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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 08:36

Ayant perdu deux places au classement «Doing Business 2012» : les réformes plombées en RDC

Par BIENVENU MARIE BAKUMANYA, Le Potentiel


Le pari de réussir l?amélioration du climat des affaires en RDC demeure une gageure. Les réformes sont plombées. La RDC a périclité de deux places au classement «Doing business 2012».

Pendant qu?un «nouveau rapport de la SFI et de la Banque mondiale a enregistré un nombre record d?économies d?Afrique subsaharienne ayant amélioré leur réglementation des affaires pour les entrepreneurs au cours des 12 derniers mois», la République démocratique du Congo a reculé par rapport à l?exercice 2011.

Pour l?exercice 2011, Il était enregistré en effet, un bond spectaculaire de sept places au classement. La RDC avait occupé la 176ème place. En 2010 le pays était au fonds du classement à la 181ème place. Les réformes proposées par le comité mis en place avaient permis d?enregistrer ces avancées ainsi que ce résultat encourageant. Alors qu?il fallait poursuivre sur ce rythme soutenu les réformes amorcées, les autorités congolaises ont brillé par un relâchement inexplicable.

A titre d?illustration, la rubrique «Création d?entreprise», Le nombre total de procédures nécessaires pour l'enregistrement d'une entreprise est de 5 points pour l?OCDE. La moyenne africaine est de 8 points. La RDC est au-delà de cette moyenne africaine avec 10 points. Dans ce domaine, rien n?indique que des efforts avaient été fournis. Et pourtant, la création d?entreprise est un indicateur important. Quant au délai, la moyenne de l?OCDE est de 13 jours. La moyenne sur le continent est de 37, la RDC aligne 65 jours minimum pour la création d?une entreprise !

Sur les 10 indicateurs examinés, seul l?accès à l?électricité a enregistré une note positive par rapport à 2011. Deux points favorables étaient ainsi enregistrés. L?indicateur sur le «Transfert de propriété» a enregistré la plus forte dégradation de huit points, soit de 113 à 121 points.

Entreprendre dans un monde plus transparent évalue les réglementations affectant les entreprises locales dans 183 économies et classe les économies selon 10 domaines de la réglementation des affaires tels que la création d?entreprise, le solutionnement de l?insolvabilité ou le commerce transfrontalier. Cette année, le classement de la facilité de faire des affaires s?est étendu et inclut désormais des indicateurs sur le raccordement à l?électricité.

Le rapport 2012 note que «Le rythme d?amélioration des réglementations s?est accéléré en Afrique subsaharienne. Il y a 6 ans, un tiers des économies d?Afrique subsaharienne avait amélioré leur environnement réglementaire pour les entreprises locales. Entre juin 2010 et mai 2011, 36 des 46 gouvernements de la région ont mené à bien des réformes dans au moins un des 10 domaines étudiés par le rapport».

«L'entreprenariat est bridé quand les réglementations sont trop complexes ou onéreuses?, explique Augusto Lopez-Claros, directeur de l?unité de recherche sur les indicateurs et analyses du Groupe de la Banque mondiale, Global Indicators and Analysis. «Avec les changements effectués cette année, les gouvernements d?Afrique subsaharienne améliorent les perspectives pour les entreprises locales».

Pour la quatrième année consécutive, Maurice est le pays d?Afrique subsaharienne où la pratique des affaires est la plus aisée pour un entrepreneur, avec un 23ème rang au classement général. En mettant en ?uvre des réformes dans des domaines comme le paiement des taxes et impôts, l?obtention des prêts, la création d?entreprise, l?obtention des permis de construire, le transfert de propriété et le solutionnement de l?insolvabilité, Sao Tomé-et-Príncipe, le Cap-Vert, la Sierra Leone et le Burundi sont parmi les économies de la région qui ont le plus amélioré leur réglementation des affaires pour les entrepreneurs.

«Les économies sortant d?un conflit comme le Burundi, le Liberia et la Sierra Leone sont parmi celles qui ont mis en ?uvre de vastes réformes réglementaires», commente Sylvia Solf, auteur principal du rapport. «Ces pays ont prouvé que malgré les difficultés, les économies peuvent aller de l?avant pour soutenir l?entreprenariat».

SEPT PAS EN AVANT, DEUX EN ARRIERE

De nouvelles données montrent que l?amélioration de l?accès à l?information concernant la réglementation des affaires peut aider les entrepreneurs. Dans beaucoup de pays d?Afrique subsaharienne, obtenir des informations essentielles nécessite souvent de rencontrer physiquement un fonctionnaire de l?administration, ce qui démontre que faciliter l?accès à l?information reste l?un des domaines d?amélioration possibles dans la région.

Les avantages liés au statu quo ont eu raison de la volonté de mener à bon port les réformes envisagées. Le chef de l?Etat avait promis de juger le gouvernement sur pièce, par rapport à l?amélioration du climat des affaires. Le classement publié le 20 octobre est un cinglant camouflet contre l?Exécutif en ce qu?il fait étalage des insuffisances dans la conduite des réformes qui, du reste, sont plombées. Des pesanteurs ayant pour socle la perception des commissions occultes lors de la conclusion des marchés ou de la délivrance des licences ne favorisent pas une mise en ?uvre réelle des réformes arrêtées.

Avancer de sept places puis reculer de deux signifie que la volonté de s?en sortir définitivement à travers un cycle vertueux ne constitue pas une priorité. Et pourtant, le grand potentiel à l?état sauvage ne peut produire des richesses qu?avec un meilleur accès des investisseurs grâce à un climat des affaires juste, équitable, ?

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