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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:41

La candidature unique de l’opposition : Une équation impossible pour les Congolais

 
 
Mwamba Tshibangu.

 

Ceux qui s’attendaient à un miracle pour la désignation d’un candidat unique ou commun de l’opposition doivent déchanter. Celui-ci n’a pas eu lieu. Il était difficile sinon téméraire de s’imaginer, dans le contexte de la politique congolaise, qu’il y ait eu une candidature unique ou commun de l’opposition. La CENI n’a pas encore terminé le décompte pour savoir le nombre total de candidatures qui émanera de l’opposition. Ce qui est certain, nous en comptons déjà plus d’une seule. C’est le contraire qui aurait pu étonner pour plusieurs raisons.

En fait, l’expérience et le vécu du peuple congolais auraient pu dissuader les plus optimistes qui espéraient vivement voir aboutir, dans les rangs de l’opposition, un consensus autour d’un candidat commun et unique pour tous. Non que la question ne soit pas hautement stratégique. Loin de là. Mais tout simplement parce que la solution envisageable allait à l’encontre de l’éthique courante et des façons de faire ou d’agir d’une certaine classe politique. 

Pour s’en convaincre, quelles chances réelles avaient d’autres candidats lors des dernières élections de 2006 où tout était mis en place pour faire triompher Kabila ? Et pourtant, cela n’a pu dissuader certains candidats au point d’en compter au premier tour plus d’une trentaine officiellement enregistrés. En soulignant ce fait, il n’est point question d’inhiber les ambitions, certes légitimes, pour quiconque de tenter sa chance pour un poste prestigieux et de haute responsabilité morale et politique. Le noeud du problème se trouverait au niveau de la conscience personnelle et de la discipline de groupe à observer dans certaines circonstances. Si certains d’entre eux comprennent les enjeux actuels et ont amplement conscience de l’état dans lequel se trouve le pays, d’autres, imbus par le culte de l’individualisme à outrance et poussés, pourquoi pas par des agendas obscurs, n’ont pas hésité un seul instant à jouer leurs cartes personnelles au détriment d’une initiative commune qui est par ailleurs louable. Pour eux, le sens de la responsabilité commune à assumer et de l’intérêt majeur de la nation à préserver semble la moindre des soucis. 

L’équation se complique davantage dès lors que l’on ne sait pas tracer avec exactitude la frontière entre opposants ou encore entre partis d’opposition. Il y a, on doit l’admettre, un certain amalgame. Cette difficulté ou confusion fait de sorte qu’il soit difficile de se mettre d’accord sur les procédures car, l’élaboration d’un programme de gouvernance ne pose en réalité pas grand problème. Il est plus question de vision et de la façon de s’y prendre. Il est vrai que face aux enjeux actuels l’opposition dans sa diversité a intérêt à se fédérer dans la mesure du possible contre l’ennemi commun qui est en ce moment le régime autocratique et sanguinaire de Kabila. 

Comme on vient de s’en apercevoir, cela n’a pas été possible. D’autant plus que l’on ne pouvait s’attendre des gens habitués à faire de la politique non pas en tant que service à rendre à la collectivité mais plutôt comme une opportunité personnelle et solennelle d’engranger de l’argent par tous les moyens de renoncer subitement comme par une baguette magique à l’appât au moment le plus propice où ils pourraient en tirer de grosses dividendes.

À ce point, l’on pourrait se questionner si l’alibi d’un plan commun de l’opposition ne serait-il pas le prétexte savamment monté pour ne pas cheminer avec les autres ? On aurait souhaité qu’en situation particulière l’on puisse adopter une thérapie de choc en mettant de côté les questions de procédures, toujours importantes mais pas nécessairement utiles en toutes circonstances. L’exemple en était donné à Bruxelles en 1960 où tous les dirigeants des partis politiques exigèrent de façon unanime la libération de Lumumba pour participer aux assises de la table ronde.

À l’allure où vont les choses, il ne faudra pas que les suspicions des gens se renforcent en croyant que toutes les tergiversations n’étaient qu’une grosse distraction pour véhiculer enfin de compte l’idée selon laquelle la division de l’opposition constituerait une défaite assurée pour d’autres candidats à l’avantage de Kabila. Qui ignore encore que le président sortant, dans l’état actuel des choses, ne pourrait aucunement remporter les élections si elles sont organisées de manière juste et démocratique ?

Ces élections sont cruciales pour la libération du pays de la part du pouvoir prédateur, sanguinaire et dictatorial. On mesurera le patriotisme des politiciens congolais, en dépit de leur divergence idéologique, sur l’adhésion à la volonté populaire qui est celle de changer les dirigeants en place. Tout dirigeant qui entraverait cette démarche, quelles que soient ses raisons, se mettra tout le peuple congolais derrière son dos. Dans la logique des élections actuelles au pays, la candidature unique de l’opposition était manifestement une équation impossible. Nous devons aller au-delà de ce vœux pieux pour viser l’essentiel, c’est-à-dire, l’élection de la personne qui a été désignée par une grande partie des partis de l’opposition comme étant leur candidat commun. Il appartient au peuple congolais d’exercer librement son choix entre les dirigeants qui sont au pouvoir, avec tous les méfaits qu’ils ont commis et les autres qui voudraient construire et apporter la paix véritable et promouvoir le développement intégral du Congo.

Mwamba Tshibangu
© Congoindépendant 2003-2011

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