Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:43

Massacre au Kasaï : les masques commencent à tomber

Le Phare, 20 mars 2017

 

Un pan de voile vient d’être levé par l’Auditeur général des FARDC (Force Armées de la République Démocratique du Congo), le général Joseph Ponde, au sujet du massacre des populations civiles au village Bena Tshikasu, dans le groupement de Mwanza Lomba, dans la province du Kasaï Central. Au cours d’un point de presse qu’il a animé le samedi 18 mars 2017, cet officier supérieur a révélé que sept éléments des FARDC impliqués dans ces crimes se trouvent aux arrêts. Il s’agit du major Nyembo, commandant du 2me Bataillon PM (Police Militaire) et commandant des opérations sur le terrain ; du major Martin Bitshumba Pithou, commandant second des opérations ; du capitaine Séraphin Pailimbo, commandant second du Bataillon PM et chef de la première section des opérations ; du lieutenant Silavuvu Dodokolo, S4 Bataillon PM et fusilier ; de l’adjudant en chef Mohindo, fusilier sur qui a été saisie une copie de la vidéo des faits reçue du sergent-major Maneno ; l’adjudant de 2me classe Amani ; le sergent-major Maneno Katembo alias Tonton Baobab, auteur de l’enregistrement de la vidéo diffusée dans les réseaux sociaux.

 

Selon l’Auditorat général des FARDC, les préventions suivantes sont retenues contre les sept prévenus : crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crimes de guerre par traitement cruel, inhumain et dégradant, refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables auprès des juridictions militaires. Il s’agit ici des résultats partiels des investigations menées par des magistrats militaires. Il est prévu également le décryptage des téléphones cellulaires saisis sur les prévenus et d’autres personnes en contact avec eux, l’expertise de deux tombes à Mwanza Lomba en vue de l’identification formelle des victimes. L’expertise de la Monusco sera mise à contribution.

 

Une vidéo finalement authentique


Une vive polémique s’était engagée dernièrement entre le gouvernement congolais et toutes les institutions, Etats et Ong qui exigeaient une enquête internationale au sujet des violences perpétrées par des éléments des FARDC sur des civils sans défense au Kasaï Central. En réaction à toutes ces requêtes, Kinshasa avait non seulement qualifié la vidéo des faits de montage grossier mais aussi martelé que les fosses communes dénoncées à cette occasion étaient le fait des miliciens de Kamuina Nsapu, qui tuaient, mutilaient, torturaient et pillaient sans d’âmes. Il était aussi souligné qu’en son temps, la justice militaire congolaise avait déjà sanctionné les militaires coupables de dérapages, et non de tueries, dans les opérations de rétablissement de la paix troublée dans l’espace kasaïen.


Il est tout de même troublant d’apprendre, aujourd’hui, que la vidéo incriminée était l’œuvre d’un membre des FARDC présent sur les lieux des crimes, qui avait pris soin de faire des copies, dont l’une a été trouvée sur un de ses compagnons d’armes. L’authenticité des images macabres ayant fait dernièrement le tour du monde est de nature à confirmer la thèse d’un génocide en chantier dans le Grand Kasaï, où les tueries des populations civiles n’ont toujours pas cessé. Elle tend à confirmer aussi celle de l’existence des fosses communes où reposent des victimes de la barbarie de certains éléments des FARDC dans cette partie de la République. Ce qu’il faut souhaiter est que le dossier ouvert au niveau de l’Auditorat général des FARDC soit géré de manière correcte, afin de traquer les criminels réellement impliqués non seulement dans le massacre de Mwanza Lomba mais aussi dans ceux perpétrés dans d’autres localités du Grand Kasaï, loin des caméras pouvant servir de pièces à conviction contre leurs auteurs. Que les vrais éléments égarés des FARDC et les donneurs d’ordre soient recherchés et sévèrement punis.


Mais, encore une fois, l’on insiste sur la conduite d’investigations sérieuses de nature à éviter l’amalgame et des accusations gratuites contre des officiers et soldats n’ayant rien à voir avec les tueries du Grand Kasaï. Ce qu’il faut à présent craindre est que l’opinion tant nationale et internationale ait de plus en plus du mal à croire aux versions que les autorités congolaises donnent de certains faits, notamment des massacres et violations des droits de l’homme, dès lors qu’après avoir tout démenti, l’on se mette à admettre des évidences sur le tard. Kimp

 

Violences à Kananga : La MONUSCO hausse le ton

La MONUSCO dit avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles un nombre important de personnes auraient été tuées au cours des affrontements entre des miliciens de Kamuina Nsapu...

 

https://actualite.cd/wp-content/uploads/2017/02/Monusco-1024x670.jpg

La MONUSCO dit avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles un nombre important de personnes auraient été tuées au cours des affrontements entre des miliciens de Kamuina Nsapu et des membres des forces de sécurité congolaises à Kananga entre le 14 et le 17 mars 2017.

« Je demande la cessation immédiate des violences à Kananga et dans la région du Kasaï, et déplore l’usage disproportionné de la force« , a déclaré Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC.

« Je demande également l’arrêt immédiat de toute restriction à la liberté de circulation de la MONUSCO, qui limite sa capacité à accomplir pleinement son mandat en RDC. Je demande aussi l’ouverture des enquêtes par les autorités compétentes sur les événements de ces derniers jours à Kananga, et que les responsables de toutes les violations des droits de l’homme soient traduits en justice« , a-t-il ajouté.

La mission onusienne dénonce également des restrictions à la circulation de ses forces.

« La MONUSCO exprime également ses fortes préoccupations face aux restrictions imposées par les forces de sécurité à sa liberté de circulation à Kananga ces derniers jours, ce qui limite la capacité de la Mission à mettre en œuvre son mandat», a dit Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC.

Partager cet article

Repost 0
Published by kongolibre.over-blog.com