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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 10:30
Plongée vertigineuse dans la genèse de la tragédie congolaise

Plongée vertigineuse dans la genèse de la tragédie congolaise

Kimpele Kwebe

Chers tous,

Alors correspondante de Washington Post en 1990 accréditée à la Maison Blanche, Line Duke tomba, un peu "par hasard", sur un dossier très sensible confectionné par les experts du Pentagone, le ministère américain de la défense.

Le document concernait cinq traités militaires, signés entre les USA et le Rwanda à l'époque de feu le président hutu Juvénal Habyarimana et portait sur une valeur de 10 milliards de dollars. Il y était question du renforcement des capacités de défense des forces armées rwandaises. Washington s'engageait à dispenser aux officiers rwandais dans différents camps et bases militaires des sessions de perfectionnement, de recyclage, d'évaluation de leurs capacités, sans oublier l'équipement des forces armées du Rwanda.

Pour la journaliste Line Duke, le Rwanda, un "confetti" de 26.000 km² à peine, totalement enclavé, ne possédant ni richesses minières, ni ressources agricoles à part des bananeraies, des plantations de café et de thé ainsi que des champs de patates douces n'a jamais suscité la moindre convoitise de la part d'autres pays, à commencer par ses voisins. Kigali n'avait donc aucune raison de se défendre contre une éventuelle agression étrangère puisqu'il n'y avait pas d'agresseur.

Mais alors, à quoi pouvaient bien servir les 10 milliards de dollars de contrats militaires passés avec les USA ? Dans l'article qu'elle publia, Line Duke posa la question mais sans fournir la moindre réponse. Puis, le temps s'écoula.

Prévu pour être financé sur des fonds secrets du Pentagone (l'utilisation d'une telle enveloppe ne requérait donc pas l'aval du congrès américain), le protocole d'accord militaire signé entre les USA et le Rwanda resta lettre morte pendant six ans.

Pourquoi ?

Parce que feu Habyarimana qui n'avait rien demandé à Washington et qui s'était demandé à quoi il devait ce geste de touchante attention de la part du Pentagone, refusa net, reculant d’épouvante lorsqu'il apprit la vraie raison de l'intérêt porté par les Américains sur sa modeste armée et sur son minuscule pays. Par le canal de l'ambassadeur américain accrédité au Rwanda, les USA informèrent Habyarimana qu'ils voulaient utiliser le Rwanda et donc, les forces armées rwandaises pour lancer une offensive militaire destinée à provoquer l'effondrement du régime du maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre car, ce dernier avait cessé de leur plaire.
Mais, pour Habyarimana, il ne pouvait être question de perpétrer une telle trahison et de commettre un tel acte, assimilé par lui à un fratricide, lui qui appelait Mobutu "mon grand- frère". Dont acte. Washington se le tint pour dit, ruminant sa déception et attendant l'heure de se venger suite à l'affront infligé par le "niet" du président hutu rwandais.

On le sait désormais; ce refus net et catégorique de l'ancien président hutu rwandais signa, sans qu'il s'en douta, son arrêt de mort. Dans la soirée du 6 avril 1994, vers 20 heures 15, son jet, un Falcon piloté par un équipage français, avec à bord du petit aéronef lui-même, son collègue hutu burundais Cyprien N'taryamira, mais aussi le général Nsabimana, chef d’État major des forces armées rwandaises, son médecin, et le reste de la suite des deux présidents s'écrasa dans le jardin de la résidence présidentielle rwandaise après avoir été touché par un missile sol-air.

Il fallut attendre septembre 1996, soit deux années après l'assassinat du Hutu Juvénal Habyarimana , pour comprendre les véritables raisons de la "générosité" américaine envers le Rwanda. Dans l'entre-temps, en effet, Juvénal Habyarimana avait été liquidé dans le crash de son avion, un génocide avait été perpétré et la rébellion du général tutsi Paul Kagame, à la tête de l'APR, armée patriotique rwandaise, s'était emparée du pouvoir à Kigali . A propos du génocide rwandais, il coûta la vie à moins de 45.000 Tutsis et à plus de 2.300.000 Hutus. Finalement, qui furent les victimes et qui les coupables de l'horrible boucherie humaine commise au Rwanda entre avril et septembre 1994 ? La réponse est dans la comparaison du nombre des victimes entre Hutus et Tutsis.

Avant même de déclencher, depuis l'Ouganda, son offensive militaire contre le régime hutu en place à Kigali depuis 1962, le Tutsi Paul Kagame avait répondu avec empressement et enthousiasme "banco" à la même offre présentée par Washington pour liquider le régime du maréchal zaïrois Mobutu Sese Seko. Il ne restait plus qu'à en imaginer le scénario, à en programmer et à planifier les différentes séquences. Pour ce qui était de l'argent, du soutien logistique et de l'aide militaire, pas de problème puisque le protocole d'accord signé en 1990 pouvait être automatiquement réactivé à tout moment après avoir été mis en veilleuse suite au refus obstiné de Habyarimana désormais éliminé.

Mais comment attaquer Mobutu ? Comment prendre d'assaut les 2.345.000 km² de superficie du Zaïre ? On fit alors appel à des bureaux d'études et à des stratèges tutsis qui, pour la plupart, avaient vécu au Congo, y avaient étudié et s'étaient enrichis grâce à l'hospitalité, à la générosité "proverbiales", à la naïveté et à l'inconscience des Bantous congolais. On proposa alors à Paul Kagame la création d'une fausse rébellion congolaise.

C'est ainsi que pour brouiller les pistes et embrouiller les esprits, Paul Kagame créa l'AFDL, Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo. Présentée officiellement aux yeux du monde, "urbi et orbi" par les médias internationaux comme "une rébellion congolaise", l'AFDL était en réalité une milice armée extrémiste tutsie, autrement dit une faction de l'APR, armée patriotique rwandaise, envoyée en opération au Zaïre et entièrement financée sur les fonds secrets du Pentagone.

Le reste appartient désormais à l'histoire honteuse du Congo et des Bantous congolaise.

En effet, l'offensive contre Mobutu fut déclenchée en septembre 1996 et, à peine une dizaine de mois plus tard, le 17 mai 1997, le régime du maréchal zaïrois s'écroulait dans un immense fracas.

Tout de suite et sans attendre, un Tutsi, en la personne de James Kabarebe, fut nommé chef d’État-major de l'armée nationale congolaise. Puis, à la mi-janvier 20O1, le président muntu Laurent-Désiré Kabila ayant été préalablement et opportunément assassiné, un autre Tutsi rwandais en la personne de Joseph Kabila, de son vrai nom Hippolyte Kanambe, accédait carrément à la présidence de la République démocratique du Congo !! A peine croyable.
En 2015, soit une quinzaine d'années plus tard, les fesses de l'usurpateur tutsi Joseph Kabila reposent toujours dans le fauteuil présidentiel congolais. Dans le même temps, 354 officiers tutsis monopolisent les fonctions stratégiques au sein des FARDC, tandis que la direction générale de la police nationale est assumée par un autre Tutsi avec Charles Bisengimana. Idem pour la direction du port de Matadi et la présidence de l'office des douanes. Au parlement, au sénat, dans le gouvernement, dans l'administration territoriale, dans la diplomatie, les sujets tutsis prolifèrent et vivent comme des coqs en pâte. Le plan imaginé par les experts tutsis avait fonctionné au-delà de tous leurs espoirs.

Désormais, il ne reste plus aux dirigeants de cette communauté ethnique qu'à mettre la touche finale à leur projet en annexant les deux provinces du Kivu au Rwanda. Les 14 ans de présence de Joseph Kabila à la tête du Congo et des autres dirigeants tutsis dans différentes institutions nationales congolaises s'étant révélés insuffisants pour terminer une entreprise aussi colossale, il leur faut encore un peu de temps pour parachever leur œuvre. A travers le dialogue proposé par Joseph Kabila, le glissement du calendrier électoral devrait leur permettre de disposer de trois années supplémentaires. C'est largement suffisant pour atteindre l'objectif stratégique que les Tutsis du monde entier se sont fixés depuis la perte de leur pouvoir au Rwanda en 1962, au lendemain du putsch militaire perpétré par le Hutu Grégoire Kayibanda.
Quelle patience !! Quelle maîtrise du temps !! Quelle extraordinaire vision à long terme !!

Les Bantous congolais en sont parfaitement incapables.

Cordialement vôtre

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