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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 13:08

La stratégie des États-Unis envers l’Afrique subsaharienne

Publié le jeudi 10 juillet 2014

 Vempires

 

« Il y a près de trois ans, j’ai fait remarquer à la tribune du parlement du Ghana que l’Afrique était une composante fondamentale de notre monde interconnecté. Depuis, nous avons agi en partenaires avec des leaders, des jeunes et la société civile en Afrique pour approfondir les principes de la démocratie et des droits de l’homme, élargir les possibilités économiques et soutenir ceux qui recherchent la paix là où les communautés souffrent de la guerre et des privations. L’Afrique et ses habitants sont des partenaires de l’Amérique dans la création de l’avenir que nous voulons pour tous nos enfants – un avenir ancré dans la croissance, la responsabilité mutuelle et le respect mutuel.

 

Lorsque nous tournons nos regards vers l’avenir, il est clair que l’Afrique est plus importante que jamais pour la sécurité et la prospérité de la communauté internationale, et pour les États-Unis en particulier. Les économies africaines figurent parmi celles dont la croissance est la plus rapide au monde, avec des mutations technologiques qui balaient le continent et qui ouvrent des possibilités extraordinaires dans l’industrie bancaire, en médecine, en politique et dans les milieux d’affaires. Dans le même temps, l’accroissement de la population jeune en Afrique change profondément les économies et les systèmes politiques.

 

Pour tirer parti des possibilités et faire face aux défis qui se présentent en Afrique, les États-Unis doivent se doter d’une politique de grande envergure qui soit proactive, tournée vers l’avenir et qui concilie nos intérêts à long terme avec les impératifs à court terme. La Stratégie des États-Unis vers l’Afrique subsaharienne, ci-après, consolide et fait avancer un grand nombre des initiatives que nous avons mises en route depuis mon entrée en fonctions, et ce pour contribuer à trouver cet équilibre, et elle accorde une importance accrue à deux autres pôles d’action qui seront essentiels à l’avenir de l’Afrique, à savoir le renforcement des institutions démocratiques et l’encouragement d’une croissance économique à vaste assise, y compris par le biais des échanges et des investissements.

 

Les institutions solides, responsables et démocratiques, soutenues par un profond attachement à l’État de droit, renforcent la prospérité et la stabilité et elles sont davantage en mesure de limiter les effets des conflits et d’assurer la sécurité. Une croissance économique durable et inclusive est un élément essentiel à la sécurité, à la stabilité politique et au développement et elle sous-tend les actions visant à faire reculer la pauvreté, créant ainsi les ressources capables de multiplier les possibilités et de permettre à tout un chacun d’atteindre son potentiel.

 

Si de nombreux pays du continent ont avancé à pas de géant dans la voie de l’élargissement de la participation politique et de la réduction de la corruption, il reste encore plus à faire pour garantir l’honnêteté des processus électoraux, l’existence d’institutions transparentes capables de protéger les droits universels ainsi que la fourniture et la protection de la sécurité et des biens publics. Notre message à ceux qui veulent faire dérailler le processus démocratique est clair et sans équivoque : les États-Unis n’entendent pas demeurer impassibles quand des acteurs menacent des gouvernements légitimement élus ou qu’ils manipulent l’impartialité et l’intégrité des processus démocratiques, et nous serons les partenaires inébranlables de ceux qui sont acquis aux principes de l’égalité, de la justice et de l’État de droit.

 

L’Amérique a confiance en une Afrique terre de potentialités et de promesses croissantes, pour l’Afrique, pour l’Amérique et pour nos peuples et nos économies. Nous sommes convaincus que l’Afrique peut être la prochaine grande réussite économique au monde. Nous agirons avec nos partenaires africains afin de construire des institutions robustes, de démanteler les obstacles aux échanges et aux investissements et d’accroître les chances qu’ont les pays africains d’avoir accès aux marchés du continent et à ceux du reste du monde, de se rallier à une saine gouvernance économique et – ce qui est plus important encore – de créer des possibilités pour que les Africains puissent prospérer. Tout en appuyant ces efforts, nous encouragerons les entreprises américaines à saisir les occasions de commercer avec l’Afrique et d’investir dans le continent, et ce pour que leurs compétences, leur capital et leur technologie viennent étayer l’expansion économique de la région tout en contribuant à la création d’emplois ici en Amérique.

 

À tous ces niveaux, les États-Unis mettront avant tout l’accent sur la nécessité de donner des moyens d’action accrus à la prochaine génération de leaders africains. Ces jeunes gens et ces jeunes femmes ont démontré à maintes reprises leur volonté et leur capacité de changer en bien leur collectivité et leur pays, et les États-Unis resteront leur allié et partenaire indéfectible. Le partenariat de l’Amérique avec cette nouvelle génération d’Africains dépassera le cadre de notre gouvernement pour s’appliquer aux relations de plus en plus vastes et de plus en plus étroites entre nos peuples, nos entreprises et nos institutions. Ces racines nous aideront à connaître un avenir de démocratie, de paix et de prospérité pour les générations à venir. »

 

BARACK OBAMA

 

LA MAISON-BLANCHE,

WASHINGTON LE 14 JUIN 2012

 

Les quatre piliers de la politique africaine d’Obama

 

Les États-Unis œuvreront en partenariat avec les pays d’Afrique subsaharienne dans la poursuite des objectifs interdépendants ci-après et qui se fortifient mutuellement :(1) renforcer les institutions démocratiques ; (2) stimuler la croissance économique, les échanges et les investissements ; (3) faire avancer la paix et la sécurité ; et (4) promouvoir les possibilités et le développement.

 

En œuvrant à la réalisation de tous ces objectifs, nous entendons : approfondir notre engagement avec les jeunes leaders africains ; chercher à autonomiser les populations marginalisées et les femmes ; répondre aux besoins uniques des États fragiles et post-conflit ; et œuvrer étroitement avec l’ONU et d’autres acteurs multilatéraux pour atteindre nos objectifs sur le continent.

 

I.                  Renforcer les institutions démocratiques

 

Comme le président l’a dit au Ghana, « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. » Nous allons nous employer à faire avancer la démocratie en renforçant les institutions à tous les niveaux, en appuyant et en faisant fond sur les aspirations des Africains à une gouvernance plus ouverte et plus responsable, en encourageant les droits de l’homme et l’État de droit et en confrontant les dirigeants dont les actions menacent la crédibilité des processus démocratiques. Comme le stipule la Stratégie nationale de sécurité, notre soutien de la démocratie est essentiel aux intérêts des États-Unis et c’est une composante fondamentale du leadership américain à l’étranger.

 

II.               Stimuler la croissance économique, les échanges et les investissements

 

Il est dans l’intérêt des États-Unis d’améliorer la compétitivité commerciale de la région, d’encourager la diversification des exportations en sus des ressources naturelles et de veiller à ce que les avantages tirés de la croissance soient largement répandus. Nous poursuivrons les actions suivantes tandis que nous cherchons à accélérer une croissance économique inclusive, y compris par le biais des échanges et des investissements.

 

III.            Faire progresser la paix et la sécurité

 

Les États africains se montrent de plus en plus capables de jouer un rôle de chef de file en ce qui concerne les questions de sécurité sur le continent. Pour autant, les conflits internationaux et intérieurs, conjugués à l’incapacité de certains gouvernements d’assurer la sécurité de base de leur population, demeurent des obstacles clés à une gouvernance démocratique efficace, à la croissance économique, aux échanges et aux investissements et au développement humain. Seuls les gouvernements et les habitants de l’Afrique peuvent résoudre de manière durable les défis à leur sécurité et les divisions internes qui affectent le continent, mais les États-Unis peuvent avoir un effet positif.

 

IV.           Promouvoir les possibilités et le développement

 

Le présent gouvernement, y compris par le biais de la Directive présidentielle de politique générale sur le développement global, a tracé une nouvelle approche qui se concentre sur la recherche de résultats en matière de développement durable et sur un nouveau modèle opérationnel régissant l’assistance des États-Unis à cette même fin, approche qui fait fond sur le travail que nous avons accompli à ce jour.

 

L’Afrique est le thème principal de trois initiatives présidentielles de développement, à savoir : l’initiative en faveur de la santé mondiale (GHI), l’initiative alimentaire pour l’avenir et l’initiative contre le changement climatique mondial (GCCI). De surcroît, deux des quatre pays visés par le Partenariat pour la croissance (le Ghana et la Tanzanie) sont en Afrique.

 

Dans chacun de ces efforts, nous avons souligné l’importance de la réforme et de la transparence et avons accordé la priorité à une bonne gestion économique et à une bonne gestion des projets afin de promouvoir la pérennité. Nous investissons dans un nombre croissant de pays performants et, preuve de nos efforts, nous observons des résultats incontestables ainsi que l’accroissement de la capacité et de l’engagement de nos partenaires.

 

Washington – Kinshasa : les non-dits d’un message

 

Publié le jeudi 10 juillet 2014

 

 

 

 

En dépit des réactions, toujours pas tendres que cela suscite du côté de Kinshasa, les USA s’affichent de plus en plus en puissance tutélaire de la République Démocratique du Congo.

 

Comme à l’époque de la guerre froide, Washington semble décidé à contrôler tout ce qui se passe au pays de Lumumba, singulièrement aux plans politiques et sécuritaires. Après les sorties médiatiques de Russ Feingold, son Représentant spécial dans la Région des Grands Lacs, et de James C. Swan, son ambassadeur dans la capitale congolaise, autour de l’exigence d’un calendrier électoral global et du ‘respect du nombre des mandats, c’est Barack Obama en personne qui sort du bois, à travers une lettre adressée au Congrès le mardi 08 juillet 2014 et dont le contenu ne prête à aucune équivoque le pays de l’Oncle Sam n’a nullement l’intention de subir les événements à venir en RDC.

 

Les non-dits d’un tel message s’apparentent à un sévère avertissement aux gouvernants congolais d’abord, pour les inviter à mettre fin à la récréation dans la gestion des dossiers politiques et sécuritaires, ensuite aux groupes armés internes et externes spécialisés dans la « fabrication » de l’insécurité, enfin aux commanditaires nationaux et étrangers des entreprises criminelles des forces négatives.

 

La montée du terrorisme en Afrique

 

Au plan sécuritaire, l’on croit savoir que les responsables américains redoutent l’exportation du terrorisme en territoire congolais, avec l’émergence d’un long corridor incontrôlable allant de la frontière avec la République Centrafricaine jusqu’à celle avec de la Tanzanie, en passant par le Sud-Soudan, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Lorsque l’on pense aux nuisances sécuritaires de Boko Aram au Nigeria et au Cameroun, des Seleka, Anti-Balaka et de la LRA en Centrafrique, de la LRA et des Mbororo au Sud-Soudan, en RDC et en Ouganda, des ADF/ Nalu et FDLR au Nord et Sud-Kivu, des résidus du M23 en Ouganda, au Rwanda et en RDCongo, des Shebab en Somalie, l’on perçoit aisément le souci de Washington de ne pas rester distrait.

 

Ventre mou des Grands Lacs, la RDCongo inquiète sérieusement les autorités américaines, désormais convaincues que si elles n’agissent pas, le territoire congolais risque d’être transformé en réservoir du terrorisme international. La panoplie des mesures rappelées au Congrès par Barack Obama s’inscrivent dans la droite ligne de la ferme détermination de ne plus laisser faire les seigneurs de guerre congolais comme étrangers en République Démocratique du Congo, ni leurs parrains qui se recrutent dans plusieurs Etats des Grands Lacs. En plus du gel des biens et avoirs de ces derniers, des stratégies appropriées sont envisagées pour les mettre hors d’état de nuire.  Washington ne cache pas son intention de frapper indistinctement les forces négatives internes et externes qui perturbent la paix au Congo, pillent les ressources naturelles excellent dans les violences sexuelles et tortures, .et menacent sa sécurité à distance.

 

Des réponses concrètes aux problèmes politiques

 

Quelque part, les Etats-Unis d’Amérique imputent l’insécurité, la montée des groupes armés et les rébellions à répétition en RDCongo à l’absence des réponses concrètes aux problèmes politiques. Des frustrations à répétition des «exclus» du pouvoir d’Etat sont à la base de tensions sociales voire des rébellions à répétition. Aussi ont-ils résolu de s’investir dans le suivi du processus électoral de 2014 à 2016, en insistant sur l’élaboration d’un calendrier électoral global incluant les élections présidentielle et législatives nationales, le respect de la limitation des mandats et des règles du jeu démocratique dans la compétition des urnes. Tranchante, la superpuissance mondiale est allée jusqu’à préconiser le bouclage de l’ensemble du cycle électoral en cours en 2016.

 

En d’autres termes, toutes les initiatives politiques de nature à vicier le processus électoral (révision constitutionnelle, calendrier électoral non consensuel, suffrage indirect en lieu et place du suffrage direct, fichier électoral non fiable, serveur central inaccessible, financements incertains, de certains scrutins) sont très mal perçues du côté de Washington. Barack Obama vient se signifier clairement au Congrès son refus de voir la RDC continuer de tourner en rond, aux plans sécuritaires et politiques. Il appartient à la classe politique congolaise de bien lire ce type de signes du temps.  Kimp

 

Obama fait de la RDC une urgence

 

Publié le jeudi 10 juillet 2014

 

 

Dans un message au Congrès américain. Dans un message daté du 8 juillet 2014 et adressé au Congrès américain, Barack Obama fait mention des sanctions financières contre certains dirigeants congolais et étrangers impliqués d’une manière ou d’une autre dans le drame de l’Est.

 

En clair, les Etats-Unis ont décidé de mettre un terme aux conflits meurtriers qui minent l’Est de la RDC et en font une urgence.  Les Etats-Unis ont pris à bras-le-corps le problème congolais. A Washington, le drame qui s’abat sur l’Est de la RDC « constitue une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis ». Barack Obama, président des Etats-Unis d’Amérique, ne s’en cache pas. Il multiplie des initiatives, aussi bien en interne qu’à l’étranger, pour marquer la rupture avec une certaine politique africaine de son pays, particulièrement dans la région des Grands Lacs.

 

Dans un message adressé le mardi 8 juillet 2014 au Congrès américain, Barack Obama s’attarde spécifiquement sur la situation qui prévaut en RDC. Il donne des instructions précises aussi bien au département d’Etat américain qu’à celui du Trésor pour prendre des mesures qui s’imposent en vue de mettre fin au drame congolais.

 

Le président américain motive sa décision en ces termes : « Compte tenu de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité supplémentaires des Nations unies, y compris, plus récemment, la Résolution 2136 du 30 janvier 2014, je délivre l’ordre de prendre des mesures supplémentaires pour faire face à la situation d’urgence nationale déclarée dans EO 13413, et à la question du maintien des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo et dans la région environnante… ».

 

Décidément, pour les Etats-Unis, la situation en RDC a dépassé les limites du tolérable si bien que tout, selon la Washington, doit être mis en œuvre pour stopper ce carnage. Le message de Barack Obama vise toute personne, physique ou morale, - congolaise ou étrangère – directement ou indirectement mise en cause dans « la violence et les atrocités qui continuent de menacer la stabilité régionale généralisée » dans les Grands Lacs. Il s’agit des sanctions ciblées, essentiellement financières, à l’encontre de ces dirigeants.

 

Les personnes visées

 

Sans citer les noms, le président Obama donne néanmoins le profil des personnes visées. Selon le message du président américain, « la désignation de personnes déterminées par le secrétaire du Trésor, en consultation avec le secrétaire d’Etat », renvoie notamment à : « un leader politique ou militaire d’un groupe armé étranger opérant en République démocratique du Congo qui entrave le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants ; un leader politique ou militaire d’un groupe armé congolais qui entrave le désarmement, la démobilisation, le rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants ».

 

Sont également visées des personnes jugées « responsables ou complices, ou d’avoir eu, directement ou indirectement », des liens dans les événements tels que « actions ou des politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo; actions ou des politiques qui minent les processus démocratiques ou les institutions de la République démocratique du Congo; le ciblage des femmes, des enfants ou des civils par la commission d’actes de violence (y compris les meurtres, les mutilations, la torture ou le viol ou d’autres violences sexuelles), l’enlèvement, le déplacement forcé, ou les attaques contre les écoles, les hôpitaux, les sites religieux, ou endroits où des civils ont trouvé refuge, ou par une conduite qui constituerait un grave abus ou de violation des droits de l’homme ou une violation du droit international humanitaire; l’utilisation ou le recrutement d’enfants par des groupes armés ou des forces armées dans le contexte du conflit dans la République démocratique du Congo; l’obstruction de la livraison ou la distribution, ou l’accès à l’aide humanitaire; les attaques contre les missions des Nations unies, de présences internationales de sécurité, ou d’autres opérations de maintien de la paix; ou le soutien aux personnes, y compris les groupes armés, impliqués dans des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo ou que saper les processus démocratiques ou des institutions de la République démocratique du Congo, à travers le commerce illicite des  ressources nationales de la République démocratique du Congo ».

 

Tout en chargeant les secrétaires d’Etat et au Trésor de  l’application de ces mesures, Barack Obama donne injonction à toutes les agences du gouvernement des Etats-Unis « à prendre toutes les mesures appropriées relevant de leur compétence pour appliquer les dispositions de l’ordonnance ». Ce qui démontre toute la pertinence du message d’Obama au Congrès concernant le cas spécifique de la RDC.

 

A la Maison Blanche, Barack Obama, dont le mandat se termine en 2016, a fait de la RDC une urgence qu’il intègre désormais dans les priorités de la politique africaine des Etats-Unis. Les dirigeants de la région des Grands Lacs sont donc prévenus, de même que les seigneurs de guerre qui y pullulent. Les Etats-Unis les tiennent à l’œil et n’hésitera pas à frapper, voire frapper très fort. A bon entendeur, salut !

 

Encadré

 

Obama invite 47 pays africains pour un sommet en août

 

Barack Obama a invité les dirigeants de 47 pays africains à participer à un sommet à la Maison Blanche les 5 et 6 août prochain, a confirmé mardi dernier l’exécutif américain. Le président américain envisageait la tenue de ce sommet depuis sa tournée en Afrique en juin 2013.

 

Lors d’un discours au Cap, il avait souhaité ainsi « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ».  « Le président Obama se réjouit d’accueillir des dirigeants venus de tout le continent africain dans la capitale (fédérale américaine) afin de renforcer encore les liens avec l’une des régions les plus dynamiques » du monde, a déclaré le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney.

 

Ce sommet « fera progresser les objectifs de l’administration en matière de commerce et d’investissement en Afrique (et) mettra en évidence l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants », selon la même source. le principe de ce sommet était acquis depuis la tournée africaine de Barack Obama en juin dernier.  Un porte-parole de la Maison Blanche, Jonathan Lalley, a communiqué la liste des pays dont les dirigeants sont invités, de l’Angola à la Zambie. Parmi les pays notablement absents de cette liste : le Zimbabwe, le Soudan, la Guinée-Bissau, mais aussi l’Egypte et Madagascar.

 

Renforcer la présence diplomatique américaine en Afrique

 

Jonathan Lalley a indiqué que la Maison Blanche avait invité les dirigeants de tous les pays africains, « sauf ceux qui n’ont pas de bonnes relations avec les Etats-Unis ou sont suspendus de l’Union africaine ». La présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, est également conviée à Washington pour ce sommet, a précisé Jonathan Lalley.

 

Barack Obama, né aux Etats-Unis d’une mère américaine et d’un père kényan, avait lancé l’idée de ce sommet fin juin 2013 lors du volet sud-africain d’une tournée qui l’avait aussi mené au Sénégal et en Tanzanie. Lors d’un discours au Cap, il avait dit souhaiter « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique » en annonçant ce sommet, le premier du genre.

 

Face à la percée de la Chine et d’autres puissances émergentes, les conseillers économiques de Barack Obama l’ont exhorté à renforcer la présence diplomatique américaine sur le continent. Au début de sa tournée, Barack Obama avait cependant cherché à minimiser les rivalités entre investisseurs étrangers en Afrique, estimant qu’il n’y avait pas de « guerre froide » en cours sur le continent.

 

«Aider l’Afrique»

 

«  C’est une bonne chose que la Chine, l’Inde, la Turquie et d’autres pays, comme le Brésil, prêtent de plus en plus attention à l’Afrique », avait-il assuré.  « Il y a un marché mondial et, si les pays qui sont en train de devenir des pays à revenus moyens considèrent qu’il y a des opportunités pour eux en Afrique, cela peut potentiellement aider l’Afrique », avait-il ajouté.

 

Toujours lors de cette tournée, il avait tout de même invité les Africains à poser plus de questions aux investisseurs étrangers, estimant «important que les Africains s’assurent que ces interactions sont bonnes pour l’Afrique».

 

Barack Obama, qui n’avait visité l’Afrique noire qu’en coup de vent au début de son premier mandat, avec un arrêt au Ghana, avait accueilli en 2010 à la Maison Blanche plus d’une centaine des jeunes Africains lors d’un sommet informel.  Lors de cette rencontre, destinée à marquer le 50ème anniversaire de l’accession à l’indépendance de 17 pays d’Afrique subsaharienne, Barack Obama avait exhorté ces jeunes à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays, et à ne pas suivre les pas de la génération des indépendances qui s’est selon lui accrochée au pouvoir. AFP/LP

 

 

 

Kinshasa refuse de croire à des sanctions américaines contre le président Kabila

(AFP 09/07/14)

 

 

 

Kinshasa a douté mercredi que les Etats-Unis aient l'intention de geler les avoirs du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, alors que Washington vient d'élargir le champ de ses sanctions économiques contre la RDC.

 

"Pourquoi on menacerait le président de geler ses avoirs. Quel acte a-t-il posé ?", s'est interrogé le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, lors d'une conférence de presse à Kinshasa. "A moins de prendre le président [américain Barack] Obama pour [...] un homme emporté qui dit n'importe quoi", va-t-il "prendre une décision parce que l'opposition dit que Kabila a ceci, va faire ceci", a ajouté M. Mende.

 

Il faisait référence aux griefs de l'opposition congolaise qui soupçonne M. Kabila de vouloir tout faire pour rester au pouvoir au-delà de décembre 2016, alors que cela lui est actuellement interdit par la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

 

M. Mende répondait à une question en relation avec une tribune récemment publiée sur le site internet du magazine américain Forbes laissant entendre que M. Kabila aurait amassé une fortune de "15 milliards de dollars au cours de la dernière décennie dans des banques offshore aux Îles Vierges britanniques et ailleurs" et appelant Washington et l'Union européenne à geler ses avoirs.

 

"C'est un tissu de légendes infamantes", a affirmé M. Mende. "Notre président est l'un des rares chefs d'Etat à ne pas avoir de compte dans ces [paradis fiscaux] où les autres avaient l'habitude" d'en détenir, a ajouté M. Mende. "Si quelqu'un n'a pas 15 milliards, vous pouvez le menacer de geler 15 milliards qui n'existent pas, vous croyez que cela fait de l'effet?" a-t-il également déclaré.

 

En mai, les Etats-Unis ont exhorté le président Kabila à quitter son poste en 2016 au terme de son second mandat de cinq ans. La Maison Blanche a annoncé mardi avoir élargi le champ d'application d'un décret présidentiel de 2006 permettant de geler les avoirs de "certaines personnes contribuant au conflit" en RDC, pays dont de vastes territoires de l'Est sont ravagés par la guerre depuis vingt ans. Désormais, ces sanctions pourront viser des personnes "responsables ou complices [...] d'actes ou de mesures qui sapent le processus démocratique ou les institutions" de la RDC.

 

http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/kinshasa-refuse-de-croire-des-sanctions-americaines-contre-le-president-kabila#sthash.EPB34jVW.dpuf

 

Devant le Congrès, OBAMA fait de la RDC son dossier d’urgence.

 

Publié le mercredi 9 juillet 2014

 

 

 

Dans un message adressé au Congrès américain, le Président OBAMA annonce une série de mesures urgentes en rapport avec la situation en RDC. Barack OBAMA précise que ce qui se passe en RDC est une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des USA.

 

Ci-dessous, le résumé du texte du Président OBAMA.

 

AU CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS :

 

Conformément à la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence international (50 USC 1701 et suiv.) (IEEPA), je déclare par la présente que j'ai publié un décret («ordre») de prendre des mesures supplémentaires par rapport à la situation d'urgence nationale déclarée dans le décret 13413 du 27 Octobre 2006 (en EO 13413).

 

En E.O. 13413, il a été déterminé que la situation ou par rapport à la République démocratique du Congo, qui a été marquée par la violence et les atrocités qui continuent de menacer la stabilité régionale généralisée et a été adressée par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans la résolution 1596 du 18 Avril 2005, la Résolution 1649 du 21 Décembre 2005, et la Résolution 1698 du 31 Juillet 2006, constitue une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des États-Unis. Pour faire face à cette menace, E.O. 13413 blocs de la propriété et des intérêts dans des biens des personnes visées à l'annexe de la EO 13413 ou fixé par le Secrétaire au Trésor, en consultation avec le Secrétaire d'Etat, pour répondre aux critères spécifiés dans EO 13413.

 

Compte tenu de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité supplémentaires des Nations Unies, y compris, plus récemment, la Résolution 2136 du 30 Janvier 2014, je délivre l'ordre de prendre des mesures supplémentaires pour faire face à la situation d'urgence nationale déclarée dans EO 13413, et à la question du maintien des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo et dans la région environnante, y compris les opérations par des groupes armés, la violence généralisée et les atrocités, les violations des droits de l'homme, le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats, les attaques contre les soldats de la paix, l'obstruction des opérations humanitaires et de l'exploitation des ressources naturelles pour financer personnes engagées dans ces activités.

 

L'ordre modifie les critères de désignation visés à l'EO 13413. Tel que modifié par l'ordonnance, E.O. 13413 prévoit la désignation de personnes déterminé par le Secrétaire de la Trésor, en consultation avec le Secrétaire d'Etat :

 

D'être un leader politique ou militaire d'un groupe armé étranger opérant en République démocratique du Congo qui entrave le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants;

 

D'être un leader politique ou militaire d'un groupe armé congolais qui entrave le désarmement, la démobilisation, le rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants;

 

D'être responsables ou complices, ou d'avoir eu, directement ou indirectement, de ce qui suit ou par rapport à la République démocratique du Congo:

 

·        actions ou des politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo;

 

·        actions ou des politiques qui minent les processus démocratiques ou les institutions de la République démocratique du Congo;

 

·     le ciblage des femmes, des enfants ou des civils par la commission d'actes de violence (y compris les meurtres, les mutilations, la torture ou le viol ou d'autres violences sexuelles), l'enlèvement, le déplacement forcé, ou les attaques contre les écoles, les hôpitaux, les sites religieux, ou endroits où des civils ont trouvé refuge, ou par une conduite qui constituerait un grave abus ou de violation des droits de l'homme ou une violation du droit international humanitaire;

 

·        l'utilisation ou le recrutement d'enfants par des groupes armés ou des forces armées dans le contexte du conflit dans la République démocratique du Congo;

 

·        l'obstruction de la livraison ou la distribution, ou l'accès à l'aide humanitaire;

 

·        les attaques contre les missions des Nations Unies, de présences internationales de sécurité, ou d'autres opérations de maintien de la paix; ou o le soutien aux personnes, y compris les groupes armés, impliqués dans des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République démocratique du Congo ou que saper les processus démocratiques ou des institutions de la République démocratique du Congo, à travers le commerce illicite des naturel ressources de la République démocratique du Congo;

 

Sauf ceux qui sont destinés pour le soutien autorisé des activités humanitaires ou l'utilisation autorisée par ou support de maintien de la paix des forces gouvernementales, internationales, ou, d'avoir directement ou indirectement fourni, vendu ou transféré à la République démocratique du Congo, ou ont-ils reçu en le territoire de la République démocratique du Congo de, armes et matériels connexes, y compris les aéronefs militaires et de l'équipement, ou des conseils, de la formation ou de l'aide, y compris le financement et l'aide financière, liée aux activités militaires;

 

D'être un leader de (i) une entité, y compris tout groupe armé, qui a, ou dont les membres ont, engagé dans aucune des activités décrites ci-dessus ou (ii) une entité dont la propriété et intérêts dans des biens sont bloqués en vertu de l'EO 13413;

 

Avoir considérablement aidé, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel, logistique ou techniquement, ou des biens ou services à l'appui de (i) l'une des activités décrites ci-dessus ou (ii) toute personne dont les biens et intérêts dans des biens sont bloqués conformément à l'EO 13413; ou

 

Etre détenue ou contrôlée par, ou pour avoir agi ou prétendu agir pour le compte de, directement ou indirectement, toute personne dont les biens et intérêts dans des biens sont bloqués en vertu de l'EO 13413.

 

J'ai délégué au secrétaire du Trésor, en consultation avec le Secrétaire d'Etat, le pouvoir de prendre de telles mesures, y compris la promulgation de règles et de règlements, et à employer tous les pouvoirs conférés au Président par IEEPA et la Loi sur la participation des Nations Unies qui peuvent être nécessaires à la réalisation des buts de l'ordre. Toutes les agences du gouvernement des États-Unis sont invitées à prendre toutes les mesures appropriées relevant de leur compétence pour appliquer les dispositions de l'ordonnance.

 

Je joins une copie du décret que j'ai publié.

BARACK OBAMA

 

www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/07/08/message-congress-regarding-democratic-republic-congo

 www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/07/08/message-congress-regarding-democratic-republic-congo

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