Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 13:23

Mutarule: après le massacre, c’est la désolation

Massacres1


Posté le 13 juin 2014 par Maguy Buhendwa Wany

 


Cinq jours après le massacre de Mutarule, où près de 37 personnes ont trouvé la mort, l’Association des Femmes des Médias du Sud-Kivu (AFEM/SK) se rend sur les lieux.Nous sommes le mardi 10 juin 2014. Il est 10 heures du matin, la femme journaliste déléguée par AFEM/SK se rend à la gare pour prendre le bus. Destination Mutarule, sur la route qui mène vers Uvira.A 13h, le bus s’arrête à Mutarule, les passagers demandent au chauffeur de ne pas trop tarder et d’accélérer pour raisons de sécurité. La journaliste descend. Devant elle, des dizaines de militaires bien armés. De gauche à droite, des maisons abandonnées et d’autres brulées. On pouvait également voir des souliers, des assiettes, des casseroles, des habits éparpillés dans les rues. Le village est sinistré, déserté et d’une accalmie inquiétante.  Même pas un cri d’oiseau. Les habitants se sont réfugiés à Sange, à 12 kilomètres de Mutarule et vers d’autres destinations, notamment à Uvira et à Bukavu.

 

La localité de Mutarule, où s’est passé ce massacre la nuit du 6 au 7 juin 2014, est située dans la plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira. Elle est majoritairement habitée par des populations de la tribu Fuliru qui vivent surtout de l’agriculture et de l’élevage.

 

La journaliste traverse de l’autre côté de la route. Un militaire s’adresse à elle :

 

-         « Hé! qu’est-ce que vous cherchez? Est-ce qu’on peut vous aider?

 

-         Oui, je cherche les endroits où les massacres ont eu lieu. Je suis journaliste. »

 

L’homme en uniforme se lève et conduit la journaliste dans les quartiers de Nyamugali et de Katekama où les massacres ont été commis. Le premier endroit visité est le centre de santé composé de deux pièces. Le militaire sort de sa poche une clé et ouvre la porte. Et là, la journaliste voit des lits, des papiers, des médicaments et d’autres outils du centre de santé éparpillés çà et là. Par terre à sa gauche, elle observe également des traces de sang‘’Une femme a été sauvagement abattue là-bas’’ dit le militaire. Sur le lit et dans les deux pièces qui composent le centre de santé, la journaliste voit aussi des douilles ainsi que les cathéters laissés par les malades tués.

 

Le deuxième endroit visité est l’église, actuellement méconnaissable. Les seules choses qui peuvent prouver que les gens y étaient rassemblés sont des souliers en plastique éparpillés, quelques pagnes abandonnés par les croyants, et aussi les tambours. Et enfin les maisons incendiées.

 

A côté du village déserté, se situe une autre zone qui est majoritairement habitée par les Barundi, à près de 100 mètres. C’est dans ce quartier que la journaliste se rend, accompagnée par le même militaire. On peut entendre de loin de la musique, et les enfants jouent par ci par là. Plus on s’approche, plus les gens sortent de leur maison et nous observent. Le militaire s’adresse à un jeune homme :

 

-         « Est-ce qu’on peut voir le chef de groupement ?

 

-         Oui, mais attendez, je vais vérifier s’il est là. »

 

On reste là débout. Les gens continuent de nous observer. Et 20 minutes plus tard, on nous dit qu’il nous attend. Et là il nous donne ses explications :

 

« Je ne peux pas dire qu’il y a une raison qui a poussé à que les gens non autrement identifiés puissent tuer les habitants de Katekama et Nyamugali. Mais la chose dont je suis sûr est que le groupe armé Mai-Mai a volé les vaches de Barundi. Or, le Barundi et le Bafuliru ont toujours été en conflit » dit le chef de groupement, Mirundi Claude.

 

Le rapport Afrique N°206 publié le 23 juillet 2013 par International Crisis Groupa démontré que « le climat d’impunité et de méfiance, l’assassinat le 25 avril 2012 du chef de la collectivité de la plaine de la Ruzizi, située aux confins du Sud Kivu et du Burundi, a relancé les violences entre les communautés Barundi et Bafuliro qui ont duré jusqu’à la fin de l’année 2012. En 2013, en dépit des tentatives de réconciliation du gouvernement central et des Nations unies, les tensions demeurent». « Nos activités sont freinées. Les enfants ne vont plus à l’école, les femmes ne vont plus aux champs. Nous avons peur de circuler par peur d’être tués par les Bafuliru » nous explique une femme Murundi indignée.

 

Depuis l’époque coloniale, cette zone frontalière et en particulier Mutarule est un territoire problématique. Bafuliru et Barundi s’y affrontent pour chercher à conquérir le pouvoir et à contrôler des terres de la plaine de la Ruzizi. Le même rapport précité poursuit qu’en 2012, face à l’ampleur des tensions, la Mission des Nations unies pour la Stabilisation au Congo  (Monusco) et les autorités locales, provinciales et nationales sont intervenues pour des séances de médiations. Mais ces médiations n’ont abouti jusqu’à ce jour ni à instaurer un dialogue intercommunautaire ni à traiter les causes profondes du contentieux.

 

Une rescapée, Angelina Mukozo, rencontrée à Sange, décrit la scène macabre à sa manière : 

 

« Il était 22 heures lorsque les coups de balles ont commencé à crépiter. Et quelques minutes après, les assaillants ont démoli l’église et ont commencé à tuer les gens qui s’y trouvaient pour une veillée de prière». « Avez-vous déjà vu un oncle tuer son cousin et son neveu?  Je veux vivre avec un Murundi mais pas un assassin. Je veux que cette fois justice soit faite. Ma sœur, son mari et leur fille de cinq ans, tous sont morts. Si l’Etat congolais n’agit pas, comment voulez-vous que nous vivions en paix? » S’interroge Angelina Mukozo.

 

La présence du commissariat de la police et du cantonnement militaire n’a pas empêché le massacre des habitants de Mutarule.

 

« C’est un sabotage effectué par les tueurs à l’égard de la population et de l’Etat congolais » s’écrie Matabishi Musavi, qui a perdu les membres de sa famille.

 

A quelques mètres du lieu où s’est passé le massacre, se trouvent un cantonnement militaire et un commissariat de la police. Cela n’a pas empêché les tueurs d’exécuter sauvagement des innocents.  D’aucuns pensent que les militaires présents auraient reçu l’ordre de leur hiérarchie de ne pas agir sur les tueurs, d’autres se plaignent de l’incapacité des FARDC d’intervenir et de sécuriser la population.

 

Mais qui peuvent être les tueurs?

 

« J’ai vu des personnes en tenue militaire, ils s’exprimaient en Kirundi et en Kinyerwanda. Ils ont encerclé le village. C’est Dieu qui m’a sauvé! Car ma voisine a été abattue à coups de machette » témoigne Angelina Mukozo à AFEM.

 

Les chances de réunification des communautés.

 

La lutte contre l’impunité des auteurs de violations graves du droit humanitaire mais aussi le renforcement les cadres permanents de réflexion et de dialogue entre les populations,  l’organisation d’activités de rapprochement inter-communautaire ainsi que la mise à disposition de la population du code de bonne conduite pour la cohabitation pacifique des communautés, signé en 2013 par les communautés, figurent parmi les propositions évoquées par la population.

 

 « Nous allons nous prendre en main et nous rendre justice si les autorités congolaises n’agissent pas ». Conclut un homme Bafuliru.

 

http://www2.afemsk.org/?p=3697 

 

 

 

 

Massacre de Mutarule: le ministre de l’Intérieur se dit « scandalisé » par les atrocités.

Publié le 11 juin 2014
  


Richard Muyej, Ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières de la RDC le 25/02/2014 à Kinshasa, lors d’une conférence de presse. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

 

Le ministre congolais de l’Intérieur, Richard Muyej, a rendu visite mercredi 11 juin aux populations éprouvées et aux personnes blessées lors du massacre de trente-six personnes à Mutarule au Sud-Kivu le vendredi dernier. Il s’est dit scandalisé par les atrocités commises dans cette localité.

 

« Nous avons vu la moto du pasteur totalement incendiée. L’église elle-même a été incendiée. Nous avons vu le sang encore frais dans la maternité où une maman a été tuée. Et nous avons vu quelques maisons incendiées où on a ramassé les corps d’enfants. Tout cela nous a été rapporté par quelques jeunes courageux qui sont revenus dans le village en nous voyant arrivé, parce que le village est vide, le village est désert », a expliqué le ministre.

 

Après le massacre perpétré des hommes armés non encore identifiés, les habitants ont fui le village. Richard Muyej a indiqué que la lumière devrait être faite sur ce massacre.

 

« Et les coupables doivent être sanctionnés! C’est aussi une épreuve délicate pour le gouvernement. Tout le monde attend voir que fera le gouvernement », a fait savoir le ministre de l’Intérieur.

 

En attendant l’aboutissement de l’enquête, il a estimé qu’il fallait sécuriser le village pour faciliter le retour des villageois. « Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour prendre en charge toutes ces personnes en errance », a expliqué Richard Muyej.

 

Le massacre a eu lieu le vendredi 6 juin dernier dans la soirée. A en croire des leaders locaux, des hommes armés ont assiégé la chambre de prière de l’Eglise locale de la 8e communauté des églises de pentecôte en Afrique centrale. Les assaillants ont tiré à bout portant sur les fidèles trouvés sur place.

 

Ces hommes armés ont également attaqué des habitations et le centre de santé de Mutarule.

 

Après ce massacre, un responsable de la jeunesse et un officier militaire ont été interpellés. Le premier est poursuivi pour des déclarations qu’il a faites avant le massacre et le second est accusé par son chef hiérarchique d’«abstention d’agir».

 

Le caucus de députés du Sud-Kivu réclame l’envoi d’une commission d’enquête  parlementaire dans le territoire d’Uvira pour faire la lumière sur ce massacre.

 

ASSOCIATION CONTRE LE MAL ET POUR L’ENCADREMENT DE LA JEUNESSE « ACMEJ/DH »

UNE ORGANISATION DES DROITS DE L’HOMME

Siège administratif : Katogota

Sud – Kivu/R D CONGO

Localisation : Plaine de la Ruzizi

 

Katogota, le 09/06/2014

 

MUTARULE :

N’ENSEVELISSONS PAS AUSSI LA VERITE!

 

Une lecture hâtive

 

La population de Mutarule, dans la Plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, a enseveli dans la détresse ce dimanche 8 juin ses 31 morts, assassinés par des hommes armés dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 juin dernier, à l’église, à la maison, au centre hospitalier.

 

De différents médias nationaux et internationaux en diffusant la nouvelle, ont attribué ce nouveau massacre dans ce village au conflit foncier intercommunautaire ou à un problème ethnique. Certaines autorités congolaises aussi bien provinciales que nationales ont aussi semblé dire presque la même chose.

 

Nous comprenons que des gens qui sont en Europe, en Amérique, en Asie… puissent manquer d’éléments pour porter un jugement correcte, mais comment nos autorités peuvent-elles ne pas comprendre les vrais enjeux de ce drame ?

 

Conflit intercommunitaire ?

 

Depuis avant l’indépendance de 1960 et jusqu’au aujourd’hui, dans la chefferie de la Plaine de la Ruzizi les Bafuliru et les Barundi, pour le 80% d’ethnie hutu, vivent ensemble et jamais ne se sont disputé pour les terres. Chaque membre de la communauté, qu’il soit Murundi, Mufuliru ou même Munyamulenge, cultive la superficie acquise et habite dans sa parcelle bonnement : personne n’a jamais chassé l’autre.

 

Dans la chefferie de la Plaine de la Ruzizi le vrai problème est un conflit de pouvoir que des politiciens de mauvaise foi attisent pour leurs propres intérêts. L’ampleur qu’a prise actuellement ce conflit semble révéler une intention d’exterminer la communauté des Bafuliru.  ACMEJ a depuis longtemps montré que la piste de solution pour ce conflit intercommunautaire est de transformer cette chefferie en chefferie secteur, dont les dirigeants seraient donc élus par la population: alors, n’importe qui pourrait la diriger, même quelqu’un d’une autre Province.

 

Cela pourra entrainer la disparition des milices armées étrangères  et groupes armés nationaux, car aucune communauté ne fera plus recours à des  milices de son appartenance.

 

Nos dirigeants actuels n’ont toutefois jamais voulu écouter ACMEJ à ce sujet. Si ce conflit prend l’ampleur c’est aussi parce que les forces de sécurité nationales (FARDC, policiers) ne sont que des observateurs  inactifs, sous prétexte  que leur hiérarchie leur interdit d’intervenir.

 

Vengeance pour un vol de bétail ?

 

Certains ont attribué le massacre à la vengeance d’une communauté contre l’autre, suite à un vol de bétail. Or, nous rappelons que le vendredi 6 juin, à 14h00, à 5 km du village de Mutarule, des hommes armés inconnus ont attaqué des Maï-Maï et il y a eu des échanges de tirs. Par après ces assaillants inconnus se sont accaparés des vaches des membres de la communauté Bafuliru, non de celles de la communauté des Barundi. Comment peut-on dire alors qu’il y a eu menace de vol du bétail d’un membre de la communauté Barundi ? En outre, est-ce que cela pourrait justifier le massacre de dizaines de personnes ?

 

Aspects inquiétants

 

Les Maï-Maï ont eu du mal à identifier leurs agresseurs de cet après-midi-là. D’où venaient-ils ? Dans cette zone de la Plaine de la Ruzizi, lesrebelles burundais du FNL sont opérationnels. Avant le massacre, des jeunes armés appelés« IMBONERAKURE » ont été observés dans les parages de MUABA, NDUNDA. Les assaillants des Maï-Maï sont-ils membres de ces milices étrangères? A moins que les forces gouvernementales (FARDC, Police d’interventions) ne déclarent que ce sont eux qui ont mené l’attaque contre ces Maï-Maï. 

 

Parmi les « Imbonerakure », qui s’entrainent dans la Plaine de la Ruzizi, il y a des anciens démobilisés des FDD, d’autres qui étaient à l’époque des militaires alliés du RCD-Goma en RDCongo. Certains parmi eux maitrisent la plaine de la Ruzizi et ses environs. Ils sont visibles dans le côté congolais de la forêt de RUKOKO, difficile à atteindre, où ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent.

 

La majorité des « Imbonerakure » sont des Burundais hutus et d’autres ont vécu dans la chefferie de la plaine de la Ruzizi comme des Barundi de cette chefferie. Il y a raison de se demander s’il s’agit d’une force réserviste du pouvoir du Burundi.

 

Conclusion

 

Nous demandons aux médias de ne pas tomber dans le piège d’interprétations hâtives ou cachant les intérêts de quelqu’un. Avec la population de Mutarule, nous réitérons notre demande d’enquête nationale et internationalesur le massacre du 6-7 juin.

 

Nous demandons encore une fois au Gouvernement de pourvoir a transformer la Chefferie de  la Plaine de la Ruzizi en Chefferie secteur.

 

Nous demandons aux autorités de prendre au sérieux les défis sécuritaires que nous venons de signaler.

 

ACMEJ

 

Sud-Kivu : la Monusco sollicitée par les notables pour assurer la sécurité de Mutarule.

 

Publié le 11 juin 2014

Écrit par Matshi 

  

 

Les chefs  des villages touchés vendredi dernier par le massacre opéré par des hommes armés non identifiés ayant fait plus d’une trentaine de morts ont demandé mardi 10 juin à la Monusco de protéger la population de la localité de Mutarule, située dans le groupement de Luberizi dans la province du Sud-Kivu.

 

Ils ont formulé cette demande mardi 10 juin au commandant des forces de la Mission onusienne en RDC, le général Alberto Dos Santos Cruz qui était en visite à Mutarule.

 

Vendredi dernier, une attaque d’hommes armés non identifiés a fait trente-six morts et vingt-quatre blessés parmi les civils.

 

Selon Radio Okapi, le général Santos Cruz s’est entretenu avec le commandant de la base des contingents pakistanais à Sange et le commandant des FARDC, afin  d’obtenir d’eux des détails sur l’origine de cette attaque et les raisons pour lesquelles la Monusco n’était pas intervenue.

 

L’officier des renseignements du 1052e bataillon des FARDC, le major Dido Valinandi, a expliqué que cette attaque est due aux conflits opposant les communautés Bafuliiru et Barundi/Banyamulenge autour des ressources locales, notamment des minerais et du pouvoir coutumier.

 

Il a indiqué que ces communautés locales disposent chacune des groupes armés pour protéger ces ressources, mais le rapport des forces serait favorable aux Barundi/Banyamulenge qu’aux Bafuliiru. Le chef de groupement de Mutarule, Claude Mirundi, a plutôt demandé à l’armée et à la police de faire un bouclage et d’instaurer le couvre-feu pour fouiller tout le village, afin de vérifier ces allégations.

 

Par ailleurs, le chef de bureau de la Monusco à Uvira a déploré le fait que l’armée régulière n’ait pas sollicité l’intervention des casques bleus pakistanais basés à Sange, alors que des indices d’insécurité étaient signalés toutes les minutes aux autorités militaires en place.

 

Réconfort moral de Richard Muyej

 

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej est aussi arrivé mardi soir à Mutarule dans la plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu. Dans une déclaration faite à la presse, il affirme apporter un message de compassion du gouvernement à la population de cette localité. Richard Muyej, qui s’est dit indigné, a assuré qu’une enquête sera diligentée, afin de retrouver les auteurs de crimes de Mutarule.

 

Une fois que les coupables seront retrouvés, la justice fera son travail, a-t-il indiqué.

 

Trente-six personnes ont été tuées à Mutarule, Nyamugali et Katekama dans la nuit de vendredi dernier par des hommes armés non identifiés. Selon le premier bilan annoncé par des sources religieuses locales samedi, il y avait aussi 24 blessés. Les assaillants avaient également incendié plusieurs habitations et une église où se trouvaient des fidèles.

 

Les habitants de Mutarule avaient enterré les victimes dimanche sous un climat tendu, barricadant la route nationale n°5. Cette tension était aussi perceptible dans la cité d’Uvira, où des barricades ont également été érigées sur le pont Mulogwe.

 

Uvira : Benjamin Mukulungu plaide pour la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.

 

Publié le mercredi 11 juin 2014 

 

 

 

Un incident malheureux s’est produit dans la nuit du 6 au 7 juin 2014 dans la province du Sud-Kivu, plus précisément dans le village Muturale, chefferie de plaine Ruzizi, Territoire d’Uvira.

 

L’Honorable Benjamin Mukulungu l’a fait savoir lors de la séance plénière de lundi 9 juin 2014, dans la salle des congrès du palais du peuple. Prenant la parole par motion d’information, le président du caucus des députés nationaux du Sud-Kivu a plaidé pour la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire ou à défaut d’une mission d’information et de compassion dans les jours qui suivent.


“Dans la nuit de vendredi 6 au samedi 7 juin 2014, des événements très graves se sont produits dans le village de Mutarule dans la chefferie de plaine de Ruzizi, Territoire d’Uvira, province du Sud-Kivu’’, a-t-il informé. Et de poursuivre que ‘‘ces événements, faits d’incendies des maisons et d’églises (8e CEPAC), de tueries et de violences inimaginables, ont causé la mort de 37 personnes parmi lesquelles des femmes enceintes éventrées, des jeunes enfants, des fidèles et serviteurs de Dieu réunis en prière ainsi que 29 blessés graves.


Lors de son allocution, Benjamin Mukulungu a, du haut de la tribune, signalé que les assaillants qui jusque-là ne sont pas encore identifiés se sont servis d’armes de guerre et d’armes blanches pour perpétrer ces crimes. “Il ressort de l’observation des corps des victimes de cette boucherie humaine que les assaillants,  non encore identifiés, se sont servis des armes de guerre et des armes blanches pour perpétrer ces actes funestes. Pendant plus d’une heure, à côté d’un commissariat de la police et d’un poste de l’armée nationale, ces assaillants ont massacré des paisibles citoyens congolais sans aucune réaction de la part des éléments des forces de l’ordre sensés être là pour les protéger’’, a-t-il regretté.


Toujours dans le même ordre d’idée, il a été révélé que jusqu’au 8 juin dernier plusieurs corps jonchaient encore la route nationale n°5 entre Kamanyola et Uvira. “Ces tristes événements ont occasionné émoi et vives tensions à travers le territoire d’Uvira en particulier et dans toute la province du Sud-Kivu en général’’.


Face à cette situation, l’élu du Sud-Kivu soutient l’hypothèse selon laquelle l’Assemblée nationale ne peut pas rester insensible. D’où la nécessité de mettre en place une commission d’enquête pour établir les faits, et ainsi traduire les coupables devant l’organe compétent pour répondre de leurs actes. “Ainsi, la représentation nationale aura apporté sa contribution en faveur d’une pacification durable dans cette partie de la République’’, a-t-il conclu.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com