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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:38

Kinshasa toujours sous pression à Kampala

 

 

L’ONU, l’UE, l’UA, la SADC et les USA exigent une « prime » pour le M23.

 

Plus les jours passent, et davantage se confirme le constat selon lequel le dossier sécuritaire du Nord-Kivu est loin d’avoir livré tous ses secrets. Car, en dépit de la déroute militaire du M23 face aux FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et de la reddition décrétée par son chef politique, Bertrand Bisimwa, rien ne semble réglé.

 

Pendant que les Congolais se posent des questions sur le grand flou qui enveloppe la phase d’atterrissage des négociations de Kampala, un nouvel éclairage vient de leur être apporté par les envoyés spéciaux des Nations Unies de l‘Union Européenne, de l’Union Africaine, de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) et des Etats-Unis d’Amérique.

 

En effet, dans un communiqué conjoint qu’ils ont livré lundi 04 novembre 2013 à la presse, ils ne cachent par l’exigence de la communauté internationale de voir le gouvernement congolais signer avec le M23 un accord qui devrait garantir son désarmement et sa démobilisation. Il y a lieu d’avouer qu’il s’agit là d’une situation qui trouble de nombreux compatriotes, qui ne saisissent pas très bien le sens d’une  requête qui a tout l’air d’une prime spéciale à accorder aux nombres de ce mouvement rebelle.

 

N’est-ce pas - là une option en contradiction avec celle des autorités congolaises, qui ne cessent d’en appeler au désarmement volontaire et sans conditions des résidus des mutins du M23?

RAPPORT DU MISSON ACCOMPLIE A KAMPALA-copie-2

Quelle est la motivation d’un accord politique entre une partie qui a gagné la guerre et des hors-la-loi qui ont passé dix-neuf à tuer, violer, piller sans le moindre état d’âme ? L’on ne cessera jamais de s’interroger sur la perception que la communauté internationale se fait de ce mouvement rebelle. S’agit-il encore de la « force négative » dénoncée dans plusieurs rapports des panels d’experts des Nations Unies, des Ong nationales et internationales des droits de l’homme et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ou d’une partie prenante impossible à contourner dans la recherche des voies et moyens pour pacifier et stabiliser l’Est du Congo ? Que signifie ce retour à Un schéma qui rappelle Sun City, encore que là le gouvernement de Kinshasa et les rébellions avaient fait « match nul » sur le terrain militaire’?

 

Après la guerre... le partage du pouvoir?

 

A force de rappeler au pouvoir en place à Kinshasa que la solution militaire ne peut pas apporter une paix durable au Nord-Kivu et dans les Grands Lacs, la leçon à tirer des pressions internationales est que le M23 ne doit pas disparaître totalement. L’on en déduit que la communauté internationale voudrait, même si cela n’est pas clairement exprimé, que les dirigeants politiques comme militaires de cette rébellion survivent à leur défaite militaire. 

 

Cela sonne comme un avertissement en direction des hommes au pouvoir à Kinshasa, de qui l’on attend vraisemblablement l’aménagement des opportunités de réinsertion politique et sociale en faveur des membres du M23.

Cela pousse à croire que les négociations de Kampala pourraient avoir pour terrain d’atterrissage l’octroi à Sultani Makenga et consorts des quotas dé représentation dans certaines institutions nationales et provinciales, l’armée, la police, les services de sécurité, l’administration publique, les entreprises du Portefeuille, la diplomatie. Comme cela se chuchote dans plusieurs cercles politiques. Kampala pourrait accoucher d’un schéma surprenant de partage du pouvoir entre le gouvernement congolais et sa rébellion conformément à la volonté de la communauté internationale.

 

Finalement, les victoires militaires des FARDC sur le M23 à Kibumba, Rutshuru, Kiwanja. Rumangabo et Bunagana risquent de laisser aux populations martyres du Nord-Kivu un arrière-goût fort amer. Car, obliger le gouvernement congolais à exhumer une rébellion militairement anéantie n’est rien moins que consacrer l’impunité des « forces négatives », internes et externes, qui écument le Nord et l’Est de la RDCongo.

Kimp 

 

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Published by kongolibre.over-blog.com