Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 07:26

Région des Grands Lacs :

Et revoici les «Nkudistes» du CNDP

 
 
Michel Rudatenguha lors de la conférence de presse organisée à Bruxelles par le CNDP. Photo d’archives CIC

Dans un communiqué de presse «N°1» daté du 30 septembre dernier, une nébuleuse organisation dénommée «Alliance Amani», parlant au nom des «ressortissants des pays des Grands Lacs», veut «oeuvrer pour la promotion de la paix» et «la cohabitation pacifique des femmes et hommes» vivant au Burundi, au Congo-Kinshasa et au Rwanda. Les initiateurs de cette structure, au nombre de cinq, invitent les citoyens de ces trois pays à rejoindre leur initiative pour «lutter contre tout ce qui contribue à la haine, à la discrimination, aux conflits tribaux ou interethniques qui engendrent ces massacres des populations». Etrangement, ils restent muets sur les moyens d’action. Le porte-parole de cette organisation n’est autre qu’un certain Michel Rudatenguha qui a roulé sa bosse dans plusieurs "rébellions congolaises".

Qui se cache derrière la mystérieuse organisation «Alliance Amani» ? Quel est le but poursuivi par ses initiateurs à moins d’un mois de la tenue des élections présidentielle et législatives en RD Congo ? 

Le communiqué commence par un long préambule aux allures de décret : «En considération de la persistance des violences, conflits armés et guerres civiles, qui ont causé la mort de plus de 10 millions de personnes dans nos pays des Grands Lacs : Burundi, Congo et Rwanda, depuis 1990 à ce jour; au regard du regain de violences politiques au Rwanda et des exactions contre les populations civiles au Kivu et presque partout en République démocratique du Congo, et à l’incertitude de la paix au Burundi, (…)». Les initiateurs de cette organisation s’assignent pour objectifs la «pacification de nos communautés et de nos pays» et disent vouloir rien moins que de promouvoir «la paix et le bon voisinage» dans la Région des Grands Lacs. 

Selon eux, la création de cette "Alliance" constituerait une réponse «aux attentes des femmes et des hommes, tant civils que militaires, des organisations humanitaires et politiques, qui aspirent ardemment à la restauration de la paix .» Aussi, invitent-ils «les femmes et les hommes des nations développées, les démocrates et les humanistes» à se joindre à cette démarche de «pacification de nos pays». «Nous demandons à nos concitoyens de la Région des Grands Lacs de lutter contre tout ce qui contribue à la haine, à la discrimination, aux conflits tribaux ou interethniques qui engendrent ces massacres des populations», indique par ailleurs le communiqué. Et de conclure «qu’ensemble nous sommes capables de sortir de ce cycle des violences et de construire «le vivre ensemble paisible» pour s’occuper enfin de la pauvreté.» Le communiqué est revêtu de cinq signatures : Emmanuel Munyaruguru, Kakule Sikule LaFontaine, Michel Nsamira Rudatenguha, Bwira Munubo Wivine et John Ruzira. Rudatenguha est sans conteste le patronyme le plus connu.

De l’AFDL au CNDP via le RCD-ML

Qui est Michel Rudatenguha ? Citoyen rwandais pour les uns, «Munyamulenge» pour les autres, l’homme est apparu à Kinshasa dans la confusion qui régnait au lendemain de la prise du pouvoir par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL). C’était en mai 1997. Des citoyens rwandais ou burundais ont occupé d’importants postes dans les grands corps de l’Etat congolais en se faisant passer pour des Tutsi congolais dits «Banyamulenge». Et ce, avec la complicité active des Congolais eux-mêmes. James Kabarebe et Bizima Karaha sont les personnalités les plus emblématiques de cette supercherie. La liste est loin d’être limitative. On le sait, l’AFDL a été créée à Kigali par le nouveau régime rwandais de concert avec l’Ouganda de Yoweri Museveni. Le tout avec l’aide logistique et diplomatique de principales puissances du monde anglo-saxon.

Conseiller financier du président Laurent-Désiré Kabila en septembre de cette même année, Rudatenguha a été au centre d’un fait pour le moins burlesque. Il s’était bagarré avec Aubert Mukendi Kizito alors directeur du cabinet présidentiel. En cause, le refus du premier de laisser le second présider une réunion de la «Cellule économique» de la Présidence de la République. 

Fin juillet 1998, la rupture est consommée entre le «Mzee» et ses ex-mentors rwandais et ougandais. Tous les "Tutsi congolais" se replient au Rwanda où va naître une nouvelle "rébellion congolaise" en l’occurence le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Rudatenguha rejoint aussitôt le RCD, basé à Goma, au Nord Kivu. Le mouvement est présidé par Ernest Wamba dia Wamba. Le «professeur» ne va pas tarder à se chamailler avec les «Rwandais». C’était en 2000. Il «émigre» à Kisangani où il est placé sous la protection des «Ougandais» et met sur pied le RCD-ML. On y retrouve Michel Rudatenguha en août de cette année au poste de commissaire adjoint chargé des Mines et énergies. 

En septembre 2008, Rudatenguha réapparaît à Bruxelles. Il porte une nouvelle casquette. Celle du représentant du CNDP pour l’Europe. Le 25 septembre 2008, il tente en vain d’animer, aux côtés du Congolais Basile Diatezwa, une conférence de presse. La rencontre est perturbée par des activistes politiques congolais dont les «Bana Congo». «Basile» eut la malencontreuse idée de clamer que «le CNDP n’a strictement rien à avoir avec le gouvernement rwandais en ce qui concerne sa démarche politique et militaire.» C’est le chahut. La police intervint pour protéger les "orateurs" face à un public hostile. 

Revoilà donc Rudatenguha qui resurgit sous une nouvelle casquette : porte-parole de l’«Alliance Amani». Qui tire les ficelles? 

Issa Djema/B.A.W



Ci-après le texte intégral de l’Alliance Amani : 


Communiqué de presseN°1 de L’Alliance Amani 

Bruxelles, Belgique, 30.9.11

Mesdames, Messieurs, 

Humanistes, épris d’esprit de justice, 

Fervents défenseurs des droits humains, 

En considération de la persistance des violences, conflits armés et guerres civiles, qui ont causé la mort de plus de 10 millions de personnes dans nos Pays des Grands Lacs : Burundi, Congo et Rwanda, depuis 1990 à ce jour; 

En regard du regain de violences politiques au Rwanda et des exactions contre les populations civiles au Kivu et presque partout en République Démocratique du Congo, et à l’incertitude de la paix au Burundi ; 

En regard de cette grande instabilité sociale créée par les déplacements massifs des populations en dehors du Burundi, du Congo et du Rwanda, et à l’intérieur même de leurs propres pays, en fuyant les guerres et les massacres créant ainsi le désespoir des millions des êtres humains; 

Suite à cette problématique de l’insécurité qui menace le quotidien et le destin de nos peuples, nous n’avons qu’une solution : la pacification de nos communautés et de nos pays. 

Décidés d’oeuvrer pour la promotion de la PAIX et le bon voisinage des individus au sein de différentes communautés qui constituent nos Nations de la région des Grands Lacs, en militant pour la cohabitation pacifique des femmes et hommes de nos communautés (clans, tribus, ethnies et populations) de nos trois pays ; 
Soucieux de voir nos pays d’origine connaître les conditions stables de sécurité et de paix afin de permettre le développement économique, culturel et social durable de nos populations ; 

Nous, ressortissants des Pays de la Région des Grands lacs, nous mettons en place une organisation dénommée « Alliance pour la Paix dans la région des Grands Lacs, en Français », « The Rally of Peace, en anglais», « Chama cha Amani, en Swahili », « Ihuliro rya Amahoro, en kinyarwanda», « Kimia, en lingala ». Que nous appelons simplement Amani. 

Nous informons l’opinion internationale et nationale, spécifiques à chacune de nos Nations, que la création d’Amani répond aux attentes des femmes et des hommes, tant civils que militaires, des organisations humanitaires et politiques, qui aspirent ardemment à « la restauration de la Paix » ; c’est l’objectif commun de la majorité des individus et des peuples de notre grande région. 

Nous appelons les femmes et les hommes des Nations développés, les démocrates et les humanistes, de se joindre à notre démarche de pacification de nos pays. 

Nous demandons à nos concitoyens de la Région des Grands Lacs de lutter contre tout ce qui contribue à la haine, à la discrimination, aux conflits tribaux ou interethniques qui engendrent ces massacres des populations. Ces extrêmes violences de natures diverses dont le viol des femmes, la marginalisation et l’exploitation des individus faibles issus des minorités ethniques, politiques et religieuses, des enfants et des femmes et des personnes âgées, l’esclavagisme et toutes formes de domination comparables, qui contribuent à la destruction de l’être humain, de ses biens et du patrimoine collectif. 

Nous pensons qu’ensemble nous sommes capables de sortir de ce cycle des violences et de construire « le vivre ensemble paisible » pour s’occuper enfin de la pauvreté. Et, nous vous remercions. 

-Mr Emmanuel Munyaruguru, RW 

-Mr Kakule Sikule LaFontaine, RDC 

-Mr Michel Nsamira Rudatenguha, RDC 

-Mr Bwira Munubo Wivine,RDC 

-Mr John Ruzira, RW


Porte-Parole: Michel Nsamira Rudatenguha, Mobil: +32 477564667, e-mail: nsamiramichel@yahoo.fr


© Congoindépendant 2003-2011

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com