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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 16:02

La «vraie opposition»

 
 
Carte de la RD Congo aux couleurs de l’emblème national.

 

Les auditeurs de Radio Okapi ont suivi, cette semaine, Etienne Tshisekedi wa Mulumba lorsqu’il s’adressait aux groupements politiques qui l’ont désigné comme «candidat commun» - candidat unique ?- de l’opposition à l’élection présidentielle prévue le 28 novembre prochain. 

Certains auditeurs n’ont pas manqué de tressaillir en entendant le «candidat du peuple» adopter une posture inutilement polémiste autant que sectaire en qualifiant ces organisations comme étant la «vraie opposition». Ces propos peu fédérateurs - c’est un euphémisme - sont de nature à écorner l’image d’un homme qui doit rassembler. Un homme sur les épaules duquel repose l’espoir de tout un peuple pour un changement politique fondamental.

Dans l’interview accordée à Congo Indépendant le 14 juillet dernier, le président de l’UDPS et candidat à l’élection présidentielle déclarait que «l’Etat de droit» sera son thème de campagne. C’est quoi donc l’Etat de droit? Pour faire court, c’est tout simplement un Etat institutionnalisé. Un Etat régi par des règles générales et impersonnelles et non par les foucades des gouvernants du moment. 

«Tout Congolais jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de créer un parti politique ou de s’affilier à un parti de son choix», proclame le deuxième alinéa de l’article 6 de la Constitution de la RD Congo. Ce texte confère donc aux citoyens congolais la pleine liberté de s’associer pour défendre leurs idées et leurs intérêts. 

Cela implique que toute formation politique jouit de la faculté de participer à une compétition électorale. De même, un parti n’appartenant pas à la majorité ne peut être inséré que dans l’opposition. Il est vrai que la viabilité d’un groupement politique se mesure non pas par son "âge" mais par sa capacité à mobiliser des hommes et des moyens. Il en est de même de sa capacité à bâtir un projet de société, à mener une campagne électorale et à convaincre les électeurs. 

Depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, il y a une dizaine de mois, la communication politique du candidat Tshisekedi wa Mulumba pèche par une certaine immodestie propre à tous les "premiers de la classe". Que dire de tous ces «électrons libres» se réclamant de «Tshi-Tshi» qui se trompent d’adversaire et de combat? Des électrons libres fanatisés qui répandent des propos irresponsables ici et là. Des propos qui ne favorisent guère l’union psychologique des forces de l’opposition. Une union censée se fonder sur le respect mutuel. 

Depuis le 24 avril 1990, les Zaïro-Congolais attendent désespérément l’avènement d’un nouvel ordre politique fondé sur la justice, la liberté, l’égalité et la solidarité. Un tel ordre ne peut être garanti que par un Etat impartial qui ne se confond nullement à un individu ou à un groupe d’individus. Ce peuple n’est pas à la recherche d’un dictateur pour succéder à un autre dictateur. 

En prenant le pouvoir le 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila a fait une mauvaise lecture de l’Histoire en croyant que les «mobutistes» ont été chassés du pouvoir juste pour que les kabilistes s’engouffrent dans les vieux habits de l’ancien régime. Erreur. Arrivé au pouvoir le 26 janvier 2001, "Joseph Kabila" n’a guère tirer les leçons des errements de ses prédécesseurs.

Tshisekedi doit se montrer digne de porter le «titre» de «candidat du peuple». Il doit rassembler la population congolaise qui est loin d’être composée uniquement des «tshisekedistes» et des «Udpsiens». L’enjeu du moment dépasse les intérêts particuliers. Il s’agit de sauver le Congo et les Congolais dont le destin est pris en otage par des milieux affairistes et maffieux. 

Entre le conflit et la coopération, «Tshi-Tshi» et le reste de la classe politique doivent opter pour la coopération. A défaut, ils seront sévèrement jugés par l’Histoire. En attendant le vote du 28 novembre, toute polémique au sein de l’opposition n’est rien d’autre que le signe d’une paresse de l’esprit.

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2011

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