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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:22

Candidats ou demandeurs d’emploi?  
       
[9 Commentaires à cet article]


Ceni, Agence d’intérim?
 

A-t-on déjà vu pire dans une démocratie que ce qui se passe actuellement en RDC comme campagne électorale? 

Pour peu qu’on a déjà vécu une campagne électorale, une vraie, dans un pays démocratique autre que la République Démocratique du Congo, on ne peut qu’être étonné, voire scandalisé, par la façon dont se mène la campagne. D’une part, le président actuel, candidat à a propre succession, ne cesse de tout mélanger, et d’autre part, les candidats à la députation se comportent plus en demandeurs d’emploi qu’en de vrais candidats à une élection législative au niveau national. 

Le président-candidat n°3 

On ne saura jamais si c’est par manque de savoir ou par défiance que Joseph Kabila bat une campagne « fourre-tout ». Le moins qu’on puisse dire est que le candidat président confond tout. Il n’y a aucune différence entre la fonction de président de la république et sa candidature à ce même poste. Même le journal télévisé de la RTNC (télévision nationale congolaise chère au très incompétent Christophe Kolomoni N’Djibu) ne l’aide pas dans cette confusion. Ces derniers jours, le journal est composé à 90% des activités de son excellence président de la République candidat numéro 3 (sic !). Qu’on le montre recevoir des ambassadeurs, rencontrer des émissaires internationaux,ou assister à la rentrée judiciaire à Lubumbashi, traînent toujours à côté un drapeau du PPRD (ou un de ses clônes) ou une écharpe jaune flanquée du numéro 3. Qu’il aille inaugurer le nouveau poste frontière à Kasumbalesa en tant que chef de l’état, voilà que Moïse Katumbi, le gouverneur du Katanga à son côté, avec une chemise se campagne, invite l’assistance, diplomates invités compris, à voter pour le candidat numéro 3. L’histoire ne dit pas s’il signe désormais ses ordonnances avec le titre « candidat numéro 3 »… 

Les candidats demandeurs d’emploi 

Du côté des candidats à la députation nationale, le spectacle n’est pas triste non plus. Tous les candidats se comportent en demandeurs d’emploi. Leur discours tient à une seule rhétorique : « Moi, l’enfant du coin, accordez-moi votre confiance pour que j’aille vous défendre (contre qui ?). Vous connaissez ma générosité (on montre alors quelques « réalisations »), donnez-moi la chance d’avoir plus, vous aurez (peut-être !) plus de ma part! » Voilà à quoi se résume la campagne des candidats députés. Certains candidats de l’opposition ont même déjà oublié qu’ils sont eux-mêmes candidats à la députation nationale. Chaque fois qu’on les voit dans les médias, c’est pour qu’ils parlentuniquement de leur candidat président. A leur décharge, les candidats d el’oppostion ne pas des cadeaux!

Quelqu’un a-t-il déjà expliqué à ces candidats qu’un candidat à la députation nationale est avant tout un candidat à une majorité qui veut gouverner le pays. Il n’est en aucun cas un électron libre et encore moins un candidat qui a pour unique but de défendre la minorité à laquelle il appartient contre des forces obscurs. Son parti politique, qui l’a aligné est censé avoir un programme de gouvernement, des projets de reforme, des projets de lois pour améliorer le bien-être de la population. Hélas, en RDC, un candidat député est avant tout un demandeur d’emploi. Donnez-lui cet emploi, le reste n’est plus votre problème, ni le sien d’ailleurs… 

Pour certains, on ne sait même plus pour quel parti politique ils militent. Marcellin Chisambo, l’actuel gouverneur du Sud-Kivu est candidat dans la circonscription de Bukavu sur la liste d’un parti politique (Regroupement des Démocrates pour le Progrès - RDP) connu apparemment de lui seul. Quand son candidat président numéro 3 a fait sa tournée la semaine dernière dans le Sud-Kivu, on l’a vu à côté de son raïs arborant un tee-shirt et une écharpe du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie). 


Marcelin Chisambo sur les liste de la CENI


Marcelin Chisambo accompagnant son candidat avec d’autres couleurs

Seuls quelques initiés connaissent la raison de ce mélimélo : Croyant bénéficier de la manne distribuée par le raïs en vue de la campagne électorale, certains bonzes de la majorité se sont amusés à créer des partis politiques comme des champignons. Ils ont vite déchanté quand ils ont appris que, cette fois-ci, ils doivent eux-mêmes préfinancer leurs campagnes, le raïs n’interviendra qu’au prorata des résultats après les élections. Voilà de quoi dérouter les candidats chasseurs-cueilleurs… 

Quid de l’opposition? 

Alors qu’ne pareille circonstance on aurait pu s’attendre à une vraie alternative du côté e l’opposition, force est de constater que les candidats issus de l’opposition ne marquent pas le coup par une campagne différente de la majorité actuelle. Aucun candidat opposant à la présidence de la république, aucun parti politique d’opposition n’a aujourd’hui fournir un projet clair et chiffré pour relancer la RDC. Pour ne parler que d’un des grands fléaux de la RDC, personne ne sait combien d’emploi ils veulent créer et comment ils vont s’y prendre. A la place, que des slogans et quolibets hostiles au régime en place, quand ils ne se comparent pas, avec parfois beaucoup d’indécence à l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva du Brésil. Comment dès lors peut-on être sûr que ces opposants feront mieux que le pouvoir actuel ? D’aucuns objecteront que le plus important est aujourd’hui de faire partir Kabila. C’est vrai certes, mais il ne faut pas oublier que la dernière chute d’un dicteur eu Congo-Zaïre n’a fait qu’apporter une nouvelle race de prédateurs dont on peine à se débarrasser jusqu’aujourd’hui, toutes autres misères restant égales par ailleurs. Certains regrettent même le maréchal…

Par Patrice Mputu

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