Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:03
LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE
 
 
'Angélique 1734', Guy Giard et Tania Faye, 2002
 
 Marie-Josèphe Angélique
 
 
 
'Angélique 1734', Guy Giard et Tania Faye, 2002
 
 Marie-Josèphe Angélique
 
LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE
Nancy De Graff
Coordonnatrice du Mois de l'histoire des Noirs 1997
 
Contraitement à la croyance populaire, la présence des Noirs au Québec et au Canada date du XVIIe siècle. Les notes historiques qui vont suivre tentent de faire connaître un peu mieux cette partie trop souvent négligée de notre histoire commune.
 
Le premier Noir à voir son nom inscrit dans les annales du Québec est le navigateur Mathieu Da Costa qui accompagnait Samuel de Champlain lors de son premier voyage. Quittant La Rochelle le 13 mai 1606 à bord du Jonas pour le Canada (Acadia), Mathieu Da Costa possédait une grande connaissance des langues autochtones laissant supposer qu'il avait déjà maintes fois foulé le sol canadien. Cette connaissance lui a permis de servir d'interprète auprès des Micmacs pour Samuel de Champlain. Éduqué et bâptisé, Da Costa est devenu membre du plus ancien membre du Canada, l'Ordre de la bonne humeur. Il a participé à la construction de Port-Royal où il meurt en 1607.
 
Mais l'histoire officielle de la présence noire au Québec débute en 1628, avec la vente par des capitaines anglais, d'un jeune esclave noir, Olivier Le Jeune. Cette transaction marque le début d'une époque peu glorieuse pour les Noirs au Québec; une histoire d'esclavage, d'oppression et de perte d'idendité. En mai 1689, le roi de France permet, pour la première fois, à ses sujets d'importer des esclaves noirs. L'esclavage ne devient quand même pas pratique courante en Nouvelle-France, il est cependant accepté comme faisant partie de l'ordre social.
 
Entre 1689 et 1834, on importe plus de 2000 Noirs, pour servir principalement de domestiques dans la région montréalaise. On compte à la même époque plusieurs Noirs affranchis qui ont obtenu leur liberté par manumission et qui cherchent à s'établir comme commerçants ou entrepreneurs. Plusieurs de ces Noirs affranchis sont des Loyalistes ayant traversé la frontière suite à la révolution américaine.
 
Pour en savoir plus, allez à http://www.geocities.com/BourbonStreet/5041/
 Marie-Josèphe Angélique
 Née à Madeira, Portugal vers1705, pendue à Montréal le 21 juin 1734
 
Angélique était une esclave d'un négociant de Montréal qui se nommait François Poulin de Francheville (François Poulin de Francheville qui fondera le 25 mars 1730 les Forges Saint-Maurice). Après avoir enfanté trois enfants, tous morts peu de temps après leurs naissance, et dont le père était un autre esclave du nom de César, elle tomba amoureuse d'un blanc, Claude Thibault. En 1734, Angélique apprend que sa maîtresse, Thérèse Découagne, devenue veuve de François Poulin, a décidé de la vendre. Elle pris alors la décision de s'enfuir. Elle mis supposément  le feu la nuit tombée à la maison de sa matrone sur la rue Saint-Paul à Montréal. Maison après maison brûle et une partie de l'Hôtel-Dieu, soit en tout 46 maisons qui furent la proie des flammes.
 
On la captura et le 11 avril 1734, on l'accusa d'avoir mis le feu à la moitié de la ville de Montréal. L'accusation s'appuyait sur le témoignage d'une enfant de cinq ans, la fille d'un marchand qui a voulu accoupler Angélique avec un autre esclave. En rendant le jugement, le juge aurait expliqué que le témoignage était un peu faible mais qu'il déclarait tout de même Marie-Joseph Angélique coupable. L'acte de condamnation se lisait tel ce qui suit :
 
 …à faire amende honorable nue en chemise, la corde au col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres au devant de la porte et entrée de l'Église parroissiale de la Ville de Montréal, ou Elle sera menée et conduite par l'Exécuteur de la Haute Justice dans un tombereau servant à enlever les immondices, ayant Écriteau devant et derrière avec le mot incendiaire, et la, nue tête et à genoux déclarer que méchamment Elle a mis le feu et causé ledit incendie dont Elle se repent et demande pardon à Dieu, au Roy et a la Justice, ce fait avoir le poing coupé sur un poteau qui sera planté au devant de la dite Église, après quoi sera menée par ledit Exécuteur dans le même tombereau à la place publique pour y être attaché à un poteau avec une chaine de fer et brulée vive, son corps réduit en cendres et celle-ci jetées au vent.  
APQ. Registre criminel, IV: 24-26; Procédures judiciaires, Matières criminelles, IV: feuille 237. - BRH, XXIV :275
 
Conduite à Québec, Marie-Josèphe Angélique en appela au Conseil Souverain qui adoucit sa peine : elle n'aura pas le poing coupé et son corps ne sera brûlé qu'après la mort. La coupable fut ramenée à Montréal où elle fut exécutée, selon l'ordonnance, le 21 juin 1734.  Le matin de son exécution elle fut soumise à la Question Ordinaire et Extraordinaire, torture appliquée aux comdamnés pour leur faire avouer leur culpabilité et dénoncé d'éventuels complices.(Voir description ci-dessous). Marie-Josèphe Angélique avoua son crime, mais seulement après quatre tentatives du tortionnaire, et elle persista à ne dénoncer aucun complice. Vers les trois heures elle fut mis dans la charrette à vidanges jusqu'à l'échafaud ou elle fut pendue et brulée.
 
Pour en savoir plus, allez à
et Marcel Trudel, L'esclavage au Canada Français, Les Presses Universitaires Laval, 1960
LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE
Nancy De Graff
Coordonnatrice du Mois de l'histoire des Noirs 1997
 
Contraitement à la croyance populaire, la présence des Noirs au Québec et au Canada date du XVIIe siècle. Les notes historiques qui vont suivre tentent de faire connaître un peu mieux cette partie trop souvent négligée de notre histoire commune.
 
Le premier Noir à voir son nom inscrit dans les annales du Québec est le navigateur Mathieu Da Costa qui accompagnait Samuel de Champlain lors de son premier voyage. Quittant La Rochelle le 13 mai 1606 à bord du Jonas pour le Canada (Acadia), Mathieu Da Costa possédait une grande connaissance des langues autochtones laissant supposer qu'il avait déjà maintes fois foulé le sol canadien. Cette connaissance lui a permis de servir d'interprète auprès des Micmacs pour Samuel de Champlain. Éduqué et bâptisé, Da Costa est devenu membre du plus ancien membre du Canada, l'Ordre de la bonne humeur. Il a participé à la construction de Port-Royal où il meurt en 1607.
 
Mais l'histoire officielle de la présence noire au Québec débute en 1628, avec la vente par des capitaines anglais, d'un jeune esclave noir, Olivier Le Jeune. Cette transaction marque le début d'une époque peu glorieuse pour les Noirs au Québec; une histoire d'esclavage, d'oppression et de perte d'idendité. En mai 1689, le roi de France permet, pour la première fois, à ses sujets d'importer des esclaves noirs. L'esclavage ne devient quand même pas pratique courante en Nouvelle-France, il est cependant accepté comme faisant partie de l'ordre social.
 
Entre 1689 et 1834, on importe plus de 2000 Noirs, pour servir principalement de domestiques dans la région montréalaise. On compte à la même époque plusieurs Noirs affranchis qui ont obtenu leur liberté par manumission et qui cherchent à s'établir comme commerçants ou entrepreneurs. Plusieurs de ces Noirs affranchis sont des Loyalistes ayant traversé la frontière suite à la révolution américaine.
 
Pour en savoir plus, allez à http://www.geocities.com/BourbonStreet/5041/
 Marie-Josèphe Angélique 
 Née à Madeira, Portugal vers1705, pendue à Montréal le 21 juin 1734
 
Angélique était une esclave d'un négociant de Montréal qui se nommait François Poulin de Francheville (François Poulin de Francheville qui fondera le 25 mars 1730 les Forges Saint-Maurice). Après avoir enfanté trois enfants, tous morts peu de temps après leurs naissance, et dont le père était un autre esclave du nom de César, elle tomba amoureuse d'un blanc, Claude Thibault. En 1734, Angélique apprend que sa maîtresse, Thérèse Découagne, devenue veuve de François Poulin, a décidé de la vendre. Elle pris alors la décision de s'enfuir. Elle mis supposément  le feu la nuit tombée à la maison de sa matrone sur la rue Saint-Paul à Montréal. Maison après maison brûle et une partie de l'Hôtel-Dieu, soit en tout 46 maisons qui furent la proie des flammes.
 
On la captura et le 11 avril 1734, on l'accusa d'avoir mis le feu à la moitié de la ville de Montréal. L'accusation s'appuyait sur le témoignage d'une enfant de cinq ans, la fille d'un marchand qui a voulu accoupler Angélique avec un autre esclave. En rendant le jugement, le juge aurait expliqué que le témoignage était un peu faible mais qu'il déclarait tout de même Marie-Joseph Angélique coupable. L'acte de condamnation se lisait tel ce qui suit :
 
 …à faire amende honorable nue en chemise, la corde au col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres au devant de la porte et entrée de l'Église parroissiale de la Ville de Montréal, ou Elle sera menée et conduite par l'Exécuteur de la Haute Justice dans un tombereau servant à enlever les immondices, ayant Écriteau devant et derrière avec le mot incendiaire, et la, nue tête et à genoux déclarer que méchamment Elle a mis le feu et causé ledit incendie dont Elle se repent et demande pardon à Dieu, au Roy et a la Justice, ce fait avoir le poing coupé sur un poteau qui sera planté au devant de la dite Église, après quoi sera menée par ledit Exécuteur dans le même tombereau à la place publique pour y être attaché à un poteau avec une chaine de fer et brulée vive, son corps réduit en cendres et celle-ci jetées au vent.  
APQ. Registre criminel, IV: 24-26; Procédures judiciaires, Matières criminelles, IV: feuille 237. - BRH, XXIV :275
 
Conduite à Québec, Marie-Josèphe Angélique en appela au Conseil Souverain qui adoucit sa peine : elle n'aura pas le poing coupé et son corps ne sera brûlé qu'après la mort. La coupable fut ramenée à Montréal où elle fut exécutée, selon l'ordonnance, le 21 juin 1734.  Le matin de son exécution elle fut soumise à la Question Ordinaire et Extraordinaire, torture appliquée aux comdamnés pour leur faire avouer leur culpabilité et dénoncé d'éventuels complices.(Voir description ci-dessous). Marie-Josèphe Angélique avoua son crime, mais seulement après quatre tentatives du tortionnaire, et elle persista à ne dénoncer aucun complice. Vers les trois heures elle fut mis dans la charrette à vidanges jusqu'à l'échafaud ou elle fut pendue et brulée.
 
Pour en savoir plus, allez à
et Marcel Trudel, L'esclavage au Canada Français, Les Presses Universitaires Laval, 1960

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com