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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:57

Bruit des bottes à l’Est: les FARDC en alerte maximale

RAPPORT DU MISSON ACCOMPLIE A KAMPALA-copie-2

(Le Potentiel Online 11/10/2013 - 10:36)

« Ils subiront un échec cuisant s’ils osent entreprendre quoi que ce soit », avise le colonel Hamuli. Les ennemis de la RDC sont prêts à lui déclarer la guerre. La Monusco conforte cette thèse, qui ne fait l’ombre d’aucun doute, indiquant être en possession des preuves matérielles sur le renforcement des positions militaires du M23. L’on est donc parti pour une guerre généralisée – la dynamique de Kampala se butant désormais à un mur d’incompréhensions. A Kinshasa, l’on est conscient du danger, aussi se dit-on « prêt à toute éventualité ». Même son de cloche du côté des FARDC où les troupes sont placées en état d’alerte maximale.

La situation sécuritaire dans l’Est s’est sensiblement détériorée ces derniers jours. Le récent passage dans la région des Grands Lacs d’une délégation des membres du Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas résolu le problème. Bien au contraire, la passivité dont a fait preuve les Nations unies a réconforté la thèse d’une issue militaire à la crise qui ronge terriblement cette région.

LE SPECTRE DE LA GUERRE

Dans la région, le décor d’une guerre imminente se met en place. Ce qui n’était qu’une simple rumeur il y a quelques jours a été confirmé par la Monusco, mercredi dernier, au cours de son point de presse hebdomadaire. En effet, le M23, appuyé comme toujours par le Rwanda, est en train de renforcer ses positions militaires.

Outre le déploiement par le Rwanda de ses troupes à la frontière avec la RDC, des sources locales font état d’une présence remarquée des militaires rwandais à Kavange et Bunagana, bastion du M23. Ces troupes rwandaises sont rentrées dans les deux localités par le flanc du volcan Gahinga.

Plus explicite, la Monusco dit disposer des preuves « matérielles » du fort dynamisme dont font preuve actuellement les unités combattantes du M23. La mission onusienne dit aussi détenir des preuves matérielles que la rébellion du M23 continue à renforcer ses positions et à recruter de force des enfants au Rwanda pour les intégrer dans ses rangs. C’est qu’a déclaré mercredi à Goma le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler qu’accompagnait le commandant de la Brigade spéciale de la Monusco, le général Dos Santos Cruz. « On a, d’une part, les négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23 et de l’autre, des rapports faisant état du recrutement forcé des jeunes gens au Rwanda. Ce sont des rapports que nous sommes en train de vérifier », déclaré Martin Kobler. « Nous avons beaucoup d’informations relatives au renforcement des positions du M23. Il est très important que la Société civile reste vigilante pour dénoncer ces choses. Nous ne savons pas avec précision l’origine de ces renforcements. Nous devons vérifier davantage ces informations », a indiqué pour sa part le général Dos Santos Cruz.

La vérité c’est que le M23 et le Rwanda sont en position de guerre. Depuis un temps, ils ne s’en cachent plus et la Monusco tente désespérément de colmater les brèches. Serait-ce une façon pour elle de se repentir en mettant le gouvernement devant ses responsabilités ? C’est fort probable. L’on se rappelle que dans une récente déclaration, le patron de la Monusco a clairement indiqué que la Monusco n’est pas en RDC pour se battre à la place de la RDC. La présence des troupes onusiennes en RDC, avait alors soutenu Martin Kobler, est juste pour apporter un soutien aux FARDC. C’est dire qu’en faisant part d’une forte présence des troupes rwandaises dans les zones contrôlées par le M23, la Monusco a voulu, d’une certaine manière, alerter le gouvernement pour qu’il prenne la mesure des enjeux et se comporte en conséquence. L’initiative de la défense de l’intégrité territoriale revient de droit (constitutionnellement parlant) à Kinshasa.

MORAL AU ZENITH

Contacté par notre Rédaction, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a vivement réagi à l’information relayée par la Monusco. Au gouvernement, on promet de faire face efficacement à cette nouvelle menace. « Nous sommes prêt à toute éventualité », a dit Lambert Mende, convaincu qu’avec les FARDC, qui se trouvent suffisamment rodés, « le pays sera défendu et bien défendu ». Même conviction dans les rangs des FARDC où son porte-parole, le colonel Hamuli, promet également l’apocalypse au M23 dans le cas où il relancerait les hostilités dans l’Est. « Nous nous sommes considérablement bien construits. Ils subiront un échec cuisant s’ils osent entreprendre quoi que ce soit », a déclaré le colonel Hamuli, joint au téléphone par notre rédaction.

ACTIVER L’ARTICLE 85

La situation de la partie Est devient de plus en plus préoccupante. Elle doit donc être prise au sérieux. Et la survie de la République en dépend énormément. L’insécurité qui prévaut dans l’Est constitue une menace contre la souveraineté du pays et de ses frontières héritées de la colonisation. A l’instant, elle a atteint son paroxysme. Raison de plus d’appeler à une mobilisation générale de l’ensemble de la population pour défendre la patrie en danger. Si le peuple doit jouer sa partition, il est temps aussi pour le chef de l’Etat, garant de la nation, d’activer le mécanisme prévu dans la Constitution, en pareilles circonstances. Il s’agit principalement de l’article 85 qui spécifique dans des termes clairs que « Lorsque des circonstances graves menacent, d’une manière immédiate l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège, après concertation avec le Premier ministre, et les présidents de deux chambres, conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution. Il en informe la nation par un message. Les modalités d’application, de l’état d’urgence et de l’état de siège sont déterminées par la loi ».

Par rapport à ce qui se passe dans l’Est, tous les ingrédients sont réunis pour mettre en place le mécanisme prévu dans cet article. Procéder ainsi, c’est redonner aussi confiance aux hommes des troupes qui sont au front et surtout, raffermir davantage la fibre patriotique au sein de la population. La mobilisation générale passe donc par là. Car le peuple attend désormais voir de ses dirigeants des actes qui rassurent en vue de mettre définitivement fin à la pieuvre qui charrie depuis plus d’une décennie la mort et le désespoir dans l’Est de la RDC.

AGENDA CACHE : AMPUTER LA RDC DU KIVU ET DE L’ITURI

Le risque qui se profile à l’horizon est cette amputation que le pays peut subir si jamais le M23, avec ses parrains, arrivaient à consolider le contrôle des localités conquises et le repeuplement par les communautés venues du Rwanda des villages abandonnés par les autochtones congolais du fait des conflits armés.

Le plan est déjà connu. Le régime de Kigali pousse le M23 à prendre le devant dans ce processus qui devrait conduire un jour à la déclaration de l’autodétermination des communautés transplantées. Tout se joue sur la résistance dont le M23 doit faire preuve face à Kinshasa. Quant à Kampala, il se prépare à s’emparer de l’Ituri, le moment venu. Conspiration, complot, complicité, tout se mêle et se conjugue aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RDC.

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