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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:35

LE DESORDRE INTERNATIONAL :

CONSEIL DE SECURITE - R.D.C., MORT ET FIN PROGRAMMEES D'UNE NATION LIBRE !

Vempires

 

A Leurs Excellences Messieurs les Présidents et Chef du Gouvernement des Nations membres permanents du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies :

 

  • Xi Jinping, de la République Populaire de Chine, à Beijing ;
  • Barack Obama, des États-Unis d'Amérique, à Washington DC ;
  • François Hollande, de la République française, à Paris ;
  • David Cameron, du Royaume-Uni, à Londres ; et
  • Vladimir Poutine, de la Fédération de Russie, à Moscou ;

 

Avec l'assurance de mon profond respect et l'expression de mes sentiments les plus attristés.

 

 

 

Excellences Messieurs les Chefs d’État et Monsieur le Premier Ministre,

 

Au nom du peuple congolais tout entier meurtri, sacrifié et affligé, vivant aujourd'hui, sans parole, sans protection et sans aucune considération sur son sol, en République Démocratique du Congo, ex-Zaïre, un peuple souverain dont les droits humains inaliénables ainsi que les intérêts supérieurs de l’État et de la Nation sont chaque jour bafoués, foulés aux pieds, systématiquement mal défendus par ses dirigeants actuels et jamais rétablis ou considérés par une « Communauté internationale » uniquement attachée à la poursuite de la promotion des intérêts de vos Puissances, cynique et imbue d'elle-même, qui n'a des comptes à rendre qu'à elle-même ;

 

Au nom de mon parti politique, le Mouvement Populaire de la Révolution, créé le 9 janvier 1991, agréé et enregistré au Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation par Arrêté Ministériel n° 024-91 du 14 janvier 1991 et dont la présidence que j'en assume a été reconnue et établie par l'Arrêt n° 751 du 30 janvier 2006 de la Cour Suprême de Justice ayant statué sur la réunification de toutes les tendances observées du M.P.R., cependant toujours exclu et jamais associé ni invité à toutes les rencontres politiques prétendument nationales et démocratiques concernant l'avenir de la R.D.C. et le destin de la Nation congolaise, car indexé aussi bien par le pouvoir en place, à Kinshasa, que par cette « Communauté internationale », dont les actes, les déclarations et les omissions volontaires et involontaires vous engagent en même temps que vos pays respectifs et toute notre Organisation mondiale ;

 

Et, spécialement, au nom de mes co-régionnaires de l'Est de la R.D.C., qui croupissent dans les affres d'une guerre injuste et anachronique et pataugent, inconsolés et inconsolables, dans la mare boueuse mêlée de sang rouge des membres de leurs familles respectives qui coule dans ma veine comme dans les cours d'eau et se jette dans le fleuve Congo, du Nord de la Province du Katanga à la Province de l’Équateur en traversant les Provinces du Maniema, du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et la Province orientale, par flots lourdement gonflés, grondant de colère et charriant des cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants innocents, tombés sous les coups des machettes et des balles follement meurtriers de vos protégés soldats des forces armées rwandaises et ougandaises muées, pour les besoins de la cause, en forces rebelles congolaises ;

 

 

Au nom donc de mon peuple martyr du Congo-Zaïre et de mon parti politique abusivement et proprement expurgé du processus de démocratisation dévoyé en cours, et au nom de mes frères et sœurs de l'Ituri, dans l'ex-Haut-Zaïre (Province orientale), du Kivu (les actuelles Province du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) et du Nord-Katanga, veuillez, je vous le prie, Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et du Gouvernement des Nations les plus puissantes, de bien vouloir accorder à ce message quelques minutes de votre précieuse et meilleure attention.

 

Non seulement parce que ce message vient de l'un des dignes et vrais fils de la R.D.C., homme politique, originaire de l'Est où se joue actuellement la souveraineté de toute la Nation congolaise, un vrai congolais nourrissant, comme chacun de vous, un amour profond pour son pays.

 

Mais, parce que, outré par le laisser-aller des dirigeants congolais inconséquents en place qui, par ignorance, par incompétence ou par complicité traîtresses, ne font presque rien pour user des droits reconnus à l’État congolais, comme à tout État membre, par la Charte des Nations Unies pour saisir ou alerter et tenir, en tout temps, pleinement informé le Conseil de Sécurité sur la poursuite des atteintes à la paix à l'intérieur de l'ex-Zaïre et sur les agressions répétées et impunies de ce pays mien par trois pays Membres de l'O.N.U., à savoir le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, j'ai, depuis longtemps, pris le risque d'exposer ma vie et celle des membres de ma famille pour faire entendre la voix des Sans voix congolais. Et implorer votre justice, soucieux de préserver notre nature et la dignité humaines, nos valeurs propres ainsi que nos droits souverains inaliénables, ceux du peuple congolais, spécialement des populations congolaises locales, en même temps que des acquis positifs obtenus et réalisés sous les régimes précédents, en particulier sous le long règne de feu le Président Mobutu Sese Seko dont j'assume aujourd'hui la présidence de ce qui fut son parti, le Mouvement Populaire de la Révolution (M.P.R.).

 

Ensuite, votre meilleure attention, rassurez-vous, Excellences, je vous demande de l'accorder à ce message, pour la principale raison suivante : 17 ans après que le Gouvernement du Zaïre, l'actuelle R.D.C., vous ait saisi de l'agression dont ce pays était victime de la part des trois pays membres de l'O.N.U. ci dessus-cités, qui ont, à la fois réalisé la rupture de la paix et installé injustement mon pays dans la guerre, l'instabilité et l'insécurité voulues chroniques pour permettre l'atteinte de certains objectifs cachés et illégitimes des agresseurs et de leurs complices, l'O.N.U. n'est jamais parvenue à régler ce différend qui est avant tout un problème de droit international et de droit de la guerre et non, tel que vous l'avez dévié et laissé traiter, par amalgame funeste et inconsidéré et par travestissement de la vérité, comme un problème de politique intérieure congolo-congolais, ou encore moins un problème de politique ou de coopération économique régional.

 

De ce fait, étant donné, d'une part, l'incapacité des dirigeants congolais actuels d'assumer les prérogatives d’État et de prendre en charge la défense de la souveraineté nationale et l’intégrité du territoire de la R.D.C., et, d'autre part, l'allégeance quasi-maladive dont ils font montre à l'égard des autorités du Rwanda et de l'Ouganda, qui ont pourtant agressé la R.D.C., décimé gratuitement les populations congolaises et continuent à multiplier, dans l'impunité criminelle, des attaques contre ce pays mien, entretenant ainsi une guerre d'usure dont les deux conséquences graves sont, à la longue : les menaces permanentes au maintien de la paix et de la sécurité internationales et l'anéantissement prévisible et déjà programmé d'une Nation indépendante, libre et souveraine, la R.D.C., ex-Zaïre, Membre de l'Organisation des Nations Unies, il m'a semblé utile et responsable, en ce moment où se tiennent les travaux de la 68è session de l'Assemblée Générale de l'O.N.U. et où le Conseil de Sécurité vient de diligenter une mission d'information en R.D.C. et dans la région des Grands Lacs, de suppléer à la carence et aux insuffisances de ceux qui dirigent aujourd'hui mon pays par défi. Pour me prévaloir, au regard des dispositions des articles 34 et 54 de La Charte de l'Organisation des Nations Unies, du droit de parler au nom de mon peuple, mal représenté, mal défendu et vivant sous la férule d'un pouvoir autoritaire d'occupation étrangère, afin de vous tenir pleinement au courant des coups fourrés qu'une organisation régionale créée pendant la Guerre, laConférence Internationale sur la Région des Grands Lacs(C.I.R.G.L.), entièrement au service et sous contrôle des agresseurs rwandais, ougandais et burundais, en complicité avec le pouvoir en place en R.D.C. préparent contre mon pays à travers le « Dialogue entre le Gouvernement congolais et les forces rebelles du M23 » et les « Concertations nationales » qui se tiennent successivement à Kampala, en Ouganda, et à Kinshasa, en R.D.C.

 

Enfin, ce message, de cœur et de droit, en appelle à votre meilleure attention et à votre urgente intervention. Parce qu'il vient, permettez-moi de vous le dire sans fausse modestie, d'un Opposant politique profondément attaché àla vérité comme seule valeur et au respect du droit international comme seul principe susceptibles de conduire aujourd'hui à une paix durable en R.D.C. et dans la région des Grands lacs ; un Opposant intègre et non complaisant, de surcroît originaire de l'Est du Congo-Zaïre, conscient de l'ampleur et de la gravité des conséquences que peut avoir la Guerre actuelle sur l'avenir des humains au Congo, en Afrique et dans le monde si elle n'est pas, dès à présent, convenablement gérée et maîtrisée ; un Opposant qui ne peut donc pas se laisser distraire par des discours faussement rassurants et endormeurs des pyromanes de ladite Guerre sur le respect de la souveraineté nationale et de l'intégrité du territoire congolais, ni se complaire dans l'ignorance, la légèreté et l'égoïsme des chasseurs congolais des postes politiques, ou, ce qui m'est impossible, dans la méchanceté des bêtes enragées dans la jungle et l'égoïsme des criminels de guerre, sans foi ni morale, en quête– Oh, Excellences, rien que de cela ! – de la nationalité congolaise, de terres viables d'occupation et deressources naturelles congolaises, en violation à la fois des droits des Congolais et des droits de l'homme et au détriment de la vie humaine !

 

I. QUATORZE ANNEES DE PRESENCE INOPERANTE DE l'O.N.U. AU CONGO-ZAÏRE.

 

Excellences,

 

Il est des moments où le bon sens et le dépit mêlés obligent l'homme responsable – vous le savez mieux que moi – de sortir de sa réserve et de dire la vérité, rien que la vérité, à la face du monde pour porter loin la voix de toute une Communauté nationale banalisée et chosifiée, la sienne, face au mépris des droits, de la vie et des intérêts de celle-ci.

 

Laissez-moi donc vous dire qu'en adoptant le profil bas et le double langage face aux dégâts du désordre congolais actuel et face à la cacophonie des discours et des actions que vos envoyés spéciaux et représentants font chaque jour dans mon pays depuis 17 ans contre ma Nation et mon peuple innocents, comprenant près de 70 millions d'âmes, en vue de remonter vos économies, peu importe la crédibilité de l'Organisation mondiale, l'exigence du respect des valeurs morales et des valeurs de civilisation qui fondent l'humanisme des droits de l'homme et de la démocratie véritable auquel nous sommes tous attachés, vous vous faites passer, malheureusement, pour des complices, à la fois des criminels et des violateurs impénitents et impunis des droits humains et des droits des peuples opérant dans la crise sans précédent en cours dans mon pays, et des fossoyeurs de l'ordre international en vigueur dont vous êtes pourtant les premiers garants patentés.

Excellences Messieurs les Chefs d’État et du Gouvernement des pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies ;

 

Dans mon pays, en effet, tout se passe comme si l'O.N.U., pourtant présente en R.D.C. depuis quatorze ans, avec un effectif record de près de 25 mille soldats et agents de la paix, n'existait pas et que ses buts et ses missions étaient inconnus !

 

Durant la seconde moitié de l'année 2011, dans ma communication « G8 et G20 : priorité Afrique. Lettre aux Présidents Nicolas Sarkozy et Barack Obama au regard de la situation en R.D.C. », et ce bien avant la pseudo-rébellion congolaise du M23, j'avais déjà dénoncé, à votre intention, la passivité et l'inaction de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo (MONUSCO) qui venait un peu plus tôt de prendre le relais de la Mission de l'Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC), qui se sont, l'une et l'autre, gravement compromises dans les affaires, les scandales et les crimes économiques contre mon pays, la R.D.C.

 

A ce sujet, j'avais, justement, stigmatisé « les scandales à répétition dont se rendent impunément coupables les fonctionnaires et des forces onusiennes de sécurité dans l'accomplissement de leur mission de paix en Province orientale comme dans les Provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et, dans une certaine mesure, du Maniema » au lieu de s'acquitter loyalement de celle-ci afin de parvenir, comme il se doit, à protéger les populations civiles et à sécuriser l'Est de la République Démocratique du Congo-Zaïre, en recourant, au besoin, à l'usage de la force, conformément au Chapitre VII de La Charte des Nations Unies, dont le mandat du Conseil de Sécurité, à un moment donné, lui en avait été conféré par vos bons soins.

 

Dois-je vous rappeler, Excellences, ce que vous savez sans doute mieux que moi, qu'en vertu de l'article premier de La Charte de l'Organisation des Nations Uniesà laquelle nous avons tous librement souscrit et au nom de laquelle vous-mêmes, ainsi que tous vos envoyés spéciaux et représentants à la recherche de la paix en vue de garantir la sécurité agissez sur le terrain, vous êtes tenus, pour « maintenir la paix et la sécurité internationales »(...), de « prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ».

 

1. Trois premières questions en rapport avec ce prescrit du 1er article de La Charte :

 

Au regard de cette disposition, voici ma première question : Pourquoi, depuis dix-sept ans que dure La Guerre de l'Est en R.D.C., ne condamnez-vous pas pour agression avérée les trois Nations membres de l'O.N.U., le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, dont les ressortissants, à quelque mouvance du pouvoir ou de l'opposition qu'ils appartiennent dans leurs propres pays, avaient pris orgueilleusement des armes, au nom des motifs infondés et illégitimes, et, forts de votre « soutien », de votre« compréhension » et de votre « commisération »,ont envahi, agressé et occupé un autre pays, le Zaïre, actuelle R.D.C., membre à part entière de la même O.N.U. ? N'ont-ils pas massacré et commis le génocide de ses populations, infiltré son administration et ses structures, déstabilisé son organisation politique, sociale et territoriale, détruit ses villes et pillé ses matières premières ?

 

Deuxième question : A quel moment vous êtes-vous posés la question de savoir si ce que la « Communauté internationale » posait comme actes et tenait comme discours dans la crise qui sévit actuellement à l'Est de l'ex-Zaïre, était ou est conforme à ce but premier de la Charte qui avait prévalu pour la création de l'O.N.U. dont vous avez la haute charge de veiller à l'orthodoxie des actions et des discours dans l'accomplissement de ses missions ?

 

Ma troisième question est la suivante : Depuis que, dès le lendemain de l'éclatement de la Guerre de l'Est, j'ai, le premier, dénoncé, sur la foi des arguments juridiques repris du droit de la guerre, précisément au regard des Conventions internationales de Génève et autres, l'indiscutable agression caractérisée dont mon pays était victime de la part de ses États voisins rwandais, ougandais et burundais, et stigmatisé tous les prétextes abusivement fondés sur les ridicules revendications de la nationalité congolaise par des Tutsi rwandais, ougandais et burundais, amalgamés à dessein avec vos aspirations à vous accaparer, sinon à accéder illicitement aux prétendues fabuleuses richesses minières et forestières dont regorge l'Est de mon pays, à quel moment avez-vous posé le moindre acte – encore faut-il dire lequel – condamnant fermement et tendant à réprimer cette agression ?

 

Aujourd'hui, qu'en dites-vous finalement à la lumière des témoignages accablants de vos propres experts de l'O.N.U. et de vos propres envoyés spéciaux et représentants personnels attestant de la présence, sur le sol congolais et dans les rangs des faux rebelles congolais, des éléments aussi bien des forces armées régulières du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi que des forces armées rebelles constituées des ressortissants de ces pays opérant à l'intérieur des territoires de l'Est congolais ? Et pourquoi ne vous préoccupez-vous pas outre mesure du règlement des conflits politiques entre le pouvoir dans chacun de ces pays avec leurs rébellions pour garantir la paix en R.D.C. ?

 

2. Rappel de quelques faits aux origines de la crise, par devoir de vérité et de clarification.

 

Lorsqu'en 1995, suite aux événements sanglants survenus en 1994 entre frères ennemis rwandais, dans un livre, L'Affaire Kengo-Mukulumanya ou L'Autre Face de la Rigueur,dont, par vos chefs des missions diplomatiques respectifs auprès de l'O.N.U., vous aviez reçu des exemplaires, dénonçant la complicité entre le Premier Ministre zaïrois, Kengo wa Dondo, avec le Gouvernement du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.) de Pasteur Bizimungu et Paul Kagame, qui s'était manifestée dans le démantèlement des camps des réfugiés hutu et tutsi venant du Rwanda afin de les pousser massivementà s'enfoncer davantage à l'intérieur du Zaïre dans l'espoir de les voir se mêler aux populations locales ainsi devenues minoritaires et ainsi parvenir à occuper des pans des terres congolaises, l'O.N.U. et ceux qui parlent en votre nom et agissent au nom de la « Communauté internationale » ont laissé faire pour permettre la réalisation des projets d'occupation, de balkanisation et de pillage des ressources de mon pays !

 

Au lendemain de l'éclatement de ce que j'ai appelé « La Guerre de l'Est » du Congo-Zaïre, au début de l'année 1997, peu avant que Laurent-Désiré Kabila n'accède à la magistrature suprême dans l'ex-Zaïre, j'avais dénoncé, sans aucune autre préoccupation quela recherche de la paix, une brusque et odieuse guerre d'agression, d'occupation, de conquête barbare de la nationalité zaïroise aujourd'hui congolaise et d'exploitations minières menée par une coalition des forces armées régulières venues du Rwanda et de l'Ouganda et ayant transité par le Burundi. Rien n'y fut fait !

 

Et, en 1998, je publiai mon Plan global de paix pour mettre rapidement fin à la crise artificielle ainsi créée en R.D.C et dans la Région des Grands lacs. Puis, en 1999 et 2000, mon nouvel ouvrage portant sur « La Guerre de l'Est » et dans lequel je reprenais leMémoire établissant et explicitant clairement les causes du conflit en R.D.C. (objectifs géopolitiques et géoéconomiquespoursuivis par les Puissances occidentales, préoccupations des Tutsi rwandais visant l'acquisition de la nationalité congolaise, griefs contre le « régime Kabila père »,prétextes ayant prévalu pour déclencher la guerre et position des commanditaires et des tireurs des ficelles occidentauxde ladite guerre), adressé quant à ce au Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies et dont vous étiez également ampliataires. Mais, à cette occasion encore, vous-mêmes ainsi que ceux qui parlent en votre nom et agissent au nom de la « Communauté internationale » avez laissé faire !

 

Aujourd'hui tout le monde en parle sans aucune allusion à mes écrits – ce dont je n'ai cure, mais me réjouit cependant, au regard de l'adoption par tous de mes vérités– comme sources d'informations reprises, depuis lors, dans plusieurs publications et rapports tant des chercheurs de tous bords que des diplomates de par le monde. A telle enseigne que ce que l'on doit quand-même savoir ici, c'est que ce qui apparaît enfin comme une évidence maintenant ne l'était pas hier. Car, pour avoir eu le premier le courage de dire tout haut toutes ces vérités-là, j'ai été honni et banni de mon pays, mes déclarations publiques et mes écrits dans un pays prétendument démocratique m'ayant alors valu d'être mis à l'index dans la nouvelle société congolaise ! Simplement parce que ceux qui parlent au nom de la « Communauté internationale » et vous engagent ne supportent guère qu'une voix discordante ou une réflexion nationaliste, qui s'inscrit en faux contre leurs agissements abusifs et partisans et n'épouse pas leurs schémas, soit audible ou lue.

 

3. Trois nouvelles questions en rapport avec la Guerre de l'Est et la situation des pays voisins.

 

La première : pourquoi, si, par devoir de responsabilité qui vous incombe, vous voulez vraiment restaurer la paix en R.D.C., n'avez-vous jamais cherché d'abord à établir les vraies causes de la Guerre de l'Est, ne serait que pour confirmer ou infirmer les raisons aujourd'hui répandues que j'en avais dévoilées dès les premiers moments de la crise congolaise, pour ensuite édicter, en âme et conscience, des mesures appropriées et responsables pouvant y mettre rapidement fin de manière à épargner le peuple congolais de toutes les violations massives des droits humains, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels et des humiliations imméritées qu'on lui fait injustement subir ?

 

La deuxième : pourquoi avez-vous choisi de sacrifier l'ex-Zaïre en le livrant pour servir d'exutoire aux caprices dictatoriaux et hégémoniques des dirigeants du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi que vous n'osez ni tancer ni rappeler à l'ordre de manière à les contraindre, conformément au second objectif assigné par La Charte à l'O.N.U., à se soumettre à l'obligation de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes », afin de parvenir à la restauration et à la consolidation de la paix entre leurs populations et celles du Congo ex-Zaïre ?

 

La troisième question enfin : pourquoi soustrayez-vous ces trois pays, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, du devoir républicain incombant à tous les dirigeants de toutes les Nations du monde de veiller à la cohabitation harmonieuse et pacifique de tous leurs ressortissants à l'intérieur de leurs territoires respectifs quels que soient leurs origines ethniques en s'employant d'abord à résoudre, s'il y en a, prioritairement, leurs conflits et/ou différends internes par des solutions politiques internes, et ce, à l'intérieur de leurs propres pays, quitte à solliciter ensuite, le cas échéant, soit le concours et la coopération des États voisins, dans les formes diplomatiques internationalement convenues ou humainement acceptables, soit, et/ou en même temps, la collaboration d'appoint des organisations internationales compétentes suivant les règles établies du droit international ?

 

Et subsidiairement à cette importante question, pourquoi faire porter à la R.D.C., mon pays, le chapeau des conflits interethniques séculaires, politiques et militaires internes, rwando-rwandais, ougando-ougandais et burundo-burundais, longtemps existant entre leurs populations respectives ainsi qu'entre leurs propres groupes et organisations politiques au pouvoir et dans l'opposition, et ce dans le cadre de l'organisation politique, territoriale et administrative de chacun de leurs pays ? N'est-ce pas qu'il revient exclusivement à Kagame, à Museveni et à Nkurunziza de régler les premiers, chacun de leur côté, leurs problèmes de cohabitation sociale et politique avec leurs ressortissants qui s'opposent à eux.

 

Voilà pourquoi, j'avais également proposé, dans mon Plan global de Paix pour la R.D.C. et la région des Grands lacs, du 21 septembre 1998, l'organisation, notamment des « Dialogues nationaux »dans ces pays, en même temps que cela devait se faire dans mon pays.

 

Aussi est-il franchement dommage et regrettable que, jusqu'à ce jour, vous ayez choisi de déstabiliser un État membre de l'O.N.U., la R.D.C., de misérabiliser son peuple et de disloquer la Nation congolaise qu'ils forment en les chargeant et en les accablant, malheureusement et tout à fait injustement, des problèmes internes à d'autres pays qui leur sont totalement étrangers, dans le but et l'espoir de combler par toutes les voies repréhensibles, même immorales, votre désir égoïste et insatiable d'accumulation des ressources du capital à leur détriment.

 

Mais, si, comme cela saute aux yeux, les dirigeants arrogants actuels notamment du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi, sur lesquels vous avez misé pour vous servir des mains gantées dans la Guerre de l'Est de l'ex-Zaïre en vue d'accéder aux ressources de mon pays par des voies détournées et criminelles, irrespectueuses des règles internationalement admises entre États civilisés, sont très limités à l'instar de leur complice qui préside actuellement aux destinées de la R.D.C., ma patrie, et si dans l'incapacité de trouver des solutions à leurs problèmes spécifiques, ils s'étaient avisés à faire appel à l'expertise véritablement congolaise bien connue, c'est très volontiers que nous aurions pu la leur fournir et même, au besoin, envisager par solidarité et humanité d'autres solutions normalement acceptables sans qu'il soit nécessaire de recourir aux armes comme ils l'ont fait, sans remords ni repentir, pour détruire mon pays et décimer mon peuple innocent et inoffensif par millions des morts allant jusqu'à commettre des génocides qui demeurent curieusement impunis !

 

II. DES CONCERTATIONS NATIONALES EN R.D.C ET DU DIALOGUE DE KAMPALA.

 

Excellences Messieurs les Présidents et le Premier Ministre des pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l'O.N.U. ;

 

1. Du « désordre congolais ».

 

Dans mon récent message, « Cohésion nationale : contre la politique d'autruche, je dis et je soutiens : la R.D.C., aujourd'hui, c'est le désordre ! »,daté le 26 juillet 2013, j'ai dénoncé « le désordre congolais » qui constitue actuellement la toile de fond du« Dialogue de Kampala entre le Gouvernement congolais et les prétendues rebelles congolais du M23 », qui se tient à l'initiative de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (C.I.R.G.L.) soit-disant visant une paix durable en R.D.C., ainsi que des « Concertations nationales »,créées et convoquées à l'initiative du Président Joseph Kabila, soit-disant pour réussir la cohésion nationale de toute la Nation contre la guerre qui dure depuis 17 ans déjà.

 

Pour mémoire et, à ce sujet, j'y ai indiqué, et ce de bonne foi, que :

 

1.1. S'agissant des objectifs de ces deux événements, le « Dialogue de Kampala »et les « Concertations nationales » :

 

 

1.2. S'agissant du « désordre congolais » et laissant entrevoir les responsabilités des uns et des autres dans la crise dite congolaise actuelle, savamment entretenue cependant par les dirigeants congolais eux-mêmes, se faisant alors complices des agresseurs rwandais, ougandais et burundais, par les dirigeants de certains pays voisins, et par la « Communauté internationale » :

 

 

 

1.3. S'agissant de la gestion calamiteuse de la R.D.C.aujourd'hui décriée, j'ai ainsi établi la responsabilité exclusive que vos Gouvernements respectifs partagent, certes à des degrés divers, avec les dirigeants actuels de la R.D.C. ainsi qu'avec les agresseurs rwandais, ougandais et burundais dans leDésordre congolais actuel : la mauvaise gouvernance, les violations massives des droits humains poursuivant l'anéantissement de l’État congolais, la liquéfaction de la Nation congolaise et la liquidation du peuple congolais en vue de parvenir à réaliser vos desseins.

 

 

 

1.4. S'agissant de mon constat délivré dans ce message important sur le désordre congolais,que d'aucuns ont tenu à dissimuler à l'opinion nationale et internationale, comme, concernant celui-ci, ils vont sans doute vouloir le faire encore, surtout à l'égard de mon peuple et des vaillants résistants et combattants de la liberté congolais disséminés dans le monde, afin de les empêcher d''y trouver des raisons supplémentaires d'espérer, de poursuivre notre résistance et d'intensifier leurs luttes :

  • J'ai observé que la situation politico-sécuritaire, très préoccupante, qui perdure au Congo, ex-Zaïre, depuis bientôt vingt ans, malgré les innombrables atouts dont il dispose pour s'en tirer, est à la fois dû au grave déficit de leadership et du sens de responsabilité au sommet de l’État, ce pays étant toujours dirigé, pendant tout ce temps, par la majorité de la mouvance présidentielle du P.P.R.D. et alliés.
  • J'ai déploré que bon nombre d'acteurs politiques, toutes tendances confondues, et surtout beaucoup d'experts congolais, qui ont déjà tout perdu : la conscience nationale, l'amour de la patrie, leur dignité, leur sens d'objectivité et de l'honneur, leur intégrité morale et leur probité intellectuelle et, semblant n'avoir rien à se reprocher ni à leur autorité morale sur la manière dont ils conduisent le pays ensemble, n'aient pas hésité, pour se maintenir au pouvoir – et rien que pour cela – de recommander « au Président de la République, Joseph Kabila, Chef de l’État et garant de la Nation, de mettre fin à la cacophonie politique entretenue par les ennemis du peuple », entendez leurs compatriotes qui, dans une société démocratique, pensent autrement qu'eux et font des propositions contraires aux leurs, pour parvenir à la fin de la Guerre et à une paix véritable, qu'ils accusent de multiplier « des messes noires pernicieuses à la cohésion nationale recherchée et à la stabilité des institutions de la République en usant de ses prérogatives constitutionnelles » !
  • Parlant au nom de mon parti politique, le M.P.R. et en mon nom propre, j'ai répété et vivement recommandé que la situation étant gravissime, les Congolais, tous ensemble, nous nous devons d'intérioriser le mot d'ordre suivant : « pour parvenir à une paix véritable, et sauver notre pays du marasme politico-sécuritaire et économique actuelle, nous devons tous nous dépouiller de nos vieux habits et arrêter de tirer la couverture chacun de leur côté. Car, tout doit changer et jamais, on ne doit plus continuer à gérer la R.D.C. comme avant ».

 

1.5. S'agissant enfin de ma seule conclusion à ce message-là, j'ai me suis permis de poser, sous cinq facettes, une, et une seule question, à l'opinion nationale et internationale, dont j'attendais une, et une seule réponse :

 

 

  • Première facette : Après avoir soutenu et fermé les yeux sur la déstabilisation de l'ex-Zaïre, le changement de régime et l'installation du nouveau pouvoir inféodé à l'étranger, par l'étranger et pour servir l'étranger et ses intérêts, si l’État congolais n'existe plus, à qui la faute ?
  • Deuxième facette : Après avoir réalisé et soutenu l'exclusion systématique des vraies compétences nationales congolaises, expérimentées et formées dans des grandes écoles civiles et militaires pour bien tenir l'administration, la fonction publique et les services de défense nationale en mains, en particulier l'exclusion des nationaux congolais, originaires des Provinces de l'Est et du Nord-Est de la R.D.C. en procédant tout aussi systématiquement à leur remplacement par des dirigeants civils et militaires sans formation et sans expérience, si l’État congolais n'existe plus, à qui la faute ?
  • Troisième facette : Après avoir institué les violences et l'impunité comme voies d'accès aux richesses d'autrui laissant faire les pillages et l'exploitation abusive et illégale des richesses du sol et du sous-sol notamment congolais sans défense ni défenseurs, ainsi que l'occupation territoriale de l'Est par et au bon vouloir des étrangers, si l’État congolais n'existe plus, à qui la faute ?
  • Quatrième facette : Après avoir laissé impunis les viols des filles, des femmes mariées et même vulnérables et des femmes tout court, et après avoir refusé tout accès à leurs droits et à la protection aux autres catégories des personnes congolaises vulnérables, enfants, vieux et civils, en temps de guerre ou non, si l’État congolais n’existe plus, à qui la faute ?
  • Enfin, cinquième et dernière facette : Après avoir laissé impunies l'agression étrangère de l'ex-Zaïre et l'occupation irrégulière des territoires congolais par des étrangers, après avoir favorisé l'accès des étrangers aux fonctions d'Etat, après avoir organisé l'infiltration des étrangers au sein des institutions nationales congolaises, surtout au sein des services des renseignements, de la Police nationale et de l'Armée, et après avoir organisé et laissé impunis les pillages des ressources naturelles congolaises, en particulier des minerais précieux et des terres rares, tout comme après avoir laissé impunis les massacres et le génocide des Congolais, si l’État congolais n'existe plus, à qui la faute ?

 

2. De la tenue cavalière des Concertations nationales à Kinshasa, en R.D.C.

 

Excellences Messieurs les Chefs d’État et du Gouvernement des pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies ;

 

Les « Concertations nationales » ont été créées, organisées et convoquées par le Président Joseph Kabila soit-disant pour susciter et garantir« la cohésion nationale » autour d'une cause qu'à juste-titre, j'avais exigé de celui-ci et de son Gouvernement de bien nommer et de bien expliciter afin d'éviter de faire tourner le peuple congolais en rond comme des bourriques poursuivant du vent.

 

Il me semblait bien que, posée avant l'ouverture des travaux desdites « Concertations nationales »,ma question en cinq facettes ci-dessus-rappelées, par laquelle j'avais clos mon message « contre la politique de l'autruche et le désordre congolais », et l'unique réponse que j'en attendais, à savoir que si la crise congolaise artificiellement créée et la Guerre de l'Est de l'ex-Zaïre dans laquelle la R.D.C. a été entraînée perdure, au point que l’État congolais n'existe pratiquement plus, c'est la faute aux dirigeants congolais actuellement au pouvoir et à la « Communauté internationale », étaient de nature à réveiller l'attention des premiers cités et la vôtre, et à vous inviter à prendre les choses en mains pour bien faire !

 

D'où, ce jour, mon interpellation, à toutes fins utiles, du Conseil de Sécurité des Nations Unies, directement, par les soins et l'entremise de vos Puissances, vous qui êtes membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies avec droit de veto, en ce moment capital où se tiennent les assises de la 68ème session ordinaire de l'Assemblée générale de l'O.N.U. pour l'année 2013, et où le Conseil de Sécurité entreprend une mission d'enquête ou d'information dans mon pays et dans la Région des Grands Lacs.

 

Alors, ceci étant, que dire aujourd'hui de ces « Concertations nationales »congolaises ?

 

Qu'il s'agit, une fois de plus, d'un nouveau coup fourré, d'une nouvelle trahison contre la R.D.C. et son peuple ! Beau sujet et belle occasion pour tous les Congolais de se serrer les coudes pour enfin parvenir, une fois pour toutes, à la cohésion nationale pour la défense commune d'une cause juste.

 

Beau sujet et belle occasion, malheureusement gaspillés, non seulement parce que ces« Concertations » ont été organisées et présidées par des dirigeants dont la légitimité est contestée, sans fibres nationalistes pour certains, et bien connus des Congolais pour ce qu'ils ont toujours été : des traîtres des droits et des intérêts du peuple, de l’État et de la Nation congolaise. Mais, surtout parce que ceux-ci ont tenu, malgré les suggestions qui leur avaient été faites en vue du réajustement de l'objet et des thèmes des « Concertations nationales », à consacrer les débats non pas sur les problèmes de fond, à savoir : les causes, les objectifs, les acteurs, les responsabilités dans la Guerre de l'Est, les remèdes pour y remédier et arrêter la guerre ainsi que les voies pour y parvenir. Mais, elles ont bien porté, sur ce que j'ai toujours appelé les épiphénomènes : de sujets qui n'abordent pas le fond des vrais problèmes du Congo et des Congolais, des sujets ordinaires de gestion courante des affaires publiques de l’État, qui n'ont rien à voir avec la fin de la guerre cruelle d'occupation et de prédation dévastatrice, qui n'arrête pas de faire des ravages, ni avec l'exigence du retour à la paix véritable, des sujets en somme relatifs à un programme d'action politique ou de campagne électorale pour un parti politique en congrès de création, de refondation, etc. !

 

N'est-ce pas là l'expression d'une nouvelle méprise, d'un affront prémédité, d'une nouvelle trahison que Joseph Kabila et sa majorité présidentielle viennent encore une fois de faire subir à mon peuple, faute d'un accompagnement éclairé et responsable de celui-ci par eux, tous des piètres assoiffés de pouvoir pour le pouvoir et d'argent pour l'argent, évoluant au sein des institutions nationales, tous des victimes consentantes et complices du piétinement des droits et de la souveraineté de l’État et du peuple congolais, celui-ci étant toujours maintenu dans l'ignorance de tout ce qu'ils font ? Tenez :

 

Certaines indélicatesses constatées dans le déroulement de ces assises, me permettent d'affirmer que ces« Concertations nationales ont été convoquées dans un but autre que la « Cohésion nationale » ! Comment ne pas le croire ?

 

Ce qui s'y est fait ne peut conduire à la « Cohésion nationale » visée par celui qui les a créées et convoquées, le Président Joseph Kabila. Les deux membres de leur Présidium nommés par le même Joseph Kabila, Aubin Minaku, Président de l'Assemblée nationale, et Léon Kengo wa Dondo, Président du Sénat, ainsi que ceux qui les ont préparées, les membres de Majorité présidentielle et de l'Opposition institutionnelle sous la modération conjointe de Evariste Boshab, Secrétaire Général du P.P.R.D., parti du Président Joseph Kabila, et Thomas Luhaka, Secrétaire Général du M.L.C., parti du Sénateur Jean Pierre Gombo, deux partis politiques issus des mouvements politico-militaires créés, le premier, engendré par l'A.F.D.L., une création rwandaise prêtée par Kagame à Kabila, et le second, une création ougandaise, prêtée par Kaguta Museveni à Bemba pour remplir une seule et même mission : faire la guerre en R.D.C., semblent avoir travaillé plutôt pour conforter la désunion nationale et faire le lit de l'implosion prochaine du pays et de sa balkanisation !

2.1. Les raisons d'un Rendez-vous historique manqué !

 

- Première raison : Si les« Concertations nationales » de Kabila, Minaku et Kengo avaient pour but la « Cohésion nationale », la première chose à faire aurait d'abord été de s'assurer si la« Réconciliation nationale », préconisée par le« Dialogue » dit « national » ou« intercongolais » de Sun-City (en Afrique du Sud) entre les ressortissants des « ethnies » tutsi et hutu originaires du Rwanda et des ethnies et/ou tribus autochtones congolaises originaires des Provinces de l'Est de la R.D.C. avait déjà eu lieu. Et, même alors, qu'elle ait eu effectivement lieu ou non, et même si, sous le régime Mobutu elles avaient vécu en paix, après que les « ressortissants tutsi et hutu originaires du Rwanda qui vivaient au Congo-Zaïre » eurent eu recours aux armes et à la guerre pour se prévaloir de leurs revendications identitaires, endossant ainsi la responsabilité d'avoir rompu l'équilibre et la paix longtemps observées entre eux sous le mandat du Président Mobutu, il fallait, pour mieux faire, s'assurer si cette convivialité-là n'était pas à refaire !

 

Car, ma foi – on peut me croire ou ne pas me croire – sans une réelle et véritable réconciliation, il n' y a pas de cohésion nationale possible.

 

Aussi, croire ou faire croire à l'opinion nationale et internationale qu'on peut parvenir à une véritable « Cohésion nationale » en R.D.C. entre groupes socio-ethniques qui ne se parlent pas, qui ne se sont jamais réconciliées et dont ceux qui sont portés à bout des bras par leurs pays d'origine pensent qu'ils s'imposeront d'abord par les armes, puis qu'ils y parviendront par imposition des Puissances dont ils servent les intérêts illicites et abusifs, est un leurre !

 

Or, me semble-t-il, la « Réconciliation nationale » qui devait précéder la « Cohésion nationale » n'a été ni faite, ni sincèrement tentée en R.D.C. ! Peuvent en témoigner Joseph Kabila, son négociateur en chef aux négociations de paix de Lusaka, en Zambie, et de Sun-City et de Pretoria, en Afrique du Sud, Vital Kamerhe, et le Révérend Kuye, Président de la « Commission Paix et Réconciliation » issue de l'Accord de Paix de Pretoria ayant sanctionné ces négociations. Comme peuvent aussi en témoigner les membres de l'espace présidentiel sous la Transition du schéma 1+4 : Joseph Kabila Kabange (A.F.D.L.-P.P.R.D.), Yerodia Abdoulaye Ndombasi (A.F.D.L.-P.P.R.D.), Azarias Ruberwa Manywa (A.F.D.L.-R.C.D.), Jean Pierre Bemba Gombo (M.LC). et Arthur Z'Ahidi Ngoma (Forces du Futur), qui n'ont jamais entrepris aucune action en vue de la réconciliation dans ce sens-là !

 

D'où la première préoccupation du pouvoir et des organisateurs des actuelles « Concertations nationales » aurait dû être de s'employer à organiser préalablement une véritable « Réconciliation nationale »en vue de palier à cette carence dont la manifestation nous est donnée par les guerres répétitives qui sont réapparues suite au simulacre des négociations interethniques de 2004, 2007, 2008 et 2009. Surtout que l'actuelle guerre du M23 est la conséquence directe de ce genre des négociations initiées par Kabila, mal conduites et mal conclues par ses hommes de main : Ruberwa, Kamerhe, Malumalu avec le concours actif de vos Envoyés spéciaux et de vos Représentants.

 

- Deuxième raison : Si les fameuses « Concertations nationales » avaient pour but la« Cohésion nationale », il est évident qu'ouvertes par le Président Joseph Kabila le samedi, 7 septembre 2013, date anniversaire de la mort, le 7 septembre 1997, du Deuxième Président de la République Démocratique du Congo, et donc de la République du Zaïre, le Maréchal Mobutu Sese Seko, celui-là même qui avait donné le meilleur de sa vie pour promouvoir la paix et l'unité nationale, défendre l'intégrité du territoire national, retrouver et préserver les droits souverains de l’État et du peuple congolais, notamment sur les ressources du sol et du sous-sol congolais, et qui avait pu rassembler et galvaniser les esprits de tous les fils et toutes les filles du Congo, éveiller la conscience nationale et, grâce à celle-ci, parvenir à cimenter l'union de ceux-ci et l'unité de toute la Nation congolaise... Autant d'éléments mémorables qui n'allaient pas d'eux-mêmes lors de notre accession à la souveraineté nationale en 1960 et qui –c'est indéniable – nous ont maintenus unis, jusqu'à l'arrivée des Kabila portés par les Rwandais, les Ougandais et les Burundais au pouvoir, et même jusqu'à ce jour. Ainsi, le deuxième signal fort, pour manifester la volonté du pouvoir de réaliser la« Cohésion nationale », aurait été, l'occasion permettant de faire ce qu'on n'aurait jamais pensé faire, d'accorder à sa mémoire une minute de silence !Et, ce ne serait que justice et mieux faire, de reconnaître à l'occasion – même en une seule petite phrase – le travail combien capital qu'il avait abattu à ce sujet dans un discours responsable d'ouverture des travaux consacrés à l'Unité et à la Cohésion nationale des Congolais en R.D.C. Tenter, suite aux critiques, de se rattraper après coup, en faisant adopter une résolution souhaitant le rapatriement de son corps toujours gardé à l'étranger, au Maroc, où sont toujours en exil ses anciens proches dont on ne veut pas, c'est hypocrite et grotesque !

 

- Troisième raison : Si l'objectif réel des « Concertations nationales » était la cohésion nationale, le troisième signe fort de la manifestation de cette volonté aurait été d'inviter les meilleurs dans leur diversité d'opinions. Non pas comme on l'a fait de manière sélective, partisane et intéressée, à la tête du client ou pour grossir les rangs, mais tous les vrais Opposants politiques et des intellectuels, des Nationaux les plus actifs qui pensent autrement que ceux du pouvoir en place, ainsi que toutes les compétences nationales avérées, jouissant en outre d'une réelle expérience et d'une certaine autorité au plan international, à même de faire avancer la recherche des solutions appropriées aux problèmes particuliers et complexes requérant perspicacité, intelligence et expérience qui se posent à la Nation !

 

Car, la recherche d'une solution vraie aux problèmes réels délicats déjà complexes et, bien plus encore, complexifiés à l'évidence, exigent – tous mes collègues philosophes vous le diront – des têtes couronnées. « Dans l'optique démocratique, qui est la seule conforme aux aspirations de l'humanité, et à la ligne la plus probable de son développement »,indique, à cet égard, Ernest Kahane, « c'est l'opinion éclairée des citoyens, et notamment, dans une société clivée en classes, celles des citoyens qui forment la classe la plus apte à résoudre les problèmes du moment et du futur immédiat »,qui, selon moi, compte ou plutôt devrait compter.

 

Dans la situation catastrophique présente en R.D.C., la « Cohésion nationale »ne devrait pas être recherchée en voulant protéger le pouvoir que l'on exerce illégitimement et persévérer dans ce que l'on a déjà mal fait, qui est mal adapté et qui ne peut conduire à la satisfaction des aspirations et de la volonté du peuple. Ni en recourant pour se donner bonne conscience au plus grand nombre de participants fidélisés et corrompus, qui n'ont rien à apporter aux débats visant le règlement d'un conflit prétendument congolais souffrant cependant d'une large internationalisation dont les enjeux inconnus et impénétrables par le commun des mortels dépassent leurs aptitudes intellectuelles.

 

Pour qu'elles réussissent, les « Concertations nationales »devaient bénéficier d'une réelle expertise d'hommes et de femmes aux compétences éprouvées et bien connues, capables d'apporter leurs meilleures contributions à la solution de la crise. En France, Jacques Chirac, alors Président de la République, en avait parlé usant d'une expression pleine d'humilité remarquable,« les meilleurs d'entre nous » ! Pour illustrer cette pratique courante dans vos pays, Excellences, votre ancien collègue, Nicolas Sarkozy, confronté à une forte crise de croissance au cours de son mandat, fit appel à deux des meilleurs des Français, Alain Juppé et Michel Rocard sans considération de leurs appartenances politiques à la Majorité et à l'Opposition, pour lui faire des propositions de sortie de crise. L'intérêt supérieur de la France l'obligeait.

 

- Quatrième raison : Si la« Cohésion nationale » était au cœur des préoccupations du trio Kabila-Minaku-Kengo, ils auraient saisi l'occasion pour inviter formellement, comme ils l'ont fait pour d'autres, l'ancien parti politique de feu le Maréchal Mobutu dont je tiens les rennes et continue à entretenir la flamme, ainsi que les anciens éléments et officiers des Forces Armées Zaïroises (F.A.Z.), aujourd'hui condamnés à galérer dans les pays voisins et en Occident, simplement parce que leur tort est d'avoir servi et défendu la Nation congolaise sous le régime Mobutu.

 

- Cinquième raison : Si l'objectif poursuivi par les « Concertations nationales »était la Cohésion nationale, les deux préoccupations dont il fallait débattre pour mieux cerner ce sujet et dont devaient découler les différents sous-thèmes ne pouvaient qu'être : d'une part « Comment remédier au déficit de légitimité de pouvoir »et, d'autre part, « Comment mettre fin à la guerre et à l'insécurité persistantes qui font rage à l'Est de l'ex-Zaïre » ? C'est cela que j'avais suggéré et conseillé au Président Kabila en lui demandant, dans mon message sur « le Désordre congolais », de reprendre son ordonnance créant les« Concertations nationales » et de bien circonscrire et préciser sa pensée.

 

Il est à cet égard déplorable que, pour n'avoir pas suivi ce conseil, les « Concertations nationales » n'ont pas été l'occasion de faire des choix devant ordonner les actions tendant à mettre fin à la Guerre et à organiser l'agenda national des actions pour l'avenir, après s'être interrogé sur le sens profond des actions et des activités des gouvernants depuis le début de la Guerre de l'Est, ne s'étant attachées qu'à faire des résolutions et recommandations,pour la plupart, copiées de celles des anciens Congrès mobutistes du M.P.R., Parti-État, et de la Conférence Nationale Souveraine (C.N.S.) !

 

Des recommandations et résolutions sans prise directe, aujourd'hui, avec l'impératif de clarifier d'abord la situation dramatique présente, d'avoir ensuite l'initiative et la sûreté qui conviennent aux actions visant à parvenir à la paix véritable – actuellement laissées aux Chefs d’État des pays agresseurs de la R.D.C. et à la « Communauté internationale » complice, indifférente à l'égard de nos tragédies et de nos souffrances et sourde aux cris des victimes congolaises – oubliant qu'il est de notre responsabilité et de notre conscience personnelles de ne pas nous dessaisir de nos droits, de notre être et de notre avoir, pour les donner aux autres, encore moins à ceux qui sont prêts à nous les ravir, à nous néo-coloniser et même à nous subjuguer comme hier.

 

Car, pour éviter de nous laisser gouverner par les aléas de l'histoire, nous devons garder l'initiative, en même temps que, nous le savons bien entendu, nous devons être disposés à demeurer ouverts envers et pour les autres, quel que soit notre état de d'esprit.

 

- Sixième raison : Par ailleurs, si l'objectif des « Concertations nationales »congolaises était la « Cohésion nationale », pourquoi n'a-t-on pas conçu et élaboré leur calendrier de telle sorte que son importance ne put être ombragée par ceux d'autres forumcomme « Atelier du Gouvernement pour ceci »,« Dialogue de Kampala pour cela » qui, entretemps, ont focalisé l'attention de l'opinion et se sont partagés certains Cadres capables d'éclairer les participants sur telle ou telle autre question ?

 

- Septième raison, enfin : Pourquoi, si cet objectif était important, même si les« Concertations nationales » sont une affaire indubitablement intérieure de la R.D.C., néanmoins qui, étant donné le Désordre consécutif aux interférences et ingérences extérieures, surtout des acteurs et activistes étrangers intéressés bien connus et identifiés, visibles et invisibles, n'a-t-il pas bénéficié, pour leur garantir une certaine neutralité, de la conduite et de l'encadrement d'une personnalité dûment mandatée par l'O.N.U. et d'une ou deux autres personnalités étrangères choisies sur la base de leurs compétences et de leur intégrité morale et intellectuelle afin d'éviter des dérapages ou des débordements catastrophiques susceptibles d'entraîner en R.D.C. et, on ne sait jamais, dans la sous-région des Grands Lacs, en Afrique et dans le monde, une large et profonde rupture de paix aux conséquences catastrophiques imprévisibles ?

 

 

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