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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 12:44

Les rébellions ayant montré leurs limites : un «Plan Marshall» pour dépiécer la RDC ?

Vempires

En dépit des rébellions préfabriquées en série par le Rwanda et l’Ouganda depuis 1996, la République Démocratique du Congo tarde à éclater en micro-Etats. Même les tentatives d’érection d’une partie de la province du Nord-Kivu, plus précisément les territoires de Rutshuru et Masisi, en Républiquette n’ont aucune chance d’aboutir. Le sentiment des Congolais de vivre ensemble à l’intérieur d’un Etat uni, en paix et prospère, est si fort que les ennemis de son unité semblent avoir renoncé à sa balkanisation par les armes.

Depuis un certain en effet, l’idée d’un « Plan Marshall »spécifique à la partie Est du Congo (Nord-Kivu et Sud-Kivu), est en train de faire le tour de certaines chancelleries occidentales.

Ses concepteurs pensent sans doute, à l’instar de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, que le fait de partager les mêmes projets économiques et sociaux, avec l’appui financier la communauté internationale, pourrait atténuer les tensions persistantes dans la sous-région des Grands Lacs. Ils semblent convaincus que si les populations du Nord-Kivu, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie et du Kenya parviennent à s’intégrer dans un grand ensemble économique, à travers des échanges divers (commerce, agriculture, transport, mines, industrie, énergie, hydrocarbures), ils seraient de moins en moins tentés de se haïr. Des bailleurs de fonds ont même déjà avancé le chiffre d’un milliard de dollars américains pour la mise en valeur des ressources communes aux Etats des Grands Lacs. Il est question de financer la construction de centrales hydro-électriques, de routes, de ponts, de écoles, de hôpitaux, d’industries de transformation…l’exploitation des minerais et des hydrocarbures, des fermes agricoles.

Pourquoi seulement l’Est du Congo ?

Il est vrai que les populations de l’Est du Congo, victimes d’une insécurité qui remonte à 1994, année de l’invasion de l’ex-Zaïre par des réfugiés Hutu rwandais fuyant les représailles des FPR (Front Patriotique Rwandais) de Paul Kagame, ont grandement besoin de l’aide humanitaire internationale en termes de soins de santé, de logement, de nourriture, d’eau potable, d’électricité, d’éducation, d’habillement, de transport, de voies de communication, de produits manufacturés, de matériels et intrants agricoles, etc. En cette période de graves pénuries de toutes sortes, tout ce qui pourrait soulager tant soit peu leur situation de précarité serait le bienvenu.

Les observateurs pensent que s’il existe, dans le cercle des « amis » du Congo, un plan régional ou sous-régional de développement, il ne devrait pas se focaliser sur une seule province du pays, alors que pour l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Kenya et la Tanzanie, on n’a exclu aucune province. Le fait d’isoler leurs frères et sœurs du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et de les pousser à se déconnecter du reste du Congo aux plans économique, commercial, social, industriel et agricole inquiète les autres Congolais.

Car, hormis l’insécurité découlant de la présence des forces négatives au Nord-Kivu, toutes les provinces du pays présentent le même tableau sombre en matières d’infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires, fluviales et lacustres, de santé, d’éducation, d’agriculture, d’élevage, de pêche, d’emploi, de logement, d’alimentation, d’énergie, de commerce, d’industrie, etc. Le sous-développement et la pauvreté touchent toutes les catégories défavorisées des populations de toutes les provinces congolaises.

Partout, on attend depuis des décennies, des réponses au manque de routes, d’avions, de bateaux, de trains, d’eau, d’électricité, d’industries lourdes et de transformation, de mécanisation de l’agriculture. S’il y a, dans le chef des « amis du Congo »,une volonté réelle d’alléger les souffrances de son peuple, de rechercher la paix régionale à travers des actions de développement, le processus devrait concerner l’ensemble des Congolais. Ceux-ci estiment qu’avant de cheminer vers l’intégration économique des Grands Lacs, on devrait favoriser celle du Grand Congo, dont les populations vivent encore coupées les unes des autres en matières économiques, commerciales, agricoles, énergétiques, industrielles, sanitaires, éducationnelles, communicationnelles, etc.

Risques de fracture sociale

En effet, entre autres conséquences à redouter de l’indépendance commerciale, économique, industrielle, agricole, énergétique…des Congolais de l’Est vis-à-vis de leurs compatriotes du Nord, du Sud, du Centre et de l’Ouest du pays est qu’ils ne se sentent plus liés, à la longue, aux problèmes de développement national. Une fracture sociale pourrait ainsi rapidement apparaître au sein de la communauté congolaise, de nature à susciter de nouvelles velléités d’indépendance, voire de rébellion fort préjudiciables à la cohésion nationale.

Ainsi, au lieu d’atteindre le noble objectif de cohabitation pacifique entre Congolais et Ougandais, Rwandais, Burundais, Kenyans et Tanzaniens, on risque d’installer chez eux le sentiment d’avoir été entraînés dans un marché de dupes visant la balkanisation de leur territoire national. D’où, avant de chercher à régler les problèmes sous-régionaux des Grands Lacs, il serait plus réaliste de résoudre d’abord ceux du peuple congolais à travers des projets de développement internes.

 

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Published by kongolibre.over-blog.com