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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:48

Les élites anglo-saxonnes vont -elles déstabiliser l’Angola avec la mort déjà annoncée de Dos Santos ?

Jeune Afrique, dans son édition du 17 et 19 mai dernier, s’inquiète de l’état de santé du président angolais, Edouardo Dos Santos. On peut tranquillement lire des titres assez révélateurs sur le site du journal : « Angola : Dos Santos malade, la guerre de succession a commencé ». L’homme qui a régné plus de 38 ans au pouvoir en Angola, et qui est aujourd’hui âgé de 74 ans, serait malade et même en convalescence à Barcelone. Certes que cette nouvelle ne veut rien dire, mais on a encore fraichement en mémoire la convalescence du feu Mobutu dans La Villa Del Mare, à Roquebrune-Cap-Martin. Et selon les mêmes sources, « certains médias angolais l’auraient annoncé « entre la vie et la mort ».

Pourquoi intéressons-nous à l’Angola ce jour et surtout à ce qui risque de s’y passer ? Ce n’est pas assez suffisant de dire que l’Angola est voisin du Congo-Kinshasa. Ce pays, à l’instar du Rwanda de Paul Kagamé et l’Ouganda de Museveni, on pourrait en citer d’autres, a non seulement été invité et associé à la célébration de la messe noire de l’élite anglo-saxonne sur le Congo-Kinshasa, et qui a abouti au départ de Mobutu, mais a également participé et participe depuis mai 1997 à la sous-traitance de la gestion de ce qui reste du Congo-Kinshasa, et ce, pour le compte de ses nouveaux maîtres anglo-saxons. (Voir les accords militaires que l’Angola vient de signer récemment avec les USA). ´

De ce qui précède, on pourrait tirer la conclusion suivante. Pendant que le Rwanda et Kagamé gérait l’est du Congo, tout en maintenant « Joseph Kabila » à Kinshasa, l’Angola assurait également la sécurité et la protection de Kinshasa au même moment qu’il contrôlait l’Ouest du Congo, notamment le Bas-Congo, le Bandundu.

Aujourd'hui, « l’homme fort » de l’Angola, qui a aussi « fait » et soutenu « Joseph Kabila » à la tête du Congo, ce, pendant plus de 20 ans et en collaboration avec le Rwanda, serait en train de mourir, un « autre homme fort », comme les Anglo-saxons les adorent, Paul Kagamé du Rwanda, qui lui n’est pas malade, aura les coudées franches pour agir, et agir désormais seul, sans rival, sans compétition dans la région de Grands- Lacs. L’élite anglo-saxonne a toujours travaillé avec des « hommes forts ». Trump ne fait pas exception. Dès son accession au pouvoir aux USA, il a envoyé des signaux par son soutien à l’homme fort d’Égypte, le général Al-Sisi. Mais restons sur la question qui fait l’objet de notre préoccupation actuelle. Qu’est-ce qui pourrait se passer au Congo-Kinshasa et voire en Angola après la disparition de Dos Santos ?

L’histoire récente de la maladie de Mobutu, nous renseigne sur la véritable nature de l’élite anglo-saxonne. Elle n’a pas d’état d’âme, ni d’amis, surtout pas quand ces derniers sont faibles, fabriqués et dépendants de son bon vouloir. Pas quand l’Occident se cherche un autre adversaire après sa fameuse guerre froide et la disparition de l’URSS. Et il l’a déjà trouvé dans sa guerre qui ne dit pas son nom contre la Chine et la Russie aujourd’hui. La Syrie en est le lieu d’affrontement. Et bientôt, après la tournée de Trump en Arabie et au Qatar vient le tour du sud-Liban entre Hezbollah et Israël.

Dès lors, rien ne pourrait l’empêcher de déstabiliser l’Angola comme ce fut le cas avec le Congo-Kinshasa après la nouvelle de la maladie de Mobutu. Et qui, disons- le en passant, a servi le maître anglo-saxon, et sans le trahir, ce, jusqu’à la fin de sa vie. Il n’y a pas de loyauté pour le service rendu. Ce n’est pas le nouveau contrat Angola-anglo-saxon, signé dans la précipitation et par peur de la part de l’Angola, qui pourrait l’en dissuader. Les USA ont les mêmes contrats avec le Rwanda de Paul Kagamé. La « stratégie du choc », chère à Naomi Klein, et du chaos, comme mode de gestion des États-nations à affaiblir pour faciliter leur instrumentation et domination soutiennent les intérêts de puissances. « La puissance n’est rien, ou plutôt ne réalise rien, s’il n’existe pas la volonté de la mettre en œuvre. Elle est la "capacité à pouvoir ce que l’on veut" ». Que veut l’Occident ? Qu’il soit et demeure Rome, l’empire. Dick Cheney à West point en 2002 : « Le Plan, c’est que les États-Unis gouvernent le monde. Le thème déclaré est l’unilatéralisme, mais c’est en définitive une histoire de domination. Il exige que les États-Unis maintiennent leur écrasante supériorité et empêchent l’émergence de nouveaux pouvoirs susceptibles de les concurrencer sur le théâtre du monde. Il implique leur domination sur tous, amis comme ennemis. Il ne dit pas que les États-Unis doivent être plus puissants ou aussi puissants que possible, mais qu’ils doivent être absolument puissants. »

Pour conclure, je me demande si l’Angola aura été aveugle en acceptant de participer au chaos instauré au Congo-Kinshasa, à l’affaiblissement de ce pays et aux menaces qui pèsent lourdement sur son intégrité. Est-ce que la guerre d’Angola par l’entremise de proxys Rwando-ougandais aura-t-elle lieu ? Ce qui se passe actuellement dans le Kasaï a l’air de jeter les bases de l’histoire de demain dans la région. Voilà pourquoi « Joseph Kabila » risque de rester à la tête de ce qui reste encore du Congo.

Le lendemain dans la région des Grands- Lacs est sombre. Si seulement les Congolais pouvaient démentir l’histoire et mettre tout le monde devant un fait accompli ?

Je rêve... Mais c’est au nom de ma liberté et façon d’utiliser mon mur de Facebook.

Mufoncol Tshiyoyo

Légende: Edouardo s'en va ...

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