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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:25

Autiste, Kabila mène une campagne qui fait pschitt !  


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Décidé à rempiler après cinq ans d’une navigation à vue en terme de gestion des affaires publiques, Kabila Kabange profite et abuse de son statut de président sortant pour s’attirer des foules mobilisées par les gouverneurs de province, tous étiquetés PPRD et présidents interfédéraux du parti héritier des CPP et de l’AFDL.

Dans le Kivu comme au Katanga où il s’est déjà rendu pour solliciter le suffrage des ex-Zaïrois, écoles, magasins et services publics ont été fermés pour accueillir le candidat du PPRD et alliés. 

Sous Mobutu, pareille mobilisation aurait été normale. Car, le MPR était un parti-Etat. Ce que ne peut prétendre être le PPRD quand bien même nul n’ignore que ce parti singe jusqu’à l’absurde celui fondé par Mobutu Sese Seko. 

Mieux que le MPR, le PPRD s’est offert les services de la quasi-totalité des musiciens congolais, d’acteurs de théâtre, d’autres nombreux lèche-pieds et ne s’est pas gêné de battre le rappel des ambassadeurs congolais pour prendre part à la campagne électorale. Kikaya bin Karubi, ambassadeur de la RDC au Royaume Uni était aux cotés de Kabila à Kindu ; son collègue Mova Sakanyi, ambassadeur auprès du Royaume de Belgique, faisait partie de l’équipe de campagne de Kabila à l’étape de Lubumbashi. Les deux ambassadeurs, pour ne citer qu’eux, s’invitent sur les plateaux de télévision pour appeler à l’élection de Kabila au motif qu’il faut lui permettre de continuer son œuvre de la reconstruction et de la modernisation du Congo à démocratiser.

Mais, ce discours de campagne à la con ne soulève pas de foules. Et pour cause, Kabila est très éloigné des préoccupations de ses compatriotes que d’aucuns ont fini par se faire la conviction selon laquelle le successeur désigné à Laurent-Désiré Kabila ka Makolo serait atteint de l’autisme au point d’avoir des trous de mémoire irréversibles qui l’empêchent de relier le passé au présent et d’envisager raisonnablement le futur.

Que Kabila affirme le plus sérieusement du monde que toutes les promesses qu’il avait faites en 2006 ont été réalisées, il y a lieu de se demander si une telle assertion n’a pas dépassé sa pensée. Sinon, comment quelqu’un qui préside à la destinée du Congo depuis plus de dix longues années peut ignorer que des pans entiers du territoire national sont conquis par des bandes armées congolaises et étrangères qui y sèment non seulement les viols mais aussi mort et désolation ? Faut-il, en plus, rire ou pleurer quand on sait qu’à Kinshasa, la capitale et siège des institutions de la République la force n’est pas seulement à la loi mais aussi à la loi de la force incarnée par des bandits version light appelés « Kuluna » que certains cadres du PPRD ont le toupet de considérer comme des « indignés » ?

A la vérité, le discours de campagne de Kabila a déçu plus d’un congolais surtout au Katanga où le champion du PPRD a cru emballer la foule en promettant la construction d’un nouveau stade de football, la réhabilitation de l’hôpital Sendwe et de la SNCC. En quoi, ces promesses qui n’engagent que ceux qui y croient vont-elles contribuer à la création d’emploi ou à faire baisser le chômage ? Le quotidien des Katangais, Kabila n’en a cure. D’ailleurs, le fait que son discours de Lubumbashi n’a duré que cinq bonnes minutes est bien révélateur de ce que Kabila Kabange n’est pas en capacité de répondre aux préoccupations des Lushois et autres Katangais, voire de nombre de Congolais qui pivotent essentiellement autour de la nécessité de nouer les deux bouts du mois.

Alors qu’il pensait pouvoir s’attirer la sympathie des Katangais en leur faisant miroiter la construction d’un nouveau stade, promesse déjà faite dans le Kivu, Kabila a plus que déçu et son discours est très critiqué par les Lushois qui n’y ont vu qu’un épais rideau de fumée comparable à ce qui se faisait dans la Rome antique où les divertissements devinrent les priorités de la politique impériale et constituèrent le lot quotidien d’un public oisif.

Comme aux Romains autrefois, la kabilie offre des jeux aux ex-Zaïrois avec pour objectif de les amener à oublier leurs misères.

En attendant, Kabila poursuit sa campagne et adapte son discours selon le public. Aussi, va-t-il vendre, à l’étape du Kasaï, la construction de la centrale de Katende censée sortir les deux Kasaï des ténèbres d’où le mobutisme et le kabilisme n’ont jamais eu la volonté politique de les sortir.

Ce discours qui relève de l’escroquerie politique ne passera. Car, les Kasaïens qui ne sont pas amnésiques n’ont pas oublié que c’est dès 1997 que le régime des Kabila avait combattu le projet de la construction de la centrale de Katende préférant à la place l’électrification du Kasaï par le soutirage à partir de la ligne Inga-Shaba qui n’a été réalisée que dans le monde des idées. Avec comme circonstance aggravante que le régime des Kabila s’est servi de la Miba pour financer la guerre résultant de la mauvaise gestion des ambitions entre les membres de l’AFDL avant de provoquer sa banqueroute.

Par Raymond LUAULA (congoone.net)

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