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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 11:33

Les grandes décisions de Kabila attendues ce jeudi.

Kanambe8

Le Potentiel, lundi le 7 Octobre 2013

Les concertations nationales ayant vécu

Sauf imprévu, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, rend compte ce jeudi devant le Parlement réuni en Congrès des « mesures importantes » découlant de concertations nationales. Le moment est crucial. Le chef de l’Etat n’a pas méconnu la portée du rendez-vous. « Je vous ai entendus et je vous ai compris », a d’ores et déjà promis le chef de l’Etat. Sans doute, à partir de ce jeudi 10 octobre, la RDC va basculer dans une nouvelle ère, bâtie sur le credo de la cohésion nationale.

 

N’en déplaise aux plus sceptiques qui, à l’ouverture le 7 septembre 2013, redoutaient un atterrissage en catastrophe des concertations nationales. A moins d’un mois d’intenses discussions, les délégués ont déjoué tous les pronostics, surtout les plus pessimistes.

 

Le samedi 5 octobre 2013, à la cérémonie de clôture de ces assises, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, n’a pas caché sa satisfaction. Pour le chef de l’Etat, c’est « une première dans l’histoire contemporaine de notre pays de pouvoir tenir les assises similaires qui examinent autant de questions d’intérêt national et proposer des pistes de solutions en un temps aussi court ».

 

Contre toute attente, les délégués aux concertations nationales ont répondu présents au rendez-vous de l’histoire, permettant à la RDC de disposer enfin d’une boussole pour envisager et planifier avec sérénité son avenir. « C’est aussi la preuve une fois encore que lorsque la nation est en danger, que lorsqu’il s’agit d’établir des bases solides pour l’avenir du pays, les Congolaises et Congolais sont capables de dépassement de soi et de sursaut patriotique », a indiqué Joseph Kabila, visiblement ébloui par le travail abattu en un temps record.

 

Le chef de l’Etat s’est montré confiant en l’avenir du pays, après avoir perçu le message lui envoyé par les délégués aux concertations. C’est devant le Parlement réuni en Congrès qu’il a promis de révéler à la nation des mesures importantes pour arrimer enfin sur une pente de la croissance et du progrès.

 

« A brève échéance, je convoquerai les deux Chambres du Parlement en Congrès », et qu’ « à cette occasion, des mesures importantes seront annoncées pour répondre aux préoccupations légitimes des délégués, et par delà, à celles du peuple ».

 

L’on sait d’ores et déjà que ces mesures ne devaient pas s’écarter du cadre annoncé par le chef de l’Etat – les limites ayant été nettement tracées dans son discours du samedi 5 octobre. « D’une part, vous tenez au respect du cadre institutionnel qui régit notre pays. D’autre part, face aux enjeux de l’heure, vous estimez qu’il ne faut pas sacrifier les impératifs de la pacification et du développement accéléré du pays sur l’autel d’une orthodoxie démocratique qui voudrait que la majorité tienne la minorité éloignée de la gestion de la chose publique », a-t-il déclaré.

 

Même si les spéculations vont dans tous les sens, une chose est sûre : le chef de l’Etat ne devait pas se démarquer de la volonté clairement exprimée par les délégués. C’est notamment le respect du cadre institutionnel et la formation d’un gouvernement d’ouverture où sera prise en compte qui la dynamique qui s’est dégagée avec les concertations nationales.

Le présidium chez Sassou

 

La réussite des concertations a bénéficié d’un important soutien régional, notamment celui du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso. Ce dernier a joué un grand rôle dans la tenue de ces assises dans un esprit de concorde. Aussi, rapportent des sources concordantes, les deux membres du présidium ont-ils traversé dimanche le Pool Malebo pour Brazzaville.

 

Aubin Minaku et Léon Kengo wa Dondo sont allés rendre compte au président Denis Sassou N’Guesso des conclusions de concertations.

 

Les mêmes sources indiquent que le chef de l’Etat du Congo/Brazzaville sera l’invité d’honneur du Congrès de ce jeudi 10 octobre. Ce qui ne serait qu’une façon de reconnaître le mérite du président Denis Sassou N’Guesso qui s’est montré disponible à accompagner la RDC dans la recherche non seulement de la paix mais aussi de la cohésion nationale.


L’essentiel des délibérations

 

Par ailleurs, il y a lieu de mentionner que les concertations nationales ont conclu à la nécessité des profondes réformes en République démocratique du Congo. Ces assises ont regroupé pendant trois semaines plus de 800 délégués venus de toutes les couches sociopolitiques du pays, principalement de la Majorité, de l’Opposition et de la Société civile.

 

C’est le samedi 5 octobre que le chef de l’Etat, initiateur de cette rencontre, a clôturé au Palais du peuple ces assises. C’était au cours d’une cérémonie solennelle en présence, notamment, de la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU. Après avoir reçu des mains du présidium le rapport final des travaux assortis des conclusions et recommandations multisectorielles visant la transformation profonde de la société congolaise, Joseph Kabila a promis de ne ménager aucun effort pour répondre positivement au vœu exprimé à l’issue de ce forum.

 

Le rapport final de concertations nationales, lu en plénière par le coordonnateur du secrétariat technique, a repris un certain nombre de recommandations, au nombre desquelles : le recensement et l’identification des citoyens avant les prochaines élections ; le respect strict de la Constitution ; l’affectation des militaires hors de leurs provinces d’origine ; la lutte contre l’enrichissement illicite des membres du gouvernement ; l’éradication des groupes armés nationaux comme étrangers ; la promotion de la culture de la paix et de la bonne gouvernance ; la libération des prisonniers politiques ; le suivi du dossier du sénateur et ancien vice-président Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale ; la réouverture des médias fermés.

 

Dans l’opinion publique, l’on retient encore son souffle, tout le monde reste suspendu au discours que prononcera le président de la République ce jeudi devant le Congrès.

 

En attendant, l’espoir est permis – les concertations nationales s’étant déroulées sans heurts jusqu’à leur clôture le 5 octobre 2013. Il faut bien évidemment jeter des fleurs au présidium qui a fait preuve d’abnégation, en mettant de côté la divergence pour ne privilégier que le seul intérêt général. Tout est bien qui finit, se disait-on déjà samedi dans les couloirs du Palais du peuple. Le premier pari de ces assises ayant été couronné de succès, il reste maintenant aux acteurs associés à ce forum de se mobiliser davantage autour du chef de l’Etat pour consolider les fondements de la cohésion nationale.

 

 

Majorité-Minorité & Société civile compactées:
Kabila promet des surprises devant le Congrès !

Le 07/10/2013

 

*Joseph Kabila a reçu, officiellement, le samedi dernier, en marge de la cérémonie de clôture du Forum sur les concertations nationales, le Rapport Final des Travaux. Et, il a immédiatement capté le message transmis par les concertateurs. ‘‘Soyez rassurés que je vous ai entendus et que je vous ai compris’’, a-t-il soutenu, devant les participants réunis au Palais du peuple et qui ne se sont pas fait prier, pour l’applaudir frénétiquement. Kabila Joseph a, en effet, compris que, d’une part, les délégués aux concertations nationales tiennent au respect du cadre institutionnel qui régit, jusqu’ici, la RDC.

 

Et, d’autre part, face aux enjeux de l’heure, ils estiment qu’il ne faut pas sacrifier les impératifs de la pacification et du développement accéléré du pays sur l’autel d’une Orthodoxie démocratique qui voudrait que la majorité tienne la minorité éloignée de la gestion de la chose publique. Voilà pourquoi, il a pris de nouveaux engagements, la partie étant loin de se terminer, pour lui. Il s’est engagé notamment, d’ausculter au scalpel toutes recommandations formulées, avant d’y réserver une suite. Pour ce faire, il va convoquer, dans le plus bref délai, les deux Chambres du Parlement en Congrès. Et, à l’occasion, des mesures importantes, déclare-t-il, seront annoncées, en réponse aux pertinentes recommandations. Il a félicité les concertateurs pour le travail abattu, dans le délai imparti. Pour leur part, les délégués ont réaffirmé leurs engagements à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain, ‘‘ notamment par le strict respect de la Constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles : la forme de l’Etat, le nombre et la durée du mandat du Président de la République’’.

 

Aux dernières nouvelles, Kengo et Minaku auraient traversé hier, dimanche 6 octobre 2013, le Pool Malebo, pour rencontrer le Président Denis Sassou Nguesso, l’accompagnateur à la carte, afin de lui faire, à son tour, rapport. Les concertations nationales convoquées par le Président de la République ont connu un véritable atterrissage en douceur, le samedi 5 octobre 2013, au Palais du peuple. Et ce, grâce à la virtuosité des commandants de bord que sont Léon Kengo wa Dondo et Aubin Minaku. Nonobstant des zones de turbulence marquées par des altercations verbales vite escamotées, le vol est réellement arrivé à destination, avec à la clé, la joie de tous les passagers, à savoir : les concertateurs. Des observateurs auront finalement compris que, point n’avait besoin d’un médiateur international, co-pilotes et passagers, tous, ayant fait preuve de maturité et de détermination à sortir la RD-Congo du bout du tunnel dans lequel la crise dans l’Est du pays l’a maintenue plus de quinze ans durant.

 

Le samedi 5 octobre 2013, lors de la grandiose cérémonie de clôture, le Chef de l’Etat, l’initiateur de la démarche, a suivi attentivement, d’abord le mot de circonstance de l’Honorable Minaku, co-président des Concertations nationales ; puis la lecture du Rapport Final faite par le coordonateur du secrétariat technique, M. Bernard Mena. A en croire Bernard Mena, les délégués aux concertations nationales ont réaffirmé leurs engagements à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain à travers notamment, le strict respect de la constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles : la forme républicaine de l’Etat, le nombre et la durée du mandat du Président de la République. Dans sa réplique, en guise de mot de clôture des travaux, Kabila Kabange Joseph s’est engagé à présenter ce volumineux rapport au Parlement, au cours du Congrès de deux Chambres réunies, dans le plus bref délai, sans avancer une date précise. A cette occasion, promet-il, des mesures importantes seront annoncées, en réponse aux recommandations contenues dans le rapport final de ces assises historiques. Kabila : la réaction à chaud !

 

Réagissant à chaud, lors de sa brève allocution de clôture, Joseph Kabila a vite capté le message lancé par les concertateurs qui, d’une part, tiennent au respect du cadre institutionnel qui régit le Congo-Kinshasa et, d’autre part, face aux enjeux de l’heure, ils estiment qu’il ne faut pas sacrifier les impératifs de la pacification et du développement accéléré du pays sur l’autel d’une orthodoxie démocratique qui vaudrait que la majorité écarte la minorité de la gestion de la chose publique. Soyez rassurés, a-t-il déclaré, que je vous ai entendus et que j’ai compris. Joseph Kabila n’a pas omis de féliciter, vivement, les participants pour le travail abattu en un temps record, dans le respect du délai imparti. Il les a, également, remerciés pour leur engagement.

 

Le Raïs n’a pas, non plus, manqué de rappeler que les concertateurs l’on rejoint, en ce que le 20 décembre 2011, lors de la prestation de son serment, il avait souligné sa volonté de travailler avec les congolais de tous bords, avec tous ceux qui avaient la passion du Congo. Des recommandations Il faut noter que plusieurs recommandations ont été faites au Chef de l’Etat à l’issue des travaux. Il y a, entre autres, le recensement et l’identification des citoyens avant les prochaines élections, le respect strict de la Constitution, l’affectation des militaires hors de leurs provinces d’origine, la lutte contre l’enrichissement illicite des membres du Gouvernement, l’éradication des groupes armés nationaux comme étrangers, la promotion de la culture de la paix et de la bonne gouvernance, la libération des prisonniers politiques, le suivi du dossier du Sénateur et ancien Vice-président Jean-Pierre Bemba à la Cour Pénale internationale et la réouverture des médias fermés. Il convient ici de rappeler que ces assises avaient été convoquées pour la recherche des voies et moyens permettant de consolider la cohésion nationale, mais aussi de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays, en y rétablissant la paix, principalement, dans la partie orientale, pour amorcer le développement.

 

Plus de 800 personnes ont donc pris part à ces assises. Parmi lesquelles les délégués de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition, des forces vives de la nation, des experts et des invités du Chef de l’Etat. La phase déterminante Le plus dur reste à venir, à savoir : la traduction en actes des recommandations issues de ces assises. Toutefois, à voir l’engagement du Chef de l’Etat et des participants, il y a lieu de s’attendre à des surprises agréables de la part du Raïs qui, ces derniers temps, s’est caractérisé par des sorties fort appréciées par des analystes. La dernière en date, c’est celle de l’Assemblée générale des Nations Unies où il a mis la Communauté Internationale devant ses responsabilités face à la crise sécuritaire qui gangrène l’Est du Pays, en appelant spécialement tous les pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba au respect de leurs engagements. Kabila Kabange aura montré à l’Onu et à l’UA, à travers la résolution 2098 et l’Accord-cadre d’Addis-Abeba qu’il aura rempli sa part du contrat. Hier, il a institué le mécanisme de suivi de la mise en œuvre de l’Accord-cadre.

 

Aujourd’hui, il en a fini avec les concertations nationales, pour restaurer la confiance politique. Il reste cependant la suite des pourparlers de Kampala. Et, peut-être, à la prochaine saison, la tentative de vider les élucubrations résiduelles de tous les autres groupes armés. L’autre tendon d’Achilles demeure, certes, cette aussi embarrassante affaire de Tshisekedi, avec sa lutte pour la ‘’vérité des urnes’’, couplée aux revendications de la bande à Kamerhe qui, eux, auraient une autre acception du dialogue que des concertations telles qu’elles se sont tenues, à Kinshasa, dans leur format co-présidé par Kengo et Minaku. A ce stade, il réussit tout de même à replâtrer la cohésion interne, dans un environnement politique qui lui était jusqu’ici peu affriolant. La Pros.

 

 

Gouvernement de large ouverture: Voici les premiers secrets des concertations!

 

La Prospérité, le 04/10/2013

*Après la phase d’adoption des rapports généraux et recommandations au sein des Groupes Thématiques, celle de la lecture et adoption, sans débat, en plénière a débuté hier, au Palais du peuple et, elle pourra, éventuellement, prendre fin aujourd’hui. Tous les états-généraux étaient prêts. Sauf, la thématique 2 : Economie, Secteurs Productifs et Finances qui, bien qu’ayant déposé son rapport final, ne l’a pas multiplié pour permettre à l’assemblée de bien suivre la lecture. Ce sera chose faite ce vendredi, a-t-on promis. Pour ce qui est des recommandations, l’on retiendra, particulièrement, de la Thématique Gouvernance, Démocratie et Réformes Institutionnelles, qu’il a été préconisé, entre autres, que dans le cadre du renforcement de la cohésion nationale, des réformes institutionnelles soient menées en vue d’assurer la participation des forces vives de la nation à la gestion du pays dans le cadre de la politique d’ouverture prônée par le Chef de l’Etat. C’est ici, vaguement, qu’une brèche a été ouverte, pour la mise sur pied d’un Exécutif consensuel.

 

Dans le chapitre de l’Etat des droits, il a été demandé de faire du Gouvernement, un vecteur prioritaire de la cohésion nationale ; de renforcer la lutte contre l’enrichissement illicite des membres du gouvernement par le suivi permanent de l’évolution de leur patrimoine immobilier, financier et matériel; de procéder à l’identification des étrangers au sein de l’armée, de la police, des services de sécurité et de renseignement et de les en exclure ; de renforcer la répression des auteurs d’abus de pouvoir, de trafic d’influence, de corruption, de concussion, de détournement des deniers publics et d’ériger en circonstances aggravantes la commission de ces infractions par les hauts responsables politiques, administratifs et judiciaires…

 

Pour ce qui est de la Gouvernance sociale, il est demandé l’application d’une politique salariale respectueuse du SMIG ; la couverture universelle des soins de santé ; l’adoption d’une politique nationale de prise en charge médicale et psychologique des personnes victimes des violences sexuelles…

 

Découvrez, ci-après, les principales recommandations des états-généraux de la Gouvernance, de la Démocratie et des Réformes Institutionnelles.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

LES CONCERTATIONS NATIONALES

ETATS GENERAUX DE LA GOUVERNANCE, DE LA DEMOCRATIE ET DES REFORMES INSTITUTIONNELLES

PRINCIPALES RECOMMANDATIONS DES ETATS GENERAUX SUR LA GOUVERNANCE, LA DEMOCRATIE ET LES REFORMES INSTITUTIONNELLES

1. GOUVERNANCE POLITIQUE

A. S’agissant des principes, valeurs et vision de la gouvernance

 

 

1. Affirmer la nécessité d’inscrire l’action publique et d’intégrer dans le comportement de l’ensemble des dirigeants à tous les niveaux les principes et valeurs qui fondent la gouvernance et renforcent la cohésion nationale, notamment en adoptant un code d’éthique en matière de bonne gouvernance à savoir : la poursuite du bien commun, le pouvoir conçu comme service à la nation, la transparence ou la gestion dans l’esprit de vérité, la satisfaction équilibrée des besoins des populations, le respect absolu de la loi, la justice et l’équité, l’éthique du service public, la poursuite de l’intérêt général et non des intérêts particuliers, le respect de la parole donnée, la promotion de la culture de l’intégrité, la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la nation par le respect du pacte républicain et la non prise du pouvoir par les armes.

 

B. S’agissant de l’Etat de droit

 

1. Procéder au recensement général, à l’identification de la population et à la production de la carte nationale d’identité ;

2. Recommander à la CENI, dans le respect de ses compétences en la matière, de fixer le calendrier électoral de manière à organiser en priorité les élections locales, municipales et urbaines avant celles provinciales, sénatoriales, législatives et présidentielle, en vue de consolider les équilibres politiques nécessaires au développement de la démocratie ;

3. Renforcer la répression des auteurs d’abus de pouvoir, de trafic d’influence, de corruption, de concussion, de détournement des deniers publics et ériger en circonstances aggravantes la commission de ces infractions par les hauts responsables politiques, administratifs et judiciaires (député national, sénateur, membre du Gouvernement central, haut magistrat civil et militaire, haut fonctionnaire, responsables des institutions d’appui à la démocratie, député provincial, gouverneur de province, ministre provincial, gestionnaires des entreprises du portefeuille de l’Etat et des régies financières…) ;

4. Demander aux formations politiques de présenter au moins 30% de femmes dans chaque liste des candidats dans les circonscriptions à au moins trois sièges aux niveaux provincial et national ;

5. Instituer dans la loi électorale, le système de cooptation de femmes dans les Assemblées délibérantes à l’instar des chefs coutumiers au sein des Assemblées provinciales ;

6. Interdire de façon formelle, dans la loi électorale, les donations en période de précampagne et de campagne électorales ;

7. Faire du Gouvernement un vecteur prioritaire de la cohésion nationale ;

8. Renforcer la lutte contre l’enrichissement illicite des membres du gouvernement par le suivi permanent de l’évolution de leur patrimoine immobilier, financier et matériel ;

9. Procéder à l’identification des étrangers au sein de l’armée, de la police, des services de sécurité et de renseignement et les en exclure ;

10. Veiller à l’affectation des militaires et policiers hors de leurs provinces d’origine ;

11. Eradiquer les groupes armés nationaux et étrangers ;

12. Adopter une politique volontaire de placement des cadres congolais dans la fonction publique internationale ;

13. Obtenir la condamnation solennelle de l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda et demander au conseil de sécurité de l’ONU de voter formellement une résolution assortie de sanctions claires et nettes et ce, au regard des rapports d’experts de son comité des sanctions déjà publiés ;

14. Rendre effective l’autonomie financière et budgétaire du pouvoir judicaire par la mise à disposition d’une dotation propre et suffisante afin de lui permettre d’exercer sa mission en toute indépendance ;

15. Finaliser, dans les meilleurs délais, la loi portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ;

16. Mettre sur pied une feuille de route relative à l’installation dans les meilleurs délais, de la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat ;

17. Renforcer les sanctions contre le Magistrat fautif pour combattre l’impunité dans ce secteur et, le cas échéant, le révoquer en cas de condamnation judiciaire pour infractions de corruption et de concussion ;

18. Adopter une loi rendant obligatoire la déclaration des patrimoines par les Magistrats, les autres fonctionnaires et agents de l’Etat ainsi que toutes les personnes investies d’un mandat nominatif, et assurer, par un mécanisme approprié, le contrôle rigoureux de l’évolution des patrimoines ainsi déclarés ;

19. Imposer la reddition des comptes aux gouvernements provinciaux devant les assemblées provinciales ;

20. Désigner et installer les membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme pour la rendre opérationnelle ;

21. Installer dans le meilleur délai, le Conseil Economique et Social et tenir compte de la dimension environnementale dans les misions de cette institution ;

22. Supprimer le visa de séjour en République Démocratique du Congo à l’égard des étrangers d’origine congolaise ;

23. Renforcer les capacités de l’Etat à protéger la nationalité congolaise.

24. Faire de la mise en œuvre de la parité homme-femme une exigence fondamentale de la société congolaise, notamment en y intensifiant la sensibilisation des notions du Genre et de la Parité, en adoptant rapidement une loi mise en œuvre de la parité, en assurant le suivi et l’évaluation périodique de la mise en œuvre de ladite loi, en veillant à l’application des engagements internationaux en la matière, en luttant contre les antivaleurs et en prenant des mesures incitatives en faveur de l’engagement politique de la femme et de la jeune fille ;

 

C. Réformes institutionnelles

 

1. Que dans le cadre du renforcement de la cohésion nationale, des réformes institutionnelles soient menées en vue d’assurer la participation des forces vives de la nation à la gestion du pays dans le cadre de la politique d’ouverture prônée par le Chef de l’Etat.

2. Revisiter la loi électorale en vigueur notamment en définissant les conditions d’éligibilité, d’une part et, en déterminant le barème des sanctions applicables aux cas d’irrégularités techniques ou matérielles et de procédure d’autre part ;

3. Instituer des circonscriptions électorales d’intégration communautaire en faveur de la femme, des personnes vivant avec handicap et des pygmées au niveau de chaque province ;

4. Accélérer la réforme du secteur de la défense, de la police et des services de sécurité, mettre en œuvre les lois votées et promulguées, mettre sur pied un organe de suivi de cette réforme au sein de l’armée, de la police et des services de sécurité et de renseignement ;

5. Mettre à jour la législation et garantir le bon fonctionnement des services de sécurité et de renseignement ;

6. Elaborer une doctrine et une politique nationale du rôle de l’Armée, de la Police et des services de sécurité et de renseignement dans la société en utilisant au mieux les compétences éprouvées dans le domaine ;

7. Adopter une loi portant service militaire obligatoire en vertu de l’article 63 de la Constitution ;

8. Mettre en place une juridiction spécialisée de lutte contre l’impunité en matière de corruption, d’enrichissement illicite, de détournement des deniers publics, de fraude fiscale et douanière et de toute autre infraction associée ;

 

II. GOUVERNANCE SOCIALE

 

2. Appliquer une politique salariale respectueuse du SMIG ;

3. Assurer la couverture universelle des soins de santé ;

4. Adopter une politique nationale de prise en charge médicale et psychologique des personnes victimes des violences sexuelles ;

5. Bannir des pratiques immorales visant à prendre en otage les indigents et les dépenses mortuaires ;

6. Voter et promulguer dans le meilleur délai, la loi relative à la réforme de l’enseignement et accélérer l’application de la gratuité de l’enseignement au niveau primaire ;

7. Adopter et promulguer une loi sur la participation, la promotion et la protection des personnes vivant avec handicap et mettre en œuvre une politique nationale d’encadrement de la jeunesse ;

8. Renforcer et refonder la communication avec les congolais de l’étranger à travers nos ambassades et services appropriés ;

9. Assurer la coopération avec les pays étrangers pour les poursuites judiciaires à l’encontre des délits ciblés contre les personnalités congolaises ;

10. Rendre effective l’application de la législation en matière de gestion de l’environnement et de pollution ;

11. Accélérer le processus de révision du code forestier ;

12. Démilitariser le secteur minier à l’Est et sanctionner les militaires qui l’envahissent ;

13. Mettre immédiatement en chantier un plan de réhabilitation des infrastructures d’eau et d’électricité pour une fourniture permanente à la population, l’eau et l’électricité étant des droits.

Les Co-modérateurs

 

Honorable Charles MWANDO NSIMBA

 

Honorable Michel BONGONGO

Le Rapporteur

 

Maître Néhémie MWILANYA

Les Rapporteurs-Adjoints

 

Jules César IBULA MWANA KATAKANGA

Kathy KALANGA KASESULA

Innocente BAKANSEKA

 

Concertations nationales :

Et maintenant !

Par Baudouin Amba Wetshi

Aubin Minaku, "Joseph Kabila" et Léon Kengo wa Dondo

Les travaux des concertations nationales inaugurés le 7 septembre dernier, se clôturent ce samedi 5 octobre par une séance solennelle au cours de laquelle «Joseph Kabila» procèdera à la réception des «recommandations» formulées par les différents groupes thématiques. Selon une source proche des concertateurs, le locataire du Palais de la Nation devrait annoncer, jeudi 10 octobre, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, les réformes à opérer. Une autre source croit savoir que l’homme "lira" son « allocution-programme » dès ce samedi. Après le flot des paroles, le pouvoir kabiliste va se trouver à l’épreuve des faits. Des observateurs avertis restent sceptiques sur les capacités réformatrices d’un régime dont les piliers restent l’unanimisme, l’intolérance, la violence, la corruption et l’arbitraire. Rien d’étonnant, notent-ils, que le «consensus» ait été retenu comme mode de décision en lieu et place du «vote démocratique».

 

Lors de la séance plénière qui s’est tenue, jeudi 3 octobre, sous la présidence de Léon Kengo wa Dondo et Aubin Minaku, membres du présidium, les concertateurs ont, par acclamations, adopté et validé les rapports et les recommandations des différents groupes thématiques. Kengo a rappelé, à cette occasion, «les missions assignées à ces assises» par l’ordonnance présidentielle et le mode de décision. A savoir : le consensus. Ce vocable a pour synonymes : accord, arrangement, compromis, modus vivendi.

Consensus ou anti-débat démocratique ?

Il importe d’ouvrir une parenthèse. Dans un ouvrage intitulé « Les nouveaux mots du pouvoir », publié aux éditions Aden à Bruxelles, le sociologue belge Jean-Louis Siroux, qui est par ailleurs cité dans la revue «Tribune des services publics» de la FGTB (Fédération générale des travailleurs de Belgique) du mois d’octobre 2013, dit tout le mal qu’il pense du consensus. Selon lui, celui-ci n’est qu’un subterfuge pour éviter le débat et la confrontation. «Cette idéologie du consensus s’oppose ainsi à la démocratie, dont l’objet est d’exprimer les conflits qui traversent la société pour les trancher pacifiquement », peut-on lire. «La restauration de la légitimité démocratique suppose au préalable la réhabilitation du conflit. Cette restauration suppose une re-politisation qui implique d’assumer le conflit et d’en organiser le règlement de manière pacifique et raisonnée». Fermons la parenthèse.

Durant une vingtaine de jours, les participants - issus des institutions nationales et provinciales, des partis politiques, des autorités coutumières, de la société civile, des personnalités historiques, des experts et invités du chef de l’Etat - se sont efforcés à diagnostiquer les causes profondes de l’effritement de la cohésion nationale. L’objectif a-t-il été atteint ? On peut en douter. Reste que des «thérapies» ont été préconisées sous forme de recommandations pour «soigner» le grand pays malade qu’est le Congo-Kinshasa : la séparation des pouvoirs, le respect des droits humains, la garantie d’une égale protection des citoyens devant la loi. Il a été également question de la libération des prisonniers politiques et d’opinions, la levée du dispositif policier au périmètre où se trouve la résidence du président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Le cas de Jean-Pierre Bemba Gombo a été également évoqué. Un petit bémol cependant : les recommandations issues des Concertations nationales n’ont aucune force contraignante.

« Une injustice réparée »

Le départ des policiers qui filtraient les allées et venues aux environs de la résidence de «Tshitshi» constitue la toute première décision effective. Cette mesure n’est pas sans rappeler la journée du 25 avril 1990. Après avoir organisé des «consultations nationales» de janvier à fin mars – au cours desquelles toutes les couches socio-professionnelles du Zaïre ont été invitées à évaluer le fonctionnement des organes du MPR Parti-Etat -, le président Mobutu Sese Seko prononcera son discours du 24 avril 1990 annonçant la fin du monopartisme. A l’époque, le leader de l’UDPS se trouvait en «résidence surveillée». La mesure sera levée le lendemain. «Je ne peux en aucun cas remercier quelqu’un qui n’a fait que réparer une injustice, réagissait Tshisekedi aux questions des journalistes internationaux venus recueillir ses premières déclarations d’homme libre en sa résidence à Limete. Mobutu doit démissionner. S’il ne démissionne pas, nous allons le chasser comme son ami Ceaucescu… ». On le sait, le bras de fer entre les deux hommes va plomber le processus démocratique jusqu’à l’entrée de l’AFDL à Kinshasa, un certain 17 mai 1997.

Bien que l’Histoire a tendance à repasser les plats, «Joseph Kabila» a organisé un forum «bien verrouillé» par la présence massive des caciques de sa mouvance. L’homme tient sans aucun doute à rester le maître du jeu. A l’inverse, Mobutu avait snobé les hauts cadres du part-Etat en invitant toutes les couches socio-professionnelles «à évaluer» le fonctionnement des institutions qui n’étaient à l’époque que des «organes» du MPR. Contrairement à Mobutu qui subissait la pression de la «Troïka» (Belgique, Etats-Unis, France), le «raïs» ne fait guère - pas encore ? - face à un environnement international hostile. De New York à Washington, en passant par Bruxelles et Paris, la «stabilisation du Congo» semble être le maître mot en dépit du fait que le sommet de l’Etat congolais brille par un déficit inqualifiable de leadership. Sept sur 10, c’est la côte que le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a attribué à «Kabila», au mois de septembre dernier sur RTL-Tvi.

Les « anciennes recettes »

De 1989 à 1997, les Occidentaux avaient mis le chef d’Etat zaïrois en «quarantaine» au motif qu’il constituait un «obstacle» à la promotion des valeurs démocratiques. L’époque des «sanctions» est bien révolue. C’est, en tous cas, ce qu’a semblé dire le diplomate européen Pierre Vimont, un des bras droits de de Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Au cours des débats organisé les 2 et 3 octobre sur les matières premières en Afrique au Parlement européen, Vimont a qualifié les rétorsions diplomatiques comme étant des «anciennes recettes». Selon lui, celles-ci «ont fait leur temps». «La seule solution doit être politique». Le diplomate a cité dans cette logique les pourparlers de Kampala entre le gouvernement de Kinshasa et le M23.

Une approche minimaliste de la crise

Les concertations nationales sont terminées. Question : Et maintenant ! Quelles sont les réformes institutionnelles que compte conduite «Joseph Kabila»? C’est la question qui taraude des observateurs. Des observateurs qui notent d’ores et déjà la divergence d’approche sur les causes du déclin de la cohésion nationale. Pour les représentants des forces politiques sociales n’appartenant pas à la mouvance kabiliste, le Congo-Kinshasa fait face à une crise politique grave.
Les zélateurs de la majorité présidentielle ont un avis « nuancé ». Pour eux, la paix n’est troublée que dans la partie orientale du pays en général et dans la province du Nord Kivu en particulier. Bref, « tout va bien ».

 

Dans son ordonnance n° 13/078 du 26 juin 2013, «Joseph Kabila» semble abonder dans ce sens : «Les Concertations nationales ont pour objet la réunion de toutes les couches sociopolitique de la Nation afin de réfléchir, d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte, de tous les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et étendre l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national en vue de mettre fin aux cycles de violence à l’Est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde».

Cette vision présidentielle pour le moins minimaliste de la problématique et un environnement international moins regardant sur la démocratie et les droits de l’Homme incitent des observateurs à faire preuve de prudence. Ils ne voient pas « Joseph » annoncer des «bouleversements institutionnels» à l’image du discours présidentiel du 24 avril 1990.
Un analyste de marteler :

 

«Sans une pression populaire accrue, Joseph Kabila ne pourra en aucun cas saborder les piliers de son régime que sont: la concentration des pouvoirs, l’intolérance, la violence, la corruption et l’arbitraire… ».

 

Deux rendez-vous sont pris : samedi 5 et jeudi 10 octobre.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2013

 

 

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