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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 13:52

Goma : Dans les coulisses de la "deuxième conférence minière du Congo"

Congoindependant.com

25 mars 2014

 Ces tueurs tutsi comb-copie-2

Selon un correspondant particulier, les participants à la "deuxième Conférence minière du Congo-Kinshasa" ont préféré prendre une chambre d’hôtel dans la ville rwandaise de Rubavu (ex-Gisenyi). Pire, ils circulaient à Goma dans des véhicules aux plaques d’immatriculation rwandaise...

 

Goma. Correspondance particulière

C’est ce mardi 25 mars que la "deuxième Conférence minière du Congo-Kinshasa" a clos ses travaux débuter lundi. Durant 48 heures, les 800 participants ont parlé de la "transparence" et de la "bonne gouvernance" dans la gestion des ressources naturelles en général et minières en particulier.

En attendant de croire les recommandations formulées par les conférenciers, quelques bribes d’informations commencent à tomber en ce qui concerne la logistique.

Un budget estimé à six millions $ US a été mobilisé pour ce faire. Il faut dire que les participants, au nombre de 800, provenaient de plusieurs continents. L’histoire ne donne pas l’identité du bailleur de fonds.

Les conférenciers dans leur grande majorité ont préféré prendre une chambre dans des hôtels dans la ville rwandaise de Rubavu (ex-Gisenyi). Au grand dam du monde économique gomatracien qui y voyaient une belle occasion de réaliser de bons chiffres d’affaires. Comble d’affront, les organisateurs avaient loué des véhicules portant des immatriculations rwandaises. Principe de précaution ou méfiance à l’égard d’un pouvoir kabiliste réputé pour son incapacité de garantir les conditions minimales de sécurité sur son territoire?

Le discours lénifiant du gouverneur du Nord-Kivu, le PPRD Julien Paluku saluant "le retour de la paix dans sa province, qui a permis à la ville de Goma d’abriter cette grande rencontre, grâce à l’engagement personnel du Président Joseph Kabila Kabange" n’a guère rassuré. La présence des forces de la Mission onusienne au Congo, encore moins.

 

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Goma : Les coulisses de la « deuxième conférence minière» (suite et fin)

Congoindepndant.com

26 mars 2014

 

«Le courant passe-t-il toujours bien entre Matata et Kabila ?». C’est la question que se posaient de nombreux participants à la conférence minière qui s’est tenue, du 24 au 25 mars, au chef-lieu de la province martyr du Nord-Kivu. Populiste et populaire, le gouverneur du Katanga Moïse Katumbi a été ovationné pour ses œuvres sociales et sportives par les fans de l’équipe Tout-Puissant Mazembe.

 

Goma. Correspondance particulière.

Comme prévu, la deuxième conférence minière du Congo-Kinshasa a pris fin mardi 25 mars. Nombreux sont les participants qui se posaient des questions sur certaines observations faites par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo lors de la lecture du discours d’ouverture lundi 24. «Je m’adresse à vous au nom du chef de l’Etat», a dit Matata avant d’ajouter : «Je vais lire le discours que le président de la République allait prononcer devant vous. Je découvre le texte en même temps que vous». Devait-il dire tout cela?

Ces propos ont provoqué des regards interrogateurs dans l’auditoire. Après lecture, certains participants ont conclu que le chef du gouvernement avait des "états d’âme". Il était apparemment blessé d’avoir été mis devant le fait accompli par le cabinet présidentiel. Certains assurent que l’élocution du «Premier» était par moment hésitante. Dans l’allocution de clôture, Matata Ponyo s’est montré plus positif en affirmant la volonté de son équipe de relancer l’économie nationale.

Le tout-Goma socio-politique continue à commenter l’accueil chaleureux pour le moins inattendu réservé au gouverneur Moïse Katumbi de la très riche province du Katanga par de nombreux « fans » du Tout-Puissant Mazembe mais aussi par des bénéficiaires des actions sociales de "Moïse". «Le raïs a du souci à se faire», murmuraient certains badauds.

L’absence du «raïs» à Goma n’a pas vraiment surpris. Lors de son dernier passage dans le chef-lieu du Nord-Kivu, le 30 novembre 2013, le « fils » de Mzee Laurent-Désiré Kabila a été froidement accueilli. Des voix se sont élevées à cette occasion pour lui reprocher son «arrivée tardive» au Nord Kivu alors que la mutinerie des éléments du M23 a débuté depuis avril 2012. D’autres l’ont interpellé sur des promesses non tenues dans le cadre des « Cinq chantiers du chef de l’Etat ». Les infrastructures promises n’ont pas été réalisées. Le Raïs a prétendu que tous les projets ont été suspendus pour financer la guerre.


«Bôngo ! , murmuraient les Gomatraciens. Traduction : «Mensonge !». Rideau!

 

Conclusion : le Raïs a peut-être perdu le Nord Kivu...

 

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http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140324152627/#.UzBk-H58v_g.twitter

RDC : les effets pervers de la "loi Obama" au Kivu
Par Trésor Kibangula
Jeune Afrique – 24 mars 2014 à 17:05

Dans le documentaire "Obama's Law", dont la sortie est prévue en septembre, une équipe de chercheurs, spécialisés sur les Grands Lacs, tente de démontrer "l'impact négatif" de la "loi Obama" sur les minerais de conflit dans le Kivu. Leur démarche : donner la parole aux Congolais.

Que faire pour mettre fin au cycle interminable des conflits armés dans l'est de la RDC ? À cette question cruciale, le Congrès américain a adopté en juillet 2010 la section 1502 de la loi Dodd-Frank de réforme de Wall Street et de protection du consommateur (Dood-Frank Wall Street reform and consumer protection act). Une disposition qui oblige les entreprises américaines à divulguer chaque année la provenance de leurs matières premières pour décourager l'exploitation et le commerce des minerais issus des zones contrôlées par les groupes armés dans le Kivu.

Seulement voilà, trois ans après son adoption, cette obligation légale américaine dite "loi Obama" en RDC ne semble pas avoir produit tous les effets escomptés, selon le chercheur britannique Ben Radley, producteur du documentaire "Obama's law" en cours de tournage. Pour lui, "la 'loi Obama', adoptée sans consulter en amont la société civile du Kivu et des experts congolais, est déconnectée des réalités du terrain".

Le problème du Kivu est beaucoup plus complexe. On ne peut pas le réduire à la question des minerais de conflit.

"Embargo de fait"

Ben Radley et son équipe reprochent notamment aux stars-activistes qui ont mené des lobbys aux États-Unis et en Grande-Bretagne de ne s'être limités qu'à une "approche concentrée sur les minerais de conflit", sans tenir compte des "perspectives congolaises" sur la question. "Le problème du Kivu est beaucoup plus complexe. On ne peut pas le réduire à la question des minerais de conflit et laisser de côté les implications politiques de la crise", confie Ben Radley à Jeune Afrique.

"Au début de l'application de la loi Dodd-Frank en RDC par exemple, il n'existait aucun système de traçabilité dans le pays. Conséquence : sans le vouloir, 'Obama's law' a entraîné un embargo de fait sur les minerais du Kivu. De nombreux comptoirs ont fermé et beaucoup de creuseurs ont ainsi rejoint les milices locales pour tenter de survivre, armes à la main sur le dos de la population civile", ajoute-t-il.

"La loi Dodd-Frank a donc eu un impact négatif sur le terrain : augmentation de la fraude et de la contrebande - surtout concernant l'or, plus facile à être exploité et commercialisé illégalement, détérioration des conditions de vie de nombreuses familles qui ne dépendaient que de l'exploitation artisanale des mines, ...", accuse Ben Radley qui a décidé, lui, dans son documentaire, de "donner la parole aux premiers concernés, les Congolais".

La sortie du documentaire "Obama's law", financé notamment par le gouvernement suisse, est prévue vers le mois de septembre. "Depuis février, nous avons terminé le tournage au Congo par l'étape de Shabunda. Nous avons pu suivre certains jeunes, creuseurs avant la 'loi Obama', aujourd'hui devenus miliciens des Raïa Mutomboki [un de groupes armés locaux encore actifs dans le Kivu : voir notre carte interactive, NDRL]", explique Ben Radley. Le tournage se poursuit par ailleurs aux États-Unis où l'équipe d'"Obama's law" continue à suivre les différents activistes et lobbyistes pour "démontrer la déconnexion entre les plaidoyers faits à Washington et les réalités du terrain dans le Kivu".

En attendant, à Goma, s'est ouverte le 24 mars la deuxième conférence nationale sur les mines en RDC. L'occasion pour le gouvernement congolais de rassurer ses partenaires internationaux sur la "gestion durable et transparente des ressources naturelles de la RDC post-conflit". Car, à ce jour, "seuls 5 % de quelque 800 à 900 sites miniers dans l'est de la RDC sont certifiés", rappelle Ben Radley qui travaille depuis 2009 sur les questions liées à la gouvernance des ressources naturelles et l'exploitation minière artisanale dans la région des Grands Lacs.

 

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