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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:09

INCROYABLE MAIS VRAI: Museveni exige l'amnistie pour les rebelles du M23

Lundi, 30 Septembre 2013 11:12

Muana bitinda

Le Président ougandais Yoweri Museveni, Médiateur de la CIRGL entre le gouvernement de la RD Congo et les rebelles pro-rwandais du M23 exige dès son retour au pays après New York l'amnistie au bénéfice des ses ouailles du M23. C'est à tomber à la renverse. Car, le Médiateur de la CIRGL endosse la vareuse M23 et exige l'amnistie. Il prend donc fait et cause pour les rebelles sur une question ultrasensible sur laquelle les Congolais n'entendent nullement transiger du fait qu'il s'agit des criminels de guerre bien connus qui écument ce mouvement à la solde du Rwanda.

Le Gouvernement congolais a ouvertement rejeté cette proposition du Président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni en lui disant qu'il n'y aurait aucune amnistie. Par cet artifice, le Médiateur de la CIRGL veut entrainer la Rdc dans des erreurs de 2009 lorsqu'il avait été question de négocier l'Accord de Goma entre le CNDP, géniteur du M23 et le gouvernement congolais.

L'amnistie au profit des criminels comme Bosco Ntaganda déjà sous mandat d'arrêt de la CPI depuis 2006. On sait comment il a terminé sa course à Scheveningen, près de La Haye. Museveni est déterminé à rééditer cet exploit de 2009 pour créer une impunité totale au profit des rebelles du M23 qui ont lancé de manière indiscriminée des obus sur la population civile de Goma.

Avec de telles propositions-pièges de la part du Médiateur, supposé être au milieu du village, on comprend désormais la source des entêtements du M23 qui jusqu'à présent continuer à présenter ses desiderata sous une formule à prendre ou à aller, toujours ponctuée de menaces de reprise de guerre à chaque instant.

L'amnistie, les rebelles n'entendent pas fléchir, pas non plus à la tête du client, c'est-à-dire au cas par cas. Mais amnistier qui? Ils n'ont peut-être pas suivi le ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders à New york qui est resté intraitable sur cette question d'amnistie. "Non, on ne peut pas amnistier des gens qui ont tué, pillé, violé des femmes et des enfants, enrôler de force des enfants-soldats", a martelé le chef de la diplomatie belge.

La proposition de Museveni prend à contrepied la vision qui est actuellement défendue par la Communauté internationale et qui est présentée par Didier Reynders. S'il faut à tout prix amnistier les rebelles du M23 comme l'exige le Médiateur ougandais, pourquoi ne prend-il pas chez lui une loi d'amnistie en faveur des tueurs comme des ADF/NALU et la LRA de Joseph Koni afin de les blanchir en lavant tous leurs crimes parmi les plus odieux de la planète?

Avec comme conséquence que Koni et ses hommes, forts de cette impunité coulée sous forme de loi circulent sans crainte dans le rues de Kampala. Ils risqueraient la vindicte populaire par le supplice du collier. Le même raisonnement s'applique au Rwanda. Kigali peut-il amnistier les FDLR Hutues qu'ils continuent à accuser de génocide pour les événements de 1994? Alors qu'on sait que les actuelles FDLR ne sont pas de la génération des proches d'Habyarimana ayant commis le génocide et que nombre d'entre eux ont grandi en Rdc.

Kigali continue pourtant à faire cet amalgame en tentant de leur faire payer le crimes commis par leurs aïeux, comme du bon vieux temps de la justice moyenâgeuse. Par ailleurs samedi dernier, le porte-parole militaire du M23, le ‘‘colonel’’ Kazarama a évoqué un autre point qui fâche: l'intégration en bloc des rebelles du M23 dans les Fardc. Pourtant, il y a peu, le même Kazarama déclaré à la presse que les Fardc n'ont rien d'attrayant pour que le M23 les intègre. Là également Didier Reynders était encore des plus catégoriques.

LIGNE DE FRONT

Laissons le Président Museveni dans ses errements à Kampala pour atterrir au Nord-Kivu, sur la ligne de front où la situation est toujours volatile. La preuve, c'est l'accalmie précaire qui a suivi les combats de Kibati mais qui a volé en éclats en début de week-end.

Il y a eu un accrochage sanglant entre une colonne lourdement armée du M23 et une position des Fardc à Mabenga, 80km de Goma dans le secteur de Kiwanja. Le bilan fait état de deux rebelles tués et un soldat des Fardc blessé. Une colonne lourdement armée en pleine brousse, à 20 km de Kiwanja montre, si besoin est, que les rebelles continuent à recevoir l'armement lourd en provenance du Rwanda qui n'a pas encore dit son dernier mot sur cette question.

Du reste, des informations livrées par la Société civile du Nord-Kivu font état, sur base des informations venant des localités concernées, de l'entrée en mouvement de deux bataillons de l'armée rwandaise et ougandaise dans le même secteur, plus précisément à Kahunga.

Ici les Rwandais ont empêché les cultivateurs d’atteindre les champs. Ce sont ces habitants qui se sont réfugiés à Kiwanja, toujours sous contrôle du M23 qui ont témoigné. La présence des troupes rwandaise et ougandaise dans le secteur de Tongo, 40 km de Rutshuru est un indice que le Rwanda et l'Ouganda sont en train de renforcer les lignes rebelles à Rusthuru après la débâcle militaire de Kibati dans le, territoire de Nyirangongo.

Il y a fort à croire qu'une armada sophistiquée plus que celle de Kibati y est concentrée, l'objectif étant de rendre Rutshuru imprenable sur le plan militaire. Ce renforcement en hommes et en armes a surtout un rapport direct avec Kampala. En cas de blocage des négociations, la monnaie de change des rebelles avec leurs parrains rwandais et ougandais serait Rutshuru. Mais sa reconquête n'a pourtant pas encore été à l'ordre du jour? Elle n'a même pas encore commencé à effleurer le commandement de la Monusco qui a choisi de garder le regard rivé sur Kampala. Kandolo M.

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