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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:59
L’occupation du  Congo de Lumumba risque de durer ! 
 JPMbelu3
« On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industries. » Anatole France
 
Si nous refusons de lire ce qui est écrit sur la RDC et l’Afrique centrale, nous risquons de ne pas être mieux armer pour travailler aux pensées alternatives et internationaliser notre lutte. Il est toujours intéressant de lire les interviews que donne Paul Kagame. Coincé sur les questions concernant le Congo de Lumumba, il lui arrive de cracher « certaines vérités » auxquelles plusieurs d’entre nous refusent de faire attention. Quand Kagame reconnaît lui-même qu’il y a des militaires de son armée dans le M23 et que le gouvernement de Kinshasa finance ses « pourparlers » avec ces mêmes mercenaires tout en organisant « les conneries nationales », il faut être un bodet pour ne pas comprendre la supercherie. Mais, « oyo ezali lisusu tango ya kolelalela te ! »
 
Pendant qu’un groupe de Congolais(es) se laisse distraire par « le cheval de Troie » de Paul Kagame les ayant convoqués  pour « des conneries nationales »,   « le fou  de Kigali » affirme à un journaliste de New York Time, Jeffrey Gettleman, qu’il y a des  militaires de son armée au sein du M23[1]. Et un autre journaliste nous aide à comprendre qu’il y a des jeunes rwandais formés  pour rejoindre le M23[2] sur  le front congolais où il se fait passer pour une rébellion congolaise. C’est vrai : « Oyo ezali lisusu tango ya kolelalela te, a dit Alain Moloto. N’empêche que notre vigilance soit maintenue au niveau maximal. Il y a fort à parier que « les conneries nationales » de Kinshasa obéissant à la stratégie du « fou de Kigali »  finissent par déverser dans l’armée congolaises et dans les autres institutions du pays tous ces mercenaires rwandais formés pour déstructurer et déstabiliser la RDC afin que le vol des matières premières  de son sol et de son sous-sol puisse se perpétuer et que les massacres des Congolais(es) soient une aubaine pour les Rwandais désireux d’occuper les villages dépeuplés du pays de Patrice Lumumba.
Attention ! Le piège ici serait de mettre tous les Rwandais dans un même sac et de cultiver une haine étourdissante à leur endroit. Oui. C’est le piège. Il se referme  sur certains combattants de  la liberté  Congolais  et  limite leur capacité de lutter pour le panafricanisme des peuples de l’Afrique centrale. Ce piège participe des stratégies du réseau national, africain et transnational entretenant la guerre de prédation en RDC et lui permet de tirer son épingle du jeu : opposer les peuples de l’Afrique centrale les uns contre les autres, entretenir les divisions, la violence et les guerres pour convaincre les uns et les autres que la guerre pour l’accès aux matières premières stratégiques est une guerre interethnique.
Attention ! Le piège n’est pas facile à repérer. Il est subtil. Le réseau mafieux et  transnational de prédation opérant au sein des gouvernements de différents pays du monde, en RDc, au Rwanda et en Ouganda instrumentalise  les institutions de ces pays pour atteindre ses objectifs : piller les matières premières et entretenir la haine et l’inimité entre les peuples voisins. Il obéit à ce principe simple : diviser pour régner. Souvent, les masses instrumentalisées ne sont pas toujours conscientes de la subtilité de ce  piège. Le manque de formation, d’information, la désinformation, l’ignorance et les guerres psychologiques prolongées déstructurent les cœurs et les esprits. Ceux-ci deviennent des proies faciles  pour une manipulation orchestrée par ledit réseau. Les plus faibles l’intègrent. Certains résistants le défient et acceptent le sacrifice suprême. D’autres prennent le chemin de l’exil ou du maquis à l’intérieur même des pays cités.
Insistons. Le piège est subtil. Ceux et celles qui y tombent versent dans la haine étourdissante et  dans les généralisations abusives ayant pour fin de creuser les divisions entre les peuples et les communautés. Ils  n’arrivent pas à comprendre qu’une guerre menée en réseaux n’est pas une guerre classique ; qu’il n’y pas par exemple une guerre classique entre le Rwanda et la RDC. Mais une guerre de prédation entretenue par un réseau ougando-rwando-congolo-transnational dont les acteurs se retrouvent aussi bien en Ouganda, au Rwanda, en RDC et dans plusieurs pays occidentaux. La nature non-classique de cette guerre désoriente, désaxe, déboussole. Sa fausse identification à une guerre classique freine, dans les esprits non-avertis ou mal avertis, la création d’un contre-pouvoir panafricain et international. Les ougandais sont tous identifiés à Museveni, les Rwandais à Kagame, les Congolais  au « Räis » et à sa « Kabilie », les Belges à  Louis Michel, les anglo-saxons à Clinton et à Blair, les Allemands à Albers, etc. Les opposants  à Museveni sont ignorés ; les Rudasingwa, les Victoire Ingabire, les Karegeya, les Kaymba et les Paul Rusasebagina[3], etc. ne sont pas reconnus dans les efforts qu’ils déploient  pour mettre à nu les pratiques diaboliques de Paul Kagame au Rwanda. En RDC, tous les Congolais(es), à quelques exceptions près, sont des BMV. La haine étourdissante pipe les dés et  crée une atmosphère de méfiance généralisée handicapant la contre-offensive africaine et internationale dans la lutte contre le réseau transnational de prédation en RDC et en Afrique centrale.
Dans l’entre-temps, ce réseau poursuit sa sale besogne : Kagame envoie les jeunes rwandais en formation militaire et pousse certains à rejoindre le M23 sur le front de Goma. Le réseau congolais finance les « pourparlers » avec ces mercenaires rwandais  et s’arrange pour corrompre les plus naïfs d’entre les Congolais(es) en les convoquant  aux « conneries nationales » et en leur distribuant « le per diem » ; c’est-à-dire des miettes sur les sommes colossales d’argent qu’il a amassé es depuis « la libération du 17 mai 1997 ». Et l’unique alternative qui resterait à une certaine classe politique congolaise serait « les élections  démocratiques » de 2016. Cette classe politique n’apprendrait rien à partir de toutes ces interviews  de Kagame, de son accompagnement de ses mercenaires du M23 et de la neutralisation de l’armée, de la police et des autres institutions par ses « chevaux de Troie » !.(Les Kinois ont eu peur en voyant le déploiement de la police armée jusqu’aux dents occupée les endroits stratégiques de la ville le lundi et se déployait autour du palais dit du peuple où se déroulement « les conneries nationales le lundi 09/09/2013 !) Certains, briguant la présidence de 2016, proposent que ces mercenaires sont respectés comme partenaires au cours d’un « véritable dialogue entre Congolais(es) ».
C’est vrai : « Oyo ezali lisusu tango ya kolelalela te, nous conseille Alain Moloto ».
N’empêche que certains d’entre nous poursuivent leur mission de « sentinelles » du Congo de Lumumba. Découvrir que les jeunes rwandais sont formés pour être envoyés au front  en RDC est un signal d’alarme : l’occupation du pays de Lumumba serait destinée à durer. Demain, le réseau de Kinshasa risque de financer les négociations avec le M24.
Que faire ? Travailler collectivement au respect de  la souveraineté de la RDC et à la mise sur pied des « lieux du savoir » capables de déjouer ce perpétuel complot.
A notre avis, collectivement veut dire avec tous les compatriotes de l’Afrique Centrale ayant vaincu dans leurs cœurs  et leurs esprits le mensonge, la peur et  la haine étourdissante et disposés à travailler à la renaissance de la culture de la rencontre et de la paix. Collectivement veut aussi dire une internationalisation quotidienne de la lutte de ces compatriotes à travers l’identification des partenaires respectueux de l’autodétermination des peuples ou du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et du respect  du droit international. Organiser un véritable réseau de contre-pouvoir (local, national, africain et international) reste pour nous un ouvrage à remettre perpétuellement sur le métier. Les intérêts du réseau transnational sont colossaux. Les rendre raisonnables exige la naissance d’un contre-réseau international « convivialiste ». (Ce ne sont que des propositions à critiquer ou enrichir.)
 
Mbelu Babanya Kabudi


[1] Le journal New York Times a publié mercredi 4 septembre 2013, sous la plume de  Jeffrey Gettleman, un article : The Global Elite’s Favorite Strongman (L’homme Fort, le Favori de l’Elite Mondiale)

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