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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 13:09

NORD-KIVU,  SAVOURER LA PAIX DANS LA VIGILANCE !

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Néhémie Bahizire, citoyen congolais du Sud-Kivu, nous livre encore une fois sa lecture de la situation actuelle en République Démocratique du Congo.

 

1. LA BRAVOURE DE LA POPULATION DU NORD-KIVU

 

Cela fait déjà plus de deux décennies que la population du Nord-Kivu endure des souffrances atroces lui infligées gratuitement, l’ennemi croyant ainsi la dompter. Mal lui en a pris, car au fur à mesure que des souffrances sont infligées, cela a aguerri de plus en plus cette brave population qui est déterminée à se libérer.

 

Sous la houlette du bureau de coordination de la Société civile, c’est cette population qui a dénoncé chaque fois tout mouvement d’infiltration au Nord-Kivu des soldats rwandais et ougandais. Nous l’avons vue le 18 juillet 2013 se masser sur le tarmac de l’aéroport de Goma pour empêcher le départ à Kinshasa du Colonel MAMADOU, puisqu’elle avait eu nouvelle qu’il y était appelé, alors qu’il remportait des victoires sur le champ de bataille. Cet officier est resté au front et est allé de victoire en victoire.

 

Nous avons vu les jeunes de Rutshuru au Nord-Kivu, exaspérés par les tracasseries des soldats du M23, munis de simples machettes attaquer et tuer deux soldats rebelles. Nous avons vu cette population, après l’explosion des obus du 22 aout 2013 sur Goma, manifester sa désapprobation du comportement inactif de la MONUSCO jusqu’à se faire tuer (2 personnes) par cette même MONUSCO. Nous avons vu cette population au front en train d’apporter de l’eau à boire aux FARDC en plein combat. Etc.

 

La victoire des FARDC sur le M23 donne du tonus à cette population et la rend encore plus déterminée à se libérer. Nous revenons un moment sur l’histoire récente.

 

2. UN MECONTENTEMENT QUI A FORCE LES GRANDS

 

Déception de la population vis-à-vis de l’ONU

 

Cela faisait déjà deux raclés administrés aux Nations Unies par les rebelles Tutsi du Kivu : la prise de Bukavu en 2004 par NKUNDA et MUTEBUSI ainsi que la prise de la ville de Goma par les M23 en novembre 2012, alors que ces deux villes sont sous la protection des troupes de la Mission des Nations Unies au Congo, MONUC changée actuellement en MONUSCO.

 

Pour lever ce défi, il a fallu que le Conseil de Sécurité de ces Nations Unies adopte la résolution 2098, qui autorise le déploiement d’une brigade composée de 3.000 soldats pour combattre toutes les rébellions qui essaiment l’Est de la RD Congo. L’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi ont pourvu en soldats et matériels de combat. Alors que cette brigade était déjà déployée au Nord-Kivu, le M23 a continué à causer des morts parmi la population de Goma par des bombes qu’il larguait continuellement sur cette ville.

 

Cette population exaspérée avait organisé une manifestation de protestation auprès du Quartier Général de la MONUSCO à Goma. A cette occasion, la MONUSCO avait commis un autre scandale en tirant sur les manifestants et avait fait deux morts. Cet acte avait fini par éroder le peu de confiance dont jouissait encore cette mission des Nations Unies auprès de la population congolaise en général et en particulier de celle du Kivu.

 

Déception de la population vis-à-vis de ses autorités

 

La rébellion du M23, soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, comme démontré par les rapports des experts des Nations Unies, occupait et administrait les territoires de Rutshuru et Nyiragongo depuis le mois de décembre 2012, en infligeant à la population toute sorte d’abus et exactions : assassinats, arrestations arbitraires, taxes et impôts divers et exorbitants, limitation de déplacement, corvées, etc.

 

La population congolaise a constaté certains faits qu’elle a considérés comme des trahisons.

 

Au lieu d’organiser l’armée congolaise pour libérer cette population, le Gouvernement congolais s’est complu dans des négociations stériles avec le M23 à Kampala en Ouganda pendant plus de 10 mois. Cela aux frais du trésor public congolais qui payait des per diem aux criminels du M23, pourtant déclarés force négative par les NU, l’UA et la SADEC.

 

Le M23 est la branche armée du CNDP, qui est membre des partis politiques de la majorité présidentielle, et son président fait partie de la délégation gouvernementale aux négociations de Kampala.

 

Quand les FARDC avaient occupé la cité de Rutshuru, le gouvernement congolais les avait enjointes de la quitter au profit du M23. Le Chef de l’Etat major général des FARDC, Mr AMISI KUMBA alias TANGO FORT, accusé par le rapport de l’ONU de vendre des armes et munitions aux ennemis, a été  simplement suspendu de ses fonctions, mais jamais poursuivi en justice.

 

Toutes ces considérations ont amené à ce que la population congolaise accuse de traitres son gouvernement et principalement le Président KABILA Joseph, aujourd’hui au pouvoir à Kinshasa après les élections douteuses de 2011 qui ont renouvelé son mandat.

 

Un dialogue non réussi

 

Les accords d’Addis-Abeba en Ethiopie ainsi que la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies 2098 enjoignent au gouvernement de la RD Congo d’organiser un dialogue avec toutes les forces vives de la nation, pour ressouder l’entente nationale sabordée par les élections critiques de 2011.

 

Le Président KABILA se voyant tiraillé de tout côté - opposition politique, société civile, communauté internationale - a organisé non un dialogue au format recommandé par les instruments juridiques ci-dessus cités, mais plutôt des concertations nationales taillées à la mesure de la majorité présidentielle en se prétendant au dessus de la mêlée.

 

Les grandes composantes nationales à l’origine de cette effritement de la cohésion nationale n’y ont pas pris part, a savoir : les deux premiers partis politiques de l’opposition et leurs alliés (UDPS de TSHISEKEDI et l‘UNC de KAMERHE), ainsi que l’Eglise catholique, surtout son cardinal Mgr MONSENGWO PASINYA.

 

Ceci étant, le Président KABILA cherche sa réhabilitation par la guerre du Nord-Kivu.

 

3. UNE LIBERATION FOUDROYANTE

 

Les FARDC remportent des batailles au Nord- Kivu

 

L’humiliation des Nations Unies à travers la MONUC et la MONUSCO, les accusations de traitrise portées contre le Gouvernement congolais et le Président Kabila en tête, leur humiliation par la facilitation des négociations de Kampala en Ouganda, l’appui diplomatique de la France en faveur de la paix au Kivu ainsi que la bonne disposition du Président OBAMA à ce propos, ce sont des éléments qui ont contribué à ce que les FARDC, appuyées par la brigade d’intervention de la MONUSCO, attaquent les troupes du M23.

 

Dans sept jours de combat, toutes les villes et cités qui étaient sous contrôle de M23 sont conquises par les FARDC : KIBUMBA, KIWANJA, RUTSHURU, RUMANGABO et BUNAGANA. Ce mardi 5 Novembre 2013, le porte-parole des FARDC a annoncé la prise des derniers bastions du M23 dont les collines de CHANZU et RUNYONYI et le M23 s’est auto-dissout en déclarant mettre fin à sa lutte armée.

 

4. UNE AGITATION DECONCERTANTE

 

Voyant le M23 en difficultés au front, certaines personnalités se sont agitées.

 

Le président Kagamé du Rwanda.

 

Pour intimider le Gouvernement de la RD Congo comme d’habitude, le Président Kagamé a massé ses troupes à la frontière avec menace d’entrer en RD Congo, sous prétexte que les FARDC tirent des obus sur son territoire. Il n’a été contenu que par les mises en garde des Américains et surtout par la peur de faire la guerre aux Nations Unies qui combattent aux cotés des FARDC par leur brigade d’intervention.

 

Des personnalités internationales.

 

Mr. Russel Feingold, envoyé spécial des Etats Unis pour la région des Grands lacs ; Mme Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies pour la même région, Mr Koen Vervaeke pour l’Union Européenne : toutes ces personnalité disent que le conflit entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23 doit nécessairement trouver une solution politique malgré la victoire militaire des FARDC sur le champ de bataille et obligent la reprise des négociations de Kampala.

 

Cette position nous déconcerte, nous, population congolaise et spécialement celle du Kivu. Pourquoi ces mêmes personnalités refusent-elles d’exiger les mêmes négociations au Rwanda avec sa rébellion de FDLR, en Ouganda avec ses rébellions de LRA et ADF/NALU et au Burundi avec sa rébellion de FNL ? Le Président tanzanien Mr KIKWETE n’avait-il pas proposé cette solution à ses homologues du Rwanda et de l’Ouganda, ce qui lui a valu des injures et menaces de la part du Président Kagamé, pendant que tous ces donneurs des leçons au monde font sourde oreille ?

 

Les organisations sous régionales CIRGL et la SADEC se disputent leur positionnement sur le Kivu. Depuis hier le 4 novembre 2013, une conférence entre la CIRGL et la SADEC se tient a Pretoria en Afrique du Sud pour que chacune de ces organisations sous-régionales africaines trouve son positionnement et profite des richesses de la RD Congo au Kivu.

 

VEILLER

 

Le peuple congolais et ses amis dans le monde partagent en ce moment la liesse des populations libérées de l’emprise du M23. Beaucoup de défis restent ouverts. A-t-on vraiment décidé de laisser la RD Congo vivre en liberté et dignité ou a-t-on tout simplement changé de stratégie ? Va-t-on organiser de nouvelles opérations contre les FDLR ou affronter vraiment ce problème à sa racine ?

 

Nous encourageons tous les amis de la RD Congo partout où ils se trouvent à travers le monde à redoubler le lobbying et plaidoirie pour une paix durable au Kivu, tout en restant vigilants. L’exemple de l’ONG TRACK IMPUNITY ALWAYS qui vient de déposer une plainte contre l’entreprise Suisse ARGOR HERAEUS pour blanchissement des l’OR pille en ITURI est à encourager et a suivre.

 

A la population congolaise en générale et celle du Kivu en particulier de ne pas lâcher prise, car la victoire est certaine.

 

Bukavu, le 5 Novembre 2013.

 

Néhémie BAHIZIRE

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