Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 12:55

La mort de la République et la nécessité d’un changement institutionnel en RD Congo.

Les récentes violences politiques en République Démocratique du Congo ont démontré, si besoin en était encore, que la République est bel et bien morte dans notre pays.

En effet, au lendemain de la mise à sac des sièges du PPRD et de l’UDPS, ainsi que de l‘incendie de la chaîne de télévision privée RLTV, les prises de position des différentes autorités du pays a  estomaqué plus d’un républicain.

En effet, dans le compte rendu du conseil des ministres tenu le mardi  06 Septembre, le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, le professeur Adolphe Lumanu,a fait preuve d’une partialité indigne d’un ministre de la République. On peut retenir ce qui suit, selon l’entendement du gouvernement de la République :

Ce sont des militants de l’UDPS, de retour de la Gombe où leur leader, Étienne Tshisekedi, venait de déposer sa candidature à la présidence de la République, qui ont saccagé  le siège interfédéral du parti présidentiel ;

Certainement en réaction à la mise à sac du siège interfédéral du PPRD, des « inciviques » sont allés saccager à leur tour le siège de l’UDPS, dans la nuit du 05 au 06 Septembre;

Ce sont des individus non  autrement identifiés qui ont incendié la chaîne de télévision RLTV.

 

De son côté, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, n’a pas pris des gants pour proférer des menaces à l’endroit des militants de l’opposition en ces termes : « s’ils croient qu’ils peuvent nous intimider, ils se trompent, car ils nous trouveront sur leur chemin ».

J’ai beau tourner et retourner ces deux déclarations, je n’ai vu nulle part les marques d’un propos républicain. Ce ne sont pas des hommes d’Etat qui s’exprimaient au lendemain d’événements malheureux, que toute bonne âme ne peut que condamner. Ce sont des hommes du parti présidentiel.

 

En décortiquant ces propos, on peut retenir que :

les auteurs du saccage du siège interfédéral du PPRD sont bel et bien identifiés, même sans enquête : ce sont des combattants de l’UDPS ;

quant à la mise à sac du siège de l’UDPS, c’est juré : personne ne peut savoir qui en est l’auteur. Et le vice-premier ministre n’a même pas pris la précaution d’annoncer la mise sur pied d’une commission d’enquête. En vaut-il la peine ? L’UDPS et l’opposition valent –elles seulement la peine qu’on s’occupe de leur cas ? C’est, à mon humble avis, ce que pense le gouvernement de ce pays ;

Quant à la RLTV, ce n’est même pas la peine de s’y attarder. La chaîne est incendiée, et c’est un bon débarras. Ainsi, on ne verra plus défiler les images des guignols à la congolaise, avec un Kabila assis par terre, regrettant son argent jeté par la fenêtre pour des stades que ses amis politiques ne sont même pas parvenus à remplir.

 

De la part du numéro deux du gouvernement, on peut se désoler que celui-ci fasse preuve d’une telle bassesse, lui, professeur des sciences politiques. De la part d’un autre farceur, on aurait compris .Mais là…

 

Prenons maintenant le cas de monsieur André Kimbuta.Le connaissant, on se serait naturellement attendu à pareils propos de sa part. Mais je suis perplexe. En effet, quelques jours seulement avant ces incidents, c’est un tout autre André Kimbuta qui s’est prêté aux questions de l’émission Sembo qu’anime une brochette de journalistes de différentes chaînes. Consensuel, le gouverneur a expliqué en long et large les efforts qu’il a fournis afin d’harmoniser les points de vue avec les partis politiques, afin d’avoir des manifestations publiques apaisées.

 

Le premier citoyen de la ville de Kinshasa a même forcé ma considération lorsqu’il a expliqué comment il a dû contourner la loi pour permettre à l’UDPS de manifester, en dépit du fait que la lettre  du parti d’Étienne Tshisekedi lui était parvenue hors délai. Du coup, je m’étais mis à rêver à une mutation de la part du pouvoir en place, même si je suis très loin d’être un naïf.

Le lundi 05 Septembre, c’est un tout autre André Kimbuta que j’ai entendu sur les antennes de RFI, lorsqu’il nia catégoriquement l’existence d’une bande d’interahamwe à la congolaise à la solde du PPRD. Et pourtant…

 

Et pourtant, les pomba,ces sportifs kinois, existent bel et bien. Mieux, ils ont  été recrutés par le PPRD, par le biais de sa Ligue des Jeunes. Je me souviens en effet que, vers la fin de la saison des pluies, la Ligue des Jeunes du PPRD av            avait convié  les sportifs, sous une pluie battante, à une marche qui était partie du rond-point Moulaert pour aboutir au Carrefour des Jeunes ou à la Place YMCA, si ma mémoire ne me trahit pas. A cette occasion, tous les ténors de l’Interfédérale  du PPRD Kinshasa étaient là. Et des discours avaient été prononcés. Clairement,le PPRD par le truchement de sa Ligue des Jeunes , informait les kinois de la constitution de cette bande de malfrats qui ont abandonné dans les vestiaires la noblesse des arts martiaux pour se vendre au parti au pouvoir, moyennant une poignée de dollars. L’engagement avait été pris afin que, désormais, plus personne ne s’amuse avec le parti  au pouvoir. Le PPRD s’était même félicité d’avoir recruté tous les sportifs de la ville.

 

Aujourd’hui, tous les cadres du PPRD, André Kumbuta en tête, nient piteusement. De quoi ont-ils peur ? Et pourquoi prendre peur dès lors que des preuves existent – je n’ai pas pu aller dans les archives pour savoir si ce document a pu être répertorié, mais si on cherche bien du côté de certaines chaînes de télévision, on pourra toujours retrouver ces images – des preuves existent donc que le PPRD a importé chez nous une tradition qui vient – comme par hasard - du  Rwanda des années 90 à savoir : une milice au service du parti au pouvoir, laquelle opère avec des armes blanches et des gourdins. On les a vus récemment contre les militants de l’UDPS.

 

En politique, quand on pose des actes, il faut savoir s’assumer. Et ce n’est pas en niant comme un garnement que André Kimbuta parviendra à effacer les traces des « pomba »recrutés par le PPRD, ces interahamwe  à la congolaise.

 

Au regard du développement de ce qui précède, il ressort clairement que les gouvernants actuels ont choisi de s’ériger en dirigeants d’une partie seulement de congolais. De ce fait, de quel droit reprocherait-on aux patriotes résistants de ne pas accepter le pouvoir en place ?

 

Depuis 2001, le régime de celui qui se présente sous le patronyme de Joseph Kabila a habitué le monde entier en général et les congolais en particulier, à la banalisation de la vie humaine et des valeurs de la République. Aussi, au regard des récents événements, nul ne saura plus reprocher aux congolais de faire usage de leur droit le plus élémentaire, à savoir le rejet pur et simple de ce régime.

 

Tant que l’on avait à faire aux GSSP, à la DEMIAP, à l’ANR ou aux Simbas, on pouvait encore espérer que le pouvoir en place était encore dans les limites de la légalité existante, même si ces structures, quoiqu’étatiques, sont au service exclusif des intérêts partisans, claniques sinon biologiques.

 

Le recours aux « pomba » constitue un pas de trop, la ligne rouge est franchie.  Ceux qui, naïvement, espéraient encore en un sursaut patriotique de la part de « Joseph Kabila » et de ses complices, sont désormais avertis : l’imposteur résolument son cap : la disparition pure et simple de toute voix discordante.

Le recours à une milice barbare et sauvage fonde, par conséquent, les congolais à exiger le départ immédiat, par tous les moyens – je souligne bien par tous les moyens – de ce monsieur qui n’a que trop fait couler le sang de nos compatriotes, sans oublier la spoliation des intérêts économiques vitaux du pays, bradés à des groupes maffieux internationaux qui tiennent à le voir rempiler pour pouvoir sucer le dernier carré minier dont recèle encore le sous-sol de notre pays . Au prix du sang de nos frères et sœurs.

Enfin, à  l‘adresse de ceux qui avaient choisi – très librement – de chercher à libérer le pays par des élections organisées par l’occupant, nous les appelons à se rendre à l’évidence et à s’abstenir de jeter l’anathème sur les patriotes résistants.

L’heure a sonné de voir Kabila partir, de gré ou de force .Et ce ne sont pas des mots en l’air.

Thomas MBEMBELE

Président du GRARC

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com