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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:08
RDC – Barrage Grand Inga : son avenir est-il compromis

RDC – Barrage Grand Inga : son avenir est-il compromis? Sinaseli Tshibwabwa

Par DESC-Wondo.org Le 7 janvier 2016

Barrage Grand Inga : son avenir est-il compromis ?

Réfutation des arguments de ses opposants

Par Sinaseli Tshibwabwa

Partie 1 : historique du projet d’inga

«Quelle que soit la solution adoptée,

il importe en tout cas de sauvegarder autant

que possible la totalité des réserves énergétiques

du site (d’Inga) afin de ne pas hypothéquer l’avenir

F. Campus (1958).

Introduction

L’obscurantisme est défini comme une attitude ou un système de pensées visant à s’opposer à la diffusion dans la population des connaissances scientifiques du progrès. Sous cet angle, et par extension, l’obscurantisme s’oppose farouchement à l’évolution, au progrès social, à l’amélioration des conditions de vie de la majorité. En R.D. Congo, cette attitude, qui trouve son origine dans l’absence de vision scientifique de notre territoire, engendre le plus souvent de faux débats, de fausses analyses des défis à relever pour le développement du pays et, plus grave, des comportements autodestructeurs. C’est cet obscurantisme que nous dénonçons dans le chef de ceux et celles, nationaux comme étrangers, qui ont initié des actions contre le Projet hydroélectrique Grand Inga.

D’après le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), «la demande d’énergie électrique (en Afrique) passera de 590 Térawatts-heure (TWh) en 2010 à plus de 3100 TWh en 2040. Ce qui correspond à un taux de croissance annuel moyen proche de 6 %. Pour y faire face, la capacité de production électrique installée devra passer du niveau actuel de 125 gigawatts (GW) à près de 700 GW en 2040 !»(1)

D’après le Ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité de la R.D. Congo, en 2013, ce pays comptait 65 millions d’habitants. Sur ce nombre, seuls 9 % avaient accès à l’énergie électrique (soit 5 850 000 habitants) avec un réseau électrique qui souffre depuis bientôt une décennie d’un délestage quotidien de plusieurs heures nuisant terriblement à l’activité économique. En d’autres termes, 59 150 000 Congolais n’ont pas accès à l’électricité ! Dans ces conditions, comment peut-on entrevoir un développement social, économique et industriel du pays ? En 2050, ce ministère estime que le pays comptera 160 millions d’habitants, auxquels il faudra fournir de l’énergie électrique. À ces besoins du Secteur public, il faudra ajouter les besoins du Secteur industriel et minier dont la demande en énergie électrique connaît une croissance phénoménale depuis la libéralisation de l’exploitation minière (2). Seul le Grand Inga pourra répondre à tous ces besoins avec le moins d’impact socio-environnemental possible que d’autres filières énergétiques proposées par les opposants à ce projet. D’où la nécessité pour l’État congolais et ses partenaires d’investir dans sa construction et pour le peuple congolais de soutenir tous les efforts allant dans ce sens. C’est à ce titre que se justifie notre intervention. Elle est fondée sur quatre éléments essentiels :

-1) nous connaissons relativement bien la région du Bas-Congo que nous avons visitée soit pour des raisons de recherche scientifique, soit pour des visites familiales et touristiques (Jardin botanique de Kisantu, Kuilu-Ngongo, Centrales d’Inga 1 et 2, Boma, Moanda avec son Parc national de la Mangrove et Banana, etc.) ;

-2) nous avons étudié la biodiversité des poissons d’eau douce de cette région du fleuve Congo, plus particulièrement les poissons du genre Labeo (Teleostei, Cyprinidae) dans le cadre de notre mémoire de Maîtrise en Écologie des Eaux Continentales(3) ;

-3) nous avons participé au «Congo Project», un projet initié par une équipe d’ichtyologistes de l’«American Museum of Natural History» de New York (USA) sous la direction de la Dr. M. Stiassny. Ce projet portait essentiellement sur l’étude de la biodiversité des poissons du cours inférieur du fleuve Congo et ses affluents, du Pool Malebo à l’embouchure, en passant par le site d’Inga. C’est dans ce cadre que, en 2006, nous avions décrit une nouvelle espèce de poisson du genre Labeo (L. fulakariensis Tshibwabwa, Stiassny & Schelly, 2006)(4). Donc, nous avons une vue relativement précise de la biodiversité des poissons d’eau douce de cette région dont le site d’Inga concerné par la construction du barrage Grand Inga ;

-4) enfin, nous avons été invité l’année dernière par une équipe internationale de Scientifiques dans le domaine de la biodiversité pour contribuer à une étude collective sur l’impact de grands barrages sur l’environnement. Nous avions dû débarquer de cette équipe après avoir constaté que les idées avancées par la majorité des Scientifiques tendaient à empêcher la construction des grands barrages dans le monde, plus particulièrement le barrage Grand Inga dont l’importance est quasi vitale pour le développement de notre pays.

De nombreux organismes internationaux, institutions de recherche scientifique et groupes autochtones instrumentalisés ont engagé une lutte féroce contre le Projet Grand Inga. Les arguments des uns et des autres ne résistent pas à l’analyse face aux nombreux avantages que les populations congolaises et africaines pourront tirer de ce complexe énergétique. Outre le manque d’informations, certains arguments relèvent carrément de la désinformation et de la mauvaise foi, par exemple, le barrage Grand Inga va occasionner le déplacement de 10 000 communautés locales(5) ou, ce barrage va entraîner la suppression des pêcheries endémiques du fleuve Congo(6). En outre, les filières énergétiques de substitution proposées par ces organismes et institutions de recherche scientifique ne sont pas de nature à permettre à la R.D. Congo et à l’Afrique d’atteindre leurs objectifs du développement.

La présente analyse se propose de recenser les différents arguments avancés par ceux qui s’opposent au Projet Grand Inga, d’examiner leurs pertinences (ou fondements) et de proposer de puissants arguments de réfutation et nos suggestions aux décideurs appelés à contrer l’action de ces opposants auprès des organismes ayant montré leur intérêt à financer ce projet.

Étant donné l’importance du sujet pour cette génération et les générations à venir, cette analyse sera présentée en deux parties. La première partie va traiter de l’historique du Projet d’Inga. «Sans mémoire, base de l’histoire, point d’évolution», dit-on. Apprendre l’histoire d’Inga permettra à nos compatriotes, particulièrement ceux instrumentalisés par certains ONG, de mieux comprendre tous ces débats et surtout de mieux saisir les véritables enjeux de notre société dans ce XXIe siècle et aussi de relativiser leurs appréhensions. La deuxième partie fera l’inventaire et l’analyse des arguments de ses opposants. C’est aussi dans cette partie que nous ferons la réfutation de ces arguments et donnerons nos suggestions avant de conclure notre sujet.

Grand Inga : espoir pour la r.d. Congo et l’Afrique

1. Site d’Inga : 199 ans d’une longue et riche histoire

Le fleuve Congo n’est navigable que sur 140 km dans son cours inférieur, de l’embouchure au port de Matadi. En amont de cette ville, le fleuve traverse les monts de Bangu et n’est, sur 350 km, qu’une succession de nombreuses chutes dont 32 sont répertoriées. Dans la zone des rapides, à moins de 30 km de Matadi, se trouve le majestueux site d’Inga avec une pente importante du fleuve. En effet, sur une distance de 15 km, entre l’île Sikila et la confluence avec la rivière Bundi, la dénivellation est de 8 % avec successivement les rapides de Shongo, Inga et Kanza. Dans cette zone, le fleuve a une largeur d’environ 1,5 km et des profondeurs supérieures à 100 m. En saison sèche (juillet-août), le débit est de 30 000 m3/s à l’étiage, par contre, en saison des pluies, il peut dépasser 75 000 m3/s ! Cette série de rapides fait du site d’Inga (que nous qualifions de «Trigone de la Puissance Énergétique du Congo» en raison de sa forme en triangle droit) le plus important gisement de puissance énergétique naturelle concentrée en un même point de notre planète (Fig. 1).

2. Du nom de «Inga»

Le nom «Inga» est une mauvaise transcription du terme «Yinga» par l’explorateur britannique et Capitaine de la Royal Navy James-Kensington Tuckey. En effet, Tuckey, alors âgé de 40 ans, avait accosté son voilier dans une crique du Fleuve Congo en amont de Boma le 5 août 1816. Quatre jours plus tard, son expédition arriva en chaloupes aux pieds des rapides de Yelala en amont de l’actuelle ville de Matadi. Ne pouvant remonter le fleuve à cause de ces rapides, le Capitaine Tuckey demanda aux populations autochtones le nom de ces chutes. Ne comprenant pas l’Anglais, elles répondirent «Yinga», terme signifiant «Oui» en langue locale (le Kikongo d’Isangila) et que Tuckey transcrivit en «Inga» dans ses «Carnets de voyage». Le 4 octobre 1816, Tuckey mourrait, comme 16 autres membres de son équipage de la fièvre (malaria). On doit aussi à l’Expédition Tuckey au Congo, plus particulièrement à son premier adjoint scientifique, le Prof. Chrétien Smith, une grande collection de plantes recueillies le long du fleuve Congo. Cette collection fut identifiée et publiée en 1818 par le botaniste britannique Robert Brown, elle comprenait 620 espèces de plantes (dont 250 nouvelles pour la Science) réparties en 30 nouveaux genres, inédits à l’époque. Ce fut le premier apport à la Systématique botanique du Bassin du Congo, mais aussi, le début de la grande épopée d’Inga.(8)

3. Naissance et Évolution du projet de barrage à Inga

En 1885, le géographe belge Alphonse-Jules Wauters publia les premières études topographiques sur la région des cataractes dans la recherche d’un tracé de chemin de fer pour les contourner. Il fit connaître davantage le relief de cette région. Mais, ce géographe belge est surtout connu pour sa phrase quasi prophétique : «Qui nous dit que ces chutes qui sont aujourd’hui un obstacle à la navigation du fleuve, ne deviendront pas un jour, une force, un générateur d’électricité dynamique propre à distribuer la lumière et la force motrice dans les provinces riveraines?» En effet, les chutes d’Inga sont aujourd’hui un générateur d’électricité !(9)

En 1887, dans son livre intitulé «Cinq années au Congo, 1879-1884 : Voyages-Exploration-Fondations de l’État libre du Congo», le journaliste et explorateur britannique Henry Morton Stanley (de son vrai nom John Rowlands[) fit les premières reconnaissances géologiques du lit du fleuve Congo au saillant d’Inga. On doit surtout à cet explorateur le tracé général des frontières de l’État Indépendant du Congo.(10 et 10bis)

En 1900, Hubert Droogmans, Secrétaire de l’État Indépendant du Congo, publia dans un atlas au 1/100.000 de la région comprise entre l’Océan et le Stanley Pool (actuel Pool Malebo), la première carte détaillée du site d’Inga dressée par le géomètre Abrassart, du service du cadastre de l’État Indépendant du Congo(11).

En 1911, la Compagnie du chemin de fer (ligne Matadi-Léopoldville (actuel Kinshasa) projette d’importantes modifications et améliorations à sa voie. Elle envoie une mission sous le commandement du Lieutenant et Ingénieur Robert Thys pour explorer la région en vue de l’utilisation des forces hydrauliques. C’est cette mission qui fournira les premières données scientifiques sur l’hydrologie du fleuve Congo. Ce Robert Thys n’est pas à confondre avec Albert Thys dont il est le fils. Les Congolais connaissent l’histoire d’Albert Thys, à qui on doit le nom de Thysville (actuelle Mbanza-Ngungu dans la province du Bas-Congo). Albert Thys entre, à vingt-sept ans, au service du Roi Léopold II des Belges en qualité d’Officier chargé du Secrétariat des Affaires coloniales en 1876 grâce à sa grande intelligence et sa meilleure connaissance de la géographie de l’Afrique. En 1883, il est nommé Officier d’ordonnance du Roi Léopold II et devient la pièce maîtresse de l’action du Roi au Congo : il sera le créateur du chemin de fer au Congo, le grand organisateur du développement économique de l’État Indépendant du Congo et de son exploitation par le travail forcé et tous ses abus et atrocités(12), le créateur de nombreuses compagnies et banques, etc. Qualifié par ses compatriotes de «grand remueur de pierres, d’hommes et de capitaux», Albert Thys terminera sa carrière au grade de Général et grand financier belge du début du XXe siècle. Sa grande carrière coloniale fait partie intégrante de la conquête économique du Congo. Sa ville natale, Dalhem en Belgique, est aujourd’hui jumelée à la ville de Mbanza-Ngungu (ex-Thysville).(13)

En 1913, B.P. Wall, publia dans un rapport dactylographié la «Première étude hydrographique du fleuve Congo entre Léopoldville et Matadi»(14).

En octobre 1925, le Colonel Pierre Van Deuren, Docteur en Sciences (1904) de la Faculté des Sciences de Paris, publia sur la base des documents disponibles à son époque, un rapport sur la mise en valeur intégrale du fleuve Congo dans la région des cataractes par la construction des barrages de régulation. Après son voyage au Congo en 1927, il fut alors confronté à la réalité de terrain et publia en 1928 un travail plus réaliste sous le titre : «Aménagement du Bas-Congo». Dans ce travail, le colonel P. Van Deuren prévoyait en plus de barrages, des centrales hydroélectriques, une industrie lourde centrée sur l’électrométallurgie et l’électrochimie, trois centres urbains et un nouveau port de mer à Banana. En régularisant le cours du fleuve par des barrages, il créait des biefs navigables dont les différences de niveau étaient surmontées par des ascenseurs. Mais, il sous-estima la hauteur des rapides d’Inga en limitant la hauteur des barrages à 40 m (15,16,17, 18). Van Deuren est surtout connu des Congolais par le nom qui fut donné à la vallée du site d’Inga (Vallée Van Deuren) rebaptisée aujourd’hui sous le nom authentique deVallée N’Kokolo. On lui doit aussi la création d’un syndicat d’études pour la mise au point de la question et la constitution des sociétés d’exploitation nécessaires. Ce syndicat vit le jour en janvier 1929 sous le nom de «Syndicat d’études du Bas-Congo (SYNEBA) avec une triple mission : – établir un port maritime avec ses liaisons vers l’intérieur ; – créer dans le Bas-Congo des centres de production d’énergie hydroélectrique ; – étudier la navigation sur le fleuve en amont de Matadi.

En mars 1932, le Syneba fit connaître, dans son rapport au Ministre des Colonies, qu’il était possible de construire à Inga des installations de production d’énergie électrique satisfaisant à tous les besoins de la Colonie (Congo), même dans un avenir très éloigné, «sans avoir à construire d’ouvrages de régularisation du fleuve»(19). C’est cette recommandation qui a été suivie jusqu’à présent dans la mise en valeur du site d’Inga.

En novembre 1946 (donc après la deuxième guerre mondiale qui avait ralenti bon nombre de projets sur le Congo), M.F. Leemans initia la création de quatre syndicats d’études dont le Syndicat pour le Développement de l’Électrification du Bas-Congo (SYDELCO). Le but principal de ce syndicat était l’étude du captage des chutes du cours inférieur de la rivière Inkisi (Centrale de Zongo). Mais, ses statuts prévoyaient aussi que ses travaux pouvaient s’étendre à d’autres projets dans la région du bas fleuve, notamment sur le site d’Inga dont la production électrique d’environ 50.000 MW d’après les estimations de P. Van Deuren devrait répondre aux besoins en énergie des régions de Matadi, Mayumbe et Léopoldville ainsi que les régions de l’Afrique Équatoriale française et de l’Angola, dans un rayon de 1.000 km.

En 1952, le Syndicat Sydelco fit faire de nombreux travaux dans la région d’Inga notamment :

– l’installation du matériel permanent d’études hydrographiques sur les rives du fleuve ;

– le placement des signaux de repérage pour les levés aériens utilisés par les services de l’Institut géographique du Congo pour l’ensemble des 200 km2 du site d’Inga ;

– la construction d’une route carrossable de 20 km à partir de la route de Matadi à Boma ;

– la construction de deux ponts définitifs respectivement de 22 m et 52 m sur les rivières Mvunzi et Bundi ;

– la construction sur le plateau d’Inga des maisons pour trois agents européens et une soixantaine de travailleurs autochtones ;

– la construction d’une piste d’atterrissage pour avions légers, etc.

En 1954, le site d’Inga, particulièrement riche en ressources hydroélectriques et situé à seulement 40 km du bief maritime du fleuve Congo, retint l’attention de la «Foreign Opération Administration» des États-Unis, en quête de sources d’énergie pour les besoins futurs de l’industrie américaine de l’aluminium(20).

En mars 1955, une Commission nationale pour le Développement économique du Congo belge et du Ruanda-Urundi fut instituée par Arrêté royal. Son but était de faire rapport au Roi Baudouin (cinquième roi des Belges, arrivé au trône le 17 juillet 1951) sur l’opportunité et les modalités de création d’un Office de Développement économique du Congo belge et du Ruanda-Urundi qui devait, en fait, s’occuper du problème de la mise en valeur d’Inga.

En janvier 1956, M.A. Buisseret, Ministre des Colonies, fort des conclusions du Sydelco dirigé par M. P. Guelette depuis juin 1955(21) et des résultats d’une étude économique des Prof. I. De Magnée et W.L. De Keyser de l’Université de Bruxelles (22), fit observer à la Commission des Colonies de la Chambre que «l’intérêt de l’installation d’une puissante centrale hydroélectrique dans le site d’Inga n’était plus discuté».

Au cours de la même année, les bureaux d’études techniques des compagnies belges (Traction et Électricité, Électrobel, Électrorail, Sofina et Bureau d’Études Industrielles Fernand Courtoy) se constituèrent en un nouveau syndicat, le Syndicat pour le Développement et l’Électrification d’Inga (SYDELINGA), pour l’étude technique de l’aménagement du site(23). Toujours en 1956, fut constitué le Syndicat Belge de l’Aluminium qui comprenait différentes sociétés : la Société Générale, les sociétés du groupe Brufina, la Financière Africaine, la Sidal et la Banque de Paris et des Pays Bas et la Cominière. À la fin de 1956, le Syndicat Belge de l’Aluminium s’associa à plusieurs compagnies productrices d’aluminium dans un nouveau Syndicat, l’ALUMINGA :

– la Compagnie de produits chimiques et électrométallurgiques Pechiney ;

– la Société d’Électrochimie, d’Électrométallurgie &Des Aciéries électriques d’Ugine ;

– la Société anonyme pour l’industrie de l’Aluminium ;

– la Société Montecatini ;

– la Vereinigte Aluminium Werke ;

– l’Aluminium limited (Canada) S.A. ;

– la Reynolds Metals Compagny, USA

– la British Aluminium CY Limited;

– l’Aluminium Compagny of America (Alcoa);

– l’Olin Mathieson Chemical Corporation.

En avril 1957, le Syndicat Belge de l’Aluminium se constitua en Société anonyme : la Compagnie belge pour l’industrie de l’aluminium (COBEAL). L’Aluminga identifia des sites favorables à l’établissement d’une usine d’électrolyse de l’aluminium dans le Bas-Congo dont le plateau de Kitona, les terrains situés au nord-est de Boma, la région de Sumbi où, un an plus tard, on découvrit de la bauxite (minerai d’aluminium) au taux de 35 %. Plusieurs groupements, futurs utilisateurs de l’énergie qui sera produite à Inga, furent créés en vue d’associer des intérêts belges à l’œuvre d’Inga. Il s’agit des groupements ou syndicats suivants :

– AZOTINGA (la Société Belge de l’Azote, la Société Carbochimique et l’Union Chimique Belge) ;

– CIMINGA (la Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie, C.B.R. et C.I.C.O.) ;

– MARITIMINGA (la Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie, l’Union Financière et Maritime « UFIMAR », C.M.B., C.M.C., A.M.I., CHANIC, Mercantile Marine Engineering & Graving Dock Cy.) ;

– TRANSINGA (la Cominière, Vicicongo, Otraco) ;

– URANINGA (Electrobel, Compagnie d’Outremer, Electrorail, Evence Coppée, Belge-Nucléaire, Brufina, Cominière, Sofina, Traction, Union Fin. Boël). Ce dernier syndicat, créé à l’initiative du Ministre des Colonies, devait étudier la possibilité d’installer à proximité d’Inga une usine d’enrichissement d’uranium 238. Les États-Unis s’y opposèrent en exprimant clairement leur désir d’empêcher la production d’uranium enrichi à l’étranger. Signalons que les bombes atomiques larguées par l’armée américaine sur Hiroshima et Nagasaki au Japon lors de la deuxième guerre mondiale étaient fabriquées avec l’uranium enrichi provenant du minerai d’uranium extrait des mines de Shinkolobwe au Katanga. Pour les États-Unis d’Amérique, installer une usine d’enrichissement de l’uranium dans un pays qui en produisait signifiait ouvrir à ce pays la voie à la fabrication d’une arme atomique de destruction massive, donc une menace pour le monde dit libre. Pour la petite histoire, l’argent de l’achat de l’uranium de Shinkolobwe par les Américains finança en juin 1959 la construction du Centre Régional d’Études Nucléaires de Kinshasa (CREN-K), un centre destiné exclusivement à la recherche scientifique de très haut niveau sur les applications pacifiques de l’énergie nucléaire pour le développement de la R.D. Congo.

Le 13 novembre 1957, le gouvernement belge annonça officiellement la décision «de réaliser la mise en valeur du site d’Inga par la construction de vastes barrages et de centrales hydroélectriques». Au cours de la même séance officielle, le Roi Baudouin souligna dans son discours que : «l’importance et la valeur économique de l’énergie disponible font un devoir à la Belgique d’en assurer la mise en œuvre…Les bienfaits et le développement que les populations locales en retireront seront à la mesure des efforts qui y seront consentis….Ainsi s’ouvrira un chapitre nouveau de collaboration harmonieuse et fertile entre la Belgique et le Congo». Le syndicat Sydelinga cité ci-dessus avait proposé un schéma technique de développement du site d’Inga dont les traces de prospection géologique sont encore visitables aujourd’hui (Fig. 2)

En décembre 1957, fut créé par Arrêté Royal l’institut National d’Études pour le développement du Bas-Congo, communément appelé Institut d’Inga. L’objectif de cet institut était d’étudier l’ensemble de l’équipement hydroélectrique du site, l’infrastructure, le mode de financement des travaux d’équipement du site, les possibilités économiques d’utilisation du courant électrique, les problèmes de transport, démographiques, sociaux et d’urbanisation. Les différents bureaux d’études déjà impliqués dans les études du projet Inga formèrent deux groupes compétitifs, le Sydelinga et la Cominière. Le Sydelinga, une association de bureaux d’études de Traction & Électricité, gérant du Syndicat, Electrobel, Ecetra et Sofina, avait aussi intégré le bureau Courtois. Par contre, la Cominière s’était assuré le concours des bureaux étrangers dont Harza Engineering Compagny International de Chicago, le bureau d’études Ebasco de New York (USA), la Vattenbyggnadsbyran (V.B.B) de Stockholm (Suède), l’Electro-Watt de Suisse et la Compagnie Africaine des Ingénieurs-Conseils (CADIC). Afin de mettre un terme à cette compétition malsaine, une décision ministérielle conduisit à la constitution d’un nouveau syndicat sous le nom d’Association nationale des bureaux d’études belges pour l’électrification d’Inga (ABELINGA). Au cours de la même année fut créé le Comité International des experts chargés d’étudier les projets remis par les bureaux d’études cités ci-dessus en vue de faire des propositions au Gouvernement. Ce comité était composé de dix experts :

– M. Campus, Professeur à l’Université de Liège et Président du comité ;

– M. C.E. Blee, Ingénieur-conseil, ancien Ingénieur en chef de la Tennessee Valley Authority (TVA), USA ;

– I. de Magnée, Professeur à l’Université de Bruxelles, Belgique ;

– P. Fourmarier Jr, Professeur à l’Université de Liège, Belgique ;

– Cl. Marcello, Ingénieur-conseil, Milan, Italie ;

– J. Lamoen, Professeur aux Universités de Bruxelles et Liège, Belgique ;

– A. Juillard, Ingénieur-conseil, Berne, Suisse ;

– F.L. Lawton, Ingénieur en chef du département Énergie de l’Aluminium Ltd Montréal, Canada ;

– L. Dupriez, Professeur à l’Université de Louvain, Belgique ;

– Fr. Vogt, Directeur général de la Norwegian Watercourse and Electricity board, Oslo, Norvège.

En 1958, Fernand Campus, Pro-Recteur de l’Université de Liège, Président du Comité des Experts pour Inga, Président de l’Institut National d’Études pour le développement du Bas-Congo et Membre de l’Académie royale des Sciences Coloniales, publia une importante étude sur l’aménagement hydroélectrique du fleuve Congo à Inga(25). Cette étude peut être considérée comme la base scientifique du projet Grand Inga en ce sens que l’on y trouve la description détaillée du site d’Inga, sa géologie, son hydrologie, sa bathymétrie, les calculs des mesures de puissance et énergie disponibles en fonction de la hauteur des chutes et du débit, etc.

En août 1959, sous la pression des aluminiers (grands demandeurs d’énergie électrique pour leur industrie d’aluminium) et craignant la concurrence du projet du barrage de la Haute Volta au Ghana, le Ministre des Colonies créa l’Établissement Public Inga (EPINGA), qui devait s’occuper de la réalisation des travaux sur le terrain. Parmi les administrateurs de cet établissement, on trouvait, en plus des Belges, deux Congolais, Joseph Pambu, Chef de Territoire (Bas-Congo) et Godefroid Munongo, Chef des Yeke au Katanga. La composition du CA de cet établissement public fut sévèrement critiqué par M. Campus lors de la réunion de novembre 1959 : «…C’est aussi ma conviction profonde que l’Établissement Public INGA, tel qu’il est constitué, n’est pas à même de remplir ce rôle. Il ne s’y trouve aucune compétence en matière de construction hydraulique et de génie civil des aménagements hydroélectriques…» En effet, on peut se demander ce que faisait M. G. Munongo (alias Kifwakiyo dans la première épuration des Kasaïens au Katanga), descendant de M’Siri, dans ce C.A. ?

En février 1960, le syndicat Abelinga remit à Epinga tous les résultats de son étude complémentaire d’où il ressortait que l’aménagement de la vallée Van Deuren (Vallée Nkokolo) avec une première étape de 200 000 kW était techniquement possible sans porter atteinte au développement ultérieur du site. Le schéma technique des experts de ce syndicat proposait le développement du site d’Inga en 16 centrales (Fig. 3).

En mai 1960, Epinga envoya M. Guillain (Administrateur-délégué) et M. Puttemans (Administrateur-Directeur) à Washington pour présenter à la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (B.I.R.D.) le dossier technique de l’aménagement du site d’Inga. La B.I.R.D. posa plusieurs conditions dont deux majeures : «la conclusion d’engagement ferme de la part des consommateurs et la position des autorités congolaises relativement au projet.»

Le 30 juin 1960, la colonie du Congo belge acquiert son indépendance. Le nouvel État, visionnaire, créa fin 1960, un nouvel organisme dénommé « Haut-Commissariat d’Inga » dont le but était de diriger pour le compte du nouvel État les activités d’Epinga.

4. Vers la matérialisation du projet d’Inga

Après 145 ans de gestation (soit de 1816, date de la découverte des chutes à 1961, l’an 1 de la Première République), le projet d’Inga allait enfin connaître sa matérialisation.

En 1961, le Président J. Kasa-Vubu fit rétablir les contacts avec la B.I.R.D. et le syndicat des utilisateurs de l’électricité. La B.I.R.D. subordonna le financement de l’aménagement d’Inga à la signature préalable d’un contrat de vente d’énergie électrique aux aluminiers américains, particulièrement la Kaiser Aluminium.

En 1963, les Italiens de la Société Italo­-Congolaise pour les Activités Industrielles (SICAI) s’intéressent au projet d’Inga, ils reprennent les études d’Abelinga et pensent pouvoir créer un pôle de développement industriel tourné vers le marché intérieur.

Le 24 novembre 1965 : cette date marque la naissance de la Deuxième République par un coup d’État militaire. Le Président Kasa-Vubu est chassé du pouvoir par l’armée dirigée par le Colonel Mobutu qu’il venait d’élever six jours plus tôt au grade de Lieutenant-Général de l’Armée Nationale Congolaise (A.N.C.) lors d’une cérémonie officielle au Camp Kokolo à Kinshasa. Le gouvernement congolais promulgua un Décret-Loi portant création de l’Office National de Développement de la Zone d’Influence d’Inga, chargé des coordinations économiques.

En 1967, visionnaire (ou frappé de folie de grandeur selon certaines critiques), le Président J.-D. Mobutu décida le commencement de la construction de la Centrale Inga 1. Il créa pour cela le « Comité de Contrôle Technique et Financier d’Inga ». Ce comité était chargé d’actualiser le dossier technique et de surveiller les travaux de construction sur le site. À cette date, le pays n’avait toujours pas eu les accords des utilisateurs de l’électricité qui sera produite, en l’occurrence, une usine sidérurgique et une usine d’engrais.

En janvier 1968, le Président Mobutu dissout Epinga, le Haut-Commissariat d’Inga et l’Office National du Développement de la Zone d’Influence d’Inga. Leurs attributions furent confiées au «Comité de Contrôle Technique et Financier d’Inga», le Maître d’ouvrage étant l’État congolais et les études d’industrialisation liées à Inga supervisées par le Bureau de la Présidence de la République sous la direction de l’Ingénieur électricien rwandais Barthélémy Bisengimana Rwema. La passation des travaux, les fournitures et le montage du matériel étaient confiés à Italinga, un groupe formé d’une entreprise des travaux publics et de deux constructeurs italiens. Cette date marque aussi le début effectif des travaux du barrage Inga 1.

En 1969, la Communauté Économique Européenne (C.E.E.) soutint le projet de barrage à Inga.

En mai 1970, le Comité de Contrôle Technique et Financier d’Inga est dissous et remplacé par une nouvelle compagnie, la Société Nationale d’Électricité (SNEL).

En 1972, les sociétés italiennes Ansaldo-Gie et Astaldi achèvent la construction du barrage et de l’usine hydroélectrique et mettent en service la Centrale Inga 1 avec 6 groupes de turbines-alternateurs de 58,5 MW unitaire, soit une puissance totale de 351 MW (Fig. 4).

Fin 1973 débutait la construction du barrage et de l’usine hydroélectrique de Inga 2.

En 1982 : Fin des travaux du barrage et usine hydroélectrique de Inga 2 : Inga 2A avec 4 groupes montés par le consortium Acec-Westinghouse et Inga 2B avec 4 groupes montés par le consortium Siemens-Neyrpic. Chaque groupe a une puissance de 178 MW, soit une puissance totale de 1424 MW (Fig. 4).

En 1983 : La ligne HTCC Inga-Kolwezi (communément appelée Inga-Shaba) est mise en service le 24 novembre par le Président Mobutu. La construction de cette ligne de transport de courant continu haute tension, longue de 1700 km, donna raison à ceux qui avaient perçu la folie de grandeur chez le Président Mobutu. En effet, pour des raisons politiques et de règlement de comptes personnels, il refusa que les villages traversés par cette ligne HTCC ne soient éclairés : – haine contre les Kasaïens dont certains Commissaires du Peuples (Députés) avaient, malgré le régime répressif de parti unique (le MPR) qui sévissait au Zaïre, fondé l’UDPS, unique parti d’opposition intérieure qui lui donnait des insomnies ; – rancune contre les habitants de Bandundu, particulièrement du Kwilu, fief de la rébellion lumumbiste d’Antoine Gizenga et Pierre Mulele. Cette rébellion avait presque décimé les troupes de Mobutu dans le Bandundu, celles-ci n’avaient eu leur salut que grâce à l’intervention de l’armée belge. Quand il en eut l’occasion avec la complicité de Justin Bomboko (Ministre des Affaires Étrangères), Mobutu tua personnellement Mulele par torture sauvage et démembrement au Camp militaire Kokolo à Kinshasa le 3 octobre 1968 et fit jeter les parties de son corps dans le fleuve Congo.

En 2004, Signature des accords du «Western Power Corridor and Télécommunication (Westcor)» entre les gouvernements et les compagnies d’électricité de cinq pays membres : Afrique du sud, Angola, Botswana, Namibie et RDC.

En 2005 : BHP-Billiton réalise le deuxième projet nommé «Option tunnel» sur la base de l’étude de faisabilité réalisée par la firme canadienne SNC-Lavalin. Cette option ne sera pas retenue et les tunnels de prospection géologique, creusés en 1957, demeureront une empreinte historique sur le site (Fig. 2).

En 2010 : la Banque Africaine de Développement (BAD) et le consortium RSW/EDF signent un contrat pour la réalisation d’une étude de faisabilité du développement du site d’Inga.

En 2011 : Organisation au Grand Hôtel de Kinshasa (27 janvier) d’un atelier national préparatoire au lancement de l’étude de développement du site d’Inga par phases successives selon l’étude de faisabilité réalisée par AECOM-EDF. C’est le troisième projet nommé «Option à ciel ouvert». C’est cette dernière option qui a été retenue (Fig. 5 et 6).

Et le 12 novembre de la même année, le Gouvernement de la R.D.C. (fournisseur) et le Gouvernement de la R.S.A. (client), sous le patronage des Présidents J. Kabila et J. Zuma, signaient le protocole d’entente en ce qui concerne le Projet Grand Inga. Cette signature était précédée au courant du même mois par le Sommet de Cannes du G20 au cours duquel Grand Inga figurait parmi les 11 « projets exemplaires» mis en avant à ce sommet.

En 2012 : le groupement AECOM-RSW/EDF dépose auprès du gouvernement congolais le Rapport de faisabilité provisoire de l’Étude de développement du site hydroélectrique d’Inga et des interconnexions associées.

En 2013 : (20-21 septembre) un grand atelier financé par la BAD et le gouvernement de la RDC est organisé à Kinshasa pour présenter les résultats de l’étude de faisabilité de développement du site d’Inga et des réseaux associés(24). Au cours de la même année, le Traité du Projet Grand Inga est signé entre l’Afrique du Sud et la RDC.

En 2014, M. Bruno Kapandji Kalala, Ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, présente à la 2ème édition de la Conférence minière de la RDC à Goma une conférence intitulée « Inga 3 au service de l’Afrique : Défis et Perspectives». Il annonce que le gouvernement a retenu les services de trois candidats développeurs motivés (le groupement SNC-Lavalin/Daewoo/Posco, le groupement ACS/EUROFINSA/AEE et le groupement CTGPC/CWE/SINOHYDRO) et trois structures opérationnelles de gestion du projet : CODESI, CFI et CGI3. Il annonce également que la pose de la première pierre est programmée pour octobre 2015.

Le 14 mars de la même année, M. Eustache Ouayoro, Directeur des opérations de la Banque Mondiale en R.D. Congo, déclarait dans une conférence de presse à Kinshasa au sujet de la première phase (Inga 3) du Projet Grand Inga : « En finançant la construction du barrage Inga 3, la Banque mondiale veut créer les conditions favorables pouvant permettre à la RDC de bien se reconstruire ».

Le 6 juin de la même année, le Sénat congolais adopte le projet de loi portant autorisation de ratification du Traité du Projet Grand Inga, signé en 2013 entre l’Afrique du Sud et la RDC.

En 2015 : Ordonnance no 15/079 du 13 octobre 2015 portant création, organisation et fonctionnement d’un service spécialisé au sein de la Présidence de la République dénommé «Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Grand Inga» en sigle «ADPI-RDC»(27). Cette structure est semblable à celle créée par le Président Mobutu en janvier 1968 pour contrôler la construction des barrages Inga 1 et 2, structure qui était dirigée par l’Ingénieur électricien rwandais Barthélémy Bisengimana Rwema.

Bruno Kapandji Kalala, ancien Ministre des Ressources hydrauliques et Électricité est nommé Chargé des missions au cabinet du Président de la République pour assurer la direction, l’organisation, la coordination et la surveillance de l’Agence. Il sera assisté par deux coordonnateurs, l’un en charge des questions administratives et financières et l’autre en charge des questions techniques. Selon l’article 2 de cette ordonnance, l’Agence est l’Autorité compétente notamment pour la promotion, le développement et la mise en œuvre du projet hydroélectrique Grand Inga. A ce titre et sans limitation, elle détermine le cadre du Projet, le lancement, le suivi et le contrôle de qualité des études et des travaux de chaque phase du projet, la sélection des partenaires privés ainsi que l’octroi et la gestion des concessions.

A Lire prochainement :

Barrage Grand Inga : son avenir est-il compromis ?

Partie 2 : Inventaire et Analyse des arguments de ses opposants.

Réfutation et Suggestions – Conclusion.

Sinaseli TSHIBWABWA

Expertise en Biodiversité des Poisons d’Eaux douces d’Afrique

& Écologie des Eaux Continentales

sinaseli@hotmail.com

06 Janvier 2016

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Références

(1) Programme pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA)-Interconnecter, intégrer et transformer un continent. http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Project-and-Operations/PIDA

(2) Kapandji Kalala, B., 2014. Inga 3 au service de l’Afrique : Défis et Perspectives. Présentation à la 2e édition de la Conférence minière de la RDC à Goma. 21 diapositives.

(3) Tshibwabwa, S. and G.G. Teugels; 1995.-Contribution to the systematic revision of the African Cyprinid genus Labeo (Teleostei, Cyprinidae) – species from the Lower Zaire river system. Journal of Natural History, London, 29: 1543 – 1579.

(4) Tshibwabwa, S., M.L.J. Stiassny and R.C. Schelly; 2006. – Description of a new species of Labeo (Teleostei : Cyprinidae) from the lower Congo River. Zootaxa, 1214: 33-44.

(5) désinformation et de la mauvaise foi, par exemple, le barrage Grand Inga va occasionner le déplacement de 10 000 communautés locales(5) ou ce barrage va entraîner la suppression des

(5) Asanzi, Ange, 2014. What future for Inga 3 affected communities? http://www.internationalrivers.org/blogs/337 (Thu, 07/31/2014 ; Ange Asanzi est originaire du Bas-Congo, elle est «Africa Program Assistant» chez International Rivers)

(6). International Rivers 23 déc. 2013. Civil society letter calling on US not to support Inga 3 Dam (pêcheries endémiques).

(7). J. Nzakimuena et al., 2013. Hydroelectric development schemes of the Inga site (Democratic Republic of the Congo). ICOLD-2013. International Symposium, Seattle USA; 17 p.

(8): Narrative of an Expedition to explore the River Zaire, usually called the Congo, in South Africa in 1816, under the direction of Captain J. K. Tuckey, R. N. – To which is added the Journal of Professor Smith, some general observations on the country and its inhabitants, and an Appendix containing the natural history of that part of the Kingdom of Congo through which the Zaire flows. Published by permission of the Lords Commissionners of the Admiralty, London, John Murray, Albemarle Street, 1818.

(9) :Wauters, A.J., 1885, Le Congo au point de vue économique. Bibliothèque géographique. Institut National de Géographie, Bruxelles

(10) Stanley, H. M. ; 1886. Cinq années au Congo, 1879-1884. Voyages-Exploration-Fondations de l’État libre du Congo. Institut National de Géographie, Bruxelles, 2o éd.

(10bis) VALCKE (Lt),1886.- Description de la région des cataractes de Vivi à Isangila. Société belge des Ingénieurs et Industriels. Conférences sur le Congo, 2o fasc, Bruxelles.

(11) Droogmans, H. ; 1900.- Feuilles 1 à 15 de la carte du Bas-Congo à l’échelle du 100.000e. Secrétariat de l’E.I.C., Bruxelles.

(12)Hochschild Adam, 1999. Les fantômes du roi Léopold. Un holocauste oublié. Éd. Belfond

(13)DEFAUWES Georges (sd). – ALBERT THYS, de Dalhem au Congo. “Les facettes méconnues d’un personnage d’exception”. Collection Comté de Dalhem “Choses, gens et sites de chez nous”, Belgique.

(14)Westminster (Rapport conservé à la Bibliothèque du Ministère des Colonies, à Bruxelles, sous le no 12.261).

(15) VAN DEUREN, P. ; 1925.- Projet de mise en valeur intégrale du fleuve Congo dans la région des cataractes (Rapport polycopié, octobre 1925).

(16) Van Deuren, P. ; 1928. Projet d’aménagement du Bas-Congo. Edition de l’Association des Ingénieurs de l’École royale militaire d’application de l’Artillerie et du Génie, Bruxelles ; 300 p.

(17) La solution des transports et la force hydroélectrique dans le Bas-Congo (Congo, avril 1926, pp. 631 à 656).

(18) Campus, F.; 1958.- L’aménagement hydroélectrique du fleuve Congo à Inga.

Académie royale Sciences coloniales. Classe des Sciences Techniques. Mémoires in-8o. Tome VI, fasc. 6. Éd. Duculot, Gembloux, Belgique.

(19) Syneba, 1932.- Captage des forces hydrauliques dans le Bas-Congo, Rapport du Comité d’administration du Syneba, suivi du Rapport technique par MM. Grunier, H. E., et De Rham, P. (Bruxelles, avril 1932).

(20).Ministère des Colonies : Chambres Législatives de Belgique – Questions et Réponses, Session ordinaire de 1955-1956, p. 331.

(21) Geulette, P. ; 1955.- Considérations sur l’aménagement hydro-électrique du fleuve Congo à Inga. Mém. in-8o, A. R. S. C, Cl. Sc. techn., Nouv. Sér., T. II, fasc. 3, Bruxelles.

(22) De Keyser, W. L., et De Magnée, L. ; 1956.- Possibilités d’emploi de l’énergie hydroélectrique du Bas-Congo. Mém. in-8°, A. R. S. C, Cl. Sc. techn., Nouv. Sér., T. IV, fasc. 2, Bruxelles.

(23) Pirenne, J.-H., 1957. Histoire du site d’Inga. Académie royale des Sciences coloniales. Classe des Sciences Techniques. Mém. in-8o. A. R. S. C, Cl. Sc. techn., Nouv. Sér., T. VI, fasc. 3, Bruxelles. (Docteur en Philosophie et Lettres, Administrateur du Syndicat pour le Développement et l’Électrification du Bas-Congo).

(24) Nzakimuena, T.J., 2013. Présentation du rapport de l’étude de faisabilité du projet du barrage Grand Inga. Étude de développement du site hydroélectrique d’Inga et des interconnexions associées. Atelier technique international de présentation du rapport de faisabilité. Kinshasa, 20-21 septembre 2013.

(25) Campus, F., 1958. L’aménagement hydroélectrique du fleuve Congo à Inga. Académie royale des sciences coloniales. Classe des sciences techniques. Mémoires in-8o, nouv. sér., t. 6, fasc. 6. Bruxelles).

(26) http://www.agenceecofin.com/inga/2509-1421-inga-la-solution-pour-eclairer-enfin-l-afrique.

(27) http://acpcongo.com/acp/ordonnance-n-15-079-du-13-octobre-2015.

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