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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 10:08

Kindu, Tingi-Tingi, Mugunga, Makobola, Kasika, Ankoro, Mbandaka, Bundu dia Kongo, Kasai : panique à Kinshasa !
By lephare - 19 juin 2017

Un vent de panique s’observe à Kinshasa, au sein des institutions de la République, depuis que le parquet de Bruxelles a décidé, en milieu de semaine dernière, d’ouvrir une instruction judiciaire à charge d’Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice, à la suite d’une plainte déposée contre lui par les familles des victimes ayant péri dans l’avion détruit par un missile Sam 7 des rebelles du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), en octobre 1998 au-dessus de l’aéroport de Kindu. Le rappel, par le juge belge Michel
Claise, qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité et que ce type de crimes ont un caractère imperceptible a fait glacer le sang de plus d’un ancien seigneur de guerre.

L’autre observation faite par le même magistrat, à savoir que
l’illustre prévenu est justiciable devant les cours et tribunaux
belges en raison de son statut de « résident permanent » au Royaume de
Belgique, a semé la panique dans les rangs d’anciens sociétaires de
mouvements rebelles comme de l’ancien régime de Kinshasa, porteurs du
statut de « résidents » en Belgique, en France, en Italie, en
Grande-Bretagne, aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada ou ailleurs ou
tout simplement de la double nationalité. La double carapace apparaît,
en ce moment, comme un couteau à double tranchant.

Kindu, Tingi-Tingi, Mugunga, Makobola, Kasika, Ankoro, Mbandaka, Bundu
dia Kongo, Kasaï

Le juge belge a également refroidi l’ardeur de Thambwe Mwamba
lui-même et de tous ceux qui se sont précipités à défendre sa cause en
soulignant que l’immunité ne compte pas dans les dossiers des crimes
de guerre et crimes contre l’humanité. Un des avocats du ministre,
sans préjuger de la suite du dossier, a d’ores et déjà fait savoir que
l’intéressé, qui affiche un âge fort avancé (77 ans et qui souffre de
diabète, ne saurait pas, au pire, supporter un séjour carcéral, fût-ce
pour une courte détention.
Le rebondissement de l’affaire de l’attentat criminel contre l’avion
de Congo Airlines peu après son décollage de l’aéroport de Kindu
pourrait donner lieu, si l’on y prend garde, à l’allongement de la
liste des prévenus. Tous les donneurs d’ordre et auteurs de crime
contre l’humanité, dont un grand nombre évolue encore dans les
institutions de la république (Sénat, Assemblée Nationale,
Gouvernement, gouvernorat des provinces, entreprises publiques, armée
et police nationales, services des renseignements), pourraient voir
atterrir sur leurs tables de travail et dans leurs résidences, en
Europe ou en RDC, des mandats de comparution devant la justice
internationale.
Il n’est pas impossible que les choses se compliquent pour beaucoup
et que leur carrière politique ne connaisse un brutal coup d’arrêt,
comme c’était déjà le cas pour Jean-Pierre Bemba, ancien sénateur et
vice-président de la République. Il y a aussi une probabilité de
réouverture des dossiers des massacres de Tingi-Tingi, Mugunga,
Makobola, Kasika, Mbandaka, Bundu dia Kongo et autres à charge des
filles et fils de ce pays qui étaient convaincus que le tableau était
« effacé » à jamais depuis leur participation au Dialogue
Intercongolais (2002-2003) ainsi que leur présence dans les
différentes institutions de la République. L’impérium qui leur confère
un maximum d’immunité en interne peut fondre comme neige au soleil
devant la justice internationale. Thomas Lubanga, Mathieu Ngudjolo,
Germain Katanga, Jean-Pierre Bemba, Bosco Ntaganda, Fidèle Babala, Me
Kilolo et autres consorts en savent quelque chose.

L’autre sujet d’inquiétude pour nombre de membres des institutions de
la République se trouve être le dossier du Grand Kasaï, pour lequel
les Nations Unies, l’Union Européenne, les USA, la Suède ainsi que de
nombreuses organisations tant nationales qu’internationales des droits
de l’homme exigent, avec insistance, l’ouverture d’une enquête
internationale. Des noms sont certes cités tant au sein de la classe
politique que des services spéciaux et de plusieurs membres des FARDC
déjà sous le coup de poursuites judicaires mais cela ne semble pas
satisfaire la communauté internationale, qui tient à ce que tous les
commanditaires et auteurs soient identifiés et sanctionnés.
La tolérance-zéro contre tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin
aux violences qui touchent le Grand Kasai a de quoi donner des
insomnies à tous ceux qui pensaient jouir d’une éternelle impunité,
après avoir fait couler le sang des innocents. A l’image de Cain de la
Saint Bible, l’heure de rendre compte à la justice a sonné.
Kimp
-0-
Rubrique : Actualité
Kasaï : les USA accusent le Conseil des DH de passivité
Washington ne décolère pas à la suite des atermoiements du Conseil
des Droits de l’Homme des Nations Unies à répondre à sa demande
pressante d’une enquête internationale sur les violences au Kasaï
ainsi que sur le double assassinat des experts onusiens Zaina Catalan
et Michael Sharp. Pas plus tard que le dernier week-end, la
représentante américaine au Conseil de Sécurité, Nikki Haley, est
remontée au créneau pour se plaindre de la lenteur que met le Haut
Commissariat Général des Nations Unies aux Droits de l’Homme pour
lever une claire option à imposer au gouvernement congolais.

Le pays de Donald Trump estime que la gravité des atrocités que
connaît le centre de la République Démocratique du Congo n’autorise
aucune hésitation. Nikki Haley soutient que de nouveaux rapports lui
parvenus indiquent que les forces armées et de sécurité congolaises
continuent de s’illustrer par des exécutions sommaires d’innocents et
des viols massifs des femmes dans le Grand Kasai. L’unique façon
d’arrêter ce cycle de violences, à son avis, serait l’ouverture sans
délai d’une enquête internationale. La présence d’enquêteurs étrangers
et indépendants, pense-t-elle, devrait permettre d’éclairer les crimes
passés et présents qui se commettent dans cette partie de la
République Démocratique du Congo.
Nikki Haley a même brandi la menace du retrait des Etats-Unis
d’Amérique du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies si les
zones d’ombres qui couvrent les violences au Kasaï n’étaient pas
rapidement éclaircies. Le décor qu’elle vient de planter laisser
penser que Washington ne serait pas loin de prendre ses responsables
pour connaître la vérité sur l’assassinat du citoyen américain Michael
Sharp et de la Suédoise Zaina Catalan.
Par conséquent, la position du Conseil des Droits de l’Homme des
Nations, qui est appelé à siéger et à rendre publique sa décision sur
le dossier des massacres du Grand kasaï au courant de cette semaine
est fiévreusement attendue du côté de Washington. Mais l’on signale
que deux camps se sont pratiquement dessinés à Genève parmi les 47
Etats membres. Alors que le bloc occidental exige une enquête
internationale et des sanctions exemplaires contre les parrains et
auteurs des violences, le camp des Africains plaide pour une
condamnation de forme et une assistance logistique de la communauté
internationale aux autorités congolaises dans la conduite des enquêtes
additionnelles et l’ouverture de procès contre les présumés coupables.
Kimp

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