Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:38

 

LE DESORDRE INTERNATIONAL :

 

CONSEIL DE SECURITE - R.D.C., MORT ET FIN PROGRAMMEES D'UNE NATION LIBRE !2/2

Vempires-copie-1

 

 

2.2. Duplicité et trahison du Gouvernement Kabila et Matata en faveur des pays agresseurs de mon pays, la R.D.C. : 

 

Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et du Gouvernement des pays membres permanents du Conseil de Sécurité,

 

Au terme de l'article 69, alinéa 3, dela Constitution de la R.D.C., du 26 février 2006, telle que modifiée à ce jour, le Président de la République « …assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux ».

 

Permettez-moi de vous rappeler que c'est le 26 juin 2013, que le Président Kabila a pris son Ordonnance portant création des « Concertations nationales »,prétendument en vue de réunir « toutes les couches socio-politiques de la nation », afin de « réfléchir, d'échanger et de débattre en toute liberté et sans contrainte, de toutes les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et d'étendre l'autorité de l’État sur tout le territoire national en vue de mettre fin au cycle de violences dans l'Est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d'accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde ». Il avait expliqué, le 15 décembre 2012, que la « Cohésion nationale »« postule un patriotisme qui ne s'accommode d'aucune justification de trahison ». Dont acte !

 

Mais, à peine avait-il créé ce forum des « Concertations nationales », à la fin du mois de juin 2013, qu'il a aussitôt autorisé, au début du mois de juillet 2013, son éternel Ministre des Mines depuis sept ans, Martin Kabwelulu du Parti lumumbiste (PALU), l'homme qui, en complicité avec le Directeur Général du Cadastre minier depuis près de dix ans, Jean Félix Mupandea cédé, vendu et/ou attribué toutes les Concessions et les droits miniers des Nationaux congolais aux firmes étrangères d'obédience rwando-ougandaises et aux multinationales qui financent la Guerre à l'Est, à se rendre à Kigali, au Rwanda, pendant que les Congolais, naïfs et distraits, se berçaient d'illusions et se bagarraient pour prendre part aux travaux desdites Concertations,afin d'y finaliser la cession du droit et du pouvoir de certification des minerais congolais provenant de l'Est de l'ex-Zaïre au profit des pays membres de la C.I.R.G.L. !

 

Comment un dirigeant responsable, aimant son peuple et son pays peut-il galvauder la souveraineté de son État en confiant, en vue de leur commercialisation, la responsabilité de certifier les minerais qui y sont produits à ceux qui n'ont jusqu'ici rien fait d'autre que les piller ? N'est-ce pas que par cet acte le Président Joseph Kabila viole le prescrit ci-dessus repris de la Constitutionsur lequel repose sa magistrature suprême ? Pour quelle raison a-t-il choisi de dépouiller l’État congolais de son pouvoir souverain d'exercer au nom du peuple congolais le contrôle sur les ressources de son sol et de son sous-sol, arraché de la puissance coloniale belge de haute lutte par le président Joseph-Désiré Mobutu depuis 1966 ? Ne s'agit-il pas là d'un acte prémédité de haute trahison posée pendant que les Congolais étaient bien tenus dans la distraction par le duo Kengo et Minaku aux « Concertations nationales » d'importance nulle et de nul effet ?

 

Bien plus grave, n'est-ce pas, non plus, curieux que presque toute notre presse nationale et tous les politiciens présents sur la scène politique, dont le plus grand nombre encensent quotidiennement les réalisations de la « Révolution de la modernité » par le Gouvernement Matata à tout bout de champ et de façon souvent irraisonnée et intempestive, n'aient pas pu ou bien relevé, ni assez dénoncé, un fait aussi grave, l'aliénation de notre souveraineté sur nos ressources minières en dilution de notre indépendance économique, ou peut-être l'ont-ils fait timidement ?

 

Il me semble bien que c'est, dans la même optique, en application d'un plan secret conçu pour vider mon pays de la quintessence de son droit souverain de gestion et de contrôle des exploitations et de la production de ses matières premières, plus précisément de ses ressources minières, pétrolières et forestières, que le pouvoir actuel, incompétent et complice, a détourné et reconverti l'immeuble du Centre du Commerce International du Zaïre (C.C.I.Z.) en un hôtel de luxe pour délinquants et autres jouisseurs, pompeusement appelé Hôtel du fleuve, au lieu de le réhabiliter conformément à sa destination première, que le vrai nationaliste congolais, l'ancien Président Mobutu Sese Seko, celui-là même qui avait reconquis et redonné aux Congolais leur souveraineté naguère confisquée et détenue par la Puissance coloniale belge, en édictant et en promulguant, en 1966, dès le lendemain de son accession à la magistrature suprême, laLoi Bakajika ? Selon cette loi, « le sol et le sous-sol congolais appartiennent à l’État ». Et le C.C.I.Z., leWorld Trade Center du Zaïre, avait été créé pour servir de support administratif et technique spécialisé au contrôle du flux commercial des produits congolais sur le marché international de manière à garantir l'indépendance économique du Congo-Zaïre, et son immeuble construit pour abriter ses bureaux.

 

L'acte ainsi posé par le Gouvernement de Joseph Kabila au profit du Rwanda et des multinationales qui font et alimentent la guerre économique en R.D.C., indique clairement pourquoi ce beau projet du C.C.I.Z. avait toujours été saboté par ceux qui n'ont jamais voulu voir l'ex-Zaïre devenir maître de sa production des ressources naturelles et de leur commercialisation !

 

Je me demande alors si, en dessaisissant la R.D.C. du droit de certification des minerais produits sur son sol, le pouvoir en place en R.D.C., sert ou dessert les intérêts du Congo et des Congolais, s'il travaille pour la promotion et la sauvegarde des souveraineté nationale congolaise et si, par conséquent, il est vraiment à sa place dans mon pays ?

 

C'est, en effet, à se demander si un tel pouvoir mérite la confiance du peuple congolais et/ou des partenaires étrangers sérieux avec lesquels, pourtant, les vrais Congolais sont disposés et en mesure de conclure proprement des accords responsables de coopération inter-étatique et/ou des affaires légalement et mutuellement avantageuses entre privés nationaux et des partenaires privés étrangers, sans courir le risque de les voir un jour faire l'objet d'une remise en cause citoyenne et populaire de mes compatriotes ?

 

2.3. Naïveté, ignorance ou complicité : l'Opposition institutionnelle dans la nasse piégeant le Congo et les Congolais.

 

Comment ne pas s'en étonner ? Comment, d'une manière générale, l'importante frange de l'Opposition congolaise qui s'était réunie en conclave, du 6 au 11 juillet 2013, à Kinshasa, était-elle ou s'était-elle « convaincue que la paix ne peut-être ramenée en R.D.C. qu'avec la mise en oeuvre par toutes les parties prenantes, y compris le Chef de l’État congolais, des engagements découlant de l'Accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013 et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 27 mars 2013 » ?

 

Comment cette Opposition institutionnelle fait-elle de l'amalgame entre un Accord régionalqui relève des engagements de ses parties signataires et une Résolution du Conseil de Sécurité prise en accomplissement de la mission classique de l'O.N.U. visant le maintien de la paix et de la sécurité internationales ? L'Accord-cadre d'Addis-Abeba était-elle la condition nécessaire sans laquelle le Conseil de Sécurité, au vu de la persistance des menaces au maintien de la paix et de la résurgence de l'insécurité toujours grandissante au Nord-Kivu, pouvait ne pas décider, par sa Résolution 2098, du renforcement des forces de la paix présentes en R.D.C. ?

 

Comment cette Opposition institutionnelle s'attache-t-elle à l'application du fameuxAccord-cadre d'Addis-Abeba pendant que ceux qu'il est censé lier ne s'y réfèrent pas eux-mêmes démontrant par-là qu'il avait été conclu seulement pour flouer les Congolais et garantir la main-mise de la prétendue « Communauté internationale »sur les richesses et autres ressources de la R.D.C., objet premier du complot international, comme je n'ai jamais cessé de le dénoncer, à la base de la Guerre contre l'ex-Zaïre ? Regardez :

 

le Président Joseph Kabila de la R.D.C., qui n'a jamais sollicité ni obtenu l'aval du souverain primaire suivant les canaux constitutionnels appropriés pour initier et conclure expressément, en temps de guerre, un tel accord pouvant aliéner ad vitam aeternam notre souveraineté nationale, piégeant du coup notre propre peuple, et qui l'a pourtant signé, n'en a pas le même entendement que son Opposition ! Et c'est peut-être pourquoi il s'est passé de sa revendication en convoquant et en organisant avec ses complices internes les « Concertations nationales » à leur manière !

 

- le Président Paul Kagame, qui en est l'un des treize signataires et des premiers bénéficiaires de ses retombées espérées positives, ne le respecte pas du tout. Et le foulant aux pieds et/ou marchant complètement dessus, n'ayant aucun intérêt a réaliser la paix en R.D.C., n'a pas cessé d'intervenir dans le conflit de l'Est dans lequel il continue, sans désemparer, à planifier et, par ses Généraux et par les troupes de ses forces régulières, à diriger les opérations militaires du M23 dont il pourvoit également à la logistique, notamment dans ses offensives répétées contre la Ville de Goma et les différentes localités du Territoire de Rutshuru en vue de l'occupation des espaces de terre de certains territoires du Nord-Kivu ! N'est-ce pas qu'en témoignent les preuves irréfutables qu'en détiennent le Experts et la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo-Zaïre (M.O.N.U.S.CO.) ?

 

Pourquoi, nonobstant l'existence de ce fameux Accord-cadre, Paul Kagame continue-t-il à amasser ses hommes des troupes et à positionner ses armes lourdes tout au long de la frontière congolo-rwandaise ?

 

Et pourquoi le Gouvernement Matata du Président Kabila ne réagit-il pas ?

 

Le Président Yoweri Kaguta Museveni de l'Ouganda, cet autre signataire de l'Accord-cadredu 24 février 2013, dont cependant les forces armées régulières multiplient des incursions agressives inadmissibles en Territoire de Mahagi, dans le District de l'Ituri, en Province orientale. Selon les dénonciations de l'Evêque catholique de la place et des chefs traditionnels des Groupements et Localités locaux, elles ont déjà, non seulement déterré et déplacé des bornes frontalières délimitant l'ex-Zaïre et l'Ouganda, mais sont aussi passées à la vitesse supérieure ayant déjà commencé la construction des maisons sur le sol de nos aïeux, à l'intérieur de nos frontières nationales !

 

Pourquoi, nonobstant l'existence de ce fameux Accord-cadre, ces nouveaux faits d'agression de notre pays et d'occupation de certaines parties de notre pays, notamment de la Provinces orientale, de la Province du Nord-Kivu et de la Province du Sud-Kivu, des faits qui portent très gravement atteinte à l'intégrité du territoire national congolais, ne provoquent-ils pas une quelconque réaction vigoureuse des dirigeantsou des membres des institutions nationales qui se prévalent d'en être constitutionnellement garants ou d'en avoir la charge d'y veiller ?

 

Il y a un peu plus d'un an et demi déjà, depuis que le Vatican, par son Agence Fides, avait dénoncé ouvertement, le 19 mars 2012, le plan d'invasion, de dépeuplement du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et sans doute de certains territoires de la Province Orientale pour installer d'autres populations venant de l'étranger. Et moi-même j'avais alors mis en garde contre la « la prochorientalisation »de l'Est de la R.D.C. comme conséquence de la politique pratiquée et poursuivie par les Présidents Paul Kagame et Yoweri Museveni visant à y installer des colonies tutsi rwando-ougandaises.

 

Qu'attend donc la « Communauté internationale » pour prendre sans délai des mesures adéquates et responsables pour prévenir et empêcher l'apparition, au cœur de l'Afrique, d'un nouveau foyer des tensions internationales semblable à celui qui oppose depuis 40 ans Juifs et Palestiniens au Moyen-Orient et déchire le Monde ?

 

Pourquoi, les institutions nationales congolaises, en l'occurence, « Président de la République »,« Assemblée nationale » et « Sénat » réunis en « Congrès », « Gouvernement » agissant par le Premier Ministre Matata Ponyo et ses Ministres des Affaires Etrangères, de la Défense nationale et de l'Intérieur et Décentralisation entre autres, se retrouvant face à d'aussi graves faits engageant la responsabilité de l’État, laissent-ils des acteurs nationaux non-étatiques agir en leur lieu et place ? La défense de l'intégrité du territoire national est-elle de la responsabilité d'un religieux, fut-il Évêque, d'un Administrateur de Territoire ou d'un Chef traditionnel local qui ont rempli leur devoir en les alertant ? Incompétence ? Malvoyance ? Irresponsabilité ? Complicité et/ou Trahison ?

 

Dans ces conditions, pourquoi l'Opposition congolaise, qui ne privilégie dans son combat que le poste de Président de la République à l'horizon 2016, alors que la maison R.D.C. est entrain de brûler, n'a-t-elle pas osé conditionner sa participation au remplacement des thèmes prévuspour les « Concertations nationales » par l'inscription des tels sujets cruciaux pour l'avenir de notre payset, surtout, de notre souveraineté nationale, que des pays voisins malveillants envers nous s'amusent à torpiller et à malmener sans susciter une réplique déterminée et rigoureuse de Kabila et de Matata, de Kengo et de Minaku, de Boshab, de Luhaka, de Ruberwa, etc. contre eux ?

 

Et pourquoi nos institutions nationales sont-elles si léthargiques ? Pourquoi le Gouvernement congolais et l'Opposition congolaise en général, à l'exception de mon parti le M.P.R. et des vrais Combattants de la liberté de la Diaspora congolaise, n'osent-ils pas désigner clairement et impliquer ouvertement et formellement le Rwanda et l'Ouganda comme responsables directs de la rupture de la paix en R.D.C. et dans la Sous-région des Grands Lacs ? Et pourquoi ne pas s'attaquer alors de front au mal incarné parKagame et Museveni, deux Chefs d’État arrogants, mégalomanes et criminels non repentis dans la sous-région des Grands Lacs, qui ont engagé sans leur aval leurs peuples dans une Guerre injuste et follement atroce contre leur voisin, la R.D.C., mon pays, sachant bien qu'à la longue, les conséquences de cette Guerre pourront être néfastes contre ces populations voisines ?

 

De ce qui précède, il est donc clair qu'en conditionnant sa participation à l'application de ces deux textes,l'Accord-cadre d'Addis-Abeba et la Résolution 2098du Conseil de Sécurité, l'Opposition politique congolaise fait preuve d'amalgames, dans la mesure où les deux textes ne sont pas de même nature ni de même portée juridique quand bien même ils auraient été négociés dans le même but, celui de la recherche de la paix. Tant il est vrai que, pour imposer la paix rompue par une guerre dévastatrice et ravageuse d'agression, d'occupation arbitraire du territoire congolais et de pillage massif des ressources naturelles d'une Nation souveraine, membre de l'O.N.U., par d'autres Nations membres de la même Organisation, le Conseil de Sécurité des Nations Unies n'avait pas impérativement besoin d'un tel Accord régional. Pas du tout !

 

Aussi, en s'appuyant sur l'Accord-cadre d'Addis-Abeba pour conditionner sa participation aux« Concertations nationales », l'Opposition politique congolaise avait-elle été entraînée à se laisser prendre dans la nasse en cul de sac qui lui était posée ainsi qu'au peuple congolais tout entier par leurs vrais ennemis à travers ledit Accord.

 

2.4. De l'Accord-cadre d'Addis-Abeba du 24 février 2013

 

Ce que l'Opposition congolaise, et le peuple congolais avec elle, devraient bien savoir, s'ils ne le savent pas encore, c'est que l'Accord-cadre d'Addis-Abeba n'est pas le fait de l'O.N.U., et ne peut, comme je le démontre un peu plus loin, être invoqué devant l'un ou l'autre organe de l'Organisation des Nations Unies que si certaines conditions sont bien remplies. Je l'ai déjà dit, sans être entendu. Je le redis et je le soutiens.

 

C'est d'ailleurs dans ce sens et pour cette raison que tous les communiqués de la « Communauté internationale », et notamment du Secrétaire Général de l'O.N.U., rappellent toujours que ceux qui l'ont signé ont« l'obligation de respecter leurs engagements ».

 

A ce sujet, que le peuple congolais et la Communauté internationale se rassurent : je n'ai pas étudié le droit international, le droit humanitaire et le droit constitutionnel international à Liège, en Belgique, d'où sont sortis par le passé des constitutionnalistes aujourd'hui décriés dont les études et les propositions ont influé négativement dans la crise congolaise actuelle, d'abord concernant le projet de Constitution soumise au référendum en 2006, puis pour la révision constitutionnelle ayant précédé les élections controversées de novembre 2011 et récemment encore autour de l'idée d'une nouvelle révision constitutionnelle prêtée à Kabila en vue des prochaines élections présidentielles.

 

Mais, j'ai commencé, après plusieurs autres études universitaires et post-universitaires, à Kinshasa, dans mon pays ; puis à Strasbourg, en France ; à Genève, en Suisse ; et à Tunis, en Tunisie. Et, suite à un heureux hasard du destin, j'ai acquis une bonne et longue expérience politique et administrative comme grand commis de l’État et comme diplomate de carrière. C'est dire que mon entendement del'Accord-cadreque je livre ici n'engage que moi.

 

Pour moi donc, aucune disposition de la Charte des Nations Unies, à moins de me tromper – ce dont vous voudrez bien m'excuser à l'avance – ne conditionne la restauration et/ou le maintien de la paix et de la sécurité internationales, par l'aliénation des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels d'un peuple souverain ou d'un État indépendant. Pas plus qu'aucune disposition de la même Chartene les conditionne par la mise en exploitation, de quelque manière que ce soit, des ressources géologiques, minéralogiques et minières, et forestières d'un État souverain sans son accord, surtout pas par ceux qui, en violation massive des droits de l'homme et des peuples et en violation flagrante des buts et principes de l'O.N.U., malmènent sa souveraineté et lui font injustement, gratuitement ou constamment la Guerre.

 

Je suis personnellement fondé dans cette position par le fait que notre Constitution mondiale– je veux direLa Charte des Nations Unies – va même plus loin lorsqu'elle dispose et précise en son article 41 que si la prolongation d'un différend est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales, le Conseil de Sécurité peut plutôt prendre des mesures allant jusqu'à suspendre les relations économiques et diplomatiques entre les parties. Comment alors peut-on croire ou faire croire au peuple congolais que c'est en remettant les clés de l'exploitation de ses ressources minières, forestières, pétrolières et gazières entre les mains de ceux qui le tuent et le massacrent, violent ses filles et ses femmes, occupent ses terres, poursuivent impunément une Guerre injuste contre lui et n'ont aucune considération ni envers lui, ni à l'égard de ses droits et libertés, qu'il parviendra à une paix durable ?

 

Si, dans mon entendement, la paix dans l'Est de la R.D.C. devait provenir par la cession des droits économiques de la R.D.C. aux agresseurs, ce serait, franchement, une aberration contre le bon sens, qui aboutirait, malheureusement, à créer irresponsablement un précédent absolument fâcheux aux conséquences imprévisibles dans les relations internationales. D'autres pays disposant, à l'instar de mon pays, d'abondantes ressources devront s'attendre au même sort dans les jours, les semaines, les mois et les années à venir.

 

Quant à l'Accord-cadre d'Addis-Abeba du 24 février 2013,je dois dire que La Charte des Nations Unies, ne s'oppose, en effet, en aucune de ses dispositions, à l'existence d'accords ou d'organismes régionaux dès lors que ceux-ci sont« destinés à régler les affaires qui, touchant au maintien de la paix et de la sécurité internationales, se prêtent à une action de caractère régional ». Cela, à une double condition :

 

  • la première est « que ces accords ou ces organismes et leur activité soient compatibles avec les buts et les principes des Nations Unies »(article 52.1). Permettez-moi, déjà sur ce point, pour me faire bien comprendre, d'expliciter que ce n'est pas parce que la C.I.R.G.L. ou tout autre organisme régional ou une association quelconque, pour des raisons de calendrier de ses membres ou de facilité des contacts, tient une réunion de revue de ses actions au siège de l'Union Africaine ou de l'Organisation des Nations Unies, qu'il engage celle-ci ;
  • la deuxième veut qu'un traité ou accord international conclu par un Membre des Nations Unies soit« enregistré au Secrétariat et publié par lui »(article 102.1). D'où cette précision qui suit immédiatement,« aucune partie à un traité ou accord international qui n'aura pas été enregistré (…) ne pourra pas l'invoquer devant un organe de l'Organisation »(article 102.2). Autrement dit, s'il n'est pas conforme et enregistré, un tel accord est de nul effet.

 

Mais bien au-delà de cette double condition, il me faut préciser, au regard de ce qui se passe en R.D.C. et dans la sous-région africaine des Grands Lacs, les quatre faits ci-après :

 

  • que l'existence d'un organisme régional, comme la C.I.R.G.L., et/ou la conclusion d'un accord régional, comme l'Accord-cadre d'Addis-Abeba, ne soustrait ni n'exempte pas l'O.N.U. de l'obligation qui lui incombe, de« réprimer toute agression » (article 1.1) d'un État, en l'occurrence la R.D.C., par un autre, en l'espèce le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi (agissant directement par les éléments de leurs forces armées régulières ou indirectement par les rébellions ou les milices constituées de leurs ressortissants), d'où quelle vienne et quel(s) qu'en soi(en)t le(s) motif(s) ;
  • que l'intervention de l'O.N.U. peut avoir lieu « à tout moment de l'évolution d'un différend »(article 36) « dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales » (article 34) pour « recommander les procédures et les méthodes d'ajustement appropriées »(article 36), spécialement ici, selon moi, pour apporter, à défaut d'intervenir directement, les correctifs nécessaires aux actions déjà entreprises ou aux accords mal négociés et mal conclus ;
  • qu'il ait été ou non enregistré au Secrétariat, un accord régional, selon moi, ne peut empêcher l'O.N.U. de remplir son mandat,surtout si cet accord n'est pas conforme aux mécanismes constitutionnels prévus par un État signataire et hypothèque la souveraineté nationale de celui-ci, et de ce fait est incompatible avec les buts et les principes poursuivis par l'O.N.U. ;
  • autrement dit, l'existence d'un accord régional ne dédouane ni ne dispense pas l'O.N.U. de sa responsabilité de redresser, au besoin, les impairs qu'il porte, et l'invalident de plein droit, afin de le recadrer et de le conformer aux dispositions de La Charte.

 

Je suis, en effet, de ceux qui pensent fermement qu'il ne sied pas que l'O.N.U. s'accommode d'un accord dolosif, abusivement conclu au mépris, d'une part, du droit international et, d'autre part, du droit constitutionnel et de la souveraineté d'une Nation libre, compromettant, de surcroît, l'avenir de celle-ci en plaçant son peuple devant un fait accompli et en le maintenant dans l'ignorance.

 

Ceci dit, l' « Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la Région », du 24 février 2013, comme son titre l'indique bien, est donc, à mes yeux et à ce stade, un engagement personnel conclu par le Président Joseph Kabila, au nom de la République Démocratique du Congo, avec des partenaires, qui ne sont pas seulement ceux de la sous-région des Grands Lacs, mais de la Région, sans autre précision, et impliquant d'autres Nations du monde au bon motif, peu importe, de ramener la paix dans son pays en leur ayant fait malheureusement des promesses et des concessions secrètes qu'il a voulu accorder à cette fin aux autres parties et témoins intéressés audit Accord, ses partenaires potentiels !

 

Quoi qu'il en soit, cet Accord me paraît abusif et irrélevant, premièrement, parce qu'il amalgame, d'une part, exigence de mettre fin à la Guerre pour parvenir au rétablissement de la paix et au maintien de la sécurité en R.D.C., qui relève des missions spécifiques de la R.D.C. en collaboration avec l'O.N.U., et coopération économique, qui relève des droits souverains des États, d'autre part.

 

 

Deuxièmement, il me paraîtincompatible avec les buts et les principes des Nations Unies.Parce qu'en intégrant le concept de coopération économique pour réprimer une agression armée, cet Accord dénie à la R.D.C. son droit de conclure librement et souverainement des accords de coopération bilatérale et multilatérale avec des partenaires de son choix, conformément à ses lois et règlements en vigueur.

 

Et troisièmement, parce qu'il met sur le même pied d'égalité et décrète abusivement et sans discernement la traque des milices confusément qualifiées de« forces négatives », à savoir les milices d'auto-défense populaire véritablement congolaises d'une part,et les forces rebelles du M23 avec des milices pro-rwandaises apparentées bénéficiant des appuis en hommes et matériels du Rwanda et de l'Ouganda, d'autre part.

 

Pourtant, « aucune dispositionde La Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de Sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales »(article 51). Il est donc clair que les vrais « Maï-maï »,ne devraient pas faire l'objet des mêmes traitements que les agresseurs du M23.

 

Ces considérations me paraissent d'autant plus fondées que ce fameux Accord-cadre n'invoque nulle part une quelconque disposition du droit international ni ne se réfère à aucune résolution du Conseil de Sécurité ou recommandation de l'Assemblée Générale sur base de laquelle il aurait été conclu. Si bien que le Secrétaire Général de l'O.N.U. n'y avait apposé sa signature qu'en tant que témoin et la seule mention de la MONUSCO (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) qui y a été faite, l'a été non pas pour invoquer ou engager l'O.N.U., mais juste pour dire qu' « elle fera partie de la solution, et continuera à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo ». C'est tout dire ! Dont acte ! N'est-ce pas ? Et, au fait,

 

Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et le Premier Ministre des pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies,

 

Y a-t-il, parmi vos pays et vos peuples, un seul qui consentirait à souscrire à un tel Accord, même en cas de capitulation face à l'ennemi ? Aucun ! C'est bien clair et net.

 

Parce que dans le monde actuel, aucun pays, aucun peuple digne et libre, ne peut avaliser, conclure ou ratifier un tel accord le dépouillant de ses droits souverains et légitimes sur l'exploitation de ses ressources naturelles, sauf si ce n'est qu'en application des dispositions constitutionnelles dont je sais qu'il y en avait dans la Constitution de la République du Zaïre sous le Maréchal Mobutu et qu'il y en a dans l'actuelle de l'actuelle R.D.C. Aussi en suis-je à me demander pourquoi a-t-on toujours évité de conclure avec ce pays, l'ex-Zaïre, des Accords respectueux des textes des lois et règlements en vigueur, au point de préférer la Guerre et ses atrocités aux négociations directes pour ce faire ? Et pourquoi Joseph Kabila personnellement n'a-t-il pas eu à recourir avant tout aux mécanismes prévus par la Constitution pour ce faire !

 

Il est pourtant clair, en tout cas en ce qui me concerne, qu'aucun pays ne peut choisir de mettre ses institutions et son peuple devant un fait accompli comme Kabila l'a fait. A ce sujet, et pour illustrer ce point de vue, je pense, au titre d'exemple, que, pour rien au monde, les États-Unis d'Amérique, qui disposent pourtant de la même minéralogie et d'immenses ressources minières dont l'on crédite exagérément mon pays en de quantités industrielles équivalentes, sinon par endroits supérieures, ne peuvent consentir à les partager inconsidérément ou cyniquement, encore moins sous la menace de la force ou l'effet de la malice, avec d'autres pays. Que ceux-ci soient leurs voisins ou membres d'une même sous-région ou région qu'eux, que ceux-ci les soumettent à une guerre injuste et cruelle ou que, s'y mêlant, la« Communauté internationale » les soumettent en plus sous une abusive pression diplomatique, rien ne peut avoir raison de leur détermination, que je suppose farouche, à défendre leurs droits, leur souveraineté et leurs intérêts.

 

En général, tous les peuples du monde, sont jaloux de leur être et de leur avoir, jaloux de ce qu'ils sont et de ce qu'ils ont et leur appartient en propre, tout en sachant parfaitement bien qu'au nom de la mondialisation et du commerce international mieux organisés, tous devraient se prédisposer à pouvoir et à savoir en même temps partager. Solidarité humaine oblige !

 

Mais dans le monde, il n'y a pas que l'ex-Zaïre et les États-Unis que je viens de donner en exemple qui disposent des matières premières et autres ressources fabuleuses. Tous les pays en ont, certes à des degrés divers. Mais ailleurs, on n'agit pas comme des irresponsables le font en R.D.C.

 

J'en conclue qu'en négociant en catimini un tel Accord, qui n'est rien d'autre que la matérialisation d'un engagement personnel à confier, sans l'aval du souverain primaire qu'est le peuple congolais, l'exploitation et la commercialisation des ressources minières, forestières et pétrolières congolaises à ses partenaires – même privilégiés– pour des raisons que lui seul connaît, et en s'employant, après coup, à vouloir faire adhérer les Congolais à ce projet liberticide et souveraineticide à travers ses fameuses« Concertations nationales », sans aucune explication, pour enfin permettre aux parties contractantes de le viabiliser et de le conformer aux yeux de l'O.N.U. afin qu'il nous soit opposable, à nous Congolais, le Président Joseph Kabila se comporte en bradeur de la souveraineté nationale congolaise et en complice des agresseurs de la R.D.C., ex-Zaïre.

 

Et lorsque, pour sa part, Vital Kamerhe, Président de l'Union pour la Nation Congolaise (U.N.C.), refuse, toujours par tactique de repositionnement à raison des intérêts occultes qu'il défend, de prendre part à ces« Concertations nationales » et entreprend aussitôt une tournée euro-africaine auprès des signataires dudit Accord-cadre leur faisant part de son intention de succéder à Kabila pour leur garantir son application, il se manifeste comme un alter egode Kabila. Il est un autre soi-même Kabila, s'emploie à flouer les Congolais pour noyauter leurs intérêts nationaux au profit de ceux des étrangers ! C'est comme qui dirait « chasser le naturel, il revient au galop » ! C'est bien dommage !

 

Car, sur ce chapitre, Monsieur Kamerhe vient même de franchir allègrement le pas que Kabila s'est jusqu'ici gardé de faire : il préconise, lui, des « Nouvelles concertations nationales », non pas pour mieux faire, mais pour y associer et intégrer – que l'on se le tienne pour dit – les rebelles du M23, dont tout le monde sait qu'ils sont à plus de 80 % des ressortissants rwandais, des militaires des forces armées régulières du Rwanda, et que, selon les enquêteurs même de l'O.N.U., ils ont commis et continuent à commettre des crimes des guerre et des crimes contre l'humanité en R.D.C. ! Des étrangers en somme !

 

2.5. Du Dialogue de Kampala entre le Gouvernement congolais et le M23

 

Dans ma « Lettre à mon ami François Mwamba et aux Délégués congolais présents à Kampala »,j'avais exigé du Gouvernement congolais d'arrêter ces négociations de la honte et de la capitulation qu'ils poursuivaient avec le M23, une rébellion faussement congolaise. Pour la raison principale suivante : dans sa lettre adressée, le 11 janvier 2013, au Secrétaire Général de l'O.N.U., Ban-Ki-Moon, le Président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, lui-même médiateur de ces pourparlers, venait précisément de confirmer que la guerre que mène le M23 à l'Est de la R.D.C. était justifiée par le besoin maintes fois exprimé depuis longtemps par des Tutsi (du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi) d'acquérir la nationalité congolaise, et que faute d'y parvenir, elle se poursuivra, par intermittence jusqu'à son obtention, de gré ou de force !

 

 

A mon sens, autant il est impensable, en cette période charnière entre le XXème et le XXIème siècles, que des ressortissants d'un quelconque État ou des personnes étrangères détentrices d'une quelconque nationalité, fassent la guerre, tuent, pillent, violent et « génocident » des populations en Amérique ou en Europe pour acquérir, par toutes voies de fait illicites, la nationalité étasunienne, française ou britannique par exemple, autant il est, ou devrait être, dès lors, inconcevable et tout à fait inadmissible qu'après un tel aveu d'importance, après un témoignage aussi capital de la non-congolité des membres du M23, l'une des parties aux négociations de Kampala, provenant d'un Chef d’État doublé de Président de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs qui, de surcroît, en assume la médiation, la « Communauté internationale » des temps présents et le Gouvernement congolais de Kabila et de Matata s'entêtent, tout le temps comme des malvoyants, des malentendants et des « mal-inspirés », à poursuivre ces négociations illégitimes, infondées et de la honte !

 

Le Président Museveni a ainsi établi– tout à son honneur sur ce point – que le « Dialogue de Kampala » se déroule entre le Gouvernement congolais et des étrangers notoires en quête de la nationalité congolaise,c'est-à-dire entre des Congolais et des Rwandais, entre un État agressé la R.D.C. roulé comme dans la farine par ses dirigeants, et le Rwanda, un État agresseur, agissant par ses ressortissants et des officiels autoproclamés Congolais et organisés en une fausse rébellion congolaise ! Au vu et au su de tout le monde !

 

Aussi est-il étonnant que la C.I.R.G.L., comme vos Envoyés spéciaux et vos Représentants dans la Région des Grands Lacs tiennent un langage et des discours inappropriés et indélicats traitant d'égal à égal un État souverain, la R.D.C., et une fausse rébellion, le M23, en lieu et place du Rwanda et même de l'Ouganda ; prennent des initiatives abusives, manifestement contraires aux prescrits des dispositions pertinentes de La Charte des Nations Unies soit-disant pour parvenir à dénouer la crise artificielle dans laquelle a été injustement entraînée mon pays en vue de la réalisation des objectifs à caractère géoéconomiques inavouée par les pays voisins et la « Communauté internationale », allant jusqu'à proposer des solutions biaisées irrespectueuses des droits élémentaires et de la souveraineté du peuple et de l’État congolais !

 

Plus grave et troublant, c'est que les Congolais ne comprennent pas comment vos Envoyés spéciaux et vos Représentants, au mépris des témoignages existants, ont pu considérer des forces d'agression étrangère pourtant bien connues comme majoritairement constituées des ressortissants étrangers tels que dénoncés par les différents rapports d'enquête de l'O.N.U., des étrangers identifiés notamment comme rwandais et même ougandais ou encore somaliens, comme une rébellion congolaise interne opposée au pouvoir congolais en place, allant jusqu'à proposer au Gouvernement et au peuple congolais la tenue d'un« Dialogue politique » entre un État et un peuple souverains et le M23, une organisation mafieuse des va-t-en guerre tutsi et autres étrangers !

 

Qui ne sait que ces faux rebelles congolais se sont illustrés et continuent à s'enorgueillir d'avoir commis et de continuer à commettre des crimes odieux et exécrables, même contre l'humanité, qui demeurent malheureusement impunis ?

 

Qui, veux-je savoir, peut me dire s'il aurait été sensé, respectueux de la morale et de l'humanisme des droits de l'homme ou respectueux de La Charte des Nations Unies, de demander aux États-Unis par exemple, d'engager un« Dialogue politique » avec Al-Qaïda au lendemain de l'horrible et impardonnable attentat de World Trade Center, que cette organisation terroriste avait perpétré le 11 septembre 2001, à New York, faisant près de cinq mille morts ?

 

Et si c'est non ! Pourquoi veut-on que le peuple congolais, qui pleure plus de six millions de ses enfants impitoyablement massacrés et déplore les viols massifs ainsi que les atteintes à la dignité de ses femmes, et le Congo-Zaïre profondément déstabilisé, pillé, occupé jour et nuit par des escadrons de la mort constitués, selon les enquêtes de l'O.N.U., de ressortissants rwandais du M23, de Kagame et de Museveni, puisse engager des négociations politiques et sécuritaires avec ces voisins agresseurs impunis et non-repentants ?

 

Les postes de responsabilité au sein des institutions politiques nationales, de la fonction publique, des services de renseignements, de la Police nationale et de l'Armée, tout comme l'accès aux ressources naturelles et aux richesses nationales congolaises sont-ils, au nom de quelle paix et de quelle moralecitoyenne, religieuse ou républicaine, à offrir en primes aux criminels de grand chemin sans remords et non-repentants ?

 

Ceci dit et posé, rassurez-vous, Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et du Gouvernement des pays membres permanents du Conseil d Sécurité, nous autres Congolais, nous ne sommes pas comme eux, qui croient qu'on ne peut régler des problèmes nés ou existant entre les hommes ou les États qu'en cultivant la haine, en recourant à la force aveugle comme des bêtes ou des êtres sans raison, en violant les droits et les lois établis et en ayant la gâchette facile pour ôter la vie !

 

Personnellement, je suis, comme la plupart des mes frères et sœurs congolais, inoffensif et non belliqueux. Nous sommes capables de passer l'éponge et de bien pardonner afin que, tous ensemble, dans la paix retrouvée, strictement dans le respect des principes du droit international, en particulier de justice et de l'égalité souveraine de nos peuples et de nos États, et dans la convivialité de nos identités et de nos différences, nous repartions du bon pied avec tous nos partenaires économiques et avec tous nos voisins pour mieux garantir nos droits souverains et nos intérêts réciproques. Car, vous le savez, les Congolais, d'une manière générale, nous ne sommes ni fourbes ni rancuniers comme eux, mais nous savons encaisser et pardonner. Et c'est, d'ailleurs, pour cela peut-être que l'on ne nous prend pas au sérieux et que l'on se permet de faire du n'importe quoi chez nous.

 

III. POUR CONCLURE

 

Permettez-moi, Excellences Messieurs les Présidents et le Chef du Gouvernement des États membres permanents du Conseil de Sécurité, de redire ici, en guise de rappel, ma conclusion à « Ce que je pense de la bataille toponymique actuelle en Afrique du Sud et de l'Appel de Thabo Mbeki aux Africains contre les Occidentaux à la lumière des idéologies de l'Authenticité et de la Conscience noire », un texte que d'aucuns n'avaient pas hésité, en décembre 2011, à qualifier, d' « Appel à l'éveil de la Conscience africaine ».

 

Paraphrasant l'ancien Président français Nicolas Sarkozy qui venait de déclarer, dans son discours de commémoration de l'armistice de la Guerre de 1914-1918, le vendredi 11/11/2011, à 11 heures, que « on ne construit pas la paix en renonçant à se défendre », une idée que j'ai reprise et mieux précisée, à l'intention des dirigeants de Kinshasa et de tous ceux qui engagent la « Communauté internationale » et l'engagent, et ce suivant mon entendement, en concluant ainsi mon texte :

 

« On ne construit pas la paix ni la démocratie en renonçant à se défendre », ou mieux encore sur un autre plan, « on ne démocratise pas ou ne développe pas un pays en massacrant sa population, en le livrant à l'occupation et à la domination étrangères », et « on ne développe pas la coopération ni ne construit pas la paix en organisant le pillage systématique des richesses d'un pays en refusant de le défendre » ! Trois sentences, un conseil somme toute, dont tous nous devons prendre acte, les uns et les autres, Africains et Occidentaux, vous qui me lisez et moi ».C'était le 13 décembre 2011, soit un an et trois mois avant la signature du fameux Accord-cadre d'Addis-Abeba, le 24 février 2013.

 

Je savais, comme vous, Excellences, cela va sans dire, et comme tous les dirigeants sérieux d'autres États, que l'une des plus importantes recommandations pour parvenir au développement durable de l'humanité, est d' « arrêter l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables »,ce pourquoi je me bats pour dénoncer et empêcher la prédation dans mon pays afin de préserver les ressources de la R.D.C. et de parvenir à leur gestion saine et responsable au profit non seulement des générations présentes, mais surtout de nos enfants et des générations futures.

 

Voilà aussi pourquoi, Excellences, en conclusion de tout ce qui précède, je recommande vivement, au nom du peuple congolais, qu'il vous plaise de bien vouloir prendre acte de ce qui suit :

 

  • le peuple congolais dénonce la poursuite des négociations en cours entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et la rébellion du M23 et les révoque ;
  • le peuple congolais dénonce avec force les agressions répétées de la République Démocratique du Congo par ses pays voisins indécrottables, ici nommément cités : le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi ; et, par vos soins, demande vivement au Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies de bien vouloir les condamner clairement et fermement afin d'être à même de tirer sans atermoiements funestes ni injustices inconsidérées les conséquences de cette condamnation qui s'impose pour parvenir à une paix juste, véritable et durable en R.D.C. et dans la Région ;
  • le peuple congolais déplore la guerre en cours à l'Est de l'ex-Zaïre et la déstabilisation de la République Démocratique du Congo par tous les pays qui, directement ou indirectement, en tirent profit et souhaitent que la situation demeure ainsi afin de leur permettre de continuer à accéder, sans droits et/ou par des voies détournées, à ses ressources naturelles ; et les exhorte à recourir aux voies de droit, en l'occurence aux négociations bilatérales ou multilatérales, établies pour conclure par voie diplomatique des accords de coopération économique respectueux de la souveraineté des États parties et mutuellement avantageux ;
  • le peuple congolais rejette par conséquent l'Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la coopération pour la République Démocratique du Congo et la Région, vicié, dolosif, abusif et anachronique, signé à Addis-Abeba, le 24 février 2013 ;
  • le peuple congolais, en tout état de cause, ne peut s'accommoder d'une paix octroyée au mépris de la souveraineté nationale congolaise en échange des richesses nationales de la République Démocratique du Congo, ce qui, non seulement est contraire aux dispositions de La Charte des Nations Unies, mais serait pour l'avenir du monde et de l'humanité un fâcheux retour aux temps préhistoriques et coloniaux et un mauvais précédent dans les relations internationales ;
  • le peuple congolais dénonce l'utilisation subtile de l'O.N.U. et de ses institutions spécialisées pour servir de rampe de lancement aux nouvelles expéditions d'anciennes puissances coloniales tendant à recoloniser économiquement des États indépendants faibles, fussent-ils leurs anciennes colonies ;
  • le peuple congolais s'en remet par conséquent aux diligences du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin qu'en application du droit international bien respecté, la crise congolaise connaisse enfin une paix conforme aux buts et principes proclamés et adoptés par toutes les Nations libres et éprises de justice, inscrits dans La Charte des Nations Unies.

 

Puissiez-vous, Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et du Gouvernement des pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, vous sentir désormais pleinement saisis par le peuple congolais à travers ma présente requête et vous obliger à demeurer activement concernés par tout ce qui se passe dans mon pays pour que par votre action et par votre accompagnement le peuple congolais recouvre tous ses droits, retrouve la paix et accède enfin à la dignité humaine et au développement véritables.

 

Puissent les Chefs d'Etat et des Gouvernements de toutes les Nations membres de notre Organisation, impliquées ou non, par devoir ou par solidarité, à rechercher les voies et moyens de mettre rapidement fin à la crise artificielle congolaise, intérioriser les vérités ici distillées et agir suivant les vœux du peuple congolais ci-dessus exprimés.

 

Au nom du peuple congolais tout entier, spécialement au nom de toutes les familles congolaises qui, dans cette ignoble et injuste Guerre de l'Est, ont perdu : qui un être cher, épouse ou époux, enfant, père ou mère, parent ou ami ; qui un bien, meuble ou immeuble ; les uns ou les autres des raisons de vivre, de croire ou d'espérer, je dis merci, à tous ceux qui la présente interpellation verront et voudront bien alors se joindre à nous, en nous assurant de leurs diligentes interventions, notamment en mettant leurs voix et leurs actions au service de la libération du peuple congolais, de la protection de la vie et de la paix.

 

Au nom du peuple congolais, je dis, en particulier – mieux vaut tard que jamais –Merci à ceux qui nous ont à ce jour déjà témoigné de leur amitié, ceux qui, prenant leur courage en mains, ont brisé la glace les premiers et tenu, par ces temps difficiles que traverse mon pays, à manifester urbi et orbicette amitié et leur solidarité envers nous en appelant, le 26 décembre 2012, dans le quotidien Le Monde, l'Organisation des Nations Unies à « remplir son mandat » en R.D.C.

 

Avec votre permission et par devoir de gratitude, je m'en vais citer leurs noms : Muhammad Ali, fondateur du Muhammad Ali Center ; Robert Badinter, ancien président du Conseil Constitutionnel ; Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie ; Jacques Chirac, ancien Président de la République Française et président de la Fondation Jacques Chirac ; Rosario Dawson, comédienne ; Jonathan Demme, réalisateur ; Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal et Secrétaire Général de la Francophonie ; Eve Ensler, auteur et créatrice des V-Day ; Leymah Gbowee, prix Nobel de la paix 2011 ; Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France ; Angélique Kidjo, Chanteuse ; Claude Lanzmann, écrivain et réalisateur ; Federico Mayor, ancien directeur général de l'Unesco ; Denis Mukwenge, gynécologue, prix des droits de l'Homme des Nations Unies ; Thandie Newton, comédienne ; Erik Orsenna, écrivain ; Atiq Rahimi, écrivain ; Jean Christophe Ruffin, écrivain ; Mahamat Saleh Haroun, réalisateur et Valérie Trierweiler, ambassadrice de la Fondation Danielle Mitterrand et compagne du Président François Hollande de la République française.

 

Bienconnues de mes compatriotes congolaises et congolais, ces illustres personnalités ont agi, en donnant de la voix, au lendemain de la chute de la Ville de Goma le 20 novembre 2012 et du début du « Dialogue de Kampala » pour soutenir notre cause, celle du peuple congolais martyr que porte sans ambages ni faux-fuyants ma présente interpellation. S'ils avaient été entendus par les dirigeants congolais et par la « Communauté internationale », le Conseil de Sécurité des Nations Unies aurait mis fin à ce « Dialogue insensé de Kampala » et après avoir repris les choses en mains, aurait déjà sifflé la fin de la récréation, du show du trio Kabila-Kagame-Museveni et de la Guerre de l'Est, et alors seulement les « Concertations nationales » organisées pour débattre des sujets ordinaires auxquels elles viennent de se pencher auraient un sens.

 

Enfin, aux médias nationaux congolais et internationaux du monde libre ayant à cœur d'aider le peuple congolais à se tirer de cette mauvaise passe et à s'en sortir, je demande, au nom du peuple congolais muselé, de répercuter ce message afin de permettre au plus grand nombre d'hommes et de femmes libres et justes d'y accéder et d'adhérer à notre cause afin qu'ils puissent y réfléchir, eux aussi, et par solidarité agissante, nous venir en aide. Car, je sais que seuls les Congolais ne peuvent rien. Mais, j'ai foi que c'est avec l'appui de tous que tous ensemble nous pouvons parvenir à tourner rapidement la page de cette passe difficile de l'actuelle Guerre de l'Estqui n'honore ni l'humanité ni la civilisation actuelles.

 

Car, tout, malgré des plaies béantes de la Guerre, n'est pas totalement perdu, puisque nous avons – Dieu merci – encore un peu plus d'intelligence et d'expérience et suffisamment d'énergie et de lucidité nécessaires pour reprendre la main, sauver les meubles, parer à l'inéluctable et engager la R.D.C., l'Afrique et l'humanité, enfin libérées d'une gouvernance mondiale dévoyée, chaotique et criminalisée vers des destins meilleurs pour tous dans le concert des peuples et des Nations libres.

 

MUKULUMANYA wa N'GATE ZENDA

Président du Mouvement Populaire de la Révolution

Ancien Ministre des Affaires Etrangères

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com