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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 12:01

Joseph Kabila sera jugé aux actes!

Kanambe8

La Tempête des tropiques, Jeudi, 24 Octobre 2013 

Lors du Congrès tenu hier au Palais du peuple, en présence du président Denis Sassou Nguesso, l'initiateur des Concertations nationales s'est adressé pendant une heure et cinq minutes aux deux chambres du Parlement, annonçant entre autres la formation imminente d'un gouvernement de " cohésion nationale "

I
l est mercredi 23 octobre 2013, 11h8 minutes. Joseph Kabila et Denis Sassou Nguesso, respectivement Président de la République démocratique du Congo et Président du Congo-Brazzaville, effectuent leur entrée dans la salle des Congrès du Palais peuple. Il est question pour Kabila Kabange de répondre, 18 jours après la clôture des travaux de Concertations nationales, aux recommandations de ces assises, devant les deux chambres du Parlement réunies en une séance commune.

 

11h18 minutes, Kabila prend la parole. Objectif, répondre aux 679 préoccupations des délégués aux concertations. Cela n'est pas possible en une séance. D'où, embrasser de manière globale l'ensemble des résolutions, en épinglant quelques particularités sensibles.

 

Pendant 1h5 minutes, Joseph Kabila a parlé des maux qui rongent la République démocratique du Congo depuis toujours.

 

Conflits armés à l'Est du pays, officiers militaires affairistes et ceux soupçonnés de détournement de soldes militaires, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, lutte contre les violences sexuelles, criminalité urbaine qui est une nouvelle forme de banditisme à Kinshasa (Kuluna), poursuite du cycle électoral, respect de la parité, recensement des Congolais, installation de nouvelles provinces, recadrage du système économique, corruption, détournement de deniers publics… sont parmi les points qui ont constitué les réponses de Joseph Kabila aux attentes des délégués aux Concertations.

 

L'opinion nationale qui a suivi avec attention ce rendez-vous du Congrès reporté à plusieurs reprises, n'a trouvé rien de nouveau dans ce discours. Car, tous ces problèmes rongent la République démocratique du Congo depuis toujours. Joseph Kabila qui a déjà 12 ans de règne à la tête de la RD Congo, le sait pertinemment bien. Pourquoi a-t-il attendu 12 ans pour en faire son cheval de bataille et changer la vie des Congolais ? Ceci pousse bien d'observateurs à soutenir qu'il s'agit là d'un " réveil tardif " qui reste à concrétiser par les actes. Surtout qu'il ne lui reste que trois ans au pouvoir, selon l'esprit et la lettre de la Constitution en vigueur et de la loi électorale.

 

La presse a eu, à plusieurs reprises, à dénoncer tous ces dysfonctionnements depuis 2001, comme à l'époque du maréchal Mobutu et de Laurent-Désiré Kabila.

 

Mais rien n'a été fait dans le sens des poursuites judiciaires. Sous Joseph Kabila, quelques députés de l'Assemblée nationale, plus particulièrement de l'Opposition politiques, ont plus d'une fois tiré la sonnette d'alarme contre des cas graves de détournement, malheureusement, les détourneurs ont toujours été protégés par les députés du pouvoir.

 

Les cas du paiement d'une facture de 32 millions de la Snel à la RDC est encore éloquent. Des cas de tricherie lors des élections de 2006 et de 2011 sont restés impunis jusqu'à ce jour, alors que la quasi-totalité des tricheurs ont été démasqués par la population.

Promesses et matérialisations


D'entrée de jeu, l'orateur a signalé que l'objectif de sa présence était d'indiquer au peuple congolais et aux institutions la marche à suivre pour l'amélioration du vécu quotidien et la matérialisation des recommandations issues des Concertations. " Nous sommes appelés à un changement profond ", a-t-il dit, promettant que " demain sera différent d'aujourd'hui ". Mais entre une promesse faite et sa réalisation, beaucoup d'enjeux entrent en compte. On ignore dès lors si ce chapelet de bonnes intentions sera matérialisé.

 

Un comité national de suivi

 

Joseph Kabila a promis de mettre en œuvre un comité national de suivi des recommandations sorties des Concertations. Ce, dans le souci de répondre une par une à toutes les 679 exigences. Une équipe réduite représentative des 5 thématiques dirigera ce comité.

Réforme du secteur sécuritaire

 

La réforme du secteur sécuritaire demeure la priorité des priorités, à en croire l'initiateur des Concertations. Ce secteur doit être conforme aux standards internationaux.

 

Il a promis une enquête en charge des officiers militaires des Fardc et de la Police nationale soupçonnés de détournement des soldes militaires, vente d'armes au front… Il entend également mettre un terme à tout affairisme dans l'armée et la police. " Quand un officier a pour maitres le drapeau et l'argent, le premier en pâtit au profit de l'autre.

 

Kabila a annoncé aussi que les crimes de guerre, crimes contre l'humanité, violences sexuelles, recrutements d'enfants soldats, ne resteront plus impunis en RD Congo. " La RDC ne sera plus une terre hospitalière pour les auteurs de ces crimes odieux ", rassure-t-il.

De la liberté conditionnelle et grâce présidentielle

 

Joseph Kabila dit avoir signé, hier mercredi 23 octobre 2013, dans la matinée, une ordonnance portant mesure de grâce au profit des prisonniers politiques. Une fois procédé à la liberté provisoire des prisonniers politiques, garantit-il, " il sera question par la suite des prisonniers militaires ". De même, la RDC n'attend plus que la loi sur l'amnistie pour parachever ce processus. Ce, dans le souci de la paix et de la réconciliation nationale. Concernant la criminalité urbaine, il a instruit la Police nationale congolaise et la justice de s'activer pour y mettre définitivement un terme. Car ce banditisme crée la psychose dans la population.

Des élections

 

L'orateur a demandé à la CENI de faire diligence pour présenter, le plus vite possible, au Parlement, le calendrier électoral, et poursuivre le cycle électoral débuté en 2011, avec les sénatoriales, les provinciales et les locales. Mais il a suggéré que les provinciales soient en mode de suffrage universel indirect, en vue de minimiser les coûts.

Aux partis politiques, il a exigé d'inscrire, sur chaque liste des candidats, au moins 30% des femmes, question de respecter la parité, telle que consacrer dans la constitution. Et pour crédibiliser davantage les élections à venir, il faudra procéder préalablement au recensement et à l'identification des Congolais en leur délivrant de nouvelles cartes d'identité.

De la réforme institutionnelle

 

Comme la rumeur circulait déjà avant et pendant les travaux des Concertations nationales, Kabila a promis la mise en place, très bientôt, un gouvernement de " cohésion nationale ", dans le cadre de la politique d'ouverture.

 

Ce gouvernement comprendra aussi bien les membres de la Majorité présidentielle, de l'Opposition que de la Société civile. Sa mission sera de rétablir la paix et l'autorité de l'Etat, consolider la cohésion nationale, améliorer les conditions sociales des populations et organiser les prochaines élections.

De l'Economie

 

Kabila envisage d'accorder une place de choix à la promotion des Congolais en vue de l'émergence d'une classe moyenne. Il engage un défi contre le caractère extraverti de l'économie congolaise, l'inadéquation entre la stabilité du cadre macro-économique et le vécu quotidien du peuple congolais, la difficulté d'accès aux crédits, la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics…

 

" J'engage le gouvernement de cohésion nationale à mieux les exploiter afin d'enrichir, d'ici la fin de l'année, le programme économique en cours. Car, notre économie ne pourra atteindre sa vitesse de croisière dans la corruption ", a-t-il dit.

 

Pour bien combattre les criminels économiques, Kabila nomme bientôt un conseiller spécial en la matière. Son travail sera de faire, au quotidien, le travail de monitoring de tous les cas de corruption ou analogue qu'il faudra répertorier, malversations financières et enrichissement illicite. " Pour changer la République démocratique du Congo, nous devons d'abord nous-mêmes changer, changer dans notre manière de gérer l'Etat et de vivre la démocratie.

COMMUNIQUE DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE

PAS DE COHESION NATIONALE SANS LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES:

KABILA DOIT RESPECTER LES ENGAGEMENTS CONTENUS DANS SON DISCOURS A LA NATION PRONONCELE 23/10/2013

Le château de cartes des Concertations Nationales risque de s’écrouler sous le poids des incohérences de la démarche politique de Joseph Kabila. En effet, la cohésion nationale n’est pas un simple slogan publicitaire qui s’affiche sur des publicités étalées aux carrefours de Kinshasa mais plutôt une obligation programmatique publiquement assumée qui doit se manifester, en premier lieu, par la libération des prisonniers politiques.

La Démocratie Chrétienne a pris connaissance du discours tenu par Joseph Kabila devant le Senat et l’Assemblée réunis en Congrès.

 

Dans ce discours, l’orateur du jour a souligné, à plusieurs reprises, sa volonté de respecter toutes les résolutions des Concertations Nationales parrainées, d’ailleurs, par sa personne et placées sous la houlette de la Cohésion et Réconciliation Nationale.

En particulier, il sied de souligner que M. Kabila a dit formellement, dans son discours à la Nation, qu’il allait donner instruction aux institutions de la République afin que les résolutions relatives à la Réconciliation Nationale puissent être appliquées dans le meilleur délai.

 

Dans cette optique, il a annoncé la signature d’une ordonnance de grâce qui, selon son déclaration publique, aurait dû s’inscrire dans la droite ligne de la réconciliation nationale.

 

La Réconciliation nationale devait se matérialiser, entre autre, par l’adoption de mesures de grâce, d’amnistie ou libération conditionnelle des personnes cités dans le rapport de la commission chargée de la thématique de la Gouvernance, Démocratie et réformes Institutionnelles.

 

Quel a été notre étonnement et la surprise des congolais épris de paix et de justice en constatant que l’Ordonnance portant mesure de Grace et publiée notamment le 23/10/2013, vers minuit, ne concernait pas les prisonniers politiques, les fausses accusation portées contre ceux-ci n’étant pas comprises dans le champs d’application de ladite mesure. Elle se limite, en effet, à un simple démarche de décongestion des prisons qui concerne des détenus de droit commun.

 

Face à cette contradiction inexplicable entre les engagements pris au cours de son discours à la Nation et la première mesure d’application des résolutions des Concertations Nationales, la Démocratie Chrétienne tient à souligner qu’ après la déclaration formelle de sa volonté de donner une suite favorable à toutes les résolutions des concertations nationales, Joseph Kabila commettrai une grave erreur d’appréciation en esquivant expressément la résolution des Concertations Nationales demandant la libération des prisonniers politiques qui sont nommément cités dans le rapport de la commission ad hoc.

 

En effet, la question de la libération des prisonniers politiques représente le « thermomètre » qui mesure la volonté réelle de Joseph Kabila de donner effectivement une nouvelle impulsion à sa gouvernance défaillante. D’autant plus que ne respectant pas son engagement de libérer les prisonniers politiques, M. Kabila jetterait le doute dans l’esprit de la majorité des congolais et des observateurs étrangers en ce qui concerne sa réelle volonté de rechercher la cohésion nationale en RDC.

 

Les conséquences du non-respect du principe politique résumé par l’expression latine « pacta sunt servanda »sur lequel se base la cohérence de la démarche de l’état, emporterait avec lui le « Château de cartes » de toutes les autres résolutions des concertations nationales qui se résumerait, dans l’imaginaire du peuple congolais, à un catalogue de bonnes intentions, sans impact réel dans la vie des citoyens congolais et surtout, qui sont destinées à rester inappliquées à cause de leur caractère « cosmétique ».

Voilà pourquoi la Démocratie Chrétienne invite Joseph Kabila à respecter son engagement pris solennellement devant le peuple congolais de donner stricte application à toutes les résolutions des concertations nationales dont la plus sensible demeure celle prévoyant la libération immédiate des prisonniers politiques.

Dans le cas contraire, la Démocratie Chrétienne appellera le peuple congolais à témoin afin qu’il ne donne aucun crédit au catalogue de bonnes intentions sur lequel se fonde la prétendue cohésion nationale kabiliste, laquelle semble se limiter à l’affichage de panneaux publicitaires sur certaines avenues publiques, alors qu’elle doit nécessairement se concrétiser par la décrispation politique et le respect de la parole donnée.

La Démocratie Chrétienne tient aussi à souligner que la démarche visant à mettre en place un gouvernement dit de« cohésion nationale » (alors que un opposant du calibre du président Eugène Diomi Ndongala sont maintenus en détention et privé de soins médicaux et soumis à des tortures depuis plusieurs mois) apparait comme un« leurre » dans le désert d’un panorama politique toujours fracturé.

Cette fracture politique, toujours présente, semble orienter les ténors de la majorité vers le simple « débouchage politique » de certains représentants de l’opposition plutôt que concrétiser une véritable politique d’ouverture.

 

En effet, il sied de rappeler que la loi sur l’opposition politique souligne que tout représentant de l’opposition perd son statut d’opposant en siégeant dans l’exécutif, tant au niveau central que provincial. Voilà pourquoi la Démocratie Chrétienne demande la mise en place d’une politique de réconciliation nationale plutôt que la mise en place d’un gouvernement prétendument de cohésion nationale, et cela à cause du manque de crédibilité d’une démarche qui continue à ignorer la fracture politique post-électorale en RDC.

 

De plus, le comité directoire de la DC tient à exprimer son inquiétude par rapport à la volonté exprimée par Joseph Kabila, d’introduire le scrutin indirect pour l’élection des députés provinciaux aux prochaines élections provinciales.

 

En effet, cette proposition demande une révision constitutionnelle inopportune, d’autant plus qu’elle serait en contradiction avec la volonté de donner application – avec années de retard – aux dispositions constitutionnelles prévoyant la Décentralisation Administrative.

 

En effet, nous estimons qu’on ne peut pas échapper à la contradiction d’une démarche qui voudrait anéantir la démocratie participative au niveau des provinces en optant pour l’adoption d’un scrutin indirectdépendant politiquement et administrativement du pouvoir central et,au même temps, affirmer de viser la promotion de la Décentralisation administrative :

On ne peut pas vouloir une chose et son contraire.

Le Centralisme Administratif étant à l’opposé de la Décentralisation, il nous semble que la contradiction soit trop flagrante pour ne pas être rejetée, surtout après les précédents néfastes du « dirigisme du pouvoir central »ayant causé, en 2007, des massacres au Kongo Central.

 

De plus, la corruption et l’achat de consciences décriés lors des élections sénatoriales de 2007 seraient multipliés par deux en cas de scrutin indirect aussi bien des députés provinciaux que des sénateurs. Cela produirait inéluctablement des exécutifs provinciaux très corruptibles et, par conséquent, incapables de mener des véritables politiques de développement pour les provinces congolaises très en retard du point de vue économique, administratif et sécuritaire.

 

Les conflits qui pourraient s’en suivre donneraient encore plus d’arguments aux forces centrifuges qui visent la partition du pays.

Sans la libération des prisonniers politiques, tout le processus des Concertations Nationales risque de manquer de crédibilité, en donnant raison aux forces politiques et sociales qui demandent la mise en place d’un vrai Dialogue National, plus conforme aux impératifs contenus dans la résolution 2098 du Conseil de Sécurité de l’Onu et capable d’apporter une vraie cohésion nationale en RDC.

Vérité et Justice pour le Congo,

Fait à Kinshasa le 24/10/2013

Pour la Démocratie Chrétienne,

Le Porte-Parole, Marc Mawete

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