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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 11:41

PARLONS DU KONGO DE L’AN 2015-2016

Par Fungula Fumu Ngondji lemaniKongo

 

 Carte RDC

                     Ces derniers temps, les Congolais, particulièrement ceux de la diaspora,  à  la surprise générale, semblent exaltés par ce qu'ils appellent le gouvernement Matata II. A lire les nombreux commentaires sur le fameux gouvernement, on croirait qu'un événement inattendu a eu lieu  à  Kinshasa ou qu'une nouvelle étoile brillante a été découverte dans le firmament monotone et décevant de la vie politique congolaise.

 

S’il y en a eu un,  je serais probablement parmi les premiers  à  m’en rendre compte étant donne que j’ai eu la chance d’être, en tant que journaliste, parmi les principaux témoins de la métamorphose du Congo de l’état colonial belge  à  celui d’un état indépendant, le 30 juin 1960. Ce qui m’a permis de  connaitre mon pays intimement dans toutes ses dimensions autant que ceux qui en ont marqué l’histoire meme si je ne connais aucun des apprentis qui les ont remplacés.

 

Comme tout jeune ambitieux de ma génération, j’étais très curieux. Je lisais tout ce qui tombait sous ma main et j’apprendrai, de cette façon, les noms des personnalités du monde et les differents systemes politiques, economiques et ideologi-ques qu’ils ont façonnés. Avec la complicité de certains jeunes professeurs, prêtres progressistes et autres journalistes Européens avec lesquels j’entrerai en rapport au long des années, j’aurai accès  à  des livres traitant de la démocratie, du capitalisme, du communisme, de l’impérialisme, du marxisme, de la révolution socialiste, des mouvements de libération des peuples opprimes a une époque ou les colonises que nous étions pouvaient écoper 5  à  10 ans de prison pour la simple possession d’un manuscrit non autoriseé par le pouvoir colonial.

 

Même sans avoir la maitrise de la langue Française que je possède aujourd’hui, ces idées ouvriront une nouvelle fenêtre dans mon esprit qui s’élargira peu à peu avec le temps.

 

Bien que me trouvant loin du pays de mes ancêtres depuis 1982, mon cœur cesserait de battre s’il n’était pas en symbiose avec celui de tout Kongolais du centre, de l’est et de l’Ouest ; du nord ou du sud de ce grand peuple Kongolais avec lequel je communique chaque minute de ma vie  à  travers mes méditations et mes écrits.

Ce n’est pas par défi si j’affirme qu'il n’existe pas de gouvernement ou de parti politique au Kongo – en excluant l’UDPS et le Parti de la Démocratie Chrétienne de Diomi Dolomingo pour l’attachement et l’amour incontestés démontrés par leurs leaders  à  l’égard de notre peuple. Le fait qu'un individu ou groupe d’individus proclament avoir le pouvoir de fonder un parti ou gouverner sans démonstration des qualités ou de l’autorité requises ne peut nullement constituer un fait accompli  à  mon point de vue. Les titres « d’honorable ou excellence » alloués au Congo a ces soi-disant ministres et parlementaires qui excellent par leur ignorance et médiocrité plutôt que par la compétence et la dignité dans leurs fonctions, devraient être bannis une fois pour toutes de lexique politique de notre pays. Il ne s’agit d’ailleurs que d’imitation puérile des formules protocolaires applicables dans les régimes monarchiques de la vieille Europe.

 

A travers ma vie professionnelle, je me suis fait un devoir de fréquenter et d’observer de tres prés un grand nombre de ceux qui ont eu l’avantage d’assumer des fonctions publiques dans le Congo indépendant.

 

En effet, admis tres jeune dans le métier qui me conduira  à  celui d’écrivain, j’ai eu l’opportunité de voyager, d’interviewer et d’analyser le modus vivendi de ceux que l’on appelle « pères fondateurs de la république du Congo et autres leaders de la première heure, ceux-là mêmes qui ont dessine les traditions et coutumes du Congo d’aujourd’hui.

 

Par exemple, Joseph Mobutu, alors un journaliste débutant, était mon voisin de rue sur Kimbondo,  à  Bandalungwa. En tant que reporter, j’ai accompagne Etienne Tshisekedi, Mpinga Kasenda, Henri Takizala,Claude Mafema, Namwisi, Kithima Bin Ramazani, Kamitatu Cleophas, Mungul Diaka Bernardin, tant et tant d’autres  dans plusieurs de leurs missions a travers de nombreuses regions de notre pays. Dans certaines circonstances, nous avons mangé  à  la même table et familiarisé autour d’un verre.

 

Quand l’occasion m’était donné de les interviewer, certains de ces hommes se sont sentis quelquefois hors de leur zone de sécurité et ne pouvaient cacher leur malaise, me donnant ainsi l’occasion de mesurer leur niveau de sensibilité.

 

C’est cette connaissance des hommes et des circonstances qui m’a autorisé de pénétrer les us et usages du système politique de notre pays, compléter, bien entendu, par mes recherches sur les principes scientifiques dans divers domaines de la vie pour être en mesure d’en parler avec une certaine assurance.

 

Ce que sera le Kongo en 2015

 

Ce petit recul dans le temps aidera le lecteur, je présume,  à  comprendre que nos conjectures intellectuelles sur qui entre ou sort d’un gouvernement quelconque a Kinshasa laissent le peuple Congolais froid et indifférent. Savons-nous réellement – nous l’élite intellectuelle Congolaise  - de quoi notre peuple est-il préoccupé en ce moment, au Nord et au Sud-Kivu ; au Katanga, dans la province Orientale, au Maniema, a l’Equateur, au Kasai Occidental et Oriental, au Bas-Kongo,  au Bandundu et a Kinshasa ? L’intellectuel congolais conjecture, mais loin des réalités présentes.

 

S’est-il jamais demandé, par exemple, pourquoi aucun membre de cette élite qui se réclame de l’opposition ou critique de la politique gouvernementale n’a jamais refusé ou démissionné d’un poste ministériel quelconque en guise de témoignage de sa force morale et politique ? Que ce soit sous le régime de Mobutu, de Mzee Kabila ou celui de Kabange Kazamberembe ?

 

Être surpris, s’interroger et s’inquiéter est le commencement de la compréhension nous dit l’écrivain Hispanique Jose Ortega y Grasset. L’intellectuel Kongolais s’inquiète et s’interroge sans cesse. Mais ne devrait-il pas commencer par s’inquiéter de sa propre conscience ? Qui est cet intellectuel vivant aujourd’hui à Londres, à New York ou à Paris, dirait à Kabila : « va péter », si ce dernier lui offrait un poste quelconque au sein de son cabinet ?

 

Sous la dictature de Mobutu, un certain Mandungu Bula Nyati, avait acquis le surnom de ‘tremblement de terre’ à Bruxelles, ou sa voix coupait le sommeil à Sese Seko pendant des nuits. A malin, malin et demie, dit-on. Mobutu lui envoya quelques mallettes de billets de banque et une offre qu'’il ne pouvait refuser : un poste au sein du gouvernement. En fin de compte, il deviendra l’un des plus riches du régime, aussi riche que le « terminateur » qui, au moins, était un enfant de cœur du dictateur, du début  à  la fin.

 

En déclarant qu' ‘il cherchait à identifier seulement 15 intellectuels congolais capables de l’aider à transformer le Congo’, Joseph Kabila a démontré qu'’il ne connaissant rien de l’art du leadership, ni, plus grave encore, des qualités de celui qu'’il réclame être son père, Laurent-Desire Kabila. Car s’il connaissait l’un et l’autre, il ne serait jamais devenu « le Ngungi » (l’insecte le plus nuisible a Kinshasa ) qui tue plus même que le SIDA. Je vous l’expliquerai dans la deuxième partie de mon titre. (A SUIVRE).

 

 

PARLONS DU KONGO DE L’AN 2015-2016

Deuxième partie

Par Fungula Fumu Ngondji lemaniKongo

 

        Dans la première partie de ce titre, j’ai évoqué un certain nombre de points troublants pour la conscience de l’intellectuel congolais comme pour celle de Kabila Kabange Kazemberembe – si encore il en a une ! Je me suis demandé si l’élite congolaise est consciente des préoccupations de son peuple en ce moment précis ; si cette élite s’est-elle jamais interrogée pourquoi aucun membre de sa composante n’a jamais refusé ou démissionné d’un poste ministériel dans un gouvernement quelconque sous Mobutu, LDK ou sous JKKK (Joseph Kabila Kabange Kazemberembe)? J’ai voulu encore savoir s’il y aurait, aujourd’hui, quelque part dans les grandes capitales des pays occidentaux que nous accusons d’être à l’origine de nos malheurs, un seul membre de l’élite intellectuelle congolaise , détenteur d’un Ph.D. ou d’autre titres academiques, capable de dire à Kabila « va chier », devant l’offre d’un poste au sein du gouvernement de Kinshasa ? Je me demandais de plus si ce fameux JKKK avait la moindre notion du leadership ou des qualités de celui qu'il se réclame le fils ? Des questions lourdes de conséquence que je vais tenter de disséquer une à une.

 

Ce que sera 2015 pour le Congo    

 

La République dite démocratique du Congo aura 55 ans le 30 juin 2015. Dans « qui viendra âpres Kabila ? », article que j’ai publie il y a au moins deux semaines, j’écrivais que nous connaissons déjà le bilan de ces 55 ans d’indépendance. Je l’ai résume en 5 points:

Le Congo n’a pas de gouvernement depuis le jour ou a été renversé celui, démocratiquement élu à la veille du 30 juin 1960 par la coalition des partis nationalistes, dirigé alors par Patrice E. Lumumba.

Nous avons des individus qui se disent gouvernants installés dans des bureaux luxueux à Kinshasa, capitale de la RDC, mais ceux-ci ne sont nullement au service du peuple.

Ces individus, à vrai dire, sont là parce que le peuple congolais n’a pas encore acquis la conscience qu'il a LE POUVOIR de les bouter dehors à n’importe quel moment. 

Cette prise de conscience du peuple congolais est un facteur absolu pour relever les défis qui retardent le développement du Congo jusqu'à ce jour.

Aussi longtemps que le Congo n’aura pas trouvé un leadership patriote et progressiste capable de mobiliser notre peuple à exercer son pouvoir, la descente en enfer ne fera que s’accélérer.

 

       Entendu que la majorité de ceux qui ont le privilège d’être publies dans les medias congolais vivent dans la diaspora, nous ne pouvons que imaginer les tragédies que connaissent chaque jour certains de nos frères et sœurs restes au pays, particulièrement ceux des régions ou règne la guerre. Et quand bien même nous compatissons avec eux, nous n’avons jamais vécu l’expérience d’être réveillé au milieu de la nuit et de constater que tout le village est en panique, pères, mères et enfants criant et courant pêle-mêle, laissant tout derrière eux, parfois nus, afin d’échapper à la mort apportée par des bandes sauvages d’hommes enivrés de la drogue qui se servent de machettes pour couper les têtes de quiconque crosse leur trajectoire en festoyant, comme s’ils coupaient des cannes à sucre. Nous n’avons qu'une image lointaine de tels drames qui se produisent pourtant chaque jour depuis des années dans certaines parties du Sud-Kivu, et probablement bien ailleurs.

 

      Il est vrai, comme nous dit encore l’auteur Hispanique que j’ai cité plus haut, que tout destin est, par nature, dramatique et tragique dans le sens le plus profond ; que quiconque n’a pas senti le danger de notre temps palpiter sous sa main n’a pas encore pénétré les véritables ramifications du destin.(*)1.

 

       Mais par comparaison au destin  de tout autre peuple cependant, celui du peuple Congolais, après plus de la moitie d’un demi siècle dans la misère la plus noire et sous la direction d’intellectuels qui ne semblent avoir aucune conscience des réalités profondes dans lesquelles vivent leurs populations est plus tragique et plus dramatique qu'on ne pourrait l’imaginer.

   Sans doute conviendrait-il de rappeler ce que fut le Congo-Belge afin de pouvoir imaginer concretement la transition à la république du Kongo.

 

Pendant la colonisation, il y avait des lois qui définissaient le Congolais comme étant un sujet au service des interets belges. En langage cru, on peut dire que le Congolais était traité comme une poule ou un mouton destinés à produire des œufs et du lait pour le bien-etre de son maitre, le colonisateur belge.

 

La même loi limitait également les droits et avantagesdu sujet. Par exemple, le Congolais n’avait pas droit à une éducation de qualité, à un emploie et un salaire décent ; à des soins de santé adéquats, à des logements modernes ; à la dignité et la liberté d’agir selon sa propre conscience, etc., etc.

 

 C’était pour mettre fin à ce statut de sujet que les pères fondateurs de la république du Congo se sont insurgés contre la Belgique afin de rétablir les droits fondamentaux du peuple Congolais.

La jouissance de ces droits fondamentaux par quiconque est devenu citoyen congolais à partir du 30 juin 1960 fait également l’objet des lois que l’on appelle « La Constitution de la république démocratique du Kongo ». Cette loi est supposée être conçue par un groupe d’intellectuels congolais parmi les meilleurs de notre élite nationale – intellectuellement, moralement et spirituellement parlant– Et pour garantir que cette constitution réponde à la satisfaction de tout notre peuple, elle devrait être soumise à son examen et approbation. C’est ce qu'on appelle referendum. Une procédure électorale qui permet à chaque congolais et congolaise de lire et de comprendre ce que contient la loi fondamentale de son pays avant qu'elle soit applicable.

 

Soulignons ici qu'en 1960, notre pays avait une population de 14 millions d’hommes et femmes adultes (âgés de plus de 18 ans). Parmi ces 14 millions, il n’y avait pas plus de 8 universitaires. A cause de cette carence de notre élite intellectuelle de l’époque, notre loi fondamentale ou la constitution de la république du Congo indépendant avait été conçue par des intellectuels belges, nos anciens maitres. Elle fut néanmoins adoptée par réferendum avant la proclamation de l’indépendance du Congo le 30 juin 1960. Mais il faut bien reconnaitre qu'elle n’était nullement à la satisfaction de tout le peuple congolais.

 

       Et cela pour deux raisons : premièrement, elle était écrite en Français, sans traduction dans les langues Kongolaises. Elle ne pouvait être comprise que par 0,001% de notre population. Deuxièmement : ceux qui l’ont conçue étant nos anciens maitres coloniaux, la loi  fondamentale du Congo ne pouvait aller à l’encontre de leurs intérets. Par conséquent, la loi fondamentale était faite automatiquement au détriment du peuple congolais. (A SUIVRE).

 

 

 

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