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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:32

Devant la délégation du Conseil De Sécurité de l’ONU, Julien Paluku dit : « Contre le M23, la solution est militaire »

Par admin

Posté le 08 oct 2013 à 12:04

Ingeta

Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu devant la presse

La mission a aussi prêché l’approche politique de la résolution de la crise par le soutien du processus de Kampala. Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, s’inscrit en faux contre cette vision de sortie de crise et il l’a dit à la délégation. Pour lui, la solution à la rébellion du M23 est militaire et non politique. Il n’y a que par la force qu’on peut venir à bout du M23. La solution est militaire aussi bien pour le M23 que pour les FDLR e les ADF/NALU.

Ce sont ces forces négatives qui opèrent au Nord-Kivu qui sont ciblées dans la Résolution 2098 du Conseil de sécurité. Il n’y a que la force pour les éradiquer. Paluku ne comprend pas pourquoi en RDC la Résolution 2098 n’a jamais été mise en pratique. « Le jour où on le fera, ce sera la fin du M23. Ce sera aussi la fin des FDLR et les ADF/NALU », croit dur comme fer le bouillant Julien Paluku, qui n’a pas sa langue dans la poche.

Le gouverneur du Nord-Kivu poursuit que la délégation du Conseil de sécurité ferait donc œuvre utile de constater le hiatus entre l’esprit et la lettre de la Résolution 2098 sur la traque des forces négatives et la réalité des choses sur le terrain où rien n’est fait. Le problème que pose le gouverneur du Nord-Kivu est celui qui préoccupe tous les Congolais.

La contradiction dans le chef de la Communauté internationale sur les pistes des solutions à la guerre du Nord-Kivu. Ce que d’aucuns ne comprennent pas que c’est le renvoi aux négociations de Kampala où on met le Gouvernement de la RDC sur le même pied d’égalité qu’un groupe armé catégorisé « forces négatives » par une Résolution du Conseil de sécurité. A quoi sert alors ce texte, la 2098 ? Est-il à ce point déjà devenu caduc ? Non, à ce que l’on sache, la 2098 est toujours en vigueur.

La Brigade qui en découle est déjà opérationnelle au Nord-Kivu où elle a déjà montré de quoi elle est capable lors des combats de Kibati auxquels elle a pris part en soutien aux Fardc. A ce jour, elle se tourne les pouces obligées d’attendre l’issue des négociations de Kampala. Mais qu’y a-t-il à Kampala ? La mission du Conseil de sécurité qui y arrive ce mardi se rendra compte, comme l’a fait le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité, qu’il n’y a aucune avancée. Aucune.

Le médiateur Museveni à qui il avait demandé de clôturé, n’a rien fait. Ce que la délégation du Conseil de sécurité doit savoir, c’est qu’à Kampala, le Président ougandais tente d’imposer l’amnistie à tous les membres du M23 tout comme leur intégration en bloc dans les Fardc avec consignation au Nord-Kivu. Belle prime à la guerre. Mais même en réfléchissant par l’absurde que le Gouvernement congolais accorde ces deux exigences au M23 dans un Accord de paix, celui-ci ne serait pas appliqué car aucun Congolais ne l’accepterait.

Ce serait marcher sur tous les travers du passé qui ont conduit à la rébellion du M23. Les amnisties contenues dans l’Accord de Goma en 2009 ne sont restées valables que sur papier, le Parlement congolais n’ayant jamais voté une moindre loi pour accorder l’impunité aux criminels du CNDP dont Bosco Ntaganda.

Pendant qu’il était déjà intégré dans les Fardc, ce dernier avait continué à exiger cette loi d’amnistie alors qu’elle n’aurait eu aucun effet sur le mandat d’arrêt émis par la CPI contre lui. On ne comprend pas pourquoi le médiateur ougandais tient coute que coûte à obtenir une amnistie pour le M23. Alors que lors de la présentation de son rapport sur la RDC au Conseil de sécurité de l’Onu, Ban Ki-moon a exclu toute amnistie au bénéfice du M23.

Amnistie totale
Il a prêché dans le désert car à Kampala, ce qui préoccupe le président ougandais c’est l’amnistie totale au profit du M23. Il l’a encore prouvé en imposant la réduction au nombre de 43 personnes de la liste de presque 100 membres du M23 inéligibles à toute amnistie. Cet activisme étonne.

Tout comme celui de l’intégration dans les Fardc de combattants du M23. Le chef de la diplomatie belge était pourtant très catégorique sur tous ces sujets : pas d’amnistie ni d’intégration pour le M23. Dommage que Museveni ne l’ait pas entendu. L’ « Intégration » rappelle aux Congolais tous ces concepts qui sont survenus après l’Accord de Goma de 2009 de brassages et mixages.

Tout cela pour faire le lit d’une nouvelle rébellion en gardant sur place tous les intégrés. Raison pour laquelle les Congolais disent désormais non à toute idée d’intégration, non aussi à voir de soldats évoluer dans leurs milieux d’origine comme l’exigent toujours ces rebelles au cours des négociations comme à présent à Kampala.

Les Congolais ont dit non à l’intégration non à l’amnistie. Ils l’ont fait savoir par le biais des Résolutions des Concertations nationales. Par ailleurs, il est malheureux de constater que de bonnes dispositions prises lors de certaines tribunes internationales sur la guerre en RDC ne font l’objet d’aucun suivi.

C’est le cas de la réunion de haut niveau présidée à New York par Ban Ki-moon et comprenant, les signataires de l’accord-cadre, la SADC et la CIRGL. Elle avait proposé de renforcer l’accord-cadre dans la recherche d’une solution régionale à la crise en RDC exige à l’Ouganda d’ouvrir un dialogue avec ses rebelles des ADF/NALU et le Rwanda de même avec les FDLR. On sait qui se battent pour étouffer dans l’œuf des idées qualifiées de saugrenues à Kigali et à Kampala.

Kandolo M.

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