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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 08:12

Congolais de Sudaf, quelle visibilité ?

 

Kongo love-copie-1

Que l’on vive en Afrique du Sud ou dans n’importe quel autre pays du monde, faire partie de la diaspora est un challenge de tous les jours. Bien sûr, la situation varie selon les endroits et l’on aurait tort de généraliser. Il n’empêche, il est des choses que les membres d’une communauté étrangère peuvent faire pour jouir de davantage de respect et de tranquillité dans leur pays hôte.

" TamTamBlog " examine ce que la diaspora congolaise d’Afrique du Sud peut mettre en œuvre afin d’avoir une réelle " visibilité " et pourquoi pas, de compter sur le plan local. Ces suggestions valent bien pour les communautés congolaises d’ailleurs…

Merci de cliquer sur le lien ci-après pour accéder à l’article :

 https://emmanuel1ngeleka.wordpress.com/2014/09/26/congolais-de-sudaf-quelle-visibilite/

 

Emmanuel Ngeleka

TamTamBlog

 

Combien y a-t-il d’émigrés congolais en Afrique du Sud ? Sont-ils 50.000 ? 100.000 ? Plus que cela ?

S’il est difficile d’y répondre avec précision, il n’est pas moins vrai que leur nombre est tout sauf négligeable.

Et pour cause, parmi les milliers de compatriotes qui ont fait leurs valises pour tenter une expérience de vie hors du pays – qu’ils y soient forcés ou qu’ils l’aient fait à titre volontaire – bon nombre se sont dirigés au Sud du continent Noir, vers " le pays de Mandela ".

Les congolais de Sudaf, autant que n’importe quelle communauté étrangère, sont bien identifiables. Par leur musique, leur accoutrement, leurs patronymes, par le fait que l’usage de savons éclaircissants est fréquent parmi eux, les langues qu’ils parlent, leur cuisine, les tresses qui embellissent leurs femmes et filles, sans parler de leurs mœurs particulières.

Foyers d’immigration congolaise. De toute évidence, Johannesburg, Capetown et Durban sont les grands foyers d’où émigrent les congolais en Afrique du Sud. Cela ne veut pas dire que vous n’en verrez pas presque partout où vous vous rendrez. Mais en comparaison, leur nombre est moins important ailleurs que dans ces trois métropoles citées.

Les flux d’émigration congolaise en Afrique du Sud se sont accentués depuis l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994. Sur le continent Noir où l’oppression par les régimes autoritaires est l’un des biens le mieux partagé, l’Afrique du Sud semble être un cas à part. La démocratie n’y est pas seulement sur papier.

En plus, la " nation arc-en-ciel " est un îlot de prospérité au milieu d’un océan de pauvreté. Pas étonnant que ce pays fasse rêver nombre de compatriotes.

J’ai entendu beaucoup d’intellectuels congolais s’exclamer à leur arrivée, impressionnés par le niveau de développement du pays: " Waouh, c’est comme ceci que devait être le Congo ! "

Rien qu’en se basant sur l’observation, on pourrait dire que les " techniciens ", comme les mécanos, des ingénieurs ou ceux des congolais exerçant des métiers similaires, se sont installés en majorité dans la région de Gauteng (Johannesburg et Pretoria).

Bon nombre d’entre eux viennent du Katanga, qu’ils aient fui " la chasse des Kasaïens " dans les annexes 90’ ou venus à d’autres occasions, comme au lendemain de l’écroulement de la Gécamines.

Quant à ceux qui pratiquent les métiers libéraux (médecins, juristes, chercheurs, professeurs, etc.), ils semblent être partis jeter l’ancre au Sud du pays, dans la province du Cape Occidental. Pour ce qui concerne leur origine, nombreux proviennent de Kinshasa ou du Kivu.

Bien entendu, vous trouverez aussi des professeurs autant à Pretoria qu’à Johannesburg, et des médecins congolais à Durban, à Johannesburg ou ailleurs.

Yeoville, le " quartier africain " de Jobourg. À Johannesburg, le premier quartier où vous êtes sûr de trouver les compatriotes est Yeoville. D’ailleurs, beaucoup de congolais aujourd’hui " assis " matériellement parlant y avaient posé leurs valises en arrivant. Yeoville est, à mon avis, le " quartier africain " de Jobourg. Je n’ai pas vu un endroit similaire dans le pays.

Beaucoup d’émigrés africains y vivent aujourd’hui, ce qui rend le milieu plus convivial qu’ailleurs: des Nigérians, des Camerounais, des Gabonais, Brazzavillois, Ethiopiens, Erythréens, Somaliens, etc. Beaucoup de biens leur appartiennent aussi : des salons de coiffure, des restaurants, des boutiques, etc.

" Quand je m’y promène le soir, par moment, j’oublie que je suis en Afrique du Sud. Je me crois à Lagos ! " nous a confié un ami nigérian qui réside sur Hunter street, en plein Yeoville.

Même s’ils ne sont pas toujours autant " visibles " économiquement que les autres, les congolais n’ont pas moins apposé un " cachet " à la municipalité. Le marché local, par exemple, situé à quelques encablures de Shoprite, a été surnommé par eux " marché Gambela ", en souvenir de celui de Kinshasa !

" Size does not matter ". Une chose est d’être bien là, ou d’exister dans son pays d’accueil, mais une autre est de compter vraiment et en conséquence, d’y être considéré.

Or dans le monde matérialiste qui est le nôtre, la valeur d’une personne – et par-delà d’une communauté – ne se mesure pas uniquement sur le plan numérique. C’est son poids économique qui compte.

 

Prenons le cas des Blancs sud-africains. Au recensement de 2011, ils étaient à 4.586.838, soit 8,9% de la population totale.

Bien que minoritaires, qui saurait mettre en doute leur poids économique ? Il saute aux yeux de tous que ce sont eux qui sont aux commandes de l’économie. Par conséquent, ils sont courtisés par tous les gouvernements, et respectés aussi.

De même, par le nombre de membres actifs sur le marché de l’emploi et de ses effets d’entrainement, économiquement parlant, les congolais de Sudaf peuvent être considérés comme une valeur sûre.

Tenez. Des centaines de milliers de congolais sont consommateurs de produits vendus dans des grandes surfaces ou ailleurs ; ils sont des usagers de transport public ou privé ; ils utilisent des téléphones portables ou fixes ; la grande majorité sont des locataires (et paient souvent des prix prohibitifs, soit 200$ pour une chambre de 4m2) ; les centaines de milliers d’employés congolais paient des taxes, etc.

Tout cela représente des grosses sommes d’argent générées par la diaspora congolaise au profit du Trésor public sud-africain. Partant, qui oserait mettre en doute l’impact économique de cette colonie sur le marché local ?

Mais à voir les affronts subis par les compatriotes, que ce soit face à la Police, soit de la part des officiels de l’administration publique, ou encore tels qu’ils sont perçus négativement par la majorité Noire sud-africaine comme des " profiteurs ", bien que nombreux, on pourrait dire : “ size does not matter " [la quantité importe peu] pour être considéré. Ce qui est injuste.

Que faire alors ?

Exposer son poids économique. C’est d’une évaluation chiffrée et détaillée de l’apport économique de la diaspora congolaise qu’il s’agit. Sans elle, les compatriotes ne seraient pris à tort que comme quantité négligeable. Et quand l’on est perçu ainsi, non seulement on ne pèse pas dans la balance, mais aussi quand viendront des troubles, personnes ne s’inquiètera de voir partir les " profiteurs ".

L’importance de telles études, c’est aussi de faire voir et aux autorités, et aux académiques et aux populations l’impact économique de cette diaspora. Elle a pour but aussi de se remettre en confiance.

En conséquence, lorsqu’ils sont menacés par la Police ou par les foules xénophobes, les officiels réfléchiraient deux fois avant de chercher à se débarrasser d’un apport financier considérable. Vu du camp congolais,  ce serait un moyen dissuasif.

Que pareille étude soit longue et ardue ne devrait pas décourager les compatriotes. Ils devraient savoir que personne d’autre ne la ferait à leur place. Et pour la faire, ce ne sont pas des tetes qui manquent dans la diaspora congolaise d’Afrique du Sud.

On y trouve des politiciens, des hommes d’affaires, des étudiants, des commerçants, des médecins, des avocats, des professeurs d’université, des journalistes, des chercheurs, des membres des ONG, des élèves, etc. Excusez du peu !

Il n’est pas non plus impossible de trouver des moyens pour solliciter et obtenir des fonds en vue de financer pareille étude. Des cotisations ou d’autres activités produites par la communauté peuvent y contribuer en premier.

Mais une question se pose : en sommes-nous seulement conscients ?

Tant que nous aurons ce déficit de prise de conscience, et que nombreux seront empêtrés dans des querelles de chapelles ; tant que nous exporterons dans le pays hôte les controverses qui nous divisent, plombent le developement de notre pays et bloquent la collaboration entre intellectuels de différentes provinces ; tant que chacun sera davantage préoccupé par son confort personnel et celui de sa famille, la communauté congolaise sera toujours la cible tant des foules xénophobes que de la Police sans que personne n’intervienne. Et nous serons toujours quantité négligeable …

 

 

CONGOLAIS DE L’A.S. ET

 DE TOUTE LA DIASPORA !

 

            Par Fungula Fumu Ngondji lemaniKongo

 

« Congolais de l’Afrique du Sud » (A.S.) est en rapport avec le lien ci-dessous qui vous permettra de visiter les réalités de la vie de nos compatriotes vivant en Afrique du Sud, tel que conté par l’une des meilleures plumes d’observateurs Congolais vivant dans cette région, en l’occurrence, Emmanuel Ngeleka. J’ai repris son titre pour deux raisons : j’ai un neveu qui vit dans ce pays avec une grande famille. De plus, le sujet de la Diaspora congolaise est au nombre de mes préoccupations depuis longtemps.

Comme Ngeleka, je me suis toujours demandé si la diaspora Congolaise serait-elle totalement inconsciente de la notion mathématique affirmant : « Size does matter ! »(le nombre ou le poids compte).

Récemment, sous le titre « Le Kongolais est le problème », j’avais évoqué les propos d’un leader noir Américain parlant du rôle que les Africains Américains pourraient jouer dans le développement de l’Afrique. Il disait : Nous sommes des Africains. Nous sommes tranquillement assis ici, contemplant les Juifs de ce pays élever l’état d’Israël au niveau d’une puissance conservatrice dans le Moyen Orient. Nous sommes concernés du sort de nos frères en Afrique. Nous sommes le groupe des Noirs le plus avancé technologiquement et il y a beaucoup de connaissances que nous pouvons offrir  à l’Afrique. »

Curieusement cependant, les Africains eux-mêmes, particulièrement les Congolais, semblent nullement concernés par le poids que représenterait les Noirs Américains dans le devenir politique, scientifique et économique du continent. Mais toutes les autres communautés étrangères vivant aux USA ont, par contre, une vision diamétralement opposée à celle des Africains.

Les Juifs, les Palestiniens, Iraniens, Irlandais, Rwandais, Nigeriens, Chinois, Japonais, Coreens, Philippines, Indiens, par exemple, sont parmi les communautés les plus actives et plus organisées des USA. Leurs structures sont si puissantes que même le Congres Américain ne peut prendre une décision concernant leur pays d’origine sans avoir, à la rigueur, consulté leurs représentants !

 

Pourquoi les Congolais sont-ils si inalpes à s’organiser et à s’unir ?

 

Cette question m’a intrigué pendant une longue période de ma vie autant que le petit groupe des camarades avec lesquels nous avons fondé, dans les années 70 à Kinshasa, le mouvement de la pensée révolutionnaire que nous appelons aujourd’hui les « Patriotes Kongolais de la Nouvelle Génération »(*). Ce qui nous amènera à des débats passionnés. Nous découvrirons, enfin, que contrairement à nos traditions ancestrales pour lesquelles l’unité familiale et clanique est le principe fondamental de toute action communautaire, les intellectuels Congolais sont, par contre, allergiques à l’esprit de l’union et de la concertation entre tendances divergentes.

La moindre idée de regroupement, de cohésion, de stratégie collective semble toujours paralyser ceux d’entre eux devenus fanatiques de la religion matérialiste.

Les leaders politiques Belges en avaient fait le constat très tôt lors de la table ronde de Bruxelles conduisant à la proclamation de notre pays à l’indépendance, le 30 juin 1960.

Je disais, en effet, dans un autre article récent, que les leaders congolais avaient été piégés à la table ronde de Bruxelles. Tenus hors des préparatifs de la conférence,  les délégués congolais n’avaient aucune idée  des batteries mises en marche par la Belgique pour les cueillir mains et pieds liés de la même manière que leurs ancêtres, dans les villages, savaient cueillir n’importe quel animal dans leurs pièges-trous à travers la jungle congolaise.

          Arrivés en Belgique sans la moindre consultation préliminaire entre eux pour déterminer la stratégie et  conduite à suivre pendant la durée des travaux, les belges mettront à leur disposition des conseillers autochtones sélectionnés par le gouvernement colonial avec mission d’assister les pauvres apprentis politiciens congolais dans la compréhension des questions débattues.

Le même gouvernement colonial avait  également formé des demoiselles blanches pour prendre soin des « negres » politiciens Congolais. Autrement dit, des prostitués pour les souler, leur tenir compagnie la nuit et déverser sur  leurs lits les tout nouveaux billets de banque leur distribués avant chaque séance par le président de la conférence. Tous les délégués congolais étaient aux anges! Sauf, bien entendu, Patrice Lumumba et Joseph Kasavubu. Ce dernier était toujours aux aguets des réactions de « ce communiste » comme les belges avaient déjà pontifié Lumumba.

 

Ayant ainsi pris la mesure des leaders du futur Congo indépendant, les dirigeants politiques, religieux et hommes d’affaires belges concluront qu'une fois les membres de la petite élite intellectuelle naïve du Congo auront pris possession de tous les postes du pouvoir, des belles villas, voitures de luxe, et vider les comptes en banque laissés par la hiérarchie coloniale, les conseillers belges retenus dans le cadre de la coopération technique seront libres de continuer à exploiter le Congo sans atermoiement.

 

Si les lumumbistes n’avaient pas agité les hommes des troupes en répandant, comme un feu de brousse, la déclaration du général Janssens prononcée devant un petit noyau des caporaux congolais selon laquelle l’armée resterait telle qu'’elle été avant comme après l’indépendance, les incidents ayant provoqué la panique et la fuite des belges n’aurait jamais eu lieu et l’histoire du Congo indépendant aurait probablement été différente de celle que nous vivons aujourd’hui. Telle est la racine du péché de la corruption qui ruine notre pays jusqu'à ce jour.

 

Comme le péché original que les membres de l’église chrétienne auraient hérité d’Adam et Eve, chaque fois que les Congolais tentent de s’organiser ou de s’unir pour le bien de tous, il y a toujours une bande d’entre eux qui, par ignorance, inconscience, ou pure stupidité sont toujours prêts pour semer la désolation.

 

Voila, en peu de mots, ou nous en sommes, en Afrique du Sud comme partout ailleurs dans la diaspora congolaise.

 

(*)Les Martyres Tata Simon Kimbangu et Patrice E. Lumumba, Red Lead Press, 701 Smithfield Street, Pittsburg, Pa 15222.)

 ( https://emmanuel1ngeleka.wordpress.com/2014/09/26/congolais-de-sudaf-quelle-visibilite/)

 

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