Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:49

Après la victoire militaire, pas de paix durable à l’Est de la République du Congo RDC sans réhabilitation des femmes victimes des viols massifs et des enfants nés de ces viols pour recréer le » vivre ensemble »

(Par TOKWAULU AENA Bernadette, Ecrivain, analyste politique)

ViolenceF

Si la défaite militaire des rebelles du M23, énième rébellion instrumentalisée et soutenue par le Rwanda est effective, leur victoire dans la guerre psychologique par les viols massifs des femmes congolaises reste totale. Seule la réhabilitation des femmes victimes des viols massifs et des enfants nés de ces viols permettra le rétablissement d’une paix durable en RDC en recréant le « vivre ensemble ».

Les viols massifs des femmes sont une arme de destruction massive à effets durables.

Ils participent à une stratégie de terreur pour la colonisation des terres.

Des hordes d’Attila, aux armées de Gengis Khan jusqu’aux serbes en Bosnie, les viols massifs constituent une stratégie de la terre brulée pour une nouvelle colonisation. A l’approche des barbares les populations terrorisées fuient les villages sans combattre. Les barbares s’emparent alors des terres et y installent leurs populations.

Les viols massifs des femmes congolaises ont eu pour effet de faire fuir les populations des tribus autochtones, de priver l’agriculture de sa main d’œuvre puisque ce sont les femmes qui cultivent. Sur les riches terres abandonnées, on y importe sa population pour l’installer aux côtés des populations tutsies congolaises.

On exploite alors le coltan ou on pratique l’élevage au lieu de cultiver les terres.

Les viols massifs des femmes sont une arme biologique implacable. On contamine les femmes des tribus congolaises autochtones avec le virus du sida. On condamne ces femme à une morte lente, infamante et solitaire. On rend les femmes, malades inaptes à l’agriculture donc à la refondation des communautés. De plus lorsque les femmes atteintes sont sous la coupe de pasteurs ou de guérisseurs qui par des prières ou des incantations sont sensés guérir du sida, elles vont contaminer d’autres populations en dehors du cercle communautaire d’où elles ont été chassées.

Les viols massifs des femmes congolaises sont une méthode d’épuration ethnique. Elle vise à séparer les tribus autochtones congolaises des populations tutsies congolaises qui jusque là vivaient en paix.

Lorsque les troupes rebelles d’origine tutsie s’adonnent au viol des femmes autochtones congolaises en préservant les femmes tutsie congolaises, il se créé une séparation des populations par repli identitaire.

Cette stratégie de repli identitaire a été utilisée par Hitler pour séparer les populations aryennes des populations victimes juives. Les populations préservées se désolidarisent des populations victimes par instinct de survie ou par intérêts.

L’objectif poursuivi est de créer une impossibilité de vivre ensemble. Les aryens restent en ville et les juifs sont parqués dans des ghettos et envoyés dans les camps de concentration.

De même les populations tutsies congolaises restent dans les villages avec les populations tutsie rwandaises fraichement installées. Quant aux populations autochtones congolaises elles s’enfuient dans des camps de refugiés dans leur propre pays.

Au fantasme hitlérien de création d’une grande Allemagne réunissant tous les peuples allemands d’Europe répond le fantasme de création d’un tutsiland eldorado réunissant les tutsies du RWANDA, de tous les pays limitrophes et ceux se trouvant dans les camps de réfugiés de la région.

Les effets les plus dévastateurs et les plus durables des viols massifs sont psychologiques et spirituels.

Par les viols massifs les Serbes ont engrossé systématiquement des femmes bosniaques pour leur faire porter les enfants de l’éthnie ennemie. C’est une guerre psychologique de «batardisation » de l’ethnie ennemie.

Dans l’Est de la RDC la plupart des tribus autochtones et les tutsie congolais pratiquent le mariage endogamique. En clair, ils ne se mélangent pas.

Par les viols massifs des femmes bantous congolaises, on« batardise » de force les tribus autochtones pendant que l’ethnie des rebelles reste pure.

Pour combler de difficultés d’assimilation, les enfants nés des viols portent le plus souvent les caractéristiques physiques des violeurs en milieu bantou. Ils sont les marques vivantes de l’infamie et de l’humiliation des familles et des tribus.

Les viols massifs des femmes congolaises s’attaquent à l’âme des peuples par la destruction de la croyance au pouvoir des ancêtres.

Les viols massifs des femmes signent l’incapacité des ancêtres à protéger. Le pouvoir des ancêtres réside souvent dans la nudité des femmes. C’est la « sorcellerie de la fente ». La femme détient le pouvoir de sorcellerie parce qu’elle porte et met au monde les enfants ; opération divine. Une femme qui se met volontairement nue en public lance une malédiction sur sa victime ou sur la communauté.

Cette nudité forcée, violée, sodomisée, torturée, humiliée en public n’est-elle pas une malédiction pour les siens et pour toute la communauté ? Celui qui regarde la fente par laquelle il est venu au monde n’est-il pas maudit ? Où est le pouvoir des ancêtres dans ce corps de femme torturée et humiliée devant les siens par des soudards au facies ennemi ? Qu’est ce qu’un guerrier mai mai sans la protection des ancêtres ?

Les viols massifs des femmes congolaises sont une MALEDICTION ;

Comment rétablir une paix durable dans cet environnement apocalyptique ?

Par la réhabilitation des femmes victimes des viols et celle des enfants issus de ces viols.

Les femmes victimes des viols et les enfants issus de ces viols portent la marque de l’infamie. Ils sont les signes de la malédiction. Il faut donc transformer la malédiction en bénédiction. Il faut réhabiliter ces victimes en leur redonnant une dignité au sein des communautés.

Il faut réparer ce qui a été détruit.

1. Les femmes violées doivent être physiquement réparées. Dans son hôpital de Panzi, le Dr MUKWEGE répare inlassablement les vagins, utérus, vessies, intestins et anus détruits par les viols.

2. Les femmes violées doivent avoir accès au médicament anti-rétroviraux, car elles ont été contaminées par le sida. Elles doivent avoir accès aux médicaments liés aux maladies récurrentes après viols résultants d’appareil génital, de voie urinaire et de voies digestives fragilisés et sujets à des maladies à répétition.

3. Les femmes violées doivent avoir accès au logement avec des latrines hygièniques et de l’eau potable. Face à un appareil génital et des voies urinaires fragilisées les latrines indigènes ou ou l’absence de latrines provoquent des maladies. Boire fréquemment de l’eau potable permet d’uriner régulièrement et d’éviter les infections urinaires. Cela permet également d’avoir des selles fluides ménageant des intestins et un anus fragilisé.

4. Les femmes violées doivent devenir propriétaires de leur logement, de leur lopin de terre, de leurs matériels agricoles. Elles doivent être maîtresse de leur commerce. Si elles ne récupèrent pas leurs maris dans leur lit pour cause de séropositivité, elles le récupéreront dans leur maison par intérêt et sécurité. Ces femmes retrouveront leur fonction nourricière. C’est la magie de la solidarité africaine par l’argent.

5. Les petites filles, les petits garçons, les jeunes filles et les jeunes garçons victimes des viols en plus d’être réparés et avoir accès aux médicaments doivent être scolarisés. Ils doivent avoir accès à l’apprentissage et à l’Université. Pour ce faire, ils doivent obtenir des bources d’études.

6. Les enfants issus des viols doivent être financièrement pris en charge auprès de leur mère s’ils n’ont pas été abandonnés ou auprès d’orphelinat. Il faut aussi leur donner la possibilité d’être adopté en RDC, au RWANDA ou dans d’autres pays étrangers.

Ces enfants doivent être scolarisés, et faire des études grâce à des bourses d’étude. Il faut se souvenir qu’il suffit de quinze années d’abandon pour transformer un enfant en soldat de la haine.

7. De manière générale la femme congolaise dans toute la RDC est victime collatérale des viols massifs à l’EST. Les femmes qu’on appelait « maman » sous le régime de MOBUTU ne sont plus respectées. Les jeunes filles même scolarisé, étudiantes se livrent à une prostitution assumée.

Comment être une femme respectée ou se respecter lorsque la femme congolaise n’est plus qu’un vagin béant territoire du conflit ?

La réhabilitation de la femme congolaise passe par une mise en place systématique d’une politique d’empowerment de la femme congolaise comme en Afrique du Sud. Le premier espace d’empowerment est l’espace politique, le plus visible.

Par qui ces actions de réhabilitation doivent être mis enœuvre ? Par les premiers responsables de la situation à savoir l’Etat Congolais et les Nations Unies par ses agences spécialisées

L’Etat congolais est responsable pour n’avoir pas su protéger son territoire et sa population depuis 1994.

La responsabilité des Nations Unies est engagée. A la suite de l’affreux génocide intervenu au RWANDA en 1994, la Communauté Internationale par le biais du Haut Commissariat aux refugiés des Nations Unies a demandé au Zaïre de MOBUTU d’ouvrir ses frontières aux refugiés RWANDAIS en fuite. Le HCR a laissé entrer dans les camps de refugiés les ex Forces armées Rwandaises et les miliciens interhamwe génocidaires avec armes et bagages ouvrant ainsi la boîte de pandore. Avant cette période, il n’y avait pas de vils massifs en RDC.

Depuis cette période le RWANDA du Président Paul KAGAME n’a eu de cesser d’instruimentaliser les rebellions en RDC pour d’abord faire la chasse et exterminer les hutus génocidaires, puis pour tenter de créer à ses frontières une zone tampon de sécurité, ensuite l’appétit venant en mangeant pour exploiter le coltan du sang congolais et au final pour balkaniser la RDC en créant un territoire à population homogène pour décongestionner le RWANDA surpeuplé.

Il faut ajouter à ce sombre tableau les violences des forces négatives rwandaises génocidaires qui n’ont aucun intérêt à rentrer au RWANDA en l’absence d’un dialogue interrwandais ou une commission venté-réconciliation suivi d’un pardon comme les blancs et les noirs d’Afrique du Sud.

La RDC et les Nations Unies doivent se concerter pour créer un statut similaire à celui des refugies des Nations Unies pour organiser et financer les actions en faveur des femmes victimes des viols et des enfants nés de ces viols. Il en est de même pour la politique d’empowerment de la femme congolaise avec le concours de la Banque Mondiale.

Le gouvernement congolais doit créer un statut de combattantes mutilées de guerre pour les femmes violées. Ainsi, il n’y aura plus de honte à avoir été violée que d’avoir perdu un œil, un bras ou une jambe au combat.

Nous voulons voir des femmes violées et le Docteur MUKWEGE décorés à titre symbolique.

Effaçons la honte pour vivre à nouveau ensemble.

Et la responsabilité du RWANDA et des rebelles ?.......

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com