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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:53

RDC : L’ONU parle desormais de 40 fosses communes

Des enquêteurs des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) ont confirmé l’existence d’au moins 17 nouvelles fosses communes dans la province du Kasaï Central, qui est...

 

By Rédaction Actualité.cd

19 avril 2017

 

Des enquêteurs des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) ont confirmé l’existence d’au moins 17 nouvelles fosses communes dans la province du Kasaï Central, qui est le théâtre d’affrontements entre militaires et combattants d’une milice locale connue sous le nom de Kamuina Nsapu, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Cela porte à 40 le nombre total de fosses communes documentées par les Nations Unies dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental depuis août 2016.

« La découverte de nouvelles fosses communes et les rapports faisant état de violations et d’atteintes continues aux droits de l’homme témoignent de l’horreur persistante dans les provinces de Kasaï au cours des neuf derniers mois », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Il est absolument essentiel que le gouvernement de la RDC prenne les mesures nécessaires, et jusqu’ici absentes, pour qu’une enquête immédiate, transparente et indépendante, qui établisse les faits et les circonstances des violations et atteintes aux droits de l’homme et à la justice, soit mise en place », a-t-il ajouté.

Le HCDH a offert son assistance afin de mener une enquête crédible de la sorte. « Nous réitérons notre demande d’accéder à tous les sites où se trouvent les fosses communes, ainsi qu’à tous les témoins, y compris ceux en détention, et à d’autres informations pertinentes nécessaires pour déterminer qui est responsable à tous les niveaux », a déclaré le Haut-Commissaire. M. Zeid a souligné que dans le cas où une enquête nationale n’aurait pas lieu, il n’hésiterait pas à demander à la communauté internationale de soutenir une enquête menée par un mécanisme international, y compris par la Cour pénale internationale (CPI).

La présence de nouvelles fosses communes a été confirmée lors d’une enquête menée dans la province du Kasaï Central entre les 5 et 7 avril 2017 par une équipe composée du personnel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et de la Police des Nations Unies (UNPOL).

Quinze de ces fosses communes se trouvaient dans un cimetière dans la ville de Tshimbulu et deux autres dans la localité de Tshienke. L’équipe des Nations Unies a reçu des informations selon lesquelles des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient creusé ces tombes suite à des affrontements avec des miliciens présumés de Kamuina Nsapu entre les 26 et 28 mars. Au moins 74 personnes, dont 30 enfants, auraient été tuées par des militaires lors de ces affrontements.

L’équipe des Nations Unies s’est également rendue à Kananga afin de collecter des informations sur des allégations de violations et d’atteintes aux droits de l’homme commises dans cette ville. Entre les 28 et 30 mars, les militaires des FARDC auraient tué par balle au moins 40 personnes, dont 11 enfants et 12 femmes, dans la commune de Nganza de la ville de Kananga, et blessé au moins 21 autres. La plupart des victimes auraient été tuées dans leurs maisons, alors que des militaires faisaient du porte-à-porte pour traquer les miliciens.

Deux des victimes sont décédées à l’hôpital tandis que les 38 autres auraient été enterrées par la population locale dans trois fosses communes. Des militaires des FARDC auraient aussi enterré un nombre indéterminé de corps dans une quatrième fosse commune dans le cimetière de Nganza.

Le BCNUDH a également reçu des informations faisant état du viol d’au moins deux femmes et trois filles par des militaires des FARDC pendant la même opération à Nganza. Des membres des forces de défense et de sécurité seraient aussi responsables de l’arrestation arbitraire et de la détention illégale de 27 personnes, dont 10 garçons et une fille de 15 ans.

Les enquêteurs des Nations Unies, qui se sont également rendus dans la commune de Katoka de la ville de Kananga, ont reçu des informations selon lesquelles, pendant des opérations de ratissage conduites par des agents de la Police nationale congolaise (PNC) le 28 mars, un homme de 23 ans, un garçon de 17 ans et un bébé d’un mois ont aussi été tués. L’équipe des Nations Unies a appris que le bébé aurait été mortellement blessé après avoir été piétiné par des agents de police qui fouillaient leur maison.

La milice Kamuina Nsapu, loyale à un chef coutumier tué par l’armée le 12 août de l’année dernière, est accusée de recruter des centaines d’enfants dans ses rangs et de cibler des agents et symboles de l’Etat, y compris des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des hôpitaux, des commissariats de police et des églises.

Avec le Centre des actualités de l’ONU

Kasaï: le Haut Commissaire de l’ONU menace de saisir la CPI à défaut d’une enquête nationale « efficace »

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, renouvelle son appel à l’ouverture d’une enquête nationale indépendantes et transparentes sur les massacres...

 

By Rédaction Actualité.cd

19 avril 2017

 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, renouvelle son appel à l’ouverture d’une enquête nationale indépendantes et transparentes sur les massacres dans l’espace Kasaï.

Dans une déclaration faite ce mercredi 19 avril, Zeid Ra’ad Al Hussein condamne ces violences et menace de solliciter l’intervention de la Cour pénale internationale au cas où une enquête nationale sérieuse ne serait pas diligentée pour poursuivre toutes les parties impliquées dans les violences.

« Il est absolument essentiel que le Gouvernement de la RDC prenne des mesures significatives, qui ont jusqu’à présent échoué, afin d’assurer une enquête rapide, transparente et indépendante pour établir les faits et les circonstances des violations présumées des droits de l’homme et des abus commis par toutes les parties, et d’autres abus de justice. Mon Bureau a offert son aide pour mener une enquête aussi crédible. Nous réitérons notre demande d’accès à tous les sites de fosses communes, ainsi qu’à tous les témoins, y compris ceux qui sont en détention, et d’autres informations pertinentes nécessaires pour déterminer la responsabilité à tous les niveaux. L’ampleur et la nature de la violence soulignent de plus en plus la nécessité de suivre de près la situation. S’il n’y a pas d’enquête nationale efficace, je n’hésiterai pas à exhorter la communauté internationale à soutenir une enquête par un mécanisme international, y compris la Cour pénale internationale, qui a récemment rappelé aux autorités de la RDC leur responsabilité principale en vertu du Statut de Rome d’enquêter et de poursuivre les actes de violence allégués au Kasaï », a déclaré Zeid.

Selon l’ONU, environ 40 fosses communes ont été découvertes dans tout l’espace Kasaï depuis le début du conflit en aout 2016. D’après les enquêteurs de l’ONU, les forces de l’ordre et sécurité congolaises seraient responsables de certains cas de violations des droits de l’homme.

« L’équipe des Nations Unies a recueilli des informations selon lesquelles des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient creusé les tombes, après s’être heurtés à des éléments présumés de la milice Kamuina Nsapu du 26 au 28 mars. Au moins 74 personnes, dont 30 enfants, auraient été tuées par des soldats à la suite de ces affrontements. L’équipe de l’ONU a également visité Kananga pour recueillir des informations sur les abus et les violations présumées là-bas. Entre les 28 et 30 mars, les soldats des FARDC auraient tué au moins 40 personnes, dont 11 enfants et 12 femmes, dans la commune de Nganza de Kananga et blessé au moins 21 autres. La majorité des victimes auraient été tuées dans leurs foyers alors que des soldats se rendaient à la recherche de membres de la milice ».

Les éléments de la milice Kawina Nsapu sont également accusés de violations, notamment dans des cas de recrutements des enfants et dans les attaques contre les symboles de l’Etat.

« La milice de Kamuina Nsapu, qui est fidèle à un chef coutumier local tué par l’armée le 12 août de l’année dernière, a été accusée de recruter des centaines d’enfants dans ses rangs et de cibler les agents et symboles de l’État, y compris les locaux du gouvernement, les écoles, les hôpitaux, Les postes de police, ainsi que les églises. Un exemple d’une telle violence s’est produit le 30 mars, alors qu’une trentaine de miliciens présumés de Kamuina Nsapu ont attaqué l’église paroissiale de Saint-Jean-de-Masuika dans le territoire de Luiza, où ils ont maltraité au moins trois religieuses et un prêtre menaçant de les tuer. De plus, le prêtre et l’une des religieuses auraient été enlevés et relâchés le lendemain après que l’argent a été payé. Les miliciens ont également vandalisé l’église, brisant les portes et les fenêtres, et brûlant les chasubles du prêtre », a rapporté l’ONU.

Depuis aout 2016, une crise sécuritaire sévit dans l’espace Kasaï caractérisée par des combats qui opposent les forces de l’ordre et de sécurité aux miliciens Kamwina Nsapu. Cette crise a déjà causé la mort de centaines de personnes et provoqué de nombreux cas des déplacements internes des populations.

Franck Ngonga

 

 

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