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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:12
Soupçons d'incursions de rebelles burundais dans l'est du pays

RDC: soupçons d'incursions de rebelles burundais dans l'est du pays

par RFI

Une femme et son enfant dans le camp des réfugiés burundais de Lusenda, au Sud-Kivu. Monusco/A.Kavanagh

Des civils du territoire d'uriva, au Sud-Kivu, évoquent la présence d'hommes armés parlant kirundi, la langue du Burundi. Du côté des forces de sécurité congolaises, on parle de dizaines d'arrestations ces derniers mois. La Monusco, elle, dit avoir reçu des allégations de ce type, mais n'est aujourd'hui pas capable de les confirmer ou de les infirmer.


Du côté des forces de sécurité congolaises, on ne donne pas de chiffre précis, mais on parle de beaucoup d'arrestations au Congo depuis la première manifestation au Burundi. Le rythme se serait intensifié depuis la fin du mois d'août.

« On a trop souffert de ça », explique un officiel congolais. « On ne va pas laisser une rébellion s'installer sur notre territoire ». De hauts responsables congolais et burundais auraient multiplié les rencontres bilatérales ces dernières semaines à Bujumbura ou au Sud-Kivu pour établir des stratégies communes.

Dans l'un des bureaux des services de renseignement militaire du territoire d'Uvira, ils étaient 24 présumés infiltrés burundais détenus début novembre, dont six mineurs. Certains avaient été arrêtés dans le centre d'Uvira, d'autres au poste frontière de Kavimvira.

Cartes d'électeurs neuves

L'un des éléments inquiétants, précisent plusieurs sources à RFI, c'est que ces hommes disaient avoir été formés militairement au Rwanda voisin et étaient en possession de cartes d'électeurs congolaises flambant neuves. Et parmi les pistes de l'enquête, la rébellion du M23 qui avait volé des kits électoraux dans le Rutshuru et le Masisi. Des kits avec des stocks de milliers de cartes vierges.

Il y a également des allégations de transferts de plusieurs réfugiés burundais soupçonnés d'être en lien avec l'opposition burundais, transférés par les forces de sécurité congolaises à leurs homologues burundais. Au HCR, on dit passer en revue les informations en relation avec des rumeurs perturbantes qui « ne sont pour le moment que des rumeurs ».

La Monusco, de son côté, confirme avoir eu vent d’allégations de ce type, mais n'est aujourd'hui pas capable de dire si elles sont fondées ou non. « En attendant que des enquêtes beaucoup plus approfondies soient menées, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer, affirme le porte-parole de la Mission des Nations unies en RDC, Prosper-Felix Basse. Mais nous restons toujours vigilants avec les forces de défense et de sécurité pour prendre en compte cette éventuelle menace d’infiltration d’hommes armés en République démocratique du Congo. »

Il évoque notamment le cas du camp de réfugiés de Lusenda, où « les autorités congolaises ont pris toutes les dispositions », estime-t-il, en y plaçant une unité de police « chargée de faire régner l’ordre mais aussi de déceler tous ces infiltrés ».

Allégations de recrutement de rebelles burundais dans un camp rwandais

Des réfugiés burundais photographiés le 10 avril 2015 au Rwanda.
© AFP PHOTO / STEPHANIE AGLIETTI

  • Par RFI Publié le 25-11-2015 Modifié le 25-11-2015 à 04:31

Alors que les violences persistent au Burundi entre insurgés et forces de l’ordre, les regards se tournent de plus en plus vers le Rwanda. Depuis plusieurs mois, les autorités de Bujumbura mettent en cause Kigali dans le recrutement d’opposants au sein des camps de réfugiés, situés au Rwanda. Des allégations qui inquiètent la communauté internationale, d’autant plus qu'un ancien travailleur du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) apporte un témoignage dans ce sens.

Depuis plusieurs mois c’est le camp de réfugiés de Mahama, dans le sud du Rwanda, qui concentre l’attention.

Jeff Drumtra affirme avoir travaillé pendant plusieurs mois dans ce camp qui abrite 44 000 personnes. Selon lui, les Etats-Unis et l’ONU savent que des opposants y sont recrutés pour alimenter l’insurrection armée au Burundi.

« Le recrutement au camp de Mahama est fait par un important réseau, avance-t-il. Ce sont d’abord des réfugiés eux-mêmes. Mais ce système de recrutement inclut aussi des officiels du gouvernement rwandais. D’après mon analyse, au moins 1 500 refugiés ont quitté le camp en tant que recrues. C’est une estimation prudente, cela pourrait être le double. »

Plusieurs témoignages recueillis notamment par France 24 et Al-Jazeera vont également dans ce sens. Mais le HCR affirme ne détenir aucune preuve que de tels recrutements existent.

« Jeff Drumtra n’a jamais été fonctionnaire de l’ONU », affirme Saber Azam, qui représente le HCR au Rwanda. Il s’agit, selon lui, d’un simple collaborateur et les activités dans le camp sont uniquement civiles. « Nous sommes en contact permanent avec le gouvernement et les autres acteurs internationaux pour nous assurer que le caractère civil du camp de réfugiés soit respecté à tout prix et par tout le monde. Les activités autres que les activités civiles sont interdites », insiste Saber Azam.

Démenti également du côté de Kigali, qui s’est exprimé par la voix de sa ministre des Affaires étrangères et de sa ministre en charge des Réfugiés. Une question sensible car les relations diplomatiques sont particulièrement tendues avec Bujumbura.

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