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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 15:48

Goma :

psychose d’une nouvelle guerre

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Le phare, le 4 octobre 2013

 

C’est juste au moment où les négociations de Kampala s’enlisent et qu’à Kinshasa, les concertations nationales touchent à leur fin que Kigali abat l’une de ses cartes stratégiques : l’envoi de nouveaux renforts en préparation de nouvelles offensives militaires contre les FARDC et la Brigade Internationale Neutre. Cela, sous couvert des familles des faux réfugiés tutsi congolais fatigués et revenus de leur propre gré dans « leur pays ».

 

D’une pierre, les stratèges de Kigali espèrent avoir frapper deux coups. D’une part, cette sortie permet au régime du FPR de toucher la corde sensible de la communauté internationale par le retour volontaire des réfugiés tutsi congolais vers leur pays car fatigués d’attendre l’issue des négociations politiques qui s’enlisent à Kampala. D’autre part, introduire subtilement des sujets rwandais sur le territoire congolais pour piéger Kinshasa et le monde. Car, si Kinshasa chasse ses 200 familles, Kigali aura là un prétexte pour créer une autre rébellion animée par des gens s’estimant chassés de leur pays d’origine. C’est l’un des points essentiels du cahier des charges du M23 et de toutes les rébellions délibérément créés et appuyées militairement par le régime de Kigali depuis l’AFDL, le RCD, le CNDP et aujourd’hui le M23.

 

Mais seulement voilà : Kigali fait semblant d’ignorer les principes élémentaires du Droit International Humanitaire, qui concernent le rapatriement des réfugiés. Logiquement, les opérations de rapatriement doivent s’effectuer en plusieurs phases. Tout d’abord, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés doit au préalable s’atteler à l’identification des candiats au retour au niveau des différents sites d’hébergement dans le pays hôte, notamment leur nombre exact, leurs villages respectifs dans leurs pays d’origine, les compositions familiales, etc. Ensuite, le HCR devra tenir informé le pays d’accueil au sujet de toutes ces démarches en vue de fixer les dates, les itinéraires et les moyens de transport pour les opérations du rapatriement. Enfin, ce sera le tour des séances techniques tripartites réunissant le pays d’accueil, le pays d’origine et le HCR qui peut bénéficier de l’assistance des ONG de défense des droits de l’homme et d’appui aux opérations de rapatriement. Autrement dit, ces opérations demandent un temps assez long et minutieux pour éviter des incidents malheureux ou autres blocages, soit au niveau de la frontière entre le pays d’accueil et le pays d’origine, soit lors du départ.

 

On rappelle à ce sujet le massacre en août 2005 des 160 réfugiés Tutsi dits Banyamulenge dans la localité burundaise de Gatumba. Suite à la précipitation et au fait que ni les autorités de la RDC ni le HCR n’avaient pas été préalablement tenus informés et encore moins associés à ces opérations. Lesquelles s’étaient déroulées juste au lendemain des évènements sanglants perpétrés à Bukavu au mois d’avril de la même année par les éléments rebelles du duo NKUNDA-MUTEBUTSI. Gatumba est une localité burundaise située juste à la frontière avec la RDC et selon les prescrits de la Convention de Genève, les réfugiés ne doivent pas être placés sur des sites situés à moins de 150 Kilomètres de la frontière entre le pays d’accueil et leur patrie d’origine. On ne comprend pas pourquoi Paul KAGAME se précipite à renvoyer des populations civiles non armées présumées en situation des réfugiés dans une zone des combats entre l’armée régulière de leur pays d’origine et des éléments de la force négative du M23.

 

A malin, malin et demi

Ainsi donc, si Kigali tenait à rapatrier les soit disant réfugiés tutsi congolais, il aurait préalablement associé le HCR et le gouvernement congolais pour préparer le terrain et les esprits au niveau des villages d’où prétendent provenir ces 200 familles-là rwandophones. Selon Julien PALUKU, gouverneur du Nord-Kivu, il est impensable qu’un père de famille se permette de ramener sa femme et ses enfants dans une zone des opérations militaires, particulièrement dans la partie occupée par l’un des belligérants, en l’occurrence ceux du M23. Non seulement, la Convention de Genève interdit de placer les réfugiés à moins de 150 kilomètres de la frontière avec leur pays d’origine, mais surtout, nulle part au monde, l’on a osé placer des populations civiles et non armées dans les zones des opérations militaires. Preuve s’il en faut une que le régime du FPR se moque des instruments juridiques du Droit Humanitaire International et des principes de bon voisinage. Bref, Paul KAGAME se moque délibérément des principes élémentaires des droits humains en poussant le cynisme méprisant sur la vie des populations civiles innocentes.

 

Chantage de P.KAGAME sur la communauté internationale

 

Ce tableau annonce clairement les véritables visées expansionnistes du Rwanda, notamment la perpétuation des conflits sanglants dans le Nord Kivu en vue de continuer à exploiter les ressources naturelles et installer des populations rwandaises dans cette partie du territoire national. Raison pour laquelle Julien PALUKU a dénoncé que ces soit disant 200 familles rwandophones ne sont que des éléments de l’armée régulière venus en renfort au M23 en prévision d’une nouvelle guerre. Mais au regard des nouveaux rapports de force sur le terrain, il s’agit là tout simplement d’un chantage sur la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur Kinshasa et le M23 pour reprendre le chemin de Kampala.

 

 

Comme il est établi que, fortement affaibli sur le plan diplomatique et militaire sans compter ses déboires avec tous les Etats de l’Afrique Australe, dont particulièrement la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Malawi, le Mozambique, le Botswana, La Namibie, surtout la majorité des Etats membres de la CIRGL sans oublier les puissances occidentales, Kigali ne dispose plus des moyens logistiques et militaires pour déclencher de nouvelles hostilités contre les FARDC et la Brigade Internationale d’Intervention. Coincé, humilié, car à court d’arguments et devenu infréquentable, le régime du FPR ne décolère pas pour autant. Il fonde tous ses espoirs aujourd’hui plus qu’hier sur ces négociations pour sauver la face en espérant obtenir pour ses poulains du M23 une voie de sortie honorable. F.M. 

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