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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 08:47
RDC : Les pourparlers de la dernière chance

Compatriotes,

Prière de prendre le temps de lire très attentivement cette excellente synthèse de la situation de notre pays ; malgré l'exhortation de l'auteur au dialogue ainsi que quelques révélations allergiques et/ou provocatrice pour les uns, et abominables pour les autres, au risque même de pousser certains parmi nous de jeter l'enfant avec l'eau de bain.

Par ailleurs, ladite synthèse nécessite un critique rationaliste de notre part car elle expose explicitement la pensée unique que chaque digne fille et fils du Kongo de Lumumba doit s’y instruire et mémoriser, et instruire régulièrement à ses enfants, aux futures générations, ainsi qu’ à son entourage pour que cette pensée demeure infiniment gravée dans nos mémoires, en vue de nous préparer à court terme de faire face à la situation, et dans l'avenir, d’éviter la répétition le genre du plus grand catastrophe humanitaire du siècle que traverse notre très cher et beau pays le Kongo.

Bonne lecture.

JDM

RDC : Les pourparlers de la dernière chance

07/07/2015

KongoTimes!

Cardinal MONSENGWO et "Joseph KABILA"

En RDC, chaque régime politique qui prend son envol et, par conséquent, assume les rênes du pouvoir, apporte toujours son lot de réformes structurelles et administratives du pays afin d’assurer sa pérennité. À chaque fois, une meilleure administration du vaste territoire national et une gestion des plus efficace des ressources matérielles autant qu’humaines servent d’argumentaire, donc de justificatif et de motivation à toutes ces mesures. Ainsi, à l’image des systèmes politiques précédents (Joseph Kasa-Vubu, Joseph-Désiré Mobutu, Mzee Laurent-Désiré Kabila), Joseph Kabila Kabange parrainé par le Belge Louis Michel et évidemment appuyé par des intérêts somme toute obscurs, n’échappe pratiquement pas à cette tentative.

Pourquoi faut-il nécessairement adhérer au processus politique du Dialogue national ?

Dix raisons fondamentales de participer aux Assises intercongolaises

‘‘Le Dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité.’’ Jacques Lacan, Psychanalyste (1901 – 1981)]

Adhérer au principe cardinal du Dialogue national en République démocratique du Congo (RDC) n’équivaut forcément pas à vendre à vil prix son âme. Il ne correspond pas tout à fait à brader celle de ce pays meurtri. Cette attitude consécutive à la crise politique ambiante, que d’aucuns qualifient à tort d’inappropriée, ne signifie nullement le fait de baisser la garde – encore moins la culotte –. C’est-à-dire : Aller à Canossa dans le dessein de se faire dépouiller – consciemment – de sa force et de son autorité légitime, de sa puissance et de son influence, de sa dignité et de sa liberté. C’est malheureusement cette opinion qui est très largement répandue dans certains médias lorsqu’ils évoquent davantage, sciemment et sans la moindre retenue ‘‘le Dialogue de Kabila’’ . Comme s’il en avait effectivement la paternité et la volonté…

Dans le cas d’espèce, assister au Dialogue politique intercongolais, c’est plutôt répondre positivement à l’invite de la Communauté internationale. C’est, en vérité, répondre sans détour et sans tarder aux échos des puissances internationales totalement favorables à la relance de la dynamique politique dans cet État de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains. En effet, ces derniers temps, pourrait-on affirmer, un vent favorable à la RDC semble tourner au niveau des relations interétatiques. Cette atmosphère pour le moins inusitée indique que bien des membres influents de la politique mondiale ont fini par comprendre qu’il était non seulement dans l’intérêt particulier du Peuple congolais mais également dans leur propre intérêt d’agir plus que jamais et plus rapidement dans le sens de la stabilisation tous azimuts de la RDC .

En clair, le processus politique du Dialogue, d’abord réclamé à cor et à cri par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que ses alliés prodémocratiques, n’est pas, par essence, un exercice voulu et fixé par le président de facto – illégitime et illégal – de la RDC. À savoir : ‘‘l’Affreux Joseph Kabila Kabange’’. Cette initiative dont la paternité ne fait, résolument, aucun doute, a été récupérée par la Communauté internationale à la suite de la contestation des scrutins présidentiel et législatif de 2011 et des récriminations acerbes de l’UDPS pour sa politique d’autruche, sa politique de ‘‘deux poids deux mesures’’ en ce qui concerne étroitement la RDC. Celle-ci a été, finalement, saisie au bond par le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) cher à l’imposteur présidentiel, ainsi que les partis satellites de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP), afin de continuer leur entreprise criminelle de destruction des pans entiers du pays.

En effet, ces pourparlers intercongolais dont les esprits bien inspirés escamotent pour des raisons obscures l’origine, sont prévus noir sur blanc dans la résolution 2098 adoptée par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) lors de sa 6943e séance, le 28 mars 2013. Ces Assises politiques ne sont pas à confondre du tout avec les fameuses concertations nationales. C’est-à-dire : ‘‘le forum politique organisé dans l’empressement le plus total par le gouvernement congolais sur l’initiative de l’imposture présidentielle pour soi-disant renforcer la cohésion nationale mise à mal par la rébellion politico-militaire du M-23 activée par le général Sultani Makenga et présidée par le prélat Jean-Marie Runiga Lugerero’’.

Comme le recommande et le prévoit cette directive de la Communauté internationale, ces Négociations politiques relèvent exclusivement du ressort du Représentant permanent pour la RDC et, a fortiori, Délégué du Secrétaire général de l’ONU, le Sud-Coréen Ban Ki-moon. À savoir : ‘‘l’Allemand Martin Köbler’’, d’obédience ‘‘écologiste’’ et ‘‘progressiste’’. Ce faisant, la résolution 2098 déclare tout à fait candidement : ‘‘[Le Conseil de sécurité de l’ONU] demande au Représentant permanent pour la République démocratique du Congo de promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties congolaises en vue de la réconciliation et la démocratisation et encourager l’organisation d’élections provinciales et locales’’. En termes clairs, cela signifie, tout à fait logiquement, que les pourparlers susvisés par les États membres du Conseil de Sécurité s’inscrivent dans l’optique de réintégration tous azimuts des entreprises nationales exclues du processus politique dans le giron institutionnel. Leur objectif final est la collaboration étroite entre les familles politiques marginalisées par voie électorale et les formations qui monopolisent l’espace institutionnel.

Comme il en a seul le secret voire même la manie, Joseph Kabila Kabange, très proche des milieux politiques belgo-wallons et du parti réformateur libéral (PRL) de Louis Michel et de Didier Reynders, fait miroiter le commun des mortels qu’il souhaite vivement le Dialogue – c’est-à-dire ‘‘la paix politique’’ –. À cet égard, la logique voudrait qu’il consultât la classe politique et toutes les forces vives de la Nation. Malgré le charme qu’elle dégage, une telle initiative relève, convient-il de constater, purement et simplement de la théâtralisation de la vie politique et nationale. D’autant plus que l’intéressé avait lui-même déclaré, lorsqu’il s’est agi de baliser les élections de 2006 et de résoudre la crise politique qui en résultait, et ce à la demande l’Opposition démocratique, ‘‘être fatigué de dialogues politiques’’.

De toute manière, pour montrer patte blanche, Joseph Kabila Kabange, dans le rôle bien moins glorieux de tricheur mal élu et d’imposteur présidentiel , se doit bien sûr d’envoyer des signes d’ouverture. Afin de contenter une Communauté internationale qui le surveille désormais à la loupe, [d’aucuns diraient avec une caméra cachée], il se doit de transmettre des signaux clairs, dénués de toute ambiguïté, prouvant même par la seule occasion qu’il est très nettement engagé dans la voie de l’apaisement. C’est donc tout à son honneur de démontrer qu’il est, en réalité, très favorable à toute décrispation politique entre le camp de l’imposture électorale et le mouvement démocratique floué.

À la lecture minutieuse de la résolution 2098 et à la lumière de la détermination affichée par le Conseil de Sécurité de l’ONU dans la crise politique et militaire en RDC, il appartient plus particulièrement et plus singulièrement aux familles politiques et aux organisations socioculturelles de la Société civile de s’approprier le Dialogue. Il leur revient d’investir tous les rouages de ces Négociations intercongolaises en vue de consolider la démocratisation et, surtout, d’engager le pays sur la voie de la réconciliation nationale et de la concorde politique. Il s’agit, vraiment, là d’une exhortation et même d’une injonction à la tolérance mutuelle, à l’entente civile et à la concorde politique dans le strict but de stabiliser la RDC. Pour ce faire, il appartient à l’ensemble des forces congolaises de démontrer assurément leur profond intérêt, leur attachement viscéral, leur volonté politique, leur détermination sans faille, leur sens aigu de responsabilité. Bref leur maturité nationale pour la réussite de cet exercice politique oh ! Combien salutaire.

En d’autres termes, le Dialogue national se veut, par nature, un environnement idéal pour se dépasser – voire même se surpasser – en vue d’aboutir à tout prix à la paix politique et sociale, à l’entente civile. Il s’avère, pratiquement, le cadre approprié pour générer des conditions viables d’harmonie politique, de concorde civile et de sécurité juridique, pour asseoir une société juste et équitable, solidaire et fraternelle. En fait, celles-ci préfigurent normalement le développement économique de la Collectivité publique et le Progrès social de la population. Il y a lieu de mentionner que ce portrait pittoresque et joliment rêveur fait lamentablement défaut à ce pays immense et richissime de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs africains. D’où l’intérêt – et c’est vraiment capital pour la Société civile et l’élite politique – de prendre activement part au processus du Dialogue national. Sans esprit d’obstruction. Sans esprit de revanche aveugle.

Toutefois, dix raisons fondamentales militent en faveur de cette participation visiblement souhaitée par les États membres de la Communauté internationale ainsi qu’une partie non négligeable de l’opinion nationale.

Décréter la fin de la tutelle occidentale

Lorsqu’éclate subitement ‘‘la guerre dite d’agression à la souveraineté internationale et de partition de la RDC ’’, rapidement suivie de ‘‘celle dite d’occupation de son vaste territoire et de pillage généralisé de ses ressources minérales et naturelles ’’, cet État énormément riche était déjà confiné dans un régime tutélaire au profit de la Communauté occidentale. Cette tutelle fut, d’ailleurs, incarnée à cette époque par nul autre que le tristement célèbre Léon Lobitch, alias [Kengo wa Dondo] , dit ‘‘La Rigueur’’. La mission lui confiée se résumait au bradage du patrimoine minier et naturel du pays aux puissants intérêts occidentaux. Lors de son premier passage à la primature dans les années quatre-vingts, elle se réduisait, par contre, au démantèlement systématique et automatique du tissu socioéconomique au seul nom de bailleurs de fonds internationaux.

En réalité, cet affaissement de l’indépendance nationale s’inscrivait, sous cette primature controversée de Kengo, dans le prolongement logique de la prise de contrôle de la Banque nationale du Zaïre, en tant que Banque centrale, par ‘‘l’Allemand Erwin Blumenthal’’ de la Bundesbank au nom de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI). En effet, à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingts, ce fonctionnaire international a été, très rapidement, dépêché au chevet de cet État déjà en banqueroute annoncée pour redresser le Trésor public, d’ailleurs totalement vampirisé par la Kleptocratie mobutienne. Comme dans une tragédie très propre au marigot africain, ce banquier finira par quitter précipitamment ce pays sous le coup de menaces physiques et de pressions psychologiques irréversibles et insupportables.

Cependant, cette tutelle ‘‘politique’’ et ‘‘administrative’’ de la Communauté internationale héritée de l’ère Kengo wa Dondo s’est, depuis, très nettement aggravée du fait de la guerre sévissant cruellement dans l’Est de la République démocratique du Congo. Si elle n’est plus personnalisée par un individu, comme ce fut naguère le cas, celle-ci est plus subtile. En fait, elle est plus diluée et plus fondue dans la complexité des organisations internationales qui disposent, en réalité, d’un droit de regard sur les affaires de la RDC, sur la gestion politique et administrative de la chose publique congolaise. De nos jours, cette tutelle est exercée sur le terrain par l’Allemand ‘‘Martin Köbler’’. Elle est réellement sous-traitée par l’ONU qui y exerce un véritable régime proconsulaire au nom de la Communauté occidentale.

En effet, c’est l’ONU qui finance la tenue d’élections en RDC. C’est bien elle qui sélectionne – et par conséquent élit et désigne – les dirigeants politiques et gouvernementaux du pays au premier rang desquels le chef de l’État. C’est bien elle qui fixe le cadre de la gestion à la fois politique et administrative du pays, qui circonscrit les limites de la coopération à la fois régionale et internationale de ce colosse aux pieds d’argile.

À cet effet, il appartient à l’élite politique et aux structures associatives de la Société civile de se rendre au Dialogue pour négocier directement avec la Communauté occidentale le terme définitif de ce régime de tutelle qui paralyse, à n’en plus douter, le fonctionnement du pays. En l’espèce, le paravent de ce régime tutélaire est bel et bien le mercenaire Joseph Kabila Kabange. Il est sur le terrain ‘‘l’arbre qui cache la forêt’’. Par conséquent, la fin de la tutelle de la Communauté occidentale passe inéluctablement par la révocation pure et simple du processus politique actuel : ‘‘un régime par définition suicidaire directement issu des pourparlers de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003’’.

Ordonner la fin du régime d’occupation militaire

La conflagration militaire faisant rage dans les portions orientales de la RDC est un conflit créé de toutes pièces. Cette guerre violente est artificiellement provoquée par des intérêts internationaux dont l’ancienne puissance coloniale belge est à vrai dire le fondé de pouvoir dans l’épineux dossier congolais. Importé militairement de pays limitrophes de la région des Grands Lacs africains (Ouganda, Rwanda et Burundi), ce conflit militaire d’une barbarie indicible a, en réalité, généré sur le terrain un véritable régime d’occupation militaire. Il y a lieu de remarquer que les acteurs de ce système macabre se succèdent et se relaient à la cadence de l’exploitation des ressources tant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques de la RDC.

En principe, cette occupation est le fait incontestable et incontesté des armées étrangères, à plus forte raison des troupes des États voisins. Du fait de l’évolution progressive du conflit et du changement d’acteurs sur le terrain, ce régime odieux est graduellement passé des mains de différentes milices et factions militaires aux organisations armées et supplétives locales et tribales jouissant évidemment des complicités institutionnelles et de protection légale . Aussi est-elle le fait de diverses rébellions allogènes – en connivence des autorités politiques et, surtout, des notabilités locales – qui ont naturellement trouvé un sanctuaire de repli stratégique sur ce vaste territoire national . En effet, ces fameuses forces négatives ont rapidement trouvé une base arrière dans l’espace congolais dépourvu de tout pouvoir politique, de toute puissance publique et de toute autorité administrative.

Ce régime d’occupation militaire dont se satisfait finalement tout le monde, est également le fait avéré de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO). En effet, la présence réelle de cet appendice onusien, dans son volet à la fois administratif et militaire, dure réellement depuis une quinzaine d’années. Comme elle n’est pas du tout éternelle, il va de soi qu’elle se termine un jour. D’autant plus que le bilan dudit organisme dont le mandat est généralement flou, reste fort contrasté et fort mitigé. Entre autres, en termes de protection des populations civiles , de sécurisation des frontières nationales, de neutralisation des forces négatives empoisonnant l’atmosphère politique nationale et polluant les relations diplomatiques dans la sous-région des Grands Lacs, de spoliation éhontée des richesses tant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques de la Nation par des bandes armées, etc.

Il sied d’admettre que le statut d’occupation armée collé à la RDC résulte à n’en pas douter d’une volonté farouche et affirmée de la Communauté occidentale. En fait, cette posture consiste à transformer indéfiniment ce pays en une terre de violence endémique et de non droit, en une vaste terre de génocide et de pillage généralisé, eu égard à son statut de ‘‘No Man’s Land ’’ découlant du traité de Berlin de 1885 qui consacre le partage du continent africain. Par conséquent, il appartient à l’ensemble de l’élite politique adossée aux forces vives de la Nation, aux organisations associatives de la Société civile, d’investir sans tarder le processus du Dialogue national en vue d’arracher la fin définitive de ce régime de honte et d’humiliation nationale et surtout de réhabiliter tous azimuts l’indépendance nationale.

Négocier la sortie en douceur du ‘‘Stipendié’’ Joseph Kabila Kabange

‘‘Ya Tshitshi, Zongisa Ye na Rwanda !’’ Slogan des antijoséphistes

Comme l’affirme haut et fort l’activiste ‘‘Jean-Louis Tshimbalanga’’ de Convergence pour l’Émergence du Congo, le condottiere Joseph Kabila Kabange ne peut pas être une solution à la crise politique et militaire. En effet, en tant que pupille de la Communauté occidentale, celui-ci est un élément central du puzzle. Il est un élément clé du problème. À ce titre, il ne peut vraiment et en aucun cas être isolé de l’ensemble. Sous aucun prétexte. Même le plus fallacieux.

Donc, en tant que sicaire au service exclusif de puissants intérêts étrangers, ce seigneur de guerre, a fortiori saigneur de paix, réputé cruel et macabre sous le pseudonyme martial de ‘‘Commandant Hyppo’’, demeure un problème fondamental dont l’équation ne peut être résolue que par une négociation franche et directe avec ses tuteurs internationaux. Car, par la voie des armes, son départ ne pourrait pratiquement se concrétiser aisément. Cela est d’autant plus vrai que le pays est, jusqu’à preuve du contraire, noyauté politiquement et militairement par des cadres allophones, à plus forte raison des forces centrifuges.

Force est de rappeler que Joseph Kabila Kabange est arrivé pour la première fois en RDC, à la faveur de la guerre d’agression et de partition menée par l’AFDL à titre de bras armé des puissances économiques et financières occidentales, en l’occurrence des firmes anglo-saxonnes. Plus particulièrement et plus singulièrement du Commonwealth britannique. Sous cette couverture politico-militaire, ces puissantes corporations lorgnaient en fait des ressources autant minérales et naturelles que stratégiques et précieuses de la RDC.

En d’autres termes, Joseph Kabila Kabange se retrouve dans ce pays à cause de la guerre. Il est au sommet du pouvoir en raison de la violence armée d’ailleurs préprogrammée par de puissants intérêts extérieurs. Il trône au sommet de l’État congolais à titre de prime aux forces d’agression. Il est le trophée rêvé, le jackpot remporté par les États envahisseurs en vue de faire main basse sur les énormes potentialités minières et naturelles du pays.

Selon la logique et le principe des contraires, Joseph Kabila est venu par la guerre. Donc, il ne partira que par la violence armée. Ce serait naïf de croire à un autre schéma ou scénario. Quand bien même la fameuse ‘‘Constitution de Liège’’ du 18 février 2006 lui ménage une porte de sortie somme toute honorable , il ne pourra être délogé du pouvoir que par un conflit violent dont le bilan serait sans doute très lourd en termes de victimes, de dégâts humains, de dommages matériels et de catastrophes naturelles de toutes sortes.

Toutefois, même après le départ précipité de l’imposteur Joseph Kabila Kabange par un processus révolutionnaire ou une insurrection populaire, comme d’aucuns l’imaginent ou l’espèrent naïvement, la violence armée continuerait de sévir cruellement. D’où la seule et unique solution envisageable – c’est-à-dire : la seule condition de voir la paix réellement assise et consolidée – c’est sa sortie ‘‘négociée de bonne foi’’. Comme le langage des armes comporte, à vrai dire, différents risques et multiples hypothèques, ce départ en douceur doit être directement négocié avec les membres influents de la Communauté occidentale. Il doit être intelligemment négocié pour que la RDC redevienne sans autre forme de procès un havre de paix pour l’ensemble de sa population meurtrie depuis l’ère de l’indépendance en 1960 et un véritable nœud de la stratégie de développement économique et de progrès social en Afrique et dans le monde.

À cet égard, le cadre approprié pour évoquer politiquement et diplomatiquement la sortie en douceur de Joseph Kabila Kabange sont indubitablement les pourparlers intercongolais convoqués par la Communauté internationale et initiés par ses maîtres-penseurs. D’autant plus que cet environnement national a toujours servi à légitimer des dirigeants politiques et gouvernementaux avec l’onction sanctifiée de puissants intérêts étrangers. Font foi les Assises politiques de Lovanium de 1961, de Luluabourg de 1964, de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003. Y compris la plénière de la CNS de 1992.

Sortir de l’ambiguïté flagrante du statut ‘‘Ni Guerre Ni Paix’’

‘‘Aucun pays ne s’est jamais élevé sans être purifié au feu de la souffrance’’ Mohandas Karamchand, dit Mahatma Gandhi

Aujourd’hui, la RDC vit, sans l’ombre d’un seul doute, sous l’empire inique et draconien du régime ‘‘Ni Guerre Ni Paix’’. Cette situation intenable et insoutenable dont l’équivocité n’a certes d’égale que la multiplicité exponentielle des acteurs en conflit, la contradiction de leurs revendications sur le terrain, le flou artistique qui entoure les motivations politiques et idéologiques de leurs commanditaires, est tout autant meurtrière que l’effervescence d’un conflit armé ou la violence armée d’une guerre active. En termes de bilan meurtrier, celle-ci génère, en réalité, des catastrophes naturelles, des dommages matériels et des dégâts humains hors du commun. À ce propos, il convient de souligner que la crise militaire dans l’Est de la RDC, est sans nul conteste, l’œuvre des gangsters, des bandits de grand chemin – dont l’identité est aisée à déterminer – appuyés par des sponsors internationaux – dont la volonté est de répandre la mort comme un virus partout où ils disposent en réalité des intérêts fondamentaux –.

Une chose est sûre et certaine, cette ambiguïté de ‘‘Ni Guerre Ni Paix’’ n’est plus de mise. Elle n’a que trop duré. Elle est, certes, invivable. Aussi est-elle insoutenable parce qu’elle participe du pillage meurtrier du pays. Aussi est-elle intenable aux yeux de la population qui aspire à la sérénité, à l’accalmie et à la quiétude pour s’épanouir. Celle-ci reste attachée à la paix et à la sécurité, préalables à tout développement économique de la Collectivité publique et à tout progrès social du Citoyen sujet des droits démocratiques et des libertés fondamentales.

À cet effet, les Négociations politiques intercongolaises pilotées par des membres phares de la Communauté occidentale en raison de l’incapacité congolaise constituent un espace privilégié pour la promotion de la paix et de la sécurité. Elles sont en fait un environnement propice à la réconciliation nationale, à l’entente civile et à la concorde politique. Il s’agit d’un meilleur cadre afin d’apporter une réponse adéquate ou un correctif acceptable et solide au régime ambigu de ‘‘Ni Guerre Ni Paix’’. Raison pour laquelle l’ensemble des forces nationales – classe politique et Société civile réunies pour une même cause noble – doivent adhérer au processus politique du Dialogue.

Rejeter la violence armée comme mode de gestion publique des ressources nationales

Dès septembre 1996, les puissances anglo-saxonnes, au premier rang desquelles les États-Unis d’Amérique, le Canada et la Grande-Bretagne, décident de financer l’invasion de la RDC. En vue d’atteindre cet objectif stratégique pour leurs entreprises, par conséquent pour leurs économies marchandes, ces puissances industrielles et démocratiques du Nord s’appuient logistiquement et techniquement sur des troupes armées d’États limitrophes – à savoir : ‘‘l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi’’ – servant d’armature à une vaste coalition militaire régionale . Celle-ci a politiquement pour mission de renverser militairement le régime de la CNS qui a ‘‘instauré’’ la démocratie comme étape initiale de réhabilitation de l’indépendance nationale et de la souveraineté internationale de la RDC.

Force est de reconnaître que l’objectif visé à travers ce conflit armé artificiellement créé par ses commanditaires anglo-saxons est en fait le pillage meurtrier de toutes ressources étatiques et richesses nationales. Cette finalité poursuivie par les sponsors de la violence guerrière dans l’ex-Zaïre n’est pas vraiment sans rappeler la violence inouïe de l’entreprise léopoldienne dans le cadre de l’exploitation économique et capitaliste de ce territoire. En effet, le régime de l’État indépendant du Congo (EIC), sous le Roi des Belges Léopold II, est fort réputé pour ses méthodes répressives et exactions barbares, ses injustices inhumaines et sa logique expiatoire.

Cette violence armée délibérément imposée à la RDC par les puissances susmentionnées par l’entremise des États limitrophes de la région des Grands Lacs africains et surtout par le truchement de la rébellion politico-militaire factice de l’AFDL sert en principe à masquer la confiscation des richesses minérales et naturelles autant que stratégiques et précieuses dont regorge abondamment cet État d’Afrique centrale. D’ailleurs, pour leur exportation sans bénéfice économique et social notable pour le pays et la population, ces ressources pillées transitent via les territoires des pays voisins qui ne sont pas forcément engagés dans le conflit armé en cours en RDC. C’est l’exemple patent de la Zambie et de la Tanzanie – deux États anglophones – dont l’espace territorial est utilisé à titre de voie de passage pour des biens dilapidés par des agresseurs dans cet immense pays de convoitise internationale. Toute cette anomalie résulte de l’absence effective de l’autorité administrative, du pouvoir politique et de la puissance publique capable de quadriller le pays et la population.

De nos jours, cette même logique de racket de diverses ressources de la RDC persiste, en fait, avec la prolifération des milices et factions armées, la multiplication exponentielle des mouvements rebelles et d’aventuriers en tenue militaire. Qu’elles soient autochtones ou allogènes, ces organisations armées servent indiscutablement de couverture au pillage des richesses nationales. Cela est d’autant plus vrai que ces mouvements sans doute militarisés à cette fin occupent comme par enchantement des portions territoriales de la RDC sensées regorger des matières premières précieuses et stratégiques, d’ailleurs, les plus convoitées par l’oligarchie capitaliste et néolibérale.

C’est, certes, le cas des FDLR à forte obédience hutue rwandaise. Comme l’affirme un cadre influent du MLC et très proche du Chairman Jean-Pierre Bemba Gombo, qui a d’ailleurs requis le plus strict anonymat, ce mouvement rebelle armé qui s’oppose très violemment au régime politico-militaire du généralissime Paul Kagame, extrait le Coltan de l’Ile d’Idjwi. Ce minerai extrêmement prisé par les industries informatique et aérospatiale est ensuite acheminé directement au Rwanda. Selon ce témoignage, ce transport est – ‘‘bizarrement’’ – assuré par les soldats des Forces de défense rwandaises (FDR). Ce qui attesterait sans aucun doute, selon ce membre du bureau politique du MLC, de l’existence d’un deal tacite et d’un pacte de non-agression entre Hutus réfugiés dans l’Est de la RDC – Ces exilés ne veulent pas quitter cette riche région – et Tutsis dirigeant le Rwanda – Ces maîtres de Kigali tiennent mordicus au non-retour desdits exilés.

C’est assurément l’exemple du fameux M-23, véritable rejeton politico-militaire du CNDP qui lui-même dérive du RCD-Goma. Cette rébellion armée, d’ailleurs opposée violemment à l’imposture présidentielle de Joseph Kabila Kabange, dont la base arrière est l’Ouganda, a occupé le Parc Virunga dont le sous-sol renferme d’importantes réserves pétrolifères. C’est dans cette région comprise entre les massifs du mont Ruwenzori, le lac Albert et le lac Édouard que les ADF-Nalu de triste mémoire sèment réellement la terreur aveugle. Ces rebelles ougandais, jouissant de protection politique et administrative locale, sont traqués par les FARDC et la brigade d’intervention spéciale (BIS), d’ailleurs agissant sous la férule de la MONUSCO.

Pour des observateurs de la crise politico-militaire congolaise, cette rébellion ougandaise n’est qu’une mascarade parmi tant d’autres. Elle n’est rien d’autre que le recyclage du M-23. L’étiquette ADF-Nalu ne sert en réalité que d’habillage, donc de véritable camouflage. Vivant essentiellement de la rente guerrière, toutes ces vraies-fausses rébellions armées se servent, par ailleurs, des ressources minières et naturelles de la RDC comme monnaie d’échange auprès de leurs sponsors ou gage économique et financier auprès des réseaux maffieux.

Dans les secteurs de la RDC où le Gouvernement fantoche de Joseph Kabila Kabange exerce l’effectivité du pouvoir, la guerre sert plutôt de prétexte à la dilapidation des biens publics, à la subtilisation des fonds publics et au détournement du traitement des fonctionnaires et de la solde des militaires engagés au front. Elle sert de camouflage au détournement et au bradage des richesses nationales. Aussi sert-elle, en réalité, de couverture à la spoliation éhontée et criminelle des ressources autant minérales et naturelles que stratégiques et précieuses. Comme en témoigne, d’ailleurs, l’attribution exclusive des mines de diamant et d’or à des sponsors du régime mécréant.

C’est assurément l’exemple de l’exploitation des nappes de pétrole et des mines d’uranium et de coltan. Celles-ci échappent, curieusement, à toute comptabilité nationale tout à fait digne de ce nom et à tout contrôle organique. Ainsi ce modus operandi a-t-il donné lieu à la constitution des réseaux maffieux locaux. Ceux-ci sont, d’ailleurs, très rompus à l’art du trafic illégal, de la confiscation des biens publics (racket), de la fraude fiscale, de la paralysie des institutions de l’État, du trafic d’influence et de la subornation des autorités régulières. Il importe d’admettre que, par leur comportement incivique, toutes ces associations de malfaiteurs agissent complètement aux dépens des intérêts primordiaux de la Collectivité nationale.

Dicté visiblement par l’enrichissement sans cause, ce mode indubitablement corrompu de gestion publique des ressources nationales prouve à lui seul l’émiettement de l’autorité de l’État postcolonial. Il prouve, indéniablement, sans autre forme de procès, l’affaissement de la souveraineté de la Nation et la prostitution des pouvoirs publics. Cet état de fait doit normalement inciter l’ensemble de la classe politique ainsi que la Société civile d’adhérer au principe du Dialogue pour réhabiliter la puissance publique de l’État et l’autorité de son bras séculier, l’administration publique.

Prôner la concorde civile et politique

‘‘Une de nos armes les puissances est le dialogue’’ Proverbe africain

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a, officiellement, vu le jour le 15 février 1982. Cette naissance s’inscrivait logiquement, convient-il de noter, dans la foulée du combat héroïque mené par les fameux Treize parlementaires, d’ailleurs, sévèrement exclus du parti unique et Parti-État, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), très cher au Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre. Ces représentants ont été ostracisés sauvagement pour avoir émis le vœu du changement politique constituant un mot tabou dans ce système totalitaire. Leurs droits élémentaires ont été opprimés pour avoir surtout exprimé la volonté inébranlable d’humaniser, au travers de la fameuse Lettre ouverte du 1er novembre 1980 au chef de l’État, à plus forte raison chef du parti, un régime politique aux abois dont la vocation primordiale consistait, en fait, à ‘‘chosifier’’ l’être congolais.

Il sied de relever que l’irruption de cette formation favorable à la démocratie et à la liberté sur la scène politique nationale n’a jamais vraiment été digérée par le MPR qui, à cette époque, monopolise exclusivement la vie nationale. En témoignent, d’ailleurs, les multiples arrestations et détentions, les relégations récursives à l’intérieur du pays dont pâtissent, malheureusement, ces représentants qui, aux yeux du parti unique, sont des récalcitrants, des traîtres. À cet effet, le qualificatif utilisé par le régime mobutiste pour les désigner est ‘‘serpent’’ en référence à l’ignominieux reptile de la Bible chrétienne qui a corrompu l’être humain pour provoquer sa déchéance.

Cette animosité, plus particulièrement et plus singulièrement à l’endroit de l’UDPS, s’est encore accrue avec l’avènement politico-militaire de l’AFDL ayant propulsé au sommet du pouvoir d’État le rebelle poststalinien et postléniniste Mzee Laurent-Désiré Kabila. Par le truchement de cette révolution armée qui a renversé militairement le Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre, ce chef de guerre était devenu un mercenaire brutal à la solde de l’oligarchie financière mondiale. Ce maquisard était donc devenu – ce qui était tout à fait contradictoire à son idéologie de libération nationale – un sicaire au service exclusif du capital monopolistique international.

Cette attitude irresponsable du soudard Kabila adoubé par des puissances internationales et entouré de forces centrifuges s’expliquait par le fait que cette famille politique chère au Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba avait, en réalité, vu dans cet élan révolutionnaire une continuité logique du système dictatorial mobutien. Elle y avait surtout vu une indiscutable mainmise sur le patrimoine matériel et physique du pays (les ressources stratégiques), tout à fait préjudiciable aux intérêts vitaux du sanctuaire national. À preuve, le régime de la CNS dont cette personnalité favorable à la justice et à la démocratie se prévalait et qui avait réussi à rétablir la souveraineté internationale et l’indépendance nationale de la RDC a été balayé par l’AFDL. Par cet acte subversif, cette organisation rebelle a effectivement renié tous les acquis politiques et idéologiques définis par ces Assises nationales en 1992.

Par ailleurs, cette politique haineuse assortie de campagne mensongère à l’encontre de l’UDPS dont le démiurge est, à l’époque du Mobutisme despotique et impénitent, nul autre que le ‘‘Terminator’’ Honoré N’Gbanda Nzambo ko Atumba est de nos jours déployée avec hargne par le non moins imposteur Joseph Kabila Kabange. Cette irritation dans le ton du pouvoir, couplée à une vive brutalité dans les actes, s’explique par le fait que ce dirigeant mercenaire est très soucieux de satisfaire les exigences odieuses de la mafia internationale qui a, en fait, confisqué l’indépendance de la RDC par le biais du processus révolutionnaire dont il est certes un des artisans et un des maillons forts. C’est ce qui explique assurément la détermination inébranlable de Kabila Jr à exclure à jamais de l’arène nationale cette formation politique, y compris tous ses alliés prodémocratiques, dès la mise en orbite de son régime assassin le 26 janvier 2001 pour continuer à régner ad vitam aeternam.

Force est d’admettre que le fossé est devenu pratiquement abyssal au sein de la classe politique. Ce trou déjà béant s’est, d’ailleurs, très vite aggravé, et ce depuis les négociations politiques intercongolaises de Pretoria de 2002 et de Sun City de 2003. C’est sans conteste le déchirement de la feuille de route de la Transition par les forces belligérantes mues par la volonté de confisquer à dessein l’espace national au détriment de l’Opposition politique et démocratique (non-armée et pacifique). Ce qui revient à dire que la confiance qui est source de bonne entente et de saine collaboration, a déjà déserté cet environnement national. C’est un terme qui n’y est plus du tout d’actualité. La méfiance viscérale est, plutôt, le maître-mot. C’est elle qui prime, dorénavant, dans cet univers devenu malsain et acrimonieux.

En réalité, le règne de ce climat délétère a généré des tensions extrêmement fortes dont est sans nul doute responsable le fameux camp de l’imposture politique et électorale. En effet, ce cartel de la confiscation du pouvoir politique a bidouillé les scrutins électoraux en intervertissant les résultats. Ce qui a, manifestement, contribué à priver délibérément le peuple de son statut démocratique de souverain primaire et d’arbitre politique. Ce geste visiblement arrogant a, certes, contribué à attiser la guerre entre le dirigeant de la faction belligérante de Kinshasa, en l’occurrence Joseph Kabila Kabange, et le rebelle affairiste Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC lors de la présidentielle de 2006. Aussi a-t-il occasionné, lors du scrutin présidentiel décrié de 2011, moult manifestations politiques en faveur de la revendication de la vérité des urnes. Celles-ci se sont soldées malheureusement par des dizaines de milliers de disparus – ceux-ci n’ont jamais été retracés à ce jour – et des milliers de morts dont les corps visiblement inanimés et décomposés ont été rejetés par des cours d’eau .

À cet égard, il y a lieu de reconnaître que Joseph Kabila Kabange – fort du soutien de la mafia internationale – qui n’a jamais incorporé la démocratie et la liberté dans ses schèmes de perception, a toujours dénié le droit d’exister aux autres formations politiques, a fortiori ses adversaires. Celui-ci leur a, toujours, dénié tout droit de s’organiser librement dans un cadre politique et de participer équitablement aux scrutins électoraux. Il leur a, surtout, dénié tout droit de s’exprimer publiquement et, donc, d’exercer officiellement leur rôle, fût-il d’Opposition politique, pourtant dévolu par la Constitution dans un environnement démocratique, d’ailleurs garanti par la Loi fondamentale. Il s’agit d’univers complètement assaini, débarrassé de toute violence injustifiée et libéré de toute contrainte illégitime. C’est la raison pour laquelle la classe politique et la Société civile doivent se rapproprier le processus du Dialogue national en vue de promouvoir la concorde civile et politique.

Cette bonne entente civile et cette cordialité politique que le peuple congolais appelle de tous ses vœux passent inexorablement par la fin du régime d’impunité dont bénéficient gracieusement les artisans et les courtisans du régime Kabila. Aussi passe-t-elle par la fin de la mascarade qui entoure des procès successifs dans lesquels les responsabilités pénales et civiles des acteurs politiques et militaires sont diluées et endossées par des fusibles de service. Aussi passe-t-elle indéniablement dans maintes affaires politico-judiciaires par la quête de vérité pour une justice efficace et efficiente.

Dans les circonstances présentes, tout à fait empreintes d’exclusion et de fortes tensions politiques, de chasse aux sorcières, la concorde civile et politique signifie concrètement l’établissement de véritables responsabilités politiques et administratives dans maintes affaires politico-militaires. Il s’agit du meurtre prémédité de l’activiste des droits humains Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, de l’assassinat politique programmé du rebelle Mzee Laurent-Désiré Kabila et de sa fille biologique Aimée Kabila, de l’exécution extrajudiciaire des chevaliers de la plume Louis Bapuwa Mwamba et de François Kagundu, dit ‘‘Franck Ngyckie’’, de l’élimination physique des revendicateurs de la vérité des urnes. Aussi signifie-t-elle l’élargissement pur et simple des prisonniers d’opinion. Y compris des détenus politiques parmi lesquels Me Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Christopher Ngoyi Mutamba, Jean-Bernard Ewanga Isewanga Iwoka. Aussi signifie-t-elle l’interpellation par des autorités policières et la détention par des instances judiciaires des membres du clan présidentiel pour assassinat politique ou dilapidation des biens publics. À savoir : ‘‘Zoe Kabila, Janet Kabila, John Numbi, Évariste Boschab, André Kimbuta Yango, Adolphe Muzito Fumutsi, Antoine Gizenga Fundji, Denis Kalume Numbi, Kanyama, etc.’’.

En d’autres termes, la concorde civile et politique suppose la mise en place d’une justice impartiale dont la tradition est l’indépendance. Donc, l’installation d’un appareil judiciaire qui ne répond pas aux ordres exclusifs d’un pouvoir politique oppresseur. D’une justice au-dessus de tout soupçon. La concorde civile et politique suppose également la désignation d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) juste et neutre, responsable et totalement libre. Donc, la nomination d’une CENI expurgée de tous éléments corrompus et constituant un frein au développement politique et au progrès démocratique.

Voilà un des motifs pertinents qui pourraient pousser la classe politique et la société civile à investir positivement les pourparlers intercongolais.

Promouvoir la réconciliation nationale

‘‘Le Dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre à la fois dans son altérité et dans son identité.’’ Proverbe africain

Pour des raisons inextricablement liées à la politique et à l’exploitation de ses ressources tant naturelles et minérales que précieuses et stratégiques, la RDC a toujours offert, depuis l’entreprise léopoldienne, un terreau fertile à des massacres de très grande ampleur. À cet effet, il importe de souligner les exactions cruelles commises par l’État indépendant du Congo (EIC) dans le cadre de l’extraction du caoutchouc et de l’exploitation de l’hévéa au profit de l’industrie automobile en plein boom économique à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Toutefois, sous la colonisation belge, de violents conflits intercommunautaires débouchant sur des tueries de masse ont été instrumentalisés dans le but de nettoyer des groupes humains vivant depuis des lustres sur des terres ancestrales, d’ailleurs décrétées pour la circonstance ‘‘carrés miniers’’ par le pouvoir administratif. L’exemple du Grand Kasaï est, à ce point précis, édifiant et donc éloquent.

Ce phénomène de violence endémique s’est cruellement amplifié sous l’État postcolonial devenu le théâtre des affrontements interethniques dont l’objectif primordial consiste à éliminer physiquement des populations entières. Contrairement à sa tradition solidaire et hospitalière, ce portrait abominable en a, paradoxalement, fait une terre de violence et de génocide, de chaos et d’anarchie. À titre d’exemple, sous le gouvernement nationaliste de Patrice Emery Lumumba, l’Armée nationale congolaise (ANC) commandée par le général Lundula (chef d’état-major), s’appuyant sur des soldats de l’ethnie tetela, a commis un vrai génocide – ‘‘le fameux massacre de Bakwanga’’, aujourd’hui Mbuji-Mayi – au Sud-Kasaï. Ces horribles tueries de masse ethnique visant exclusivement les populations luba-lubilanji ont été perpétrées sous prétexte de renforcer un État et une Nation qui n’étaient en réalité qu’à leurs tout premiers balbutiements.

Le régime despotique du Maréchal Mobutu Sese Seko du Zaïre s’est lui aussi illustré par des affrontements à caractère interethnique, d’ailleurs ponctués de nombreux massacres à large échelle dans le but de casser l’élan démocratique et, par conséquent, de noyauter l’opposition politique. À cet égard, il y a lieu de mentionner les massacres d’Idiofa de 1977, de Katekelayi de 1979 et d’étudiants de l’Université de Lubumbashi en 1990. Ces meurtres de masse dont la finalité est l’élimination physique des Citoyens voire des populations, sont en principe imputables à la soldatesque directement issue des Forces armées zaïroises (FAZ) et originaire de la province de l’Équateur.

Aussi faut-il souligner le génocide des Kasaïens victimes de l’intolérance ethnique en 1993 au Katanga. Même les non-Kasaïens ont payé un lourd tribut dans ce conflit. Les exécutants locaux de ces tueries de grande ampleur sont principalement Jean de Dieu Nguz Karl I Bond de sinistre mémoire et Oliveira da Silva, alias ‘‘Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza’’, qui s’est autodésigné ‘‘Baba du Katanga’’. Ces deux personnalités controversées agissaient ainsi pour sauvegarder le régime politique mobutiste fortement menacé par le vent de changement démocratique insufflé par l’UDPS .

Force est d’admettre, en effet, que cette dynamique démocratique portée à bout de bras par la fronde parlementaire et la rue se proposait plutôt de remanier de fond en comble le système politique mobutien, d’ailleurs, en pleine évanescence, en pleine décrépitude. Cette présidence moribonde essentiellement fondée sur l’arbitraire et l’oppression des droits ne présentait, à vrai dire, aucune perspective sérieuse en matière de développement économique et de progrès social. Son seul et unique bilan se réduisait à la ‘‘chosification’’ du citoyen et de la population. Son seul et unique actif se résumait à la ‘‘terreur’’ liberticide et démocraticide.

Par ailleurs, depuis l’aboutissement du processus révolutionnaire de Kabila et l’avènement politico-militaire de l’ADFL en tant que bras armé des intérêts anticongolais, les massacres des populations et les affrontements interethniques sont monnaie courante en RDC. Ces conflits sont devenus l’expression d’une gestion des ressources humaines qui vivent sur le territoire. Y compris des ressources physiques du sol et du sous-sol. Ces deux phénomènes conjugués ont pour finalité ‘‘le nettoyage ethnique, le sabordage de l’État et la spoliation éhontée de ses immenses richesses’’. Sous la dynastie révolutionnaire des ‘‘mercenaires’’ Kabila Sr et Jr, ce modus operandi vise indéniablement le démembrement de la RDC dont des pans entiers du territoire national pourraient être phagocytés, dans un avenir somme toute rapproché, par des États limitrophes asphyxiés par l’explosion démographique et le manque d’espace vital .

Ainsi, pour mettre fin à ce tableau apocalyptique, il sied d’engager une véritable politique de réconciliation nationale entre diverses communautés instrumentalisées dans tous ces conflits dévastateurs pour la Nation entière. Par conséquent, le meilleur environnement pour réussir une telle promotion s’avère, sans équivoque, le Dialogue intercongolais. Pour y parvenir, ce forum national pourrait réunir des représentants légitimes des populations – nilotiques, soudano-bantoues, pygmoïdes – directement impliquées dans les massacres intercommunautaires dans le but de nourrir l’esprit patriotique et fermenter la conscience nationale. Une telle opération est, à vrai dire, urgente car il y va de l’intégrité territoriale du pays et de la nécessaire unité nationale.

À charge pour les acteurs politiques et les activistes de la Société civile d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent. En effet, le Dialogue national préconisé par les membres de la communauté internationale leur offre, en réalité, très largement cette opportunité.

Favoriser des élections multipartites, démocratiques et transparentes

Quand une maison est ravagée par un incendie, la première réaction des propriétaires du logis et des voisins du quartier est d’éteindre rapidement les flammes. Ainsi en est-il de la Nation en péril ou d’un État qui consume sous les braises ardentes d’un conflit allumé et entretenu par des intérêts multiples et divergents. Dans cette hypothèse, il appartient aux filles et aux fils de ce pays de jouer aux sapeurs-pompiers afin d’y ramener l’espoir de vivre en toute quiétude et en toute sécurité.

En d’autres termes, la paix politique est obtenue par voie de concertation, de conciliation des vues et du nécessaire compromis. Sans cette démarche méthodologique voire même déontologique qui implique, à vrai dire, la solidarité et la fraternité, rien de plus sérieux et de plus solide n’est vraiment acquis. Cela veut dire que cette option pacifique s’obtient à la table des négociations. Donc par le processus civilisé du Dialogue politique censé mettre en exergue la Sagesse.

Comme l’Intelligence prime dans ce strict cadre, cela signifie que le langage de la violence ou des armes propre à la brute est entièrement banni. Par conséquent, une telle démarche garantit, à vrai dire, la paix. Aussi scelle-t-elle indéniablement, par ricochet, la perspective d’élections libres et démocratiques, multipartites et transparentes. En d’autres termes, la perspective de scrutins justes et sains, crédibles et honorables, inclusifs et dignes, apaisés et sécurisés dans la mesure où les participants auxdits pourparlers politiques conviennent librement des règles du jeu qui régentent, en principe, les joutes électorales.

En effet, le double scrutin présidentiel et législatif de juillet-octobre 2006 et de novembre 2011 s’est soldé par de vives contestations consécutives à des tripatouillages arbitraires et délibérés. Ces tricheries avérées ont été recensées dans le chef du PPRD de Joseph Kabila Kabange. Celles-ci ont mené la RDC au fond du précipice. À preuve, ce pays ne s’est même plus relevé de cette énième crise de légitimité politique.

En effet, toutes ces élections truquées par le régime politique en place ont compromis la fragile paix. Ces scrutins bâclés par le pouvoir organisateur qu’est réellement la CENI, ont donné lieu à une violente confrontation armée entre le MLC du rebelle Jean-Pierre Bemba et les forces armées congolaises (FAC) acquises à Kabila. Ces troupes gouvernementales ont été, pour la circonstance, doublement épaulées par celles appartenant à la MONUC et au dispositif militaire de l’EUFOR . Sortant directement de leur devoir de réserve et de leur rôle de médiateur ou de facilitateur, ces deux instances internationales sont devenues, à leur tour, juge et partie. Elles sont donc devenues un élément central de la crise politique et militaire congolaise .

Par ailleurs, ces bidouillages électoraux ont, en 2011, provoqué sur toute l’étendue du pays de vives manifestations de masse. Tous ces mouvements de contestation insurrectionnelle et populaire ont, d’ailleurs, été sévèrement réprimés dans le sang par le système en place dont la volonté mesquine consistait, à n’en pas douter, à confisquer le pouvoir aux dépens du Peuple et de la Nation. Par conséquent, depuis cette crise de légitimité politique et électorale, la RDC est sous respirateur artificiel. Ainsi, le spectre d’un conflit incontrôlable et aux conséquences fâcheuses plane indéfiniment. Ce qui inquiète énormément les États membres influents de la communauté internationale.

Ainsi, pour se prémunir prochainement de toutes violences postélectorales et connaître, des élections indubitablement ‘‘sécurisées et apaisées’’, manifestement démocratiques et libres, multipartites et transparentes, l’élite politique et la Société civile doivent participer activement au Dialogue. Elles doivent participer activement aux Assises nationales en vue de définir et d’encadrer un processus électoral appelé normalement à faire consensus au sein de la Nation. Sans cette initiative et cette posture, le feu continuera de consumer la maison jusqu’aux cendres fumantes…

Bannir la culture de subversion et la tradition d’illégalité

Depuis le fameux pronunciamiento du colonel-major Joseph-Désiré Mobutu en date du 14 septembre 1960, subvertissant de ce fait l’ordre politique et constitutionnel directement issu de la Loi fondamentale du 19 mai 1960, la RDC s’accommode aisément de la culture de l’illégalité en tant que principe de gouvernement politique et d’administration publique. Bis repetita, ce chef militaire – à plus forte raison chef d’état-major de l’ANC – réussit le même exploit subversif le 24 novembre 1965. Ainsi, ce coup d’État contre les institutions démocratiques et le système politique garanti par la constitution de Luluabourg du 1er août 1964, est venu en réalité confirmer que ‘‘le putsch militaire est en principe le seul et unique moyen d’accès au pouvoir, le seul et unique mode de prise de pouvoir dans cet État’’. Cela est d’autant plus vrai que le Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre a connu, sans discontinuer, un règne monarchique de 32 ans au plus haut sommet de l’État.

Dans le cas spécifique de la RDC, il aura donc fallu attendre un autre coup d’État militaire, pas plus que salutaire pour l’ensemble de la population, réalisé cette fois par nul autre que le mercenaire postlumumbiste et postnationaliste Mzee Laurent-Désiré Kabila, le 17 mai 1997. Bien entendu avec l’aide logistique et technique des pays limitrophes et l’assistance précieuse de l’AFDL à titre de bras armé du capital monopolistique international en vue de déloger définitivement du pouvoir d’État l’indéboulonnable polémarque marchand. Il aura, donc, fallu patienter quasiment une éternité pour voir finalement s’opérer à la tête du pays une succession entre deux chefs ‘‘rebelles’’ à la démocratie et à la liberté. Ce qui attestait par le fait même que ‘‘la violence armée était indéniablement et même irréversiblement le seul et unique mode attitré de transmission du pouvoir, de passation des pouvoirs’’.

De son côté, Mzee Laurent-Désiré Kabila dont la profession de foi révolutionnaire fut, en principe, trafiquant de matières premières et tenancier de snack-bars et restaurants de brousse – ‘‘logique de maquisard oblige, souteneur de maisons de tolérance !’’ – ne serait réellement demeuré au sommet du pouvoir d’État que quatre années avant de connaître finalement un sort des plus tragique le 17 janvier 2001. En effet, ce soudard qui a divorcé d’avec tous ses parrains régionaux et tuteurs internationaux, a été victime d’un coup d’État violent et mortel orchestré par de puissants intérêts étrangers dans le but de placer au pouvoir son fils adoptif Joseph Kabila Kabange dans le rôle peu enviable de ‘‘Brutus’’ contre ‘‘César’’. Ce qui fut, naturellement, accompli le 26 janvier 2001 au grand dam du peuple congolais défendu par le camp démocratique.

Ce qui est clair, Mzee Laurent-Désiré Kabila qui a bien intégré le Grec Thucydide et l’Italien Nicolas Machiavel, a au moins démontré par sa sagesse révolutionnaire et sa doctrine de libération nationale que ‘‘la fin justifie les moyens’’. Il a surtout démontré qu’en politique, ‘‘le peuple est bel et bien une notion fictive’’ et que ‘‘c’est le discours idéologique en tant que pure construction intellectuelle qui le fait exister dans le cadre des rapports de force établis sur le terrain’’. À l’instar de Napoléon, il a au moins prouvé – et ce aux grands dépens du mouvement démocratique – que ‘‘le pouvoir est, en réalité, au bout du fusil’’ et que ‘‘ce qui compte vraiment, c’est le droit de la force et non la force du droit’’. Voilà grosso modo l’héritage politique et idéologique du fameux ‘‘grand libérateur’’ Mzee Laurent-Désiré Kabila. Il convient de relever que ce mythique président autoproclamé de la RDC s’est, pourtant, paradoxalement autopromu ‘‘Soldat du Peuple’’. Bien entendu après l’avoir bâillonné et ligoté.

Si le coup d’État par les armes s’est avéré, par essence, un mode d’accaparement et surtout de transmission du pouvoir chez les deux mercenaires à la solde du capital monopolistique international – à savoir : le Maréchal-tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre et le guérillero Mzee Laurent-Désiré Kabila –, il n’en reste pas moins vrai que la triche aux élections est plutôt devenue une manière cavalière d’assurer sa propre succession. Donc, sous le régime honni du ‘‘stipendié’’ Joseph Kabila Kabange, le tripatouillage électoral est, sans doute, une façon de se succéder à soi-même. C’est sans conteste une façon de conserver le pouvoir arraché brutalement par les armes au détriment du vrai souverain primaire qu’est, en démocratie politique, le peuple. Par cette pratique non moins antidémocratique que sont les tricheries électorales, il aura mis en exergue cette déclaration mémorable du deuxième président gabonais de l’histoire Albert-Bernard ‘‘El Hadj’’ Omar Bongo Ondimba : ‘‘On n’organise pas les élections pour les perdre !’’

Force est de souligner que le tripatouillage électoral est considéré, selon la doctrine de l’Union africaine (UA), la jurisprudence de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) assortie de la déclaration de Bamako (Mali) du 3 novembre 2000 sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés, comme purement et simplement un coup d’État. Il s’agit, en l’espèce, d’un putsch politique non pas par la voie des armes mais par la voie des urnes d’autant plus qu’il porte gravement atteinte à la démocratie en tant qu’elle est l’expression légitime et légale de la souveraineté populaire. Cependant, selon cette même logique et cette même idéologie, surtout selon le raisonnement qui en découle, le fait de ne pas remettre en jeu son mandat doublement politique et électif ne saurait ne pas être regardé de coup d’État. En effet, il y a putsch dans la mesure où l’on assiste à une véritable confiscation des institutions politiques au détriment du véritable souverain primaire.

En d’autres termes, le fait de ne pas soumettre démocratiquement son mandat électif à la sanction populaire, doit être regardé comme un déni de démocratie. Aussi doit-il, – sans autre forme de procès –, être interprété comme un acte relevant ‘‘intrinsèquement’’ de l’illégalité constitutionnelle et de la subversion politique. Cela est d’autant plus vrai qu’un mandat, qu’il soit impératif ou représentatif, est par essence assujetti à une durée garantie par des textes fondamentaux.

Or, sous le régime subversif de Joseph Kabila Kabange, une kyrielle de postes électifs n’ont vraiment jamais été soumis à la sanction populaire, à l’appréciation du souverain primaire. Ceux-ci y ont littéralement échappé soit avant l’entame de leur mission pour certains, soit au terme de leur mandat respectif pour d’autres. C’est pratiquement l’exemple décrié du Sénat, pourtant, appelé à adopter voire amender des lois, des gouverneurs et assemblées des provinces qui président aux destinées politiques desdites entités . C’est, certes, le cas éminemment flagrant des maires et conseils municipaux, pourtant, chargés de gérer des Villes . Tous les animateurs institutionnels de ces paliers administratifs et politiques ont été désignés par le PPRD de Joseph Kabila Kabange. Ironie du sort ou comble du ridicule, ces nominations sont toutes intervenues avant la mise en route de la Transition politico-militaro-maffieuse de 2003 !

Toutes ces institutions siègent illégalement, en contravention de la constitution ambiante. Toutes ces instances décisionnelles ne font même pas l’objet d’un consensus au niveau de leur fonctionnement politique et administratif. Par conséquent, pour cette seule et unique raison de légitimation institutionnelle, la Société civile et l’élite politique doivent se réunir en conclave afin de décider du sort réservé à toutes ces institutions illégales ainsi qu’à leurs animateurs illégitimes.

Surseoir aux réformes structurelles et administratives

En RDC, chaque régime politique qui prend son envol et, par conséquent, assume les rênes du pouvoir, apporte toujours son lot de réformes structurelles et administratives du pays afin d’assurer sa pérennité. À chaque fois, une meilleure administration du vaste territoire national et une gestion des plus efficace des ressources matérielles autant qu’humaines servent d’argumentaire, donc de justificatif et de motivation à toutes ces mesures. Ainsi, à l’image des systèmes politiques précédents (Joseph Kasa-Vubu, Joseph-Désiré Mobutu, Mzee Laurent-Désiré Kabila), Joseph Kabila Kabange parrainé par le Belge Louis Michel et évidemment appuyé par des intérêts somme toute obscurs, n’échappe pratiquement pas à cette tentative.

Sous la direction politique de Kasa-Vubu, une série de réformes fut entreprise. Entre autres en 1962, en modification de l’article 7 de la Loi fondamentale du 19 mai 1960. Au motif de rapprocher la population des élus, celles-ci furent immédiatement sanctionnées par les lois des 9 mars et 27 avril 1962. À la base d’une controverse d’ailleurs opposant virulemment irrédentistes nationalistes et forces fédéralistes, elles scindaient pratiquement le pays en 21 provinces qualifiées ironiquement de ‘‘provincettes’’ ou de ‘‘républiquettes’’, à cette époque de méfiance accrue. Aussi instituaient-elles dans la foulée une confédération dans la mesure où ces entités administratives étaient présidées par des chefs de gouvernement qualifiés de ‘‘Premier ministre’’. Il y a lieu de noter que cette architecture administrative a été reçue telle qu’elle par la fameuse Constitution de Luluabourg du 1er août 1964. Celle-ci a été malheureusement renvoyée aux oubliettes de l’histoire par le coup d’État militaire du 24 novembre 1965.

Sous la présidence autoritaire du lieutenant-général Joseph-Désiré Mobutu, bon nombre de réformes structurelles et administratives furent menées tambour battant dès 1966. Ces décisions obéissaient à la vision logique du régime militaire dont la volonté idéologique se résumait à la centralisation administrative et se réduisait à l’uniformisation politique, au quadrillage policier de l’espace national et à l’absence manifeste des libertés républicaines et des droits démocratiques fondamentaux. Ainsi ces mesures regroupaient-elles, en fait, plusieurs provinces dans des structures plus complexes à gérer pour en faire des régions administratives totalement inféodées à l’arbitraire et à l’autoritarisme de cette époque trouble .

Cette initiative mobutiste a réparti l’État en 6 provinces pour finalement imploser en 1971 en 9 entités publiques distinctes, d’ailleurs qualifiées à l’ère de la doctrine de l’Authenticité de ‘‘régions’’. Ce paysage connaîtra seize ans plus tard un autre remaniement administratif touchant cette fois-ci le Grand Kivu fractionné en 3 collectivités publiques régionales. À savoir : le ‘‘Maniema’’, le ‘‘Nord-Kivu’’ et le ‘‘Sud-Kivu’’.

Cette division administrative et structurelle a eu, concrètement, pour effet de morceler le pays en 11 méga-régions. Ce qui excluait, bien entendu, la région de la capitale Kinshasa. Il faut relever que cette répartition a été décidée, opérée, dans l’optique de renforcement de la cohésion à la fois nationale et locale et surtout de rapprochement de l’administration des usagers. Cette architecture qui découle, certes, du mobutisme politico-militaire, a été pleinement conservée par Mzee Laurent-Désiré Kabila. En effet, ce dirigeant empêtré dans une guerre de morcellement territorial et englué dans une crise politique sans précédent n’a vraiment pas eu le temps matériel d’imprimer sa touche révolutionnaire sur ce paysage structurel et administratif dans le cadre des réformes appropriées.

Ce qui est clair, on ne crée pas une région par plaisir, pour le simple plaisir de créer car il y va de la gestion globale des ressources du territoire. En effet, lorsqu’il est décidé de créer une structure administrative, l’État doit certes s’assurer des moyens humains, techniques et logistiques qu’il compte allouer à cette nouvelle entité collective pour sa fiabilité autant que sa viabilité. Dans le cas spécifique d’un vaste espace territorial, comme l’est en réalité, en pratique, la RDC dont le quart est à vrai dire habitable et les trois quarts sont constitués de parcs naturels, la création des collectivités publiques territoriales doit en principe obéir à deux logiques fondamentales. D’une part, l’occupation de l’immense territoire en termes de peuplement ou de répartition géographique de la population globale en vue de garantir sa sécurité en tant que ‘‘groupe politique’’ et aussi ‘‘groupement humain’’. Et, d’autre part, l’exploitation rationnelle des ressources physiques et matérielles de l’État en vue d’assurer la prospérité économique et de saupoudrer tous azimuts les dividendes de cette expansion en termes de progrès à l’ensemble des citoyens et de développement à l’ensemble de la Collectivité publique.

Il importe de mentionner, à cet effet, que les réformes structurelles et administratives envisagées, sous la direction de Joseph Kabila Kabange, dans le cadre du découpage prévu par la constitution décriée du 18 février 2006 en vue de la décentralisation administrative et politique sont, par nature, ‘‘conflictogènes’’. Celles-ci portent, incontestablement, en leur sein des germes de conflits interethniques dévastateurs pour l’intégrité territoriale et, par voie de conséquence, compromettants pour l’unité nationale. Ceci constitue l’objectif sans aucun doute visé par les principaux rédacteurs et inspirateurs dudit texte, d’ailleurs issus de l’Université de Liège et chapeautés par le Belge Louis Michel .

En effet, au moment de leur application injuste et tendancieuse, les réformes promues exacerberont les égos culturels. Celles-ci pervertiront largement les identités culturelles et historiques des peuples qui ne s’y reconnaîtront aucunement. Ce qui provoquera, certes, finalement le choc frontal tant attendu en vue du démantèlement et du démembrement de la RDC, entre autres au sud et au centre du pays. Dans ces parties névralgiques de l’État, les susceptibilités et les velléités de séparation gagneront en puissance avec pour corollaire immédiat des guerres d’épuration ethnique et de nettoyage tribal.

D’où l’intérêt majeur de surseoir auxdites réformes structurelles et administratives au nom de la ‘‘sacrosainte’’ stabilisation de l’État et de la consolidation de l’harmonie politique de la Nation. Une communauté d’ailleurs fragilisée par une gestion politique et administrative chaotique, le sous-développement économique de la Collectivité étatique et enfin le sous-progrès social de la population. D’où l’intérêt de prendre vraiment le temps nécessaire de peaufiner un projet cohérent et inspirant une adhésion populaire massive et indiscutable. En effet, une réforme administrative et structurelle s’impose absolument en RDC en vue d’assurer la prospérité à l’ensemble de ses sujets et, surtout, de rapprocher davantage le pouvoir de ses ressortissants et, par voie de conséquence, l’administration de ses usagers.

Pour ainsi sauver la Nation du péril déjà avancé et l’État en voie de liquéfaction annoncée, il revient tout naturellement à l’élite politique responsable exclue de l’espace institutionnel d’adhérer au schéma du Dialogue. Il revient plus particulièrement et plus singulièrement à la Société civile, à titre de force mobilisatrice, d’investir ces pourparlers pour faire échec à ce projet macabre de destruction du sanctuaire national. Il appartient à ces deux structures parallèles mais complémentaires de s’ériger en véritable garant suprême de la Nation en lieu et place du pouvoir ‘‘défaillant’’ et ‘‘pyromane’’.

Ainsi énumérées les dix raisons majeures de participer positivement et activement aux Assisses politiques intercongolaises en vue de l’émergence d’un nouveau Congo, tant fort et puissant de l’intérieur que digne et libre de l’extérieur. Renoncer à ces pourparlers oh ! Combien décisifs à la reconfiguration de l’espace national et à l’avenir fructueux du pays pour des motivations somme toute politiciennes relève réellement de l’irresponsabilité, de l’inconscience nationale et patriotique. C’est opter, carrément, concrètement pour le statu quo ante très favorable aux yeux des forces belligérantes qui ont noyauté, à dessein et à leur profit, l’espace politique et l’univers institutionnel de l’État.

Par conséquent, c’est le moment ou jamais d’assister à ce forum politique de la dernière chance. Celle-ci est gracieusement accordée par les puissances internationales au Peuple congolais pour vraiment se dépasser voire se surpasser davantage afin de bâtir une paix durable et une harmonie solide. C’est, à n’en pas douter, le timing idéal pour construire une sécurité à toute épreuve sur le sol territorial dévasté et déprécié, évidemment en proie à la gloutonnerie des charognards internationaux.

Avant de clore ce chapitre sur le Dialogue national qui passionne les uns et les autres, point n’est véritablement besoin d’éluder la ‘‘déroutante’’ question du Gouvernement d’union nationale. Celle-ci brûle, en effet, sur toutes les lèvres. Elle provoque, néanmoins, bien des maux de tête, bien des étourdissements chez nombre d’officines et d’observateurs avertis du landerneau politique. Elle est surveillée de très près par les puissances extérieures qui ont tout intérêt à stabiliser la situation dans la mesure où le contrôle de la RDC est le point focal aussi bien pour l’Occident chrétien que les autres acteurs internationaux, nationaux et locaux.

Chose certaine, lorsqu’il y a effectivement des négociations politiques dont l’objet est de raffermir la paix et l’harmonie, d’asseoir la concorde politique et la réconciliation nationale dans le but de générer et de renforcer une démocratie digne de ce nom, de réhabiliter un État agonisant, un tel processus ne peut généralement culminer qu’avec l’installation d’un Gouvernement d’union nationale. D’autant plus que la mission lui dévolue par les Assises nationales est de remettre sur les rails le pays. Par voie de conséquence, ce nouvel appareil exécutif qui résulte très concrètement desdits pourparlers, en est à la fois l’expression et la garantie fondamentale sans lesquelles la Collectivité étatique va tout droit dans le mur. Bien entendu, si jamais les intérêts des uns et des autres ne sont pas sauvegardés. Ce qui suppose coûte que coûte le compromis politique…

En effet, le gouvernement d’union nationale en exprime toute la cohérence dans la mesure où il traduit, certainement, la volonté de tous les acteurs politiques de travailler ensemble. Il témoigne, sans contredit, de leur détermination à unir toutes les énergies de la Nation pour une cause commune que sont, en réalité, autant la paix et la sécurité que la fraternité et la solidarité. Bref la survivance de la patrie. Aussi en est-il la garantie fondamentale dans la mesure où il est pratiquement le fruit du consensus national, du compromis politique. Il résulte de cette volonté inébranlable de décrisper l’ambiance lourde qui prévaut dans la communauté nationale. Du moins en théorie. Car, dans la pratique, dans la vraie réalité, les tensions politiques ne sont pas toujours éliminées assez facilement. Surtout, si l’un des partenaires viole sciemment le pacte républicain, déchire délibérément la feuille de route de cet interstice.

Cependant, dans le contexte actuel de fin de mandat de l’imposteur certifié et attitré, à plus forte raison destructeur de la démocratie, massacreur des droits fondamentaux et des libertés républicaines, croquemort de la Nation et fossoyeur de l’État, un Gouvernement d’union nationale est-il, à vrai dire, une priorité ? La réponse ne fait aucun doute. C’est le moins que l’on puisse dire ! Cette institution chargée de faire baisser la pression dans tout le pays demeure indubitablement d’actualité. Par contre, c’est la forme et la taille qu’elle devrait prendre qui importent le plus. Y compris la mission lui assignée dans ce strict cadre.

S’agissant de la forme et de la taille que pourrait prendre ce gouvernement dans le but de mener à bon port le navire congolais, d’ailleurs déjà déserté par le personnel navigant dont le capitaine en tête, c’est en réalité le Conseil d’État ou Conseil de la République qui prime ou prévaut. Cette structure devrait avoir primordialement pour mission de gérer les affaires courantes, d’assumer, à cet effet, le fonctionnement technique et administratif de l’État, d’encadrer l’action du chef de l’État, d’organiser les élections générales justes et saines, crédibles et honorables. Celle-ci devra normalement être composée de vingt-deux membres au total. À raison de deux représentants par province effective et existante. Ceci pour marquer l’égalité entre les régions.

Ces délégués provinciaux au Conseil d’État ou Conseil de la République doivent en principe être des techniciens et non des politiques aguerris pour garantir la neutralité politique de l’État. Ce qui implique qu’ils doivent être, au niveau du profil recherché, des personnalités neutres et indépendantes, responsables et honorables. Ils doivent donc être ‘‘des individus pourvus de bonne moralité publique et sociale’’.

Par ailleurs, l’élaboration d’une véritable charte des droits fondamentaux spécifiques à la protection de la femme et aussi à l’affirmation de l’enfance aurait normalement pu être adjointe à ce catalogue manifestement élargi des motifs d’adhésion au Dialogue national. Celle-ci a, bien entendu, le mérite incontestable et incontesté d’être enchâssée dans la constitution dans le but d’endiguer l’anéantissement des droits propres à ces deux êtres et, en même temps, de freiner l’hémorragie sociale provoquée par leurs maltraitances respectives. Aussi a-t-elle le grand mérite de faire partie intégrante de la Loi fondamentale dans le but de redéfinir tous azimuts l’avenir de la Nation.

À cet égard, il appartient à l’ensemble du Peuple congolais de méditer profondément cette riche pensée du Grand Mohandas Karamchand, dit Mahatma Gandhi : ‘‘Aucun pays ne s’est jamais élevé sans être purifié au prix du feu de la souffrance’’. Cette purification suppose l’expression à la fois d’une très haute sagesse et d’une très haute moralité. Aussi suppose-t-elle l’inspiration et l’intervention d’une Intelligence supérieure pour trouver des solutions fiables et viables aux problèmes cruciaux de la Collectivité nationale [constamment privée de Lumière et donc de rayons du majestueux Soleil]. Ceci dit, ces solutions ne peuvent être échafaudées qu’en harmonie totale avec l’ensemble de ses pairs de la société et à l’égard desquels on nourrit réellement un ‘‘respect sans faille’’, on manifeste naturellement une ‘‘immense et profonde considération’’.

À bon entendeur salut !

[Joël Asher Lévy-Cohen, Journaliste indépendant]

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