

 

Kabila dirige par défi

 

Face aux réalités congolaises, le président Kabila ne dirige donc que par défi et ne peut s'attendre à une réconciliation quelconque avec ceux-là qui lui dénient tout car pour tout congolais, la proximité avec Kagamé est un péché de lèse-majesté. Chose que notre Joseph n'arrive pas à comprendre.

Lui, qui ne s'offense même pas à s'afficher en public à côté du maître de Kigali avec un grand sourire pendant que ce dernier sème la désolation à l'intérieur de son pays.

Qu'il se positionne comme le bâtisseur des grandes routes, des grands hôpitaux, des grandes bâtisses mais le mal est fait: il est rwandais pour les autres et personne n'est prête à se raviser. Mzee Kabila, lui qui servit de cheval de Troie aux rwandais et ougandais, avait fini par se rendre compte de son erreur et n'hésita pas à rectifier le tir pour rencontrer la volonté populaire.

Une grande partie des congolais ne semble pas prête à transiger sur leur dignité et elle le fait savoir à chaque occasion. L'inimitié ne va que croissant surtout que par les temps qui courent on a du mal à faire la différence Kabila chef de l'État / Kabila chef d'un camp. 

 

Pour tout dire, les différentes trajectoires qu'a eues à emprunter cet désamour se justifient par elles-mêmes.

 

Le peuple zaïro-congolais en a marre !

En a marre d'un président qui dit une chose et fait son contraire. En a marre du régime d'un homme qui berne le peuple en se réfugiant derrière des slogans creux du genre 5 chantiers, révolution de la modernité.

Ou bien on est congolais et on l'assume; ou on ne l'est pas et on s'efface !

Que le président Joseph Kabila pense pays avant de penser pour les autres et pour lui-même. A lui de faire une rétrospection sans complaisance de son action à la tête du pays pendant 13 ans, s'amender et s'engager à se conformer et à se plier à la volonté du peuple et à ne lui servir que dans le vrai sens de ses aspirations. Sinon cette haine se radicalisera davantage et finira par gagner toutes les couches sociales. L'implosion sera donc vite arrivée.

Le président Joseph Kabila gagnerait plus en cherchant à comprendre le pourquoi de cette haine à son encontre que de chercher à se radicaliser à son tour comme ses hommes,  parmi lesquels Lambert Mende Omalanga et Gabriel Kyungu wa Kumwanza, semblent le lui conseiller.

L'inimitié contre le raïs a sa raison d'être? Aux kabilistes d'être conséquents en eux-mêmes et de nous le dire. Le pays est à la dérive et se contenter des intérêts personnels ne nous avancent nullement. Attelons-nous à écrire ensemble l'histoire d'une autre manière avec ou sans Joseph Kabila telle que nous l'ont recommandé nos aïeux.

En attendant la haine est là et elle est viscérale...

 

A bon entendeur, salut!

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Published by kongolibre.over-blog.com