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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 18:04

FARDC, une victoire éclatante quand même 

Ingeta

La victoire incontestée des FARDC sur les forces négatives de création rwandaise du M23 fait la joie de tout Congolais car, jeu politique ou pas (quelqu'un a parlé de "théatralisation de la guerre"), nous souhaitons la paix et le bien-être de notre population qui connait une souffrance sans nom depuis bientôt deux décennies.

 

Autant nous louons les FARDC pour avoir réussi à redorer le blason, autant nous pensons que ce succès a été favorisé par la conjonction de plusieurs facteurs sur lesquels nous ne pouvons que faire des supputations, qui seraient à chercher autour des circonstances ayant entouré les combats. En voici quelques uns:

1) Un fait sans précédent: la population du Nord-Kivu s'est levée contre ce qu'elle perçoit comme une duplicité de la hiérarchie militaire congolaise et l'apathie des forces onusiennes. Les habitants de Goma ont dénoncé l'intention prêtée à Kinshasa de rappeler le Colonel Mamadou Ndala; intention qualifiée par les autorités congolaises de rumeur répandue par l'ennemi; ils ont jeté des pierres aux forces onusiennes, leur reprochant la passiveté. Ceux qui voyaient le Congo devenir subitement un nouveau Soudan, ont dû avaler l'amertume.

2) Emboitant les pas aux organisations internationales (MONUSCO, Human watch), la diplomatie congolaise dont on imagine l'étroitesse de la marge de manoeuvre, a cette fois-ci abattu un impressionant travail de sape en montrant à l'opinion internationale les recrues du M23 parmi lesquelles de nombreux jeunes gens, y compris des mineurs, enrôlés de force au Rwanda. Interloqués, les inconditionels du Rwanda, d'habitude enclins à fermer les yeux sur les agissements de Kigali, n'arrivant plus à cacher leur gêne, ont dû faire des remontrances publiques à leur poulain.

3) Depuis peu se dessine à l’horizon pas lointain une copération fructueuse entre, d’une part, Luanda et Tswane (Pretoria), et d’autre part, Kinshasa, avec en toile de fond la perspective pour ces deux importantes capitales de s’impliquer dans la mise en valeur des resources naturelles du Congo. Joseph Kabila n’a pas manqué de profiter de ses entretiens avec Eduardo dos Santos et Jacob Zuma pour marquer de precieux points contre son remuant voisin.

 

4) L'action des "combattants" congolais répandus dans le monde couplée avec celle de l'opposition rwandaise en exile ne cesse d'attirer l'attention sur les méfaits de la politique menée par Paul Kagame et son équipe contre le Congo. Depuis quelques mois, le Président rwandais se fait acueillir par des protestations des "combattants" congolais et d'opposants rwandais qui vont jusqu'à contraindre ses hôtes à changer plusieurs fois les lieux des cérémonies auxquelles il participe.

5) A l'action des bruyants "combattants" congolais s'ajoutent d'autres actions moins tapageuses mais non moins efficaces. Pa rexemple, les intellectuels congolais d'Europe ont été reçus à Londres et ont expliqué au parlement britannique les griefs du peuple Congolais à l'endroit du leadership aux affaires à Kigali, notamment sa scandaleuse implication dans le drame vécu par nos populations.

6) De même, il y a un Congolais des USA qui ne ménage aucun effort dans le lobying en faveur du Congo. Kambale Musavuli a, par exemple, affirmé dernièrement dans une interview télévisée qu'il ne croira Obama que quand celui-ci joindra l'acte à la parole. Obama, a-t-il dit, a déclaré à Accra que "l'Afrique n'a plus besoin d'hommes forts, mais plutôt d'institutions fortes". Cependant, dans les faits, Obama supporte les hommes forts à Kigali et Kampala, malgré leurs agissements au Congo.

7)L’effet latent des manifestations des Congolais à travers le monde ne peut pas être sous-estimé. Bien avant (mais surtout après) la prise de Goma par l’APR pour le compte des fantoches du M23, dans des pays aussi variés et distants les uns des autres que l’Australie, le Canada, la Belgique, la France, la RSA et les USA, les Congolais n’ont cessé de donner de la voix pour dénoncer l’effet néfaste de la guerre imposée à notre pays, en attirant l’attention sur le rôle du Rwanda.


8) La retentissante connivence d’anciens officiers rwandais passés dans l’opposition qui s’impatientent de faire des révélations accablantes sur l’assassinat de Juvénal Habyarimana et le procès médiatisé des auteurs présumés des attentats manqués contre l’un d’entre eux, Kayumba Nyamwasa, à défaut d’affaiblir, ont au moins soulevé des questions sur l’homme fort de Kigali.

9) Devant la misère que traverse le Congo, la Tanzanie qui consacre ses maigres ressources pour soulager notre peuple en envoyant ses troupes chez-nous a, par la bouche de son président, émis l'idée d'une solution durable pour stabiliser la région. Sans nuance, Kagame a menacéde "frapper" Jakaya Kikwete. La dispute qui s'en est suivie n'a sûrement pas fait pencher la balance en faveur de Kigali dans la diplomatie aussi bien africaine que mondiale.

10) Devant l’avancée irrésistible des FARDC, le Rwanda a maladroitement battu le tambour de guerre en massant les troupes à la frontière sous prétexte que des obus seraient tombés sur son sol. En même temps, débordante d’arrogance, sa diplomatie s’est articulée de manière effrontée en menaçant le Congo de“frappes chirurgicales” devant les Nations Unies(!). Pareilles attitude et impudence de la part d’un Etat de 11 millions d’habitants envers son voisin de 70 millions d’âmes dénote une folie de grandeur du genre à en dégoûter plus d’un.

Avec tous ces éléments (et sans doute d'autres encore), il n'est pas inconcevable que les décideurs qui tirent les ficelles de la politique mondiale aient jugé utile de tirer… les oreilles à Paul Kagame pour l'empêcher d'intervenir. Nous entrons alors dans le débat sur la question de savoir si notre armée pouvait gagner ou pas, en cas d'intervention du Rwanda. Au 21e siècle, la guerre n'est plus une question d'endurance ou de bravoure. C'est surtout une question de technologie et d'intelligence. Il est de notoriété publique que, grâce à la sympathie dont jouit le Rwanda chez les Anglosaxons, l'APR dispose de ces atouts plus que les FARDC. C'est ce qui explique la chute de Goma où l'APR était intervenue la nuit, avec des équipements de vision nocturne et des armes sophistiquées. Mais la guerre c’est aussi une question de motivation. A la lumière des dernières confrontations, les grands qui ont conseillé la retenue, et Kagame qui a accepté, ont sans doute pressenti que l’APR ne pouvait plus faire une promenade de santé au Congo. C’est tout à l'honneur des FARDC.

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