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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 16:09

Opposition congolaise : le temps des «infiltrés» !

30 août, 2011

Léon Kengo wa Dondovital kamerheComme à l’époque de la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992), les rangs de l’opposition politique congolaise sont littéralement envahis par des adhérents venus pour la plupart des institutions de la République. A l’image des « Mobutistes », certains « kabilistes » tombés en disgrâce avant la fin de la législature en cours et des membres des institutions de la République encore en fonctions n’ont pas trouvé mieux que de se positionner au sein de cette famille politique pour des fins électoralistes. 

Pendant que plusieurs d’entre eux parlent au nom de l’Opposition, ils continuent d’agir comme décideurs politiques au sein de l’architecture institutionnelle issue des scrutins de 2011, aux côtés de leurs compagnons de la Majorité Présidentielle (MP). Depuis 2006, personne ne les a vus poser un acte comme opposants : ni discours, ni marche, ni meeting, ni manifestation de protestation contre le pouvoir en place. Cela rappelle à nos concitoyens le raccourci emprunté en leur temps par nombre d’anciens collaborateurs de Mobutu, réputés criminels politiques et économiques, consistant à se proclamer publiquement « Opposants radicaux » et partisans des « forces acquises au changement » pour effacer leur passé chargé. L’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (USOR) d’abord et l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliés (Usoral) s’étaient ainsi transformée en « blanchisserie » pour tous ceux qui avaient eu le flair de quitter le « bateau » de Mobutu sans frais.

A la veille des élections, les Congolais sont surpris d’assister à une infiltration en douceur de l’opposition par des concitoyens ayant activement cautionné la révision de la Constitution avec l’élection présidentielle à un seul tour, la suppression de l’indépendance de la magistrature, la transformation du Chef de l’Etat en décideur capable de révoquer des gouverneurs de provinces et des présidents des Assemblées provinciales, etc. Ces opposants par accident sont pourtant attendus de pied ferme par leurs électeurs à la tribune du souverain primaire pour rendre compte de leur gestion avant de solliciter ses suffrages. En principe, en cette période préélectorale, tous les hommes et femmes ayant participé, directement ou indirectement, à la gestion des affaires publiques en République Démocratique du Congo devraient être occupés à défendre, chacun, son bilan de travail comme ministre, député national ou provincial, sénateur, gouverneur de province, mandataire d’entreprise publique, etc.

Ils devraient avoir le courage et l’honnêteté d’expliquer aux Congolais pourquoi l’insécurité persiste au Nord et à l’Est du pays, l’agent de l’Etat toujours clochardisé ; l’arrière-pays enclavé ; les hôpitaux et écoles en nombre réduit et mal équipés ; l’eau, l’électricité et les soins médicaux inaccessibles au grand nombre ; etc.

Comme à l’époque de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliés, ces « infiltrés » sont en train de dévoiler, progressivement, leur véritable face, en marchant à contre-courant de la volonté de la véritable opposition d’impulser une nouvelle alternance au niveau du pouvoir d’Etat. C’est à cause de leur double jeu consistant à torpiller cette plate-forme politique que se dégage l’impression que l’Opposition est divisée.

Malheureusement pour les « infiltrés », les vraies « forces du changement » savent pour qui ils roulent et ont pris leurs dispositions pour ne pas retomber dans les cas de trahison des années’90. En 2011, c’est le travail de terrain qui va faire la différence entre ces opposants douteux et les partenaires sincères acquis à la candidature commune d’Etienne Tshisekedi à l’élection présidentielle.

Kimp

 

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