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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 11:50
Marche des Catholiques le 16 février 2016

Marche des Catholiques le 16 février 2016

lephare 27 novembre 2015

L’abbé Léonard Santedi, Secrétaire général de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) a réuni la presse hier jeudi 26 novembre au Centre Interdiocésain. C’était pour leur livrer le « Message du Comité Permanent Extraordinaire de la CENCO pour la réussite du processus électoral ». A sa lecture, les observateurs notent qu’il s’agit d’une sévère mise en garde des principes de l’Eglise catholique du Congo à l’endroit du pouvoir en place, à la suite de ce qu’ils considèrent comme un sérieux recul de la démocratie.

Parlant de la situation du pays, ils soulignent qu’« une année avant les échéances électorales de novembre 2016, elle est inquiétante et préoccupante ». Entre autres mauvais signaux du déficit de démocratie, les Evêques catholiques épinglent les restrictions des libertés individuelles, la chasse à l’homme, la nomination inconstitutionnelle, des Commissaires spéciaux.

Tout en souscrivant au dialogue national tout proche, ils insistent sur sa tenue dans le respect de la Constitution. Compte tenu du tableau sombre de nature à compromettre le processus électoral et à torpiller la démocratie, ils ont planifié une série d’actions pacifiques visant à interpeller le pouvoir en place sur la tenue d’élections libres et transparentes dans les délais constitutionnels.

Ainsi, la « Neuvaine de prières » démarre le 8 décembre 2015, suivie d’un culte œcuménique pour la paix du 18 au 25 janvier 2016 et d’une marche pacifique des chrétiens le 16 février 2016. Le décor ainsi planté a tout l’air d’une offensive des Evêques catholiques sur les tenants du pouvoir afin de les amener à respecter la volonté du souverain primaire. La volonté d’engager un bras de fer parait évidente car ils appellent le peuple à se montrer vigilant, dans l’esprit de l’article 64 de la Constitution. « Faut-il encore que le sang coule en RDCongo ? », s’interrogent-ils. Et de rappeler qu’en janvier 2015, il avait effectivement coulé parce que des millions de
Congolais étaient contre le tripatouillage de la Loi électorale.

Bref, il saute aux yeux que l’Eglise catholique du Congo est contre le « glissement » ou un nouvel hold up électoral. Son combat pour la restauration de l’Etat de droit s’inscrit rejoint, curieusement, celui des forces politiques et sociales occupées à se battre pour le respect de la Constitution et l’alternance démocratique en RDC. Le pouvoir en place a sans doute intérêt à bien décrypter le message de la CENCO car 2016 risque d’être, dans l’hypothèse de velléités avérées de « glissement » l’année de l’émergence d’un large front commun où pourraient apparaître l’Opposition (G7, UDPS, MLC, UNC…) et des organisations de la Société civile attachées aux vertus de la démocratie.

1. Réunis à Kinshasa, du 23 au 24 novembre 2015, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques membres du Comité Permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (GENCO), faisant suite à notre poÎnt de vue du 12 novembre 2015 sur le dialogue national dans le respect absolu du cadre constitutionnel et institutionnel en vigueur, avons échangé sur la situation du pays, une année avant les échéances électorales de novembre 2016: elle est inquiétante et préoccupante.

Nous avons évoqué le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang des millions des fils et filles de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force et de l’exercer au détriment du bien commun.

2. Comme nous l’avons exprimé dans notre lettre donnée à Rome à l’occasion de la visite ad limina en septembre 2014, nous demeurons persuadés que les citoyens et les hommes politiques qui aiment vraiment ce pays éviteront d’engager la Nation dans une voie qui risquerait de faire couler davantagé le sang des Congolais. Hélas, malgré notre message, en janvier 2015, le sang a encore coulé suite à la tentative de contourner les dispositions constitutionnelles. Il faut arrêter de faire couler le sang.

3. Nous reconnaissons les efforts consentis par le Gouvernement pour la démocratisation du pays, Malheureusement, nous sommes peinés de constater que l’approche des échéances électorales amène encore son lot de restrictions des libertés individuelles, la croissance de répressions et d’intimidations. La démocratie ne doit pas être un simple slogan, mais plutôt une culture et l’alternance en est une expression.
4. La gestion démocratique exige des régles et des valeurs respectées de tous. Ainsi, la nomination des Commissaires spéciaux non élus par le souverain primaire constitue un recul pour la démocratie. La République Démocratique du Congo présente aujourd’hui un visage hybride avec d’un côté 5 provinces dirigées par des Gouverneurs et des Assemblées provinciales élus et, de l’autre, 21 provinces avec des Commissaires spéciaux nommés.

5. Pour la CENCO, l’avenir heureux de la RD Congo réside incontestablement dans la sauvegarde de l’intégrité du territoire national, le respect de la Constitution, socle de notre jeune démocratie, et dans la tenue des élections libres et transparentes dans les délais constitutionnels. Aussi, en tant que fils de ce pays et en vertu de notre mission de pasteurs, serviteurs de la Vérité et de la paix, nous voulons apporter notre contribution pour la consolidation de la paix, la sauvegarde de la démocratie et le respect de la Constitution.

6. Nous nous engageons à mobiliser les fidèles chrétiens, les hommes et les femmes de bonne volonté à travers toute l’étendue de la République autour des initiatives spirituelles pour implorer la grâce de la paix et de la miséricorde sur notre pays. Il s’agit notamment de:

1° l’organisation d’une Neuvaine de prières dans toutes les paroisses et les CEV en vue de la réussite du processus électoral et de la sauvegarde de l’intégrité territoriale à partir du 8 décembre 2015, jour d’ouverture de l’Année de la Miséricorde, décrétée par le Saint-Père, le Pape François;
2° la programmation de la Marche pacifique de tous les chrétiens, hommes et femmes de bonne volonté dans tous les diocèses pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’ouverture de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992 ;
3° l’organisation dans les paroisses et les mouvements d’action catholique, tous les premiers samedis du mois, d’une Prière spéciale pour la justice et la paix;
4° la Célébration d’un culte œcuménique pour la paix pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier 2016.
7. Nous nous engageons également à poursuivre l’éducation civique et
électorale dé la population à la base pour l’aider à s’approprier la
Constitution de la République. Nous demandons au Peuple congolais de
faire preuve de vigilance dans l’esprit de l’article 64 qui stipule
que« Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout
groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce
en violation des dispositions de la présente Constitution ».
8. L’avenir paisible de la RD Congo est une grave responsabilité qui
incombe à tous les Congolaises et Congolais. Le peuple ne doit pas
être pris en otage par un agir politique qui sacrifie l’intérêt
supérieur de la Nation. Faudrait-il encore que le sang coule en RD
Congo?
9. Nous invitons toutes les forces vives de la Nation à un sursaut
patriotique et à un réel engagement pour assurer la réussite du
processus électoral, gage de l’émergence d’un Congo nouveau et
prospère.
10. Que par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, Reine de la
paix, et de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite, Vierge et
Martyre, victime des violences politiques dans notre pays, Dieu
bénisse la RD Congo et son peuple.


Kinshasa, le 24 novembre 2015

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