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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:43

Il y a 300.000 civils armés à l’Est de la RDC!

Publié par La Rédaction, le 30 septembre 2011 dans ActualitéLa uneNord-KivuPolitiquePronvince OrientaleSud-Kivu · 0 Commentaire ·

Le Grip (Groupe d’information et de recherche sur la paix et la sécurité) a présenté, vendredi dernier, le livre (1) où il publie les résultats de l’enquête qu’il a menée dans l’est du Congo au printemps 2009 sur «la perception de l’insécurité», sur demande et financement du PNUD (Programme de l’Onu pour le développement), avec une aide, du gouvernement belge. Une cinquantaine d’enquêteurs locaux ont posé un questionnaire à 10.000 chefs de ménage (à 80 % des hommes) dans les deux Kivu, le Maniema, en Ituri et dans le district du Tanganyika de la province du Katanga.

L’enquête révèle, des perceptions différentes selon les endroits, la situation sécuritaire y étant différente. Ainsi, si 60 % des gens, en moyenne, se sentent plutôt en sécurité, 58% des habitants du Sud-Kivu se sentent en danger, contre 12% seulement au Maniema où il n’y a pas d’attaques de groupes armés. L’insécurité a ainsi déjà empêché 37% des Sud-Kivutiens de se rendre au marché, contre 4% des habitants du Tanganyika.

Quelque 72 % des gens interroges, en moyenne, pensent qu’il y a des armes dans leur voisinage, contre 82% au Sud-Kivu; un quart de ceux-ci pensent qu’elles servent au banditisme, 20 % qu’elles servent à assurer la sécurité et 18 % qu’elles sont destinées à la chasse – principalement au Maniema où cette activité est importante.

C’est au Nord-Kivu que le prix des armes est estimé le plus bas : 60 dollars pour un fusil d’assaut, contre 160 dollars au Maniema, où tout est plus cher en raison de l’enclavement.

De 72 à 94 % des interrogés assurent qu’ils n’ont pas d’arme – tandis qu’un quart de la population du Maniema reconnaît en posséder. «En extrapolant», souligne Georges Berghezan, coordonnateur de l’étude, «cela veut dire que 300 000 ménages sont armés bien que ce soit illégal».

L’arme détenue est principalement un fusil non automatique (de chasse) – à 70 % au Maniema.- puis le fusil d’assaut, arme de guerre, pour 42% des répondants au Sud-Kivu. Pour celui-ci, le modèle chinois est le plus courant, suivi de modèles d’Europe de l’Est; pour les munitions, «il y aune usine chinoise en Tanzanie et une usine belge au Kenya», précise Georges Berghezan. Pour acheter une arme, la majorité des interrogés pensent qu’il faut s’adresser au marché noir (19 à 33 % des répondants) ou directement aux forces de sécurité congolaises (11 à 16%).

Les causes de l’insécurité sont, d’abord, pour les répondants, les bandits, puis l’armée congolaise, puis les groupes armés étrangers, puis les démobilisés et, enfin, les groupes armés congolais. Les crimes commis sont d’abord les vols avec violence, puis les viols, principalement au Maniema, qui n’est pas une zone de guerre. La carte des viols montre, en effet, que si Shabunda (Sud-Kivu, zone de guerre) est très affecté, Mambassa (Maniema) l’est autant – ce qui constitue une surprise par rapport aux données généralement admises jusqu’ici, qui liaient viols et guerre.

En moyenne, près d’un quart des répondants ont eu un membre de leur famille victime d’une agression armée au cours des six derniers mois (30% au Sud-Kivu), ce qui est énorme. Les trois quarts des interrogés n’ont pas vu collecter les armes des civils par le gouvernement depuis les élections de 2006. Le désarmement volontaire des civils serait une bonne idée pour 92% des interrogés; pour 24% d’entre eux, il faudrait échanger l’arme contre de l’argent et autant pensent qu’une simple campagne de sensibilisation vaudrait mieux; 20% préféreraient une compensation en nature et 16% des projets de développement pour la collectivité.

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