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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 11:10

PARLONS DU KONGO

DE LAN 2015-2016

Carte RDC

                Quatrième Partie.

         Par Fungula Fumu Ngondji lemaniKongo                       Dans cette quatrième partie de notre article qui est également la conclusion, j’aimerais d’abord relever les prémisses à base desquels sont fondés ma synthèse. Celle-ci affirme que « l’année 2015-2016 annonce des drames plus tragiques à ceux que nous avons vécus jusqu'à ce jour au Congo. »J’ai stipulé notamment que:

1. L’élite congolaise n’est pas consciente des préoccupations de son peuple en ce moment précis.

2. Ne s’est jamais interrogée pourquoi aucun membre de sa composante n’a jamais refusé ou démissionné d’un poste ministériel d’un gouvernement quelconque sous Mobutu, LDK ou sous JKKK .

3. N’a jamais montré sa capacité  de s’inquiéter de sa propre conscience pour pouvoir mieux comprendre les réalités du pays et ses responsabilités .

4. La loi fondamentale, c.a.d. la constitution sur laquelle est fondée toute la philosophie de notre système politique est un produit de l’intelligence de nos anciens maîtres coloniaux .

5. Cette constitution n’a jamais été revisitée par les véritables filles et fils du Kongo ni même traduite dans nos langues pour être comprise par l’ensemble de notre peuple avant d’être adoptée.

6. En raison de toutes ces incongruités l’élite congolaise n’a jamais pu trouver les ressources de se ressaisir et se réclamer .

7. Elle est, néanmoins, bien consciente que le Kongo navigue sans boussole et sans capitaine.

 8. C’était la réalisation de ce drame qui fut à la base de l’initiative de convoquer une Conférence Nationale Souveraine (CNS)  en 1992. La CNS devait permettre de mettre le bateau dans la bonne direction. Mais à la suite des vents trop puissants menaçant la sécurité de l’équipage et de la cargaison, l’elite congolaise a paniqué et abandonné le bateau au cri de ‘sauve-qui- peut’.

9. Aucun des rescapés du bateau abandonné n’a jamais eu le courage de donner au peuple kongolais un compte-rendu de ce qui s’est passé à cette conférence de la dernière heure. De telle sorte quenul ne sait quel rôle ont joué les différents participants afin que le peuple, qui y a tant investi soit en mesure de tirer les conséquences pour prévenir les futures générations.

 De tragédie en tragédie, nous en sommes à la catastrophe

          Bien qu'’ayant compris la nécessité de recourir à une opération chirurgicale capitale que promettait la CNS, l’élite congolaise s’est laissée malheureusement manœuvrée par une petite bande d’aventuriers qui ont conduit la CNS à la mort. Pourquoi cette déroute?

L’elite congolaise n’a pas su, une fois de plus, évaluer et comprendre l’enthousiasme que la majorité de notre peuple a démontré à la convocation de la CNS? Le peuple Kongolais a pu réaliser, d’elle-même, que pour une fois, la CNS  était initiée par les fils et filles du Congo eux-mêmes. Le peuple espérait que les puissances étrangères  qui nous exploitent depuis des siècles et des siècles n’auraient pas un mot à dire là-dessus.

Pour la toute première fois en effet, les masses congolaises ont eu l’occasion d’entendre, au cours de la CNS les membres de l’élite du pays parler des réalités de la vie quotidienne des masses. Même si tous les débats se déroulaient en Français - une langue étrangère - les journalistes de la radio et de la télévision nationales faisaient tous les efforts pour traduire les prises de position des différents orateurs dans les langues congolaises. Le pays tout entier suivait ces discussions avec  passion, contrairement à l’attitude indifférente qui caractérise le peuple congolais vis-à-vis de ce qui se passe  au sein du gouvernement, du parlement, du sénat ou de n’importe quel organe politique de notre pays. Ces organes n’ayant, en fait, aucun lien direct avec le peuple.

       Il est vrai qu'’il fallait s’attendre à certaines surprises le long du parcours de cette conférence comme il en va d’ailleurs de toute entreprise humaine.  Mais l’elite congolaise s’était-elle préparée à toute éventualité?

J’avais déjà quitté Kinshasa depuis 1979 quand cette conférence eut lieu.  L’internet étant encore dans ses débuts, les échos que nous recevions provenaient des journaux étrangers lesquels dépendaient, eux-mêmes, des dépêches des agences de presse de langue Française. Comme il est toujours de coutume quand les africains décident d’agir indépendamment de l’influence occidentale, la presse étrangère n’était pas tellement intéressée à ce qui se passait entre les « nègres » à Kinshasa. Elle se contentait des extraits d’information en provenance de la Belgique ou de la France qui n’en disait pas d’ailleurs grand-chose.

C’est plusieurs années plus tard, à travers des commentaires d’un des jeunes radicaux de la CNS, Jacques Matanda et de mes conversations avec un ancien collègue de l’Agence Congolaise de Presse, Jacques Lumbwele que je découvrirai certains visages des ceux qui ont marqué l’histoire,non-encore écrite de la CNS. C’est aussi à travers eux que je retrouverai Etienne Tshisekedi et celui qui deviendra plus tard le Cardinal Monsengwo dans leurs rôles de leadership sulfureux.

           Je sentirai dans les propos de ces patriotes révolutionnaires, qu'ils souffraient, comme moi, que ceux qui se réclamaient patriotes progressistes, nationalistes, défenseurs des idéaux de Lumumba, ne se soient pas concertés avant la tenue de la conférence afin de se définir une ligne de conduite ou discipline et une stratégie pour ne pas être débordés par le grand nombre des mouvancistes, aventuristes, arrivistes et confusionnistes portant tous les chapeaux à la mode. A cause de ceux-ci, qui mangeaient à toutes les tables, les espoirs du peuple Congolais sur la CNS se trouveront, une nouvelle fois, noyés dans la soupe sans goût qui donnera le jour à l’âpres- Mobutisme, c. à. d., à la tutelle du grand Kongo par le Rwanda et l’Ouganda. Tutelle que nous vivons depuis 1997 et risquons de vivre pour bien longtemps encore !!!

Cette analyse nous permet de comprendre clairement le processus allant de tragédie en tragédie depuis 1960, qui a conduit notre pays à la catastrophe qui l’attend au cours de 2015- 2016. Cette catastrophe a été bien décrite dans mon article « Élections 2016 en RDC », distribué en mars 2014.

Les racines de cette catastrophe ont été plantées depuis la CNS par les membres de l’élite congolaise – cette minorité qui croit tout connaître -  mais laquelle brille par l’absence d’une stratégie et d’un leadership reconnu et accepté part tous; l’inhabilité à s’unir, l’incapacité de se donner une ligne de conduite ou discipline dans ses actions.

       Leadership d’Etienne Tshisekedi

            Depuis la CNS, les espoirs de la majorité des populations congolaises se sont focalisés autour d’un homme. Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Ancien bras droit de Mobutu Sese Seko. Fondateur du Mpr. Fossoyeur du Kongo indépendant. Tshisekedi a partagé le lit avec ce diable. Mais malgré tous les pouvoirs extraordinaires – vrais ou faux – qu'’on prêtait à Mobutu, Tshisekedi a eu la justesse de divorcer avec lui ; de dénoncer ses méfaits et s’est dressé à le détruire, prouvant ainsi, aux yeux de tous, qu'’il était prêt à payer sa dette à ceux que son mariage avait transgressés. Le peuple qui, au début, se méfiait de lui comme de toute l’aristocratie du Mpr, l’embrassa quand même car il avait besoin d’un « Tarzan » - le mythique roi de la jungle africaine que l’Occident avait conçu pour l’imagination de l’Europe assoiffée des conquêtes coloniales.

Mais si Tarzan pouvait cavalier seul selon les traditions monarchiques de son monde et de son temps, Tshisekedi a vite compris que le Congo avait besoin de tous ses filles et fils unis pour se reconstruire. D’où la naissance de l’UDPS, un parti de rassemblement de toutes les intelligences capables de mobiliser le peuple.

Contrairement cependant à ce que le peuple s’attendait, notre Tarzan Kongolais n’était pas aussi vertueux que celui de la jungle africaine. Tshisekedi avait été pardonné par le peuple congolais d’avoir partagé le lit avec le Diable mais il n’avait pas confessé ses péchés véniels. Et ceux-ci le poursuivent jusqu'à ce jour. Des millions de Congolais qui le supportent, y compris moi-même, en ont payé le prix.  

L’un de ces péchés véniels est le style de son leadership. Étant co-fondateur du MPR, Tshisekedi a bel et bien dénoncé les méfaits du Mobutisme mais ne s’est jamais dépouillé du style de leadership qui a si bien servi le MPR, à savoir l’INTOLERANCE.

Au sein du Mpr, il n’y avait qu'’un seul chef et celui-ci détenait le monopole de la vérité et toute la vérité. Nul ne pouvait le contredire. Et pour qu'’il en soit toujours ainsi, le Mpr était organisé de telle sorte que le premier congrès du parti a délégué tous les pouvoirs au président-fondateur qui était à la fois chef du parti, chef du bureau politique (l’aristocratie), chef de l’état et du gouvernement et enfin, chef des forces armées.

Le chef de l’Udps, même sans-être au pouvoir,jouit également des mêmes prérogatives reconnus jadis au président du Mpr. Il détient le monopole de la vérité et toute la vérité.

Élu président lors du premier congrès de l’Udps, il est à la fois président du parti, chef de l’état (pour la forme depuis les élections truquées de 2011), chef du Secrétariat National (à la place du bureau politique (l’aristocratie) et donc chef du gouvernement du parti.

Le régime de Mobutu ayant bénéficie de l’inexpérience de l’elite congolaise en matière de la lutte politique, spécialement en ce qui concerne les droits du citoyen, la répression impitoyable exercée par la dictature de Mobutu sur une population dont les membres étaient en majorité nés pendant ou âpres l’indépendance en 1960, provoquera la panique et l’exode de la jeune elite vers les pays étrangers. Ceux qui resteront au pays choisiront l’accommodation ou la résistance silencieuse imposée également a Tshisekedi par tous les régimes politiques qui suivront le modèle dictatorial si bien huile par le grand léopard (sic).

Taillé a la mesure et selon la philosophie du Mpr, l’Udps, qui a pu quand même rassemblé les éléments les plus dynamiques et représentatifs de tout notre peuple tant à l’étranger qu'’ à l’intérieur du pays s’est vu paralyse malgré la détermination de ses membres de ne jamais accepter la défaite.

Dépourvu d’une structure qui favorise la libre expression autant que les aspirations individuelles au leadership à tous les niveaux des organes du parti, l’Udps s’est enferme, consciemment ou inconsciemment dans la prison-résidence de Limette ou son illustre président est tenu en otage.

Comme conséquence, la confusion est totale aujourd’hui tant parmi les membres et les cadres du parti que parmi la grande majorité de la population Kongolaise attendait tant de ce grand rassemblement politique, allié de la Démocratie Chrétienne, parti cher à  Diomi Dolomingo, lequel serait à un doigt de la mort s’il faut en croire les échos en provenance de Kinshasa.

Pire, en ce moment précis ou la jeunesse révolutionnaire de Beni – ayant détrôné la statue de Kabila en novembre dernier en signe d’appel à toute la jeunesse congolaise de se lever pour sauver la nation en l’absence d’un état-major général de tous les partis politiques qui se réclament de l’opposition, on apprend de Belgique que « Ya Tshitsh » est en train de supplier Martin Kobler, chef de la Monusco et représentant de l’ONU, de convoquer une conférence de la ligue des politicalleurs de la Banana République Démocratique du Congo !!

Mais pourquoi ne pas appeler les populations Kongolaise de descendre dans la rue afin d’imposer la loi qu'’elle avait déjà, elle-même décréter quand elle hurlait, en 2011 : <<YA TSHITSHI …ZONGISA YE NA RWANDA (Ya Tshitshi…renvoies le bonhomme au Rwanda)>> !!

Ou encore, pourquoi ne pas convoquer les partis des véritables patriotes allies au peuple et les organisations des masses les plus déterminées pour une version dynamique et plus tactique de la Conférence Nationale Souveraine (Nouvelle Formule), qui tirerait les conséquences de ce qui avait déjà été réalisé en 1992 ? Et si l’ONU veut réellement aider le Kongo à se libérer de la tutelle du Rwanda et de l’Ouganda, qu'’elle le prouve en mettant les moyens nécessaires à la disposition des fils et filles du Kongo pour accomplir la tache eux-mêmes. « How about That(pourquoi pas, demanderaient les Yankees) ?

Quel rôle doivent jouer les leaders de l’Udps ?

Au cours d’une longue conversation que j’ai eu avec plusieurs patriotes congolais rencontrés récemment dans certains états des USA ou je me suis rendu, nous nous sommes posés de nombreuses questions et sommes presque tous tombés d’accord sur deux points essentiels : 

1.                  Etienne Tshisekedi est un grand homme. Mais pour inspirer et marquer l’histoire de son pays et du monde, un grand homme doit avoir la capacité de reconnaitre que nul dans ce monde détient des réponses justes à   toutes les questions. Ce faisant, il doit être ouvert au débat contradictoire même avec les plus modestes de ses collaborateurs et leur donner l’occasion de démontrer leurs arguments sans la moindre intimidation. En prive ou devant tous les membres du parti.Cela susciterait non seulement l’admiration, mais aussi l’amour, le respect et la confiance, facteurs déterminants dans la conduite des hommes.

2.             L’intellectuel Kongolais qui se veut leader à quelque niveau que ce soit doit apprendre d’abord à se connaitre lui-même. Cela lui permettra de découvrir toutes ses potentialités ; lui donnant, ainsi la maitrise de confronter, dans la paix et une discipline librement consentie n’importe quelle situation. Sans cela, il continuera à subir toutes les intempéries corollaires au complexe d’infériorité et de supériorité, manifestation de l’ignorance et cause principale de l’oppression et la répression que nous subissons depuis des générations.

C’est seulement dans cet état de contrôle de soi-même que nous serons en mesure de conjurer la catastrophe qui attend notre pays au cours de l’an 2015-2016. (FIN)

 

 

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